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Observatoire

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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 17:08

 

 

Jean-Baptiste Soufron avocat de formation, est aujourd’hui collaborateur d’Atlantico le site UMP spécialisé en ragots et récemment créé à usage de la campagne électorale de Sarkozy. Le site s'est trouvé au centre de l’affaire DSK car il a été le premier à publier divers ragots sur DSK ainsi que l'annonce  de l’arrestation de celui-ci aux Etats-Unis et autres « fuites » dont le site était informé avant tout le monde, de celles dont Bernard Debré s'est autorisé...

 

Atlantico  a joué un rôle de caisse de résonnance voire d'orchestration de rumeurs.

 

Tristane Banon célèbre pour être la dernière accusatrice de DSK, travaille pour Atlantico  (et pour une mairie UMP)  où elle écrit des papiers pour se plaindre de la perte de virilité des hommes qui se féminisent  de sorte qu'elle leur préfère son dobermann car, lui, ne manque pas de virilité (!),  après avoir écrit un livre accusateur sur sa mère "j'ai oublié de la tuer"... dans lequel elle raconte le cauchemar de sa vie d'enfant abandonnée et violentée.

 

Coïncidences dans le temps des plaintes à New York et à Paris, et connexions avec l'UMP de pur hasard sans doute

 

Jean-Baptiste Soufron qui avec ce site semble offrir ses services à une campagne qui promet d'être salace et coriace de la part de Sarkozy (qui avait promis "le feu nucléaire" à DSK et dont l'entourage a laissé entendre qu'il possédait des fiches des services secrets pour tenter des attaques sur les personnes de ses adversaires politiques ; on sait que Sarkozy n'hésite pas à s'en servir ) eh bien est le même  qui fut directeur juridique  de Wikipedia de 2004 à 2008, en l'occurrence pour Wikimedia et membre éminent de son CA.

 

  JB Soufron sur Atlantico

 

Le monde est petit.  Et ce sont toujours les mêmes qu'on retrouve partout. Les relations des membres dirigeants de wikipedia, soit le CA de Wikimedia, avec l'UMP et les relais de certaines informations.


 

Les intrications entre les uns et les autres.

 

Si la folie familiale relatée par Tristane, ou la folie de la relation mère/fille, ainsi que les connexions entre Tristane Banon, sa mère et DSK, ne laissent pas d'étonner, que dire des connexions  UMP ? 

 

Décidément le monde est très petit car la proximité est étroite entre le directeur du groupe Accor à qui appartient le Sofitel,  René-Georges Querry, un ancien de la police (ex-patron de la Brigade antigang ), avec le responsable des services secrets français affecté à l'Elysée,  Ange Mancini,  à qui le 1° a téléphoné pour lui annoncer la nouvelle (ou le consulter ?). Les deux hommes se connaissent, via les services de police, dans ses oeuvres les plus secrètes.  Squarcini, le directeur central du renseignement intérieur (DCRI)  a nié avoir donné des consignes, ce qui est évidemment son rôle. Guéant a confirmé un échange téléphonique vers minuit heure de Paris, soit tout juste après l'arrestation de DSK. 


Ray Kelly  le directeur de la police de New-York qui s'est occupé de DSK est bien connu de Sarkozy qui l'a décoré de la Légion d'honneur et le même Ray Kelly est en outre en étroite connexion avec Alain Bauer nommé par Sarkozy  responsable à la police pour les questions de terrorisme. Ils se sont également téléphoné à cette occasion. Pour parler d'autre chose bien sûr.

Ce n'est pas le site Atlantico,
particulièrement populiste, qui nous éclairera sur les coïncidences d'une affaire à ce point  hors du commun, ni lui qui expliquera pourquoi et comment la vie politique française se joue depuis New York .

 

 

 

 

 

Quoi qu'il en soit, de wikipedia à Atlantico, la connexion est bonne

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 15:38

Ferry le philosophe de cour, paru  dans Le Monde

 

 

 

 

|le 21.06.11 |

 

 

Luc Ferry est monté sur ses grands chevaux pour menacer de porter plainte contre quiconque parlerait d'emploi fictif à propos du poste qu'il occupe dans un comité créé tout exprès à son intention après qu'il eut quitté sa fonction de minisstre (un ministre de l'UMP ne peut occuper une tâche ordinaire telle que celle de prof). Pourtant lors de la création du-dit comité, il avait été remarqué que ses membres se recrutaient parmi les amis de Luc Ferry et non sur leurs compétences, qu'il s'agissait de dilettantes qui n'avaient nulle ambition d'émettre des expertises faisant référence et que, en somme, le travail requis était plus honorifique que réel. 

 

Luc Ferry s'est défaussé en invoquant le fait que de nombreux profeseurs peuvent être détachés, à l'étranger par exemple, ou mis à disposition de responsables politiques ou auprès d'une autre administration, pour remplir d'autres fonctions que d'enseignement et de recherche . Certes. Mais pour y effectuer un travail réel.

 

En l'occurrence les doutes quant à la réalité des tâches incombant à ce club de dilettantes avaient été  formulés dès l'origine de la formation du club.

 

Quant à la multiplication des comités Théodule surgis ces dernières années, pour caser les copains politiques et relations, elles a été suffisamment pointée. 

 

Bref, à trop traîner sur les plateaux de télévision Ferry a fini par se faire remarquer et commettre de grosses erreurs et écarts de langage que Noémie Suisse, auteur d'une tribuner dans Le Monde, s'est fait un plaisir de souligner.

 

 

N. Suisse, agrégée de Lettres, a relevé quelques traits de cet intellectuel qui n'a plus rien du philosophe mais tout du politique mué en canaille (voir  Lacan dans le Séminaire  "l''Ethique de la psychanalyse").

 

 

[extraits]

 

Le Conseil d'analyse de la société (CAS) n'a pas fini de faire débat. "Qu'on le supprime !", de toute façon, Luc Ferry "s'en fout". A condition que l'on n'accuse pas l'enseignant présumé d'occuper un "emploi fictif".


L'attention se porte moins vers les absences d'un professeur qui aurait oublié la rentrée des classes que vers la présence surnuméraire de Sages qui composent le comité et la rémunération de celui qui le dirige, qui, elle, n'est pas fictive. A défaut d'être analysée, la société analyse, chiffre, s'interroge. En 2006, Pierre-Emmanuel Moog enquêtait sur la nature et les fonctions des groupes de réflexion et d'influence en Europe (L'Express). Parmi les comités traitant des questions sociétales, des clubs comme Le Siècle ou Le Cercle Condorcet.

 

Petits nouveaux : le Club des vigilants et le désormais fameux Conseil d'analyse de la société. En guise de paragraphe introductif, cette note : "De manière générale, ces groupes ne se positionnent pas en situation d'expertise sur leurs sujets d'études mais revendiquent un certain dilettantisme."


Soit. Si l'adjectif de "fictif" tombe sous le coup de la diffamation, qu'en est-il de celui de "dilettante", qui érige au rang de passe-temps l'activité qui exempte le professeur Luc Ferry de ses obligations horaires ? "Certains considéraient le Conseil, à sa création, comme "mort-né", ou "simple emploi fictif pour Ferry". (…) Pourtant, lentement, il s'est mis à produire, un peu…" Les commentaires de M. Moog, quelque deux ans après la fondation du CAS, indiquent que des soupçons étaient portés sur la légitimité du comité dès sa création.

 

On reproche volontiers à l'universitaire français son hyperspécialisation ; il faut rendre grâce aux conseillers du CAS de ne pas perpétuer ce travers, eux qui "ne sont pas choisis pour leurs compétences reconnues sur les questions étudiées, mais intuitu personae par le président délégué du Conseil, Luc Ferry".

 

De l'art d'user de formules latines pour désigner ce que l'on a la faiblesse d'appeler vulgairement "copinage". L'esprit de cour hante jusqu'à ce comité lambda, placé sous l'autorité du premier ministre, transforme l'institution qui se voulait critique et pluraliste en cénacle de courtisans privilégiés.

 

[...]

 

 

Le Monde

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 17:25

Le psychanalyste Daniel Sibony émet une hypothèse sur l'affaire DSK et la sale tournure qu'a prise l'histoire de la femme de chambre suite à l'intrusion impromptue dans la chambre d'un palace alors que son occupant s'y trouvait encore.

 

Daniel Sibony sur son blog émet une hypothèse , logique et audacieuse,  sur les circonstances qui ont menées à l’affaire DSK  

 

" a-t-on envisagé cette hypothèse sur l'événement? La femme arrive avec son projet (car on n'entre pas dans ces chambres sans l'ordre de la chef d'étage qui le donne après le check out. En outre, au premier coup d'œil, quand on entr'ouvre, on voit que la chambre est occupée et on referme). Elle entre donc, DSK la voit, séduction, consentement. Comme tout séducteur, il craque devant le consentement de la femme, jusqu'à en être hypnotisé. Le rapport s'ensuit, oral, mais l'homme ne perçoit pas que la dame s'est ravisée - on peut se raviser après - pour monnayer très gros une tentative de viol. Il ne le perçoit pas, pris au piège d'une fascination structurale. Piège narcissique, bien sûr."

 

 

Audacieux et non conformiste. Qui saura jamais ce qui est arrivé exactement ?

 

source

justice et jouissance

 


Sur la mise en doute de la Justice et de la juge qui a frappé de sorte à détruire l'autre, voir aussi

injustice et perversion.

 


 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 16:55

 

 

 

DSK  a ouvert la boîte de Pandore des moeurs sexuelles des politiques. Et  Ferry  a voulu faire le malin, en jouant le personnage de Monsieur Propre, pour se faire mousser au détriment de supposés concurrents, salis, sans toutefois être nommés. Lui, le grand penseur, spécialiste en leçons de morale glisse sur la pente dangereuse de la calomnie propre à une certaine presse spécialisée en délation. [1]


Au pied du mur (convoqué par la police) plus personne. Bertrand, pas mieux. Il s’adonne à des ragots, fabrique des rumeurs, mais silence devant la police.

Ferry & Bertrand se complaisent dans les rumeurs 

Il s’avère que faire courir rumeurs et ragots grandit rarement les auteurs de ces pratiques.

 

Du coup voilà Ferry un peu décrédibilisé. Pas de chance quand justement l’université lui demande de régulariser sa situation. Rien d'anormal alors que l’université paye son salaire sur son budget propre . 

 

Ferry qui se dit « spécialiste de Kant » n’applique pas à lui-même les préceptes kantiens : en morale le motif de l’action de chacun doit pouvoir être universalisable et en politique ce qui vaut pour tous vaut pour chacun, sans exception.

 

C’est cette pensée de Pascal, soumise au bac de philosophie aujourd’hui, qu’il lui conviendrait de méditer :

» Chaque degré de bonne fortune qui nous élève dans le monde nous éloigne davantage de la vérité, parce qu’on appréhende plus de blesser ceux dont l’affection est plus utile et l’aversion plus dangereuse. Un prince sera la fable de toute l’Europe, et lui seul n’en saura rien. Je ne m’en étonne pas : dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu’ils se font haïr.

Or, ceux qui vivent avec les princes aiment mieux leurs intérêts que celui du prince qu’ils servent ; et ainsi, ils n’ont garde de lui procurer un avantage en se nuisant à eux-mêmes.

Ce malheur est sans doute plus grand et plus ordinaire dans les plus grandes fortunes ; mais les moindres n’en sont pas exemptes, parce qu’il y a toujours quelque intérêt à se faire aimer des hommes. Ainsi la vie humaine n’est qu’une illusion perpétuelle ; on ne fait que s’entre-tromper et s’entre-flatter. Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L’union qui est entre les hommes n’est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d’amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu’il n’y est pas, quoiqu’il en parle alors sincèrement et sans passion.

L’homme n’est donc que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soi-même et à l’égard des autres. Il ne veut donc pas qu’on lui dise la vérité. Il évite de la dire aux autres ; et toutes ces dispositions, si éloignées de la justice et de la raison, ont une racine naturelle dans son coeur. »

PASCAL, Pensées

 

Quant aux activités du CAS et sa composition, on commence à y voir plus clair, si l’on peut dire, car le montage dont se sert Ferry n’est pas si évidemment transparent ni clean.

Mediapart publie une partie de l'état de ses activités, articles et conférences, extrêmement bien rémunérés, à la hauteur d’un salaire d’un mois pour chaque, car ils s’adressent au patronat, aux milieux d’affaires et chambres de commerce, quand ils ne participent pas de la promotion de certaines entreprises pharmaceutiques, Servier en l’occurrence, par ailleurs représenté dans la commission que préside Ferry.

Quant aux rapports de ladite commission (CAS), résultats d’un travail collectif, ils sont publiés sous le seul nom d’auteur de Luc Ferry, chez un éditeur privé qui lui reverse des droits d’auteur.

 

voir Libération ; Mediapart ; Rue 89.

 

Comme une boîte de Pandore, une fois ouverte, la boîte Ferry fait entrevoir un dispositif de poupées russes.

 

De plus, compte tenu  de la défense de Luc Ferry qui argue que sa situation est normale, et du reste largement répandue, ce qui est strictement faux, en faisant état de chiffres faux, les universitaires ne veulent pas laisser croire que tels privilèges seraient répandus, et expliquent le cas à part que constitue la situation de Luc Ferry :

 

 


L'affaire Luc Ferry – Quelles leçons en tirer pour les universités et les universitaires ?, Communiqué de Qualité de la science française, 15 juin 2011

http://www.qsf.fr/

La communauté universitaire est concernée par le différend qui oppose actuellement M. Luc Ferry à l'université Paris-Diderot. Elle s'inquiète des conséquences très négatives que son traitement médiatique peut avoir sur l'image des universitaires français.

 

M. Luc Ferry, professeur des universités, et ancien ministre de l'Education nationale (2002-2004), se voit reprocher par son université d'appartenance (Paris-Diderot) d'avoir touché son traitement durant l'année 2010-2011, sans avoir assuré son service d'enseignant-chercheur. Il se défend en estimant qu'il exerce ses fonctions au Conseil d'analyse de la société (CAS), qui dépend du Premier ministre et auprès duquel il a été en effet détaché durant six ans (2004-2010). Mais, selon les faits rapportés par la presse, son université a refusé à l'automne 2010 de prolonger ce détachement et elle lui a rappelé à plusieurs reprises, et en vain, qu'il devait reprendre son service. Laissant de côté la discussion de la solution administrative envisagée pour régulariser cette situation, ainsi que toute personnalisation polémique, QSF entend faire trois observations.

 

1/ Cette affaire permet de saisir les implications considérables de la loi LRU sur la gestion du personnel par les universités. Celles-ci, qui sont responsables de leur masse salariale, sont désormais obligées de surveiller de près son affectation, tant cette part de leur budget pèse sur leur fonctionnement. Cette rigueur gestionnaire est nouvelle, de sorte que les arrangements entre présidents d'université et gouvernement ne sont plus possibles. M. Ferry en fait l'expérience. Le fait que cela tombe sur un ancien ministre de l'Éducation donne du relief à cette affaire, mais il est évident que sa portée déborde ce seul cas.

 

2/ M. Ferry se défend en faisant valoir qu'une dizaine de milliers d'enseignants se trouvent dans sa situation. Mais il englobe dans ses chiffres les enseignants du secondaire et ceux du supérieur. En réalité, sa situation n'est pas comparable à celle des nombreux enseignants-chercheurs qui, sous forme de délégation, mise à disposition ou détachement, servent l'État dans d'autres administrations que l'enseignement supérieur (CNRS, ministères, institutions françaises à l'étranger, etc.). De source ministérielle, ils seraient actuellement autour de huit cents délégués et mis à disposition. Si l'on ajoute les détachés, le chiffre dépasserait le millier. On peut discuter au cas par cas l'intérêt public de leurs fonctions, mais il est évident qu'on ne doit pas considérer ces situations comme des privilèges indus. Elles témoignent de la nécessaire mobilité dans la haute fonction publique à laquelle est censé appartenir un professeur des universités.

 

Néanmoins, le problème se pose de l'usage abusif que les gouvernements ont parfois fait de ces procédures (délégation, mise à disposition, détachement, etc.), pour fournir à des anciens ministres ou autres responsables de commodes sinécures. Il devient nécessaire et urgent de discuter de la place respective que doivent désormais avoir des procédures différentes comme la délégation, la mise à disposition et le détachement, et surtout de clarifier les règles pour que l'on sache quelles sont les responsabilités qui donnent droit à de telles positions administratives.

 

3/ Si QSF souhaite faire entendre sa voix dans cette affaire, c'est enfin et surtout parce que cette polémique risque de nuire gravement à l'image des universitaires auprès de l'opinion. À l'heure où certains membres du gouvernement veulent faire travailler quelques heures les bénéficiaires du RSA au motif qu'ils seraient des assistés, l'information suivant laquelle un professeur des universités est rémunéré sans faire son service peut donner à l'opinion publique une image très négative de l'universitaire.

 

M. Ferry conçoit et décrit son travail universitaire comme la simple dispensation d'un certain nombre d'heures de cours, et les journaux ne contestent pas cette représentation. Certes, les cours sont essentiels, mais toutes les autres tâches disparaissent de la discussion actuelle dans les médias. Où est passée la recherche, sans laquelle les cours universitaires n'auraient pas de sens ? Où sont passés le contrôle des connaissances, la direction du travail des étudiants (mémoires, thèses), la gestion de la scolarité, les projets de formation, l'application des innombrables réformes, l'animation des centres de recherche, les projets ANR, les échanges internationaux, les commissions de recrutement, d'évaluation, etc. ?

 

Il est grand temps que les universitaires apprennent à donner une image juste et complète de leur travail, sans quoi l'opinion continuera à le connaître uniquement à travers des cas atypiques.

 

Url de référence :
http://www.qsf.fr/

 

 

 

Alithia

 

note 1 : [Luc Ferry, philosophe délateur : Je pense donc je suis partout ;  http://laregledujeu.org/2011/06/01/5911/luc-ferry-philosophe-delateur-je-pense-donc-je-suis-partout.]

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 03:15

Cela fait 30 ans que les gouvernements successifs s'emploient à casser l'Ecole de Jules Ferry, avec grand succès, grâce aux réformes toujours pires qui s'enchaînent .

 

Pour ce faire des ministres de l'Education nationale particulièrement remarquables ont été choisis sur lesquels Libération nous en apprend de belles :  Luc Chatel, pas au niveau de l'école primaire, et  Luc Ferry, non content de se poser en délateur (je sais tout mais je ne dirais rien), et de donner des leçons de morale, sèche ses cours pour lesquels il perçoit son traitement, "dispensé" depuis près de 15 ans, par ses amis et collègues ministres de l'Education nationale !  Paradoxal pour le kantien qu'il se pique d'être. 

 

Le poisson pourrit toujours par la tête.

 

Et pendant ce temps, dans les villages de France désertés ou en voie de désertion par l'Education, dite nationale, devenue un objet de gestion comme s'il s'agissait d'une entreprise, les parents se réunissent pour payer un instituteur de leurs deniers.  (Libération)

 

Que disent nos brillants ministres de l'EN ?

 

Pendant ce temps là, depuis Sarkozy la politique de l'EN consiste exclusivement à virer des profs par dizaines de milliers chaque année, pour en embaucher d'autres par la petite porte, précaires et sous-payés.

cf ci-dessous dans les commentaires.

 

Il applique avant la lettre le programme du FN en matière d'éducation. Comme il le fait dans pas mal d'autres domaines, espérant que les électeurs penseront peut-être : à quoi bon voter FN ? Outre que les hommes en principe préfèrent l'original à la copie, le vote FN est pour l'essentiel, un vote protestataire.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 00:00

Tandis que la Justice française est inquisitoire, pour le pénal, la Justice américaine est accusatoire. 

 

Inquisitoire  cela veut dire qu'après la mise en examen, une enquête est menée sous la responsabilité du juge, fonctionnaire d'Etat, nommé à son poste. Ce juge dit d'instruction, enquête c'est à dire instruit à charge et à décharge (enquête contradictoire).  L'enquête est secrète et elle est écrite : sont ainsi constitués des dossiers, soumis aux avocats, aux juges lors du procès et aux éventuels jurés d'assise .

Accusatoire, cela veut dire que le procureur rassemble les éléments fournis par la police (preuves, témoignages, expertises) en vue de démontrer la  culpabilité de l'accusé.  La défense, pour défendre l'accusé,  procède elle-même à son enquête afin de démontrer que l'accusation ne tient pas. Cependant, pour commencer, lors de la phase de mise en accusation, seule l'accusation a la parole. La défense ne s'exprime que lors du procès, qui intervient environ un an après que l'accusation ait été formulée. 

 

La justice française est contradictoire, secrète et écrite, lors de la phase d'instruction. Elle repose sur la présomption d'innocence, soit, aussi longtemps que la Justice ne s'est pas prononcée, l'interdiction de présenter le prévenu comme coupable. 


La justice américaine est accusatoire, publique et orale (déroulement oral lors du procès).

 

Justice accusatoire : l'enquête est exclusivement à charge.

Publique : le prévenu, est publiquement présenté comme étant a priori condamnable sinon condamné.

 

A l'instruction, secrète  en France, et protégeant la présomption d'innocence, correspond aux Etats-Unis, une phase d'accusation publique soutenue par le procureur.

Celui-ci est élu et sa réélection dépend des condamnations qu'il aura obtenues. 


Dans le cadre de cette Justice accusatoire, cela signifie que jusqu'à ce que l'accusé  (prévenu en France) se prononce sur le type de  plaidoirie qu'il adoptera (coupable ou non), il ne peut, ni lui ni ses avocats, avoir droit à la parole ni accès au dossier de police. Il est accusé sans pouvoir ni s’expliquer, ni prendre connaissance des éléments sur lesquels le procureur se fonde pour mener son accusation.


Enfin c'est seulement à l'audience publique, en cas de procès, que se complète l'instruction lorsque, dans des débats oraux, chaque partie apporte ses preuves et contre-preuves, qui peuvent être recueillies par tous les moyens y compris enquêtes de détectives privés, selon les moyens financiers dont dispose le prévenu.

 

Aux Etats-Unis, c'est la défense qui doit assurer elle-même son enquête à décharge, à ses frais. Les inégalités de fortune jouent un rôle essentiel.

En France c'est l'État qui paie le juge d'instruction et les moyens requis par l'enquête.

Le juge, fonctionnaire d'Etat, instruit de manière contradictoire. C'est à l'accusation qu'incombe la charge de la preuve et jusqu'au jugement l'inculpé est présumé innocent.

 

En France le juge est un fonctionnaire d'Etat

Aux Etats-Unis c'est un élu qui joue sa réputation et sa carrière sur les procès qu'il "gagne" comme on dit, c'est à dire s'il réussit à faire condamner l'accusé. Dans l'affaire DSK c'est l'Etat de New-York qui supporte l'accusation.

 

 

Dans cette affaire, le procureur à qui l'on prédit déjà la Mairie de New-York s'il réussit à obtenir la condamnation de l'ex-président du FMI, est assisté de deux autres procureurs, déterminés. Deux femmes en l'occurrence ayant la réputation d'être impitoyables (l'une d'elle a fait condamner un assassin à 422 ans de prison)  "habituées des victoires judiciaires", comme on dit en langue américaine.

 

Le prévenu, pour parler français, ou l'accusé, dans le cas présent a les moyens d'assurer sa défense, il y mettra tous ceux possibles et nécessaires, à l'américaine : pour réfuter l'accusation il doit  procéder à des enquêtes afin d'accuser son accusatrice de quelques fautes susceptibles de faire douter de sa parole.


Celle-ci est modeste et immigrée de fraîche date, dépourvue de relations, mais compte tenu de l'adversaire, elle aura elle aussi des moyens considérables pour plaider sa cause et sa bonne foi, d'excellents avocats, habiles bretteurs et batailleurs féroces, plus ou moins célèbres ou en quête de célébrité. Le dernier avocat annoncé est connu  pour obtenir des dédommagements faramineux en faveur des victimes et son cabinet est spécialisé en affaires qui permettent de réclamer des millions de dollars à de riches mis en accusation.


 

Enfin, en cas de procès, le juge ne joue qu'un rôle d'arbitre : non seulement les enquêtes des deux parties ne s'exposent qu'au procès, oralement, mais ce sont des jurés populaires, non juristes, qui rendent le jugement, par conséquent essentiellement sur des critères moraux et sans disposer de dossiers d'instruction, à la différence de ce qu'il se passe en France où les critères juridiques sont prédominants. Les jurés représentant l'opinion publique, elle-même morale et qui ne juge pas selon les lois, un procès mettant en cause une personnalité publique de haut rang ne peut que donner lieu à des affrontements fortement mediatisés entre procureurs et avocats qui doivent préparer l'opinion publique à pencher dans un sens ou dans un autre.

 

L'argent, le pouvoir et la célébrité de vedettes du système judiciaire, les campagnes mediatiques, jouent donc un rôle de premier plan, dans un combat de titans qui ne prétend pas établir de vérité mais convaincre des jurés (qui doivent se prononcer à l'unanimité pour la culpabilité puisse être établie). C'est pourquoi, pour commencer, les fuites sur l'affaire organisées auprès des media (tabloïds) ont donné lieu à des plaintes des avocats de DSK, les dites fuites consistant à discréditer leur client et former l'opinion publique en sa défaveur.*

 

Une fois encore, le principe de la présomption d'innocence est absent aux Etats-Unis, et la Justice ne prétend pas dire la vérité, mais énoncer l'intime conviction des jurés quant à l'accusation à qui sont exposées les plaidoiries,  ou trouver un arrangement (financier) entre les parties, pour éviter un procès. 

 

Le relativisme à l'égard de la vérité, et l'appel à l'opinion publique, peuvent paraître faire dériver le Justice vers la simple vengeance.  C'est pourquoi les Américains, très majoritairement, à plus de 90%, s'ils sont accusés, préfèrent éviter le procès en plaidant coupable afin de mettre en place une tractation financière pour dédommager la victime. Conclusion : le règne de l'argent s'affiche, prédominant, pour éviter la morale-couperet des jurys populaires, redoutable comme toute morale.  Bien sûr les riches y sont favorisés, et le mot est faible pour le dire.

 

C'est cette Justice là que Sarkozy veut importer en France.

 

Conservons la présomption d'innocence, les juges juristes professionnels que ne peuvent remplacer des jurés, des juges nommés et non élus, qui jugent selon les lois, et battons-nous pour l'indépendance de la Justice, largement bafouée en France dans toutes les grandes affaires financières, où le Parquet, représentant de l'Etat donne ses instruction et fait pression sur les juges pour innocenter les grands prédateurs financiers et exempter les hommes de pouvoir. Le manque d'indépendance de la Justice, en France, ne provient que des pressions, lorsqu'elles existent, de l'exécutif sur le judiciaire.

 

Aux Etats-Unis, c'est différent. Dans le cas d'une Justice accusatoire, on a l'impression que l'innocence peut s'acheter. Ou presque.

 

Ces précisions soulignent tout ce que wikipedia ne dit pas, qui permettrait de comprendre un peu le contexte, au-delà des anecdotes.

 

 

Alithia

 

 

  * L'Express lâche ceci concernant les amitiés et les relations de Sarkozy dans la police new-yorkaise. Les avocats de  D. Strauss Kahn ont mis en cause la police new-yorkaise, comme étant à l'origine des fuites. Le Point pour sa part, révèle des communications entre le chef de la police new-yorkaise et le procureur de Paris, proche du président de la République, et ce dès le 16 mai.

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 18:43

 

 

On a comme l'impression que DSK est embarqué dans une sale histoire. Il ne fait pas bon d'avoir à répondre de crimes sexuels sous les yeux du monde entier. Et ce, quelles que soient les possibilités qui sont les siennes de réfuter les accusations portées contre lui et de prouver son innocence. Au stade actuel de la procédure, rien de l'enquête policière n'étant public, non plus les investigations du juge, non plus que les possibles arguments de la défense, il conserve une présomption d'innocence. Et  cette présomption est totale, aussi longtemps que rien n'est prouvé, et que rien n'est jugé, même si chacun peut avoir sa petite idée qu'il garde par devers soi.


De même pour son accusatrice, rien ne permet de mettre en doute a priori la véracité de son témoignage et de ses dires, faits sous serment. Elle aussi bénéficie d'une présomption, toute autre : a priori elle est supposée dire vrai.

 

De sorte que si l'un dit vrai, l'autre ment.   

S'il y a procès, -car rien n'est encore certain quant à ce point-, lequel réussira à prouver qu'il est du côté de la vérité et l'autre du mensonge ?  Tel est l'enjeu. En cas de procès du moins.

 

En attendant chacun peut se livrer à ses hypothèses selon son intime conviction, s'il en a une.

 

Mais s'il a été assez dit que cette histoire éclabousse la France, s'il a été rappellé que Nicolas Sarkozy avait pesé en faveur de la nomination de DSK au FMI, sans dissimuler l'espoir que sur le sol américain il finirait par être piégé par un scandale sexuel, et si d'aventure on doutait encore de ce que le monde de la politique n'est pas seulement peuplé par des anges à son plus haut niveau du moins, un article du Monde donne quelques clefs étonnantes pour avancer dans cette histoire.

 

Cet article du Monde qui explique les moyens occultes mis en oeuvre de longue date par Nicolas Sarkozy à l'aide des services secrets (encore) pour piéger son concurrent aux futures élections ou le déconsidérer, cela ajouté à la catastrophe DSK qui s'est produite au-delà de toute expectative, donne une idée de l'état avancé de décomposition de la vie politique en France et du déshonneur qui atteint certains responsables politiques, agents de cette décomposition.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 13:30

 

 

 

 

 

Les autres aspects de l'actualité  ne doivent pas faire oublier Fukushima  : on sait maintenant que la fusion des réacteurs nucléaires a eu lieu, 3 réacteurs ont fondu, et l'un connaît des fuites mais le gouvernement japonais ment, dissimule. Les réseaux du nucléaire japonais reposent sur des complicités mafieuses entre Tepco, dirigeants politiques et mafias proprement dites.

 

Ce qui m'étonnera toujours est l'incapacité des Japonais à contester ces pouvoirs  étant donné l'intrication et la complicté entre responsables de grands groupes du nucléaire et responsables politiques ; leur incapacité à émettre des critiques envers leur gouvernement, à se révolter. Si leur discipline et leur sang-froid ont été admirables après les catastrophes naturelles qui se sont abattues sur le Japon, -catastrophes qui n'étaient pas imprévisibles mais contre lesquelles les mesures de sécurité n'avaient pas été prises-,  leur résignation devant les conséquences humaines dues à une technique défaillante, pour des raisons politiques et mafieuses, est un sujet d'interrogation sans fin.

 

Certes le Japon n'a pas connu les Lumières, les philosophes et leur oeuvre pré-révolutionnaire et fondatrice des principes de la politique moderne et des droits de l'homme, comme en France, et dont le Japon représente l'antipode parmi les pays hautement industrialisés et technicisés. Le Japon n'est pas entré dans la modernité politique par une révolution brisant le féodalisme et ses valeurs, et, bien plus que cela, il est passé de la féodalité à la modernité économique et technique sans transition autre que sa période pro-nazie, et, sur le plan politique, la continuité avec le féodalisme subsiste en la personne de l'Empereur, personnage quasi divin, intouchable, qui ne se présente même pas en public aux yeux des humains ordinaires, et n'a pas de parole publique. La plus haute modernité technique alliée à la tradition d'une histoire dont les valeurs culturelles pèsent sur la vie politique d'une démocratie aux traits singuliers, non dénués de ce qui convie l'individu à la soumission.

 

Un article de Libération ,  indique l'aggravation de la situation à Fukushima.[1]

 

 

 

 

Alithia

 

 

[1] voir des extraits dans les commentaires ; voir en particulier le blog sciences de Libération , voir aussi Arrêts sur images

 

précédents articles

Japon, la catastrophe nucléaire évitable parce que prévisible

    irresponsabilité et prise de risques inconsidérée sur le nucléaire au Japon

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 12:38

Nous ne pouvons dire à l'heure actuelle si DSK pourra ou non s'exempter de ce qui lui est  reproché. Présomption d'innocence : rien n'est encore jugé. Au sens juridique il n'y a que des présomptions sur la base d'une plainte, et dans le cadre d'une enquête. Les faits restent à établir. Le fait  de son innocence ou de sa culpabilité ne peut être établi qu'à l'issue de ce que la Justice dira sur la base de preuves ou d'éléments probants.

 

Mais si les faits imputés à DSK ont une consistance et si la plainte de la femme de chambre se révèle fondée, ce que doit établir la Justice à l'heure où on est, ce n'est pas tant qu'un homme de ce rang et de cette importance, ayant ces responsabilités, puisse commettre un crime sexuel qui provoque la sidération. Ce n'est pas tant que ce genre d'acte de violence à l'égard d'une femme ne soit pas réservé aux voyous des classes inférieures qui nous sidère à ce point, bien que cela provoque déjà une stupéfaction et une incrédulité en première réaction.

 

Ce qui rend ce geste inoui et scandaleux à ce point qu'il laisse sans voix et  pétrifie l'esprit, la pensée et l'imagination, est la dimension de suicide politique et de destruction d'une brillante carrière qui devait, selon la logique des choses telle qu'elle était annoncée, le porter à la responsabilité politique suprême.

 

Cet événement sidère car il déjoue toute attente au-delà de l'imaginable, par une irruption venue de l'inconscient révélant ce qui était caché, cette faille qui eut été un vrai danger s'il avait poursuivi sa trajectoire jusqu'à la présidence de la République.

 

Comme si inconsciemment il savait que c'était impossible. Comme s'il devait s'interdire de briguer la magistrature suprême en réalisant quelquechose  d'irréparable, par un passage à l'acte venu en place d'une décision rationnelle, formulée en paroles qu'il ne pouvait prononcer, retirer sa candidature. Dualité d'une ambivalence qui explose en destruction du personnage politique. 

 

C'est en cela que sa raison a finalement pris le dessus en quelque sorte, de manière extra-ordinaire, comme si au sein de lui-même veillait un sens moral qu'il ne voulait pas reconnaître ni accepter consciemment, lui dictant de se retirer. La raison et le sens moral veillaient, qu'il ne pouvait laisser parler par des paroles ordinaires. Ce conflit intérieur qui l'emprisonnait dans le silence ne laissait alors plus que la place à l'acte, un acte inoui, sidérant, au-delà de l'imagination, sublime et terrifiant.

 

Totalement imprévisible et hors de la logique ordinaire et des repères admis (la trajectoire du très brillant économiste, expert en relations internationales, vers la responsabilité suprême à la tête de l'Etat) comme l'est tout passage à l'acte. Imprévisible et hors des cadres connus, cela qui provoque la sidération.

 

Comme l'attaque des Twins Towers le 11 septembre. Les réactions sur le net disent, ce même effet de sidération provoqué par l'inoui, l'extra-ordinaire, un événement qui se situe au-delà de la représentation et de l'imagination.

 

Qu'il soit reconnu innocent ou coupable à l'issue de la décision de Justice, sa trajectoire est brisée, son image d'un homme extrêmement compétent, responsable et rationnel est détruite par l'irruption du Mister Hyde révélant des pulsions irrationnelles non maîtrisées, incomptables avec la fonction qu'il briguait[1].

 

Par cet acte dont la responsabilité putative lui est attribuée, a éclaté à la face du monde -puisqu'une responsabilité mondiale était la sienne-  la part obscure de son être qui lui interdisait d'aller jusqu'au bout de la voie qui lui était promise.

Et ceci, qu'il soit ou non finalement innocenté. 


 

C'est ce que signifient les images diffusées, extrêmement humilantes en effet, à proportion de l'extra-ordinaire du geste d'un homme puissant se laissant emporter par des pulsions dont la Justice dira si elles étaient criminelles, ce pour quoi il est actuellement mis en examen, mais aussi détenu en prison.  Humiliation à proportion de l'importance de sa fonction.


Jamais un responsable ayant rang de chef d'Etat n'avait été ainsi incarcéré et montré dans cette position humiliante au monde entier, a fortiori alors qu'il n'est pas reconnu coupable ni même encore mis en accusation, mais demeure mis en examen . Comme au Moyen-Age où le coupable devait être exposé.  (cf Foucault Surveiller et punir)

 

Robert Badinter a parlé d'une mise en scène (de la police new-yorkaise) qu'il dénonce comme humiliante et contraire à la présomption d'innocence. A raison. Ce sont des images qui tuent. Des images qui ont détruit l'image du responsable de premier rang.

 

Cette coutume américaine d'exposer le prévenu au voyeurisme et à la vindicte publique est du reste contestée aux Etats-Unis, au nom de la présomption d'innocence bien entendu. Car  de telles images accablent, elles présentent un coupable quand il ne s'agit encore que d'un prévenu et elles l'exposent à la vindicte publique. Comme au Moyen-Age.

 

A rapprocher des jurys populaires qui sont en place aux Etats-Unis. Et on sait que le peuple veut du sang, car il juge  non pas selon le droit, qui établit des critères précis et les mêmes pour tous, mais moralement : face à un crime il exprime son indignation, position morale où s'exprime son émotion, où la raison est éclipsée face aux crimes dont il a à juger car le juré populaire désire avant tout faire savoir que lui, il n'en est pas capable, de ce genre de crimes. D'où sa sévérité morale, pour se distinguer de la faute et du fautif. Surtout dans les affaires de crimes sexuels.

 

Voir ce qu'en dit Emmanuel Pierrat, l'avocat qui connaît particulièrement bien le sujet.

 

[1] Sur ce geste suicidaire d'autodestruction, voir ce que dit Serge Hefez dans Le Monde et sur le site des Inrocks

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 12:49


La chute de DSK est son oeuvre.

 

On savait que DSK avait une propension à la consommation compulsive des femmes, qui pouvait être pressante et relever du harcèlement. Il s'en était lui-même confessé dans certaines  interview et il savait que c'était son point faible, comme s'il savait qu'il pouvait être piégé par ses pulsions.

 

Patron du FMI, il était un homme puissant, sur le territoire des Etats-Unis dont on connaît le puritanisme et l'intransigeance en matière d'affaires sexuelles ordinaires, du type aventures extra-conjugales susceptibles d'être transformées en scandales publics et d'être exploitées politiquement (bien distinctes des violences et crimes sexuels, justement punis, et de manière très sévère aux Etats-Unis). Homme public de cette importance, il se savait sous surveillance permanente, exacerbée par sa possible candidature aux futures élections présidentielles en France, qui devait être déclarée à la fin du mois. Comment a-t-il pu se laisser aller à un tel acte, d'une telle gravité, si celui-ci est avéré ?

 

Au-delà de l'incrédulité, c'est la sidération qu'a provoquée l'annonce de sa mise en examen, renouvelée et amplifiée encore le lendemain par les photos du prévenu menotté encadré de policiers qui ont été diffusées. Ce traitement est réservé en France aux personnes précédemment jugées coupables. En vertu de la présomption d'innocence un prévenu ne doit ni être menotté ni encore moins être montré ainsi en public. Impression d'un homme donné en pâture, traité comme s'il avait déjà été reconnu coupable.  Cela se fait aux Etats-Unis, dit-on, où c'est au prévenu qu'incombe la preuve de son innocence. En France cela choque, car c'est vécu comme une atteinte à la présomption d'innocence.

 

Comment une chute aussi vertigineuse est-elle possible ? Le titre de Libération "DSK out" exprime la fin de sa carrière politique inscrite dans cet événement, quelle que soit l'issue, qu'il soit finalement reconnu coupable ou innocentl. Le Monde exprime cette sidération partagée : " DSK, en plein polar ou en plein délire ? "

 

L'événement est sidérant, on peine à y croire. Non que l'information soit mis en doute (pas de théories de complots médiatico-politiques, les media ne sont pas accusés) mais on a du mal à admettre ce que l'on apprend, er du mal à croire ce que l'on voit, entend et lit, et encore plus à accepter que cela soit son oeuvre, c'est à dire qu'il soit lui-même, le seul artisan de sa chute. On spécule sur un éventuel "piège" -dans lequel il serait tombé, toutefois- : la tentatrice téléguidée lui aurait donné l'occasion de céder à la tentation. Piégé par son point faible et on échafaude même l'hypothèse d'un coup monté : le témoignage de la supposée (à l'heure actuelle) victime du viol releverait du fantasme voire de la machination. On cherche une issue, des hypothèses. Car ce ne peut être vrai : comment un homme intelligent, investi d'un tel pouvoir, objet d'une telle attente et d'une telle attention, constamment épié, qui se sait des ennemis, ou qui se sait attendu au tournant, comment  peut-il se laisser aller à de tels actes dans ces circonstances précises où le moindre de ses faits et gestes est surveillé, prêt à être exploité ?

 

Pourtant l'inconscient a ses raisons que la raison ne connaît pas. Pourtant, connaissant ses faiblesses c'est à dire ses pulsions, s'il avait reculé devant le destin qui semblait tout tracé comme l'indiquaient les sondages (les sondages ! selon la logique du calcul qui est la leur, supposée calculer l'avenir alors qu'ils ne révèlent qu'une opinion dans le présent) ? Si cet acte a eu lieu, il signe le refus de cet avenir, comme un geste extrême et irrationnel témoignant d'une perception du sujet d'être en défaut par rapport à sa place, un acte  qui fait entrevoir ce qui ne peut être imaginé ni représenté. En somme dans un geste sublime au sens kantien, l'irreprésentable surgit, informe, sauvage, terrifiant.

 

Libération a sollicité un écrivain, Luis de Miranda et un psychanalyste, Alain-Didier Weil, qui donnent des éclairages sur cette affaire inassimilable qui laisse d'abord sans voix, tant elle semble relever de l'excès, de l'impensable, où émerge la sauvagerie de l'inconscient. S'agirait-il d'un  acte héroïque qui détruit ce qui devait être détruit, car, fondamentalement, ça n'était pas possible de se conformer à ce qui avait été tissé autour de lui ?

 

 

"Luis de Miranda, y voit "un suicide politique plutôt que la mort de l'automate ou la possibilité d'un règne déchaîné". Il parie qu'"au "fond de lui" DSK est libéré. Il le voit comme un héros sublime. 

"C’est entendu, il y a quelque chose de bestial dans le royaume de DSK. Cette sauvagerie du désir n’est sans doute pas respectueuse de la diplomatie qui doit présider à la séduction érotique. Mais nous faisons le pari qu’au fond de lui, aujourd’hui, Dominique Strauss-Kahn est joyeux. Peut-être ne se l’avoue-t-il pas encore. Mais un tel passage à l’acte, à un tel moment de sa biographie, ne peut être que volontaire. J’ajoute qu’il est héroïque."


"Cette chute, il l’a voulue, il l’a désirée. L’esprit en lui s’est allié à l’animal pour effondrer d’un geste vif la machine qui s’édifiait autour de lui, telle une prison prévisible et dangereuse. Cela a commencé par la Porsche. Premier acte manqué. Mais la voiture de sport ne fut qu’un coup d’essai timide. Si la femme de ménage a été agressée, l’ouvrière violentée, alors nous touchons au sublime, au sens kantien d’«au-delà médusant de la représentation». Un suicide politique plutôt que la mort de l’automate ou la possibilité d’un règne déchaîné."

 


 

"DSK est un personnage philosophique, un symptôme de notre temps (un saint-homme dirait Lacan) en ce qu'en lui bestialité et rationalité luttent à l'extrême."

 

" Comme président il aurait été dangereux et, au fond, il le savait : une sorte d'hyper-Sarkozy, celui-ci étant déjà passablement pulsionnel".

 

« Finalement, je crois que DSK a deux raisons de se réjouir aujourd’hui et nous avec lui : la première est que son passage à l’acte du Sofitel est un refus de l’avenir tout tracé que la plupart lui prédisaient. En cela, l’assaut de l’ouvrière de chambre est un geste fou de libération totale, presque une oeuvre d’art, en ce que le geste lui permet aussi, au passage, de révéler qu’il n’a jamais été de gauche.
La seconde raison de se réjouir, c’est que ce suicide prouve, in fine, que la raison a triomphé de l’animal. L’étincelle spirituelle qui germe au fond de DSK a voulu nous éviter un président calligulien. Cet événement new-yorkais est un sacrifice, un renoncement à une surpuissance annoncée, un don à l’intérêt général français. En cela, DSK, tu es héroïque. Merci. »

 

 

Alain Didier Weil, psychanalyste,  sous le titre "une catastrophe, pire, une catastrophe attendue" parle d’un acte manqué :

 

" Dans une période de sa vie  où il n'a jamais été autant surveillé par les media, où ses faits et gestes sont observés, scrutés à l'infini, voilà -si cela se confirme- que Dominique Strauss-Kahn réalise l'acte... le plus attendu par cette surveillance généralisée. C'est sidérant.

Cela peut s’appeler un acte manqué. Un acte qui consiste à obéir à cet état de surveillance qui est autour de lui, pour desservir au final son propre destin. Mais si on parle d’acte manqué ou d’un acte irrationnel, on peut dire aussi l’inverse et lui donner un sens contraire. Dans une période où la censure autour de lui est étouffante, surgit une espèce de levée intempestive du refoulement sexuel élémentaire. C’est un autre aspect, et en ce sens ce serait un acte réussi pour ses adversaires."


 

 

D'autres parleront de tragédie grecque, le déroulement d'un destin implacable.


DSK avait  évoqué les rumeurs sur sa vie sexuelle au cours d'un déjeuner "off" avec des journalistes que transmet un  article de Libération  sous le  titre  «Oui, j’aime les femmes, et alors ?»"

 

 

 

"C’était le 28 avril. Rendez-vous avait été pris en toute confidentialité avec Dominique Strauss-Kahn dans un restaurant duIIearrondissement de Paris. (...) Cordial, souriant, détendu, DSK, au moment de passer à table, interroge :«Avez-vous vos téléphones portables sur vous ?» Lui-même en a deux. Il explique avoir laissé son appareil personnel dans le vestibule et ne conserve sur lui que «le crypté» fourni par le FMI."

 

"Très déterminé, il évoque la longue - trop longue à son goût - campagne à venir et les principales difficultés à surmonter pour lui. Il dit  redouter des mauvais «coups» de Guéant.  Il voit trois difficultés pour lui, qui pourraient faire l'objet d'attaques  : «Le fric, les femmes et ma judéité.» Mais, au moment de développer, il commence par les femmes. «Oui, j’aime les femmes… Et alors ? »  Cependant   sur ce  point, il imaginait un possible scénario-piège : «Une femme [déclarant avoir été ] violée dans un parking à qui on promettrait 500.000 ou un million d’euros pour inventer une telle histoire.» DSK évoque encore une scène où il se retrouve dans une pissotière avec Nicolas Sarkozy, lors d’un sommet international, et lui demande d’arrêter de le salir sur sa vie privée."

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