Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
  • Contact

Qui Suis-Je ?

  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.

Moteur De Recherche

Archives

15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 22:44

 

 

 

Il est difficile de comprendre que, au Japon, pays sujet à tsunami (le mot est japonais) les centrales nucléaires soient construites au bord de l’océan. Question de néophyte.

 

Ce qui est dramatique est d’apprendre que les explosions et fuites radioactives qui se sont produites dans la centrale Fukushima Daiichi étaient évitables , car prévisibles.

 

Les faits :

Des rejets radioactifs très importants se sont produits simultanément à l'explosion samedi du bâtiment du réacteur n°1.  Lors de l'explosion le débit de dose à la limite du site aurait atteint 1 millisievert par heure (mSv/h) valeur à comparer à l'ordre de grandeur de la radioactivité naturelle qui est de 0,0001 mSv/h.  L'agence de presse japonaise Kyodo, citant une commission de sécurité a indiqué qu'un niveau de radioactivité 1.000 fois supérieur à la normale avait été détecté dans la salle de contrôle du réacteur numéro 1. 


Deux explosions se sont produites lundi au niveau du réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushimaqui n'auraient pas endommagé le caisson renfermant le coeur du réacteur.   

Mardi une explosion  d'hydrogène s'est produite  dans la partie inférieure du bâtiment du réacteur n° 2.   Le circuit de refroidissement de ce réacteur a cessé de fonctionner. Conséquence de ce fait , les barres de combustible nucléaire du réacteur 2 sont entièrement à l'air libre, de sorte que selon l'agence japonaise Jiji citant Tepco, une fusion au coeur du réacteur n'est pas à exclure.

 

Explosion signifie que des fuites sont occasionnées en conséquence et que, au pire, il y a des possibilités que l'étanchéité de l'enceinte de confinement soit atteinte. On ne sait pas très bien ce qu'il en est pour l'instant.  Ce que l'on sait est que des fumées ou de la vapeur s'échappe des réacteurs provoquant des rejets radioactifs.

[source Le Monde]

 


 


Le site Mediapart sous la plume de Michel de Pracontal*  journaliste scientifique  de référence,  indique que les pouvoirs publics, comme la société privée Tepco qui gère les centrales nucléaires, ont été avertis de la nécessité d’augmenter les protections anti-sismiques de celles-ci.  En particulier après qu’en  juillet 2007, un séisme de magnitude 6,8 ait provoqué des incidents graves à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Mais les mises en garde qui leur ont été adressées par  le professeur Ishibashi Katsuhiko, de l’université de Kobe, sismologue et membre de la commission d’experts chargée d'établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises, n’ont pas été prises en compte. De sorte  que cet expert a démissionné de la dite commission faute d’être entendu et suivi.

 

Ces rapports  indiquaient qu’il fallait absolument renforcer la résistance aux séismes des centrales nucléaires, celles-ci ayant été construites sur des hypothèses de risques sismiques beaucoup trop basses dans une période où le Japon n’avait connu que des séismes de faible ampleur -pour le Japon. En revanche, on pouvait et l’on devait prévoir des séismes beaucoup plus importants et tenir compte de l’hypothèse que l’épicentre du séisme puisse être proche de la centrale.  Depuis 1995 le grand tremblement de terre de Kobe, indiquait la nécessité de relever les normes et de renforcer la sécurité en fonction de risques qui pouvaient représenter plus du double de la mesure actuelle.

 

Le professeur Katsuhiko, considérait que les centrales qui ne pouvaient pas être sécurisées devaient être fermées.

 

 

Mediapart  écrit :

 

« A moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche. » Cet avertissement est tiré d'un article paru le 11 août 2007 dans le quotidien International Herald Tribune/Asahi Shimbun (l'article est à lire ici). Son auteur est le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur à l'université de Kobe (sa biographie est à lire ici).

 

Ishibashi Katsuhiko faisait partie du comité d'experts chargé d'établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises. Il en avait démissionné pour protester contre la position du comité. Il estimait que les recommandations fixées par le comité étaient beaucoup trop laxistes.

 

Depuis 2005 une série de séismes importants se sont produits au Japon, affectant plusieurs centrales nucléaires. Le professeur Katsuhiko a alerté les autorités concernées dès 2006.  L'année suivante une très importante secousse s'est produite près de Fukushima. Tepco avait alors signalé trois fuites de liquide radioactif à la même centrale de Fukushima Daiini qui est actuellement sujette aux explosions eaux t fuites. 

 

Ishibashi Katsuhiko avait analysé les risques :  «Ce qui s'est passé à Kashiwara-Kariwa ne devrait pas être qualifié d'inattendu».

 

 

 

 

Le même article ajoute que :

 

Tepco n'en est pas à son premier manquement en matière de sécurité. En 2002, l'entreprise a été au centre d'un scandale après avoir falsifié des documents d'inspection pour dissimuler des problèmes survenus sur certains de ses réacteurs. Le PDG, le vice-président et le président du conseil d'administration durent démissionner en chœur. La falsification concernait au moins trois incidents qui affectaient déjà les centrales de Fukushima et de Kashiwazaki-Kariwa... 

 

ajout le 16 : la société Tepco mise en cause pour sa gestion de la catastrophe, qui semble assez légère, après les précédents manquements qui lui ont été reprochés.  Le Monde.

 

 

Alithia

 

 

Michel de Pracontal, journaliste scientifique, auteur de "L'imposture scientifique en 10 leçons" : lecture à recommander aux wikipédiens. 


Résumé de son propos  : 

 

Plus de 50 % des Français croient à la transmission de pensée et à la guérison par magnétiseur, près de la moitié fait confiance à l'astrologie, 35 % aux rêves prémonitoires. De l'horoscope sur Internet au phénomène " X-Files ", de la mémoire de l'eau aux " paramédecines ", de la réincarnation aux " expériences NDE ", la patrie de Descartes se passionne plus que jamais pour l'irrationnel. Le progrès des sciences et des techniques s'accompagne d'un essor des pseudo-sciences et des fraudes scientifiques. Des savants renommés accréditent la téléportation et le voyage dans le temps. Des autodidactes inventifs proposent des théories " alternatives " à celles de Darwin et d'Einstein.


Loin d'être marginale, l'imposture scientifique est devenue une nouvelle norme intellectuelle.

 

Voilà qui convient parfaitement à la description de wikipedia, reflet de la société et de ses préjugés et croyances.

.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by alithia - dans politique
commenter cet article

commentaires

MonsterBuster 20/03/2011 20:11



Pour compléter la réponse d'Altshift :

La fission nucléaire est basée sur la "destruction" (par des neutrons)
d'éléments chimiques lourds en éléments chimiques plus légers, destruction qui libère de l'énergie sous forme de chaleur ainsi que d'autres neutrons qui permettent de perpétuer la réaction
(contrôlée par des barres, généralement en graphite, qui absorbe plus ou moins ces neutrons).

Pour ce faire, donc, on a recours à des éléments très lourds, donc instables (et donc radioactifs), et donc la radioactivité naturelle permet à la fois l'économie d'un canon à neutrons pour
démarrer et perpétuer la réaction.

L'avantage de cette technologie est que cela se passe dans des conditions normales de température et de pression et peut donc être mise en oeuvre relativement facilement. Dans l'ensemble, la
filière est au point et les problèmes sont dans l'ensemble maîtrisés (hors le pb épineux de la gestion des déchets radioactifs à dégradation très lente). Les problèmes et accidents qui
surviennent ne sont généralement pas dus à une carence technologique mais plutôt soit à des erreurs humaines dans la mise en oeuvre du processus (Tchernobyl), soit à une politique de gestion du
risque pas assez rigoureuse (pb actuel de la centrale japonaise, où le risque tsunami n'a visiblement pas été suffisamment pris en compte).

Le gros inconvénient tient bien sûr à la nature radioactive du combustible et des produits


La fusion nucléaire, au contraire, est basée sur la création d'éléments
chimiques plus lourds (hélium 4) avec des éléments légers (deutérium, tritium, hélium 3).

Les avantages de cette méthode sont multiples :
* contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, elle ne produit pas de composés radioactifs.
* elle produit plus d'énergie que la fission à masse de combustible égale
* le combustible est bien plus courant que l'uranium (sans aller jusqu'à la Lune pour trouver de l'hélium 3, les océans renferment quantité de deutérium pouvant servir à la fusion).

Le gros inconvénient de cette technique, c'est qu'elle n'est possible qu'à des conditions très élevées de température et de pression, lorsque la matière est à l'état de plasma. Or, on ne sait pas
à l'heure actuelle maintenir de telles conditions tout en empéchant le plasma de toucher (et donc fondre) les parois du réacteur. Plusieurs techniques sont testées (la plus prométeuse étant le
tokamak, où le plasma serait maintenu par confinement magnétique), mais aucune n'est arrivée au stade où la production industrielle d'électricité par ce biais pourrait être envisagée.
La seule utilisation possible actuellement reste la bombe H, où le processus est enclenché par un première bombe à fission (élévation de température et de pression) et où on se moque bien de
contrôler l'emballement de la réaction (au contraire, même).



Baâl-Enlil 18/03/2011 12:08



Merci pour votre réponse, pour l'hélium c'est sûr que c'est plus charmant que l'uranium !


Merci aussi à Alithia pour ce petit précis sur le sujet, et pour le lien que vous avez prodigué...



Altshift 17/03/2011 21:47



Pour un début de réponse à Baäl-enlil, on peut lui conseiller de regarder la Lune et ses quelques réserves d’hélium-3 dont la fusion contrôlée produit énormément d’énergie mais présenterait
l’avantage de ne produire aucun déchet radioactif.


Il semblerait toutefois que outre la difficulté d’exploiter industriellement (de manière rentable) ce gaz rare sur la Lune, il soit assez délicat à manipuler puisque gourmand en neutrons, il tend
à détruire pour les absorber les matériaux qui composent ses contenants.


Il y a donc de fortes chances pour que la fusion de l’uranium et de ses dérivés dont l’exploitation en Afrique, peu onéreuse en transport et en personnel (les salaires séléniens sont très élevés)
permet de produire de confortables bénéfices, reste dans les années à venir et quels que soient les risques une pratique courante.


On ignore encore si areva a prévu d’élargir son marché par la production de micro-centrales individuelles que chacun pourrait avoir chez soi. 



Pierre 17/03/2011 14:52



le lien



Pierre 17/03/2011 14:29



Les photos de Boston.com après le tsunami. C'est très impressionnant.