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Observatoire

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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 16:59
Le livre de Shlomo Sand que j'avais déjà présenté [pour rectifier ce que wikipedia raconte]vient d'être réédité en livre de poche. Pierre Assouline le signale sur son blog. A nouveau il est nécessaire de rappeler le manque total de fondement historique des thèses de Shlomo  Sand, à nouveau les historiens et critiques de livres des journaux le rappellent, l'auteur a inventé une fiction historique qui nie toute l'histoire du peuple juif.

Pour mémoire je donne en annexe, la critique de Nicolas Weill dans Le Monde, lors de la parution .

Je réédite donc cet article du blog, pour l'intérêt des derniers commentaires reçus, dont je crains qu'ils ne passent inaperçus, vu que les lecteurs ne remontent pas très souvent vers les articles anciens.

Je reprends une partie de l'article, avec certains commentaires que je ne peux introduire sous forme de commentaires en annexe, malheureusement : limites du logiciel over-blog. Tout s'enchaîne, je vous prei de m'en excuser.

  *  *  *


Dernière découverte de wikipedia : un livre falsifiant l'histoire sur laquelle sont plaquées des références raciales, afin de prouver que le peuple juif n'existe pas. 


Le livre promu par wikipedia, "Comment le peuple juif fut inventé" , dénie l'existence historique du peuple juif . Il dénie même la pertinence de l'expression de peuple juif,  pourtant constamment nommé tel dans la Bible dès la Genèse (Noé) car l'auteur, Shlomo Sand, définit un peuple de manière ethnique, raciste,  par la biologie,  et non politique .  Il prétend que l'idée et l'expression de peuple juif remonte au XIX° siècle !

Il n'aura pas vu en Moïse un chef politique, ni dans la fondation d'un Etat un projet politique, qui se dit en  recourant à la langue de la théologie aussi longtemps que cet Etat n'existe pas, ni dans quelque pacte fondateur du peuple lui-même, un geste politique, fut-il un pacte avec Dieu, et propre à définir un peuple sur des critères politiques, non plus qu'il n'a vu  la définition d'un peuple par la transmission d'une culture de génération en génération à travers l'histoire,  quand cet Etat n'existe plus. L'auteur n'a jamais entendu parler apparemment de l'Etat ancien des Hébreux. Il n'a pas lu les pages brillantes que Rousseau consacre à Moïse en tant que chef politique des Hébreux, ni Spinoza bien entendu qui explique la nécessité du recours à Dieu en l'absence d'Etat et comme langage de la promesse d'un Etat. L'auteur, Shlomo Sand, -qui n'est pas historien et ignore tout de la philosophie et des concepts de la théorie politique et de la théologie politique- va en effet chercher du côté des races un critère susceptible de définir un peuple  et, ne trouvant pas de spécificité raciale particulière au peuple juif, il conclut à son inexistence.



L'auteur affirme que l'idée d'un peuple juif ou d'une nation juive  est un mythe inventé il y a de cela un peu plus d'un siècle, par le sionisme. Il invoque le fait que les juifs ne sont pas dotés d'un ADN spécifique pour conclure qu'il n'y a pas de spécificité juive autorisant à parler de peuple et donc à considérer la pertinence et la légitimité d'un Etat juif. S'appuyant sur le fait que le judaïsme fut longtemps prosélyte et convertit divers peuples autour de la Méditerranée, les Berbères du Maghreb en particulier, les Khazars dont le royaume s'étendait de la mer Noire à la mer Caspienne, des populations du Yémen,  d'Ethiopie, et d'autres encore, il réfute par là l'idée d'une identité biologique des juifs  tout en prétendant que cette histoire des convertis serait refoulée par l'historiographie juive contemporaine... pour la raison qu'elle constituerait une objection à la thèse de l'identité raciale des juifs...  qui serait la base de l'idéologie sioniste.  Qui ignore pourtant parmi les historiens au moins, que les Berbères du Maghreb furent judaïsés , -mais par des juifs  dont les colonies constituent les plus anciennes populations du Maghreb, ce que Sand  ne dit pas, comme s'il n'y avait pas eu de juifs- des Berbères judaïsés, donc, avant d'être vaincus lors de la conquête arabe et convertis à l'islam ? Difficile d'ignorer aussi l'existence des juifs du Yémen , et plus encore celle des juifs d'Ethiopie puisqu'ils sont restés juifs jusqu'à aujourd'hui, pour partie d'entre eux. Les Fallashas d'Ethiopie   ont demandé à Israël de les accueillir car ils étaient persécutés dans leur pays. L'histoire a fait grand bruit.  S. Sand prétend faire là une révélation ? Là où gît son révisionnisme aux références imprécises et improbables, c'est qu'il fait de tous les juifs des convertis, les juifs du Maghreb seraient  tous des Berbères convertis, et les Ashkénazes seraient tous des Khazars.  Aucuns ne seraient les descendants de leurs ancêtres des anciens royaumes d'Israël et de Juda. Là l'historien se montre un pur odéologue au service d'une thèse qui n'a plus aucun rapport avec l'histoire mais est une fiction relevant de la falsification  voire de la propagande.



Donc de cette hétérogénéité de populations,  -mais , il faut le souligner,  de populations présentées comme différant au sens biologique et supposément racial,- l'auteur conclut à l'absence de peuple juif, par un sophisme qui présuppose que les juifs eux-mêmes se définiraient ainsi, à savoir non par un projet politique, fonder un Etat, et par la transmission du judaïsme et d'une culture , mais par une identité de race qui pourtant ne se découvre pas dans leur ADN.  Ce qui est notoirement faux et relève d'une mauvaise foi aveuglante.  Aucun juif ne se définit ainsi par un critère biologique. 

Donc le peuple juif n'existe pas, ni sa culture, ni un Etat, puisqu'il n'existe pas d'identité  biologique. Le sophisme de ce raisonnement n'a pourtant guère été relevé, non plus que les critères raciaux retenus comme une évidence et qui sont au fondement de la réfutation, d'une histoire, non plus que l'attribution d'une ignorance de l'histoire de la diversité de populations juives réparties dans diverses parties du monde. Affirmant que cet fait est inconnu, Sh. Sand réécrit l'histoire de manière fantaisiste.



Qui aurait cru qu'il était encore possible aujourd'hui d'appliquer un critère racial à la détermination d'un peuple historique et politique ou pour décider de l'existence d'une entité culturelle historique et politique ?




Evidemment wikipedia adore. Une version révisée de l'histoire, aussi fantastique, dépourvue de concepts, faisant fi de toutes les catégories historiques, philosophiques et politiques, faisant appel à des explications en termes de races, et niant l'existence des juifs comme peuple ! Une théorie aussi inédite  et sensationnelle, qui excite l'imagination, plutôt que de faire appel  à la raison, dont on peut comprendre facilement comment il est possible d'en conclure que le sionisme n'a ni fondements, ni validité historique, ni droit de cité, une telle théorie a tout pour lui plaire. Elle comporte tous les traits de wikipedia : autodidacte, fantastique, imaginaire, relevant d'une logique parallèle, ouverte à tous les révisionnismes, y compris avec les pires arguments ; ici des critères en termes de races .




Au sujet de ce livre voici un commentaire éclairant d'Eric Marty, professeur de littérature à l'université Denis Diderot. 



Eric Marty explique dans le Monde

Les mauvaises raisons d'un succès de librairie

 


Un livre sur l'invention du peuple juif entretient la vieille théorie des races


LE MONDE | 28.03.09 | Édition du 28-29 Mars 2009,

 

 

Le livre de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé : de la Bible au sionisme (Fayard, 2008), règle la question de manière définitive. Le peuple juif n'existe pas : divine surprise !

 

Inutile de faire l'apprenti chimiste pour déclarer l'innocuité du Zyklon B, inutile de jouer à l'archéologue pour faire du Mur des lamentations une excroissance de la Mosquée Al-Aqsa, car si le peuple juif n'est qu'une invention du XIXe siècle sous le paradigme occidental de l'Etat-nation, alors la question est réglée. Certains pourront en conclure d'ailleurs qu'il est bien naturel qu'un peuple qui n'existe pas invente à l'infini des légendes pour attester sa pseudo-existence.

 

Ce n'est pas ici le lieu de dénoncer les confusions, et surtout le caractère naïvement massif de la thèse du livre de Shlomo Sand. Des spécialistes l'ont fait. Il s'agit de l'oeuvre d'un historien autodidacte dont les informations sont de seconde main, qui mêle les approximations à des choses connues, mais qui sont présentées sous l'angle biaisé de découvertes sulfureuses.

 

Sand présente le fait qu'il n'y a pas de race juive comme une découverte qui fait du peuple juif une invention historique. Mais ce faisant, il confond deux catégories étrangères l'une à l'autre, celle de "race" et celle de "peuple". La tradition d'Israël n'est pas une tradition raciale comme la Bible l'atteste (l'épouse non juive de Moïse, Séphora, Ruth, l'étrangère, ancêtre du roi David), tradition perpétuée par l'actuel Israël, comme tout visiteur peut le constater en admirant dans le peuple juif son extraordinaire pluralité : juifs noirs, jaunes, blancs, orientaux, blonds, bruns... La substitution race/peuple est révélée par le titre : Comment le peuple juif fut inventé... Or tout le livre consiste à vouloir prouver que les juifs actuels ne sont pas "génétiquement" les descendants des Hébreux.

 

On dira que le peuple juif n'a jamais cessé d'être "inventé" : par Abraham, par Jacob, par Moïse... Mais aussi par chaque juif. Car l'invention même du peuple juif, loin d'être une preuve de son inexistence, est une preuve radicale - irréfutable - de la singularité radicale de son existence propre. Existence fondée sur le principe abrahamique de son invention ou de sa vocation, puisque cette existence est réponse à un appel.

 

CONCLUSION PERVERSE

 

Peuple unique en ce qu'il est fondamentalement logocentrique - lié au langage, lié au nom - et textocentrique, lié à un texte : la Torah. Que la filiation soit constitutive du peuple juif ne peut apparaître comme un élément ontologique. Le principe de filiation n'est que la régulation civile de l'existence historique de ce peuple, des conditions de possibilité d'une perpétuation qui autorise son inscription dans le temps chronologique, dans le temps de l'histoire humaine. Voilà pourquoi il y a un peuple juif, voilà pourquoi il n'y a pas de "race juive", même s'il est patent que les Cohen et les Lévy du monde entier ont quelques liens incarnés. C'est ce qu'on peut appeler très simplement la facticité juive : le fait d'être juif.

 

Le livre de Sand manifeste là l'indigence de son "épistémologie". […]

 

Cet épilogue est le révélateur de la finalité du livre. On y trouve le principe mythologique de l'inversion dont le peuple juif est la victime coutumière : les juifs deviennent des non-juifs et les Palestiniens les juifs génétiquesEric Marty est écrivain et critique, professeur de littérature à l'université Paris-Diderot

 

  annexe  l'article de Nicolas Weill dans Le Monde lors de la réédition   [extraits] :

 Critique de Nicolas Weill - Le Monde

Un an et demi après sa première parution, voici l’essai-pamphlet de Shlomo Sand, spécialiste dans l’histoire de la Belle Epoque et du cinéma français, en format poche. Depuis lors, la polémique n’a pas faibli. Mais on se demande si cette réception tumultueuse n’est pas d’abord l’effet d’un titre provocateur. Car le contenu de l’ouvrage lui-même, entièrement de seconde main, a de quoi laisser perplexe. Y compris celui qui adhérerait aux partis pris de l’auteur.

Imprégné du jargon d’une sociologie critique apparemment très en vogue à Tel-Aviv, le livre ne fait, malgré son épaisseur, que ressasser une proposition unique : le "peuple juif", loin d’être une réalité dont on peut suivre les pérégrinations, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, n’est qu’une "invention" des historiens juifs du XIXe siècle, en particulier de l’Allemand Heinrich Graetz (1817-1891). La méthodologie de Sand, qui se réclame des penseurs contemporains de la nation comme processus de modernisation (Ernst Gellner) et comme imaginaire organisé (Benedict Anderson) se résume, sous sa plume, à du Bachelard pour classe de terminale : "Rien n’est donné, tout est construit"…

Pour Shlomo Sand, les historiens jouent un rôle décisif dans le processus de création de la nation (en l’occurrence d’une nation juive moderne), en prétendant asseoir sur des bases ethniques, voire raciales, une continuité entre les Hébreux de l’ancien Israël et les juifs d’aujourd’hui. Conséquence : au nom de cette "fiction" érudite, qui a transformé la Bible en roman national et en titre de propriété, un "viol" aurait été commis contre les seuls véritables autochtones, les Palestiniens. Conclusion : Israël doit choisir : soit demeurer une "ethnocratie" juive, soit devenir un Etat vraiment démocratique, celui de tous les Israéliens, quelle que soit leur religion.

Ce qui est problématique dans cette entreprise, c’est moins cette prise de position idéologique que la prétention de l’étayer par l’autorité de la recherche et l’administration de la preuve. Car Sand le reconnaît lui-même : les historiens sionistes ou nationalistes auxquels il s’en prend, tous formés à l’érudition allemande, ont excellé dans leur travail sur les sources. Or dans ce registre-là, c’est peu de dire que son livre à lui déçoit.

[...]

Mystérieux royaume khazar

Autre exemple : Shlomo Sand reprend à son compte la fameuse thèse défendue par Arthur Koestler dans La Treizième Tribu (Calmann-Lévy, 1976), selon laquelle la plus grande partie des juifs ashkénazes descendraient du mystérieux royaume khazar, converti au judaïsme aux alentours du IXe siècle. Mais en l’absence de documents et de traces laissés par ces cavaliers nomadisant entre le Caucase et la Volga, dont on ignore partiellement la langue, aucun indice n’a apporté de l’eau au moulin koestlérien. La contorsion intellectuelle qui consiste à voir dans le yiddish une langue slave par la syntaxe (donc peut-être aussi khazare), alors qu’elle est composée à 80 % de mots d’origine allemande, suggérée par Sand, est plus romanesque que convaincante.

Finalement, la méthode même de l’auteur torpille son projet. N’est-il pas obligé de s’adosser à ce qu’il entend rejeter, l’idée d’une "authenticité juive", pour réfuter celle qu’ont imaginée les historiens "sionistes" ? Pour Sand, une telle identité devrait être fluide et limitée aux valeurs religieuses. A le suivre, il pourrait y avoir des juifs laïques qui se sentent tels en tant qu’individus, mais une collectivité juive séculière, en Israël comme en diaspora, est soit impensable soit nécessairement "ethnoraciste". Sa définition crée donc de l’exclusion et, paradoxalement, rejoint les positions des orthodoxes   les plus ultras… Encore un effort, a-t-on envie de lui dire, pour sortir de l’identité !

Nicolas Weill Article paru dans l’édition du 12.02.10



Commentaires

* Si vous partez en guerre contre la connerie, Alithia, vous allez travailler dur et longuement...
Bon ... ! Vous allez me dire :
"Si on ne le fait pas, c'est qu'on accepte la théorie absurde du Shlomo"
A quoi, je répondrai avec simplicité :
"Que non, certainement pas !"
Et vous allez répondre ...
(mais vous savez quoi, n'est ce pas ?)

Commentaire n°1 posté par JC le 13/04/2009 à 09h42

 

"L'auteur, Shlomo Sand, -qui n'est pas historien"

* Ah ? Il répond vivement dans Le Monde à l'accusation d'"autodicactisme" formulée par Eric Marty (au passage cette réponse apporte un complément utile à votre article à charge) ; la consultation de son CV et sa liste de publications sur le site de l'Université de Tel-Aviv me laisse penser que l'accusation est en effet un peu légère.

J'ai vu en papillonnant sur le web qu'on lui reproche d'avoir traité de 3000 ans d'histoire dans son ouvrage controversé alors qu'il est un spécialiste de la charnière XIXème-XXème siècle, critique nettement plus recevable que celle d'"autodidactisme".

Commentaire n°3 posté par Le concombre masqué le 13/04/2009 à 12h27


- Oui autodidacte pour la période qu'il prétend traiter, pour laquelle il n'a pas les compétences. ce type ne connaît pas les bases de la philosophie politique, ce qui est gênant pour qq'un qui prétend définir ce qu'est un peuple.

Il  prend le terme de peuple au sens de Volk, soit biologique et racial.

La liste de ses travaux confirme ce que je dis : essentiellement spécialiste de Sorel, chez qui il n'a pas vu l'autodidacte et l'esprit confus, à l'image de ce qu'est Sand  lui-même.Il n'a aucune compétence pour retracer l'histoire millénaire du peuple juif, qu'il récuse, tout en disant qu'il parle d'autre chose, le sionisme, mais remet en question l'histoire millénaire. Très rigoureux. Il prouve lui-même ce qui lui est reproché.
 

Réponse de alithia le 13/04/2009 à 13h27

 

* Merci à E.Marty et à Alithia pour ces mises au point. Il est assez inquiétant de voir comment se multiplient des thèses négationnistes, qui truquent l'histoire pour la faire coïncider avec leurs objectifs iéologiques ou militants.

Shlomo  Sand est d'abord un militant soutenant des idées extrémistes jusqu'à la caricature. Il est le bras droit de Warchawsky, le fou de l'Etat bi-national dont personne ne veut sur place, pas plus les Palestiniens que les Israéliens, hormis ceux qui imaginent un Etat islamique sous la direction du Hamas où les juifs se sentiraient sans doute très libres, et de Dominique Vidal, autre propagandiste connu, avec les quels il fait des tournées de meetings pour diffuser leur point de vue commun, de militants anti-sionistes virulents et sans crédibilité intellectuelle.

Ce sont des militants qui défendent une cause, ultra-minoritaire, qui n'est supportée par aucun intellectuel ni aucune association, des gens qui ne représentent qu'eux-mêmes, non des historiens.  Ce sont des militants de l'anti-sionisme, rien d'autre, mais dont personne ne partage l'avis en Israël, même pas l'extrême-gauche la plus extrême.

Shlomo Sand  a été qualifié de "Faurisson israélien" par un universitaire, qui considère que son négationnisme est encore plus grave que celui de Faurisson (qui ne peut être considéré comme un historien, tout le monde l'a compris, car il invente des faits inexistants et nie ce que tout le monde connaît et sur quoi il n'y a pas de débat en histoire). Car les négationnistes de la Shoah, se bornent à nier la Shoah, tandis que Sand prétend réécrire tout l'histoire juive sur des millénaires , depuis Abraham, avec pour seul propos de dire qu'elle a été entièrement inventée par les sionistes au siècle dernier. Risible. Ce serait risible si ce n'était négationniste et donc fait pour tromper.

Des millénaires sont ainsi effacés et les textes mis de côté comme s'ils n'existaint pas. Les ouvrages d'historiens non plus. C'est n'importe quoi. Les sionistes auraient inventé des millénaires de tradition transmise par les textes, inscrite dans les textes selon Monsieur Sand qui vous refait en deux coups les gros, 5 000 ans d'histoire ou plus, pour dire qu'elle commence au XIX° siècle.  Les juifs n'existent pas avant le sionisme ? La thèse est simplement absurde, ridicule. Jusqu'où va la mauvaise foi conjuguée à la bêtise !

Commentaire n°4 posté par Philon le 13/04/2009 à 12h43

 

J'ai oublié de dire, c'est n'importe quoi cette reprise de l'histoire qui met par terre des millénaires, une tradition, des textes et tous les ouvrages des historiens véritables. Mais Wikipedia reproduit ad nauseam ce n'importe quoi, sans précautions et sans aucun commentaires critiques.
Là on ne demande pas vérification

Commentaire n°5 posté par Philon le 13/04/2009 à 12h47

 

- Sand est un autodidacte -il a été traité d'autodidacte et de faux historien, par Marty, et c'est ce que je considère aussi pour ma part. Autodidacte, faux historien, oui, à plusieurs titres.
 Il ne se comporte pas en historien lorsqu'il pratique le négationnisme à grande échelle  : il nie 5 000 ans d'histoire. Ce point déjà est suffisamment clair. 
Autodidacte, faux historien au sens où il prétend s'occuper d'une histoire qu'il ne connaît pas : cela se voit, ses approximations et ses affirmations fantaisistes, complètement fallacieuses, le fait qu'il recourt à des mensonges, à des trucages.

Autodidacte pour la période qu'il prétend traiter, qu'il ne connaît pas, pour laquelle il n'a pas les compétences, soit 5 000 ans d'histoire qu'il nous réécrit à partir de ses clefs qui sont le XX° siècle, vu à travers ses lunettes de militant extrémiste de plus
Il prétend reformuler en vitesse l'histoire ancienne du peuple juif depuis Abraham, qu'il récuse en entier au nom de ses références au  XX° qui sont son sujet .

Ce qu'il connaît, c'est le XX° siècle. Il a travaillé sur Sorel et le fascisme.

Ses travaux ne sont pas très bons du reste. Sorel ,est un autodidacte, qui ignore ce qu'est un concept, est un esprit confus, ce dont Sand ne s'est jamais aperçu, curieusement. C'est pourquoi on ne peut considérer ses travaux comme de grande qualité, étant lui-même quelqu'un qui manifestement ne connaît pas les bases de la philosophie politique (gênant pour  qui prétend définir ce qu'est un peuple) n'a jamais entendu parler de théologie politique,  ignore ce qu'est un concept, est un esprit confus.

Il prend la notion de peuple, plus même qu'au sens d'ethnie , au sens de Volk càd unité de race, sens que lui a donné Hitler.

Ceci n'est pas digne d'un historien en effet et n'est pas acceptable d'un universita*

Réponse de alithia le 13/04/2009 à 13h52

 

* Le livre de Shlomo Sand a été le plus grand succès de librairie depuis longtemps... en Israël. Il a provoqué une saine réflexion sur des sujets particulièrement impensés là-bas. On peut ne pas être d'accord avec tout ou partie de ses propos mais je pense que vous devriez lire le livre plutôt que de le caricaturer. Shlomo Sand ne nie pas l'existence des juifs, il est juif et ne se considère pas autrement. Il explique seulement ce qui constituerait une évidence si nous parlions des romains, des gaulois, des arabes, etc., qui est que l'unité du peuple juif est une création récente au but idéologique. C'est avec le mythe d'un peuple unique qu'Israël a pu être créé - ce qui est positif - mais c'est ce même mythe qui est responsable de faits moins positifs, comme la création de disciplines universitaires pseudo-scientifiques destinées à prouver que le judaïsme est en quelque sorte une "race".

Commentaire n°6 posté par Sovite le 14/04/2009 à 00h54

 

-  Le succès d'un livre à scandale, écrit pour faire scandale, niant la réalité d'un peuple qui est déjà nommé comme tel dans la Bible, n'est pas totalement étonnant et n'a strictement rien à voir avec la validité de ses thèses ni la qualité du récit exposé.

Vous n'êtes pas choqué que pour prouver que le peuple juif n'existe pas, Sand ne le définisse ni par sa culture, ni par son histoire, ni par ses traditions, ni par son projet politique, mais avec le seul critère biologique, racial, soit comme le nazisme définissait le peuple allemand, Volk, comme une supposée race ?

Les nazis posaient l'existence de races distinctes d'où la prééminence du Volk. Sand pose l'inexistence de la race juive. Ce sont les mêmes critères convoqués pour définir un peuple.

La race juive n'existant pas, preuves par l'inexistence d'un ADN spécifique à l'appui, Sand conclut que le peuple juif n'existe pas. C'est un livre négationniste, qui ignore l'histoire, riche en fausses assertions et inexactitudes, contredites par tous les historiens qui travaillent sur ce domaine (ce qui n'est pas du tout le cas de Sand) c'est pourquoi il fait scandale. Aucun historien ne valide ses thèses, et tous ceux qui se sont exprimés contestent sévèrement sa méthode qui consiste à réduire des millénaires d'histoire à l'idée sioniste qui aurait tout inventé. Le moins qu'on puisse dire  est que l'argument est faible et la méthode anti-scientifique.

Les arabes n'existent pas dîtes-vous, pas plus que les Romains ou les Gaulois : vous voulez dire que les Romains et Gaulois ont disparu comme les Arabes ? difficile à soutenir il me semble, ou encore qu'ils ne se représentent pas comme une nation arabe ? Faux. Ni les musulmans comme oumma ? Faux. Où avez-vous vu cela ?

Vous dîtes encore que "la création de disciplines universitaires pseudo-scientifiques destinées à prouver que le judaïsme est en quelque sorte une "race"" : où avez-vous vu cela ? C'est absolument n'importe quoi.

Réponse de alithia le 14/04/2009 à 16h48

* Vous l'avez lu vous-même ce livre ? (Moi non, je l'ai déjà signalé et je le répète, je le feuilletterai peut-être dans une librairie d'ici quelques jours, mais je n'ai pas l'intention de le lire en entier).

Vous m'étonnez quand même avec : "La race juive n'existant pas, preuves par l'inexistence d'un ADN spécifique à l'appui, Sand conclut que le peuple juif n'existe pas."

N'ayant pas lu le livre, je ne sais pas quelle proportion traite de génétique, mais ça ne semble pas l'esprit du truc, autant que je comprenne par les compte-rendus qui en traînent sur le web et que j'ai consultés. Il y en a combien de pages sur des considérations désoxydo-nucléiques ?

Parce que les considérations raciales, je les ai surtout vues dans des _réponses_ indignées au bouquin, par exemple celle-là prise parmi plusieurs similaires dans les commentaires sur cet article de Haaretz.

Je veux bien me faire un avis sur le bouquin, mais tout de même sur la base d'informations factuelles, même si ça ne me tente pas trop de le lire complètement.

Commentaire n°7 posté par Le concombre masqué le 14/04/2009 à 17h44

- Vous ne l'avez pas lu mais ça ne vous empe^che pas de contester ce que je dis et de mettre en doute... Très rigoureux.

je vous étonne peut-être mais c'est la thèse centrale du livre. Sand impute à l'idéologie sioniste de chercher des preuves génétiques (regardez le com suivant qui centre son argumentation sur ce point, central chez Sand) ce qui est faux, et de nier qu'il y ait eu des peuples convertis , ce qui est faux. L'encyclopédie sioniste Mikhal parle des Khazars, des Berbères etc. Ce sont des choses connues.

Son livre n'est qu'une suite d'allégations fausses du même tabac, que le yididsh (proche de l'allemand) n'aurait aucun rapport avec lez yiddish du Moyen-Age etc. etc. etc.

Si vous voulez connaître l'historie juive lisez  le dictionnaire encyclopédique du judaïsme (Bouquins) fait par une série d'historiens chercheurs au CNRS et universitaires et vous verrez la richesse de cette histoire millénaire, ce qui vous permettra peut-être de comprendre que l'unique critère génétique pour juger d'une histoire, d'une culture, d'une expérience singulière, est à ce point non seulement stupide, idiot et faux, mais totalement crapuleux.

Aussi intelligent que de dire : pas de patrimoine génétique spécifique des Français, donc pas de peuple français, comme si ça n'était pas l'histoire, la culture et la politique qui faisaient un peuple.   Dit comme ça même un enfant de 8 ans comprend .

Réponse de alithia le 14/04/2009 à 21h52

 

* Bonjour,
Je n'ai pas lu le livre de Sand, et de toutes façons je ne prétends pas être historien.
Mais il n'est quand même pas nécessaire d'être historien ni d'avoir lu Sand pour savoir deux choses:
1°) Laissons de côté toute l'histoire juive non validée (du moins à ce jour) par l'archéologie, et restons sur les deuxième et premier siècles avant l'ère chrétienne. Va-t-on nier qu'il existait un peuple juif (yéhoudi en hébreu, judaeus en latin) dans un pays appelé la Judée et régi par un roi hasmonéen puis hérodien?
2°) La liturgie de tous ceux qui se réclament de la religion juive à travers le monde a-t-elle attendu le sionisme et le 19ème siècle pour parler d'un "am Israel" (peuple d'Israel)? Dans la tradition sépharade, la prière du kadisch, qui est écrite en araméen et ne date pas du 19ème siècle, et qui revient plusieurs fois par office, fait référence au am Israel, peuple d'Israel, tandis que dans la tradition Ashkénaze, on parle simplement d'Israel, mais au sens de peuple.
Au vu de ce qui précède, je ne comprends pas bien comment on peut prétendre que la notion de peuple juif est une invention du 19ème siècle. 

Commentaire n°18 posté par Edmond le 29/08/2009 à 16h13


* Les theses de Sand sont absurdes et intenables. Il tire un trait sur plus de 2000 ans d'histoire (du peuple juif) histoire qu'il ne connaît pas et sur laquelle il profère des contre-vérités sorties de son imagination. Elles ont été rejetées par tous les historiens et par l'ensemble du monde académique pour leur stupidité et pour l’ignorance abyssale qu’elles constituent.

La caution d'Esther Ben Bassa n'en est pas une. Cette personne n'a rien d'une historienne et tout d'une militante qui n'écrit pas de livres sérieux.

Il nie la dispersion après la destruction du temple, alors que la diaspora existait déjà avant. Il ignore la vie en diaspora, son histoire, la transmission de la culture juive et de la spécificté juive via la religion et l'étude des textes et ne considère que les habitants "sur place" en Palestine comme les authentiques juifs, qui serainet donc aujourd'hui les Palestiniens -convertis à l'islam- sans prendre garde au fait que les Palestiniens d'aujourd'hui sont  eux-mêmes très mélangés et viennent de divers pays arabes pour pas mal d'entre eux.
Il prétend ériger à lui seul un peuple pur de Palestine et décrète que ce sont eux les seuls juifs. Ceux de la diaspora ne seraient pas juifs.

Le mythe Khazar n'est pas plus sérieux. ces populations juives, ont été ensuite converties à l'islma, rien ne permet de dire que ce sont eux les Ashkénazes. Cette thèse fumeuse est sortie de son cerveau.
Les Berbères étaient juif avant d'être convertis, de force, à l'islam. Et alors ?

C'est une faute de raisonnement que l'on trouve à la base de son bouquin il décrète que seuls sont juifs ceux qui n'ont pas bougé de Palestine : de quels droit ? Et de plus, les juifs seraient une mosaique de Khazars etc.

Il n'oublie qu'une chose, c'est que les juifs n'ont été juifs que par le judaïsme en tant que religion et en tant que culture, liés également par la langue des textes saints, qu'ils habitent ou aient habité en Inde, en Chine, en Turquie, en Europe, en Amérique au Maghreb ou ailleurs.

C'est un peuple qui échappe à la définition classique du peuple se définissant comme nation par un Etat, une langue, un territoire. ce qui fait précisément la particularité juive.

Les juifs se normalisent, si l'on peut dire, avec Israël où là le peuple se définit comme nation par un Etat, une langue, un territoire, avec en outre cette particularité qui demeure de la nation en diaspora et de la culture commune issue du judaïsme, plus ou moins pratiqué comme religion à l'époque moderne qui perd de sa religiosité.

La faute de raisonnement de Sand, son a priori complètement arbitraire et archaïque, c'est qu'il veut définir le peuple comme ethnie. Ce faisant  le cadre qu'il impose est racialiste pour ne pas dire raciste.

A l'époque moderne un peuple n'est pas une ethnie mais nation constituée par un Etat, une langue, un territoire, définition à laquelle répond Israël et les Israëliens.

Ce qu'il va chercher du côté de l'ethnie, de la géographie et d'une histoire fantastique sortie de son cerveau, nie l'histoire millénaire de la culture juive et de l'existence juive par le judaïsme. Ce sont des énormités pour les historiens. Ce qu'il dit de l'apparition de l'idée d'un  peuple juif au XIX° siècle est absurde et complètement faux de l'attribuer au sionisme. Le sionisme est le projet d'une nation et d'un Etat, absolument pas d'afficher ou d'inventer l'existence juive comme celle d'une ethnie.

C'est aussi absurde que de chercher des certificats pour établir qui est français en cherchant des origines gaulmoises pures et considérer que ceux qui descendent des Normans, des Francs, des Angles, des Saxons, des Germains, des Romains etc. etc. etc. ne méritetn pas le nom de Français car ils n'ont pas des origines pure.

Sand est à la recherche d'une ethnie pure pour décréter que les seuls "vrais" juifs aujourd'hui sont les Palestiniens. Qui ne voit l'aberration d'une telle idée ?

Le probleme est que ces absurdités soient prises au serieux par quelques uns en France, l'extrême-gauche, les partisans de la cause arabe et palestinienne. ce livre est celui d'un idéologiue, qui force l'histoire pour essayer de prouver une thèse politique et ceux qui l'adoptent le font pour des raisons idéologiques et politiques.  Ce livre est un brulôt polémique et non scientifique qui sert aux militants antisionistes sur des bases ethnico-racistes pour legitimer leurs idées.

Il faudrait donc subir le succès d’un livre aux théories fumeuses, lancé par l'équipe du Monde diplomatique, ayant eu un prix uniquement parce qu’il s’attaque au sionisme en lui attribuant de plus des racines fausses.  Et il se croit tellement malin d'avoir découvert que tout peuple, toute nation a des mythes. original vraiment !

N'en aura -t-on jamais fini avec ces combats idéologiques qui essayent de se faire passer pour des études scientifiques ?

Commentaire n°19 posté par Alexandre hier à 22h30

 

- Mais bien sûr.

Vous dîtes juste.

Le raisonnement de Sand est que, puisqu’il n’y a pas de fondement génétique -donc racial en quelque sorte- permettant de définir un peuple, ce peuple n'existe pas de façon à pouvoir se distinguer des autres.

C'est une absurdité sur toute la ligne, car cela, on peut le dire à peu près de tous les peuples. La "pureté" génétique n'existe pas.

De plus en ce qui concerne les juifs, ils se reconnaissent comme tels  par un fonds commun qu'ils partagent et qui est le récit Biblique et son histoire mythique, son étude et ses commentaires. C'est cela qui a maintenu à travers le temps et en l'absence d'Etat -de nation au sens classique et avec les moyens classiques, d'un territoire, d'un Etat- les invariants de l'existence juive, leur mode d'être et leur spécificité qui est culturelle et la conscience que les juifs ont d’eux-mêmes. C’est là la seule invention du peuple juif  et sa grande invention dont sont dérivés les deux autres monothéismes qui en héritent et s'en distinguent, l'invention d'une culture, d'une forme politique particulière à l'origine -un pacte avec Dieu, puisque précisément ils n'avaient ni Etat, ni terre, Moïse, sortie d'Egypte...- qui est l'autre forme de l'invention de la démocratie. L'autre de la démocratie grecque. puisque c'est tout le peuple qui s'engage dans ce pacte avec Dieu. Rousseau le souligne  et l'explique très clairement et c'est important dans l'histoire de la philosophie politique qu'il y ait un autre de l'origine grecque de la démocratie puisque nous héritons des deux dans notre histoire.

 

La démarche de Sand qui cherche à trouver des spécificités génétiques et décrète que sinon rien n'existe, ni nation, ni politique, ni peuple en aucun sens du mot, pas même le sens que lui ont donné les juifs, via le pacte avec Dieu, + une langue et une culture transmise de génération en génération, est absolument réductrice et s'il appliquait ce même critère à tous les peuples il arriverait à des absurdités telles qu'il serait obligé de s'en rendre compte.car il devrait conclure qu'aucun peuple n'existe;

 

De + son raisonnement relève d'un sophisme. Il commence par éliminer toute la spécificité juive qui fait ce peuple -le pacte avec Dieu inventant une forme politique inédite ; son histoire et saculture transmise au cours de cette histoire ; son expérience historique spécifique : vivre comme un étranger au sein des nations, existence dispersée en diaspora, la palce centrale qui est celle de l'étude du livre, la Bible etc. - puis ensuite, après l'avoir dépouilleé d etout il conclue qu'il n'existe pas.

 

Curieuse méthode. Absolument pas scientifique et pas digne d'un historien. Où l'on voit bien là que le livre de Sand n'est pas celui d'un historien. Plutôt d'un hystrion. joke. :)


merci à vous Alexandre pour ce message très intéressant

Réponse de alithia aujourd'hui à 01h50


* le livre de Sand reparait aujourd'hui en poche et Pierre Assouline  en fait un billet sur son blog, c'est pour cela que j'en ai parlé.

P Assouline rappelle la critique très sévère de la plupart des historiens, même si Julliard l'a soutenu pour le prix qui lui a été attribué par un jury qui n'est pas composé d'historiens
.
Les historiens, eux, sont extrêmement critiques avec cet ouvrage aux thèses généralement qualifiées d'"inventions"
je cite assouline : Claude Klein décortiqua « L’invention de Shlomo Sand » dans les pages des Temps modernes, peu avant que  Mireille Hadas-Lebel n’en fasse autant dans Commentaire, où elle déplorait que l’affaire fit « beaucoup de bruit pour peu de chose », et que Le Débat lui consacre un important dossier dans sa toute récente livraison.

Commentaire n°20 posté par Alexandre hier à 22h43

Intéressant article du livre de Sand par un psychanalyste http://www.primo-info.eu/selection.php?numdoc=Ed-885197612

Commentaire n°21 posté par Alexandre aujourd'hui à 14h31

Le lien à l'article Parutions donné + haut par Raph  -qui doit être parti sous d'autres cieux-  indique un article qui ne dit que du bien de ce bouquin de Sand , tu parles !  Il est écrit par un type qui doit être un anti-sioniste acharné vu qu'il fait de la réclame pour les Naturei Karta ces fous extrémistes de rabbins mystiques et messianistes qui saluent et s'allient Ahmadinedjad. Des illuminés anti-sionistes qui sont pour la destruction d'Israël qui, paraît-il, empêcherait la venue du Messie. Tous les moyens sont bons pour le combattre, cet Etat impie, laïque, qui prétend réaliser humainement quelque chose pour les juifs sur terre ici et maintenant sans s'en remettre au Messie et qui serait un obstacle à sa venue. Toutes les alliances les plus improbables aussi.

Donc l'auteur de l'article qui loue Shl. Sand accepte pour référence -seulement deux sont citées- ce groupe d'illuminés. ça fait pas très sérieux cette référence pour traiter d'un supposé livre d'histoire

Mais ce qu'il a de bien , cet article, c'est qu'il dit bien clairement  la thèse de Sand 

 le sionisme se définit d'après Sand comme, un  "jeune mouvement nationaliste d’esprit völkisch "

"L’auteur, quant à lui, espère la liquidation de l’idéologie ethnique d’Israël" écrit le critique auteur de l'article.

C'est exactement ce que je disais : Sand raisonne en termes ethniques, entend le peuple juif comme ethnie, lui applique des critères ethniques et conclue de cela qu'il n'existe pas, car évidemment, un peuple n'est pas une ethnie, mais une construction politique  a fortiori à l'époque moderne.

Ce livre de Sand est vraiment une m... animé par une idéologie assez infâme, ethniciste-raciale, dont les analyses reposent sur des critères ethniques, et tout cela pour, en définitive, simplement dénier à Israël le droit d'exister ce qu'il expose assez clairement.

Il ne s'agit pas d'histoire mais d'un plaidoyer pour une cause ou d'un essai politique, qui va chercher dans l'histoire, sans rigueur et sans méthode, des éléments qui l'arrangent à partir desquels il fabrique des thèses fantaisistes historiquement, non admises par les historiens spécialistes des périodes et sujets qu'il aborde.  Il plie l'histoire à son propos qui est clairement politique.

J'apprends en lisant Assouline que Julliard est son copain, à Sand .  La boucle est bouclée.

Commentaire n°22 posté par Alexandre aujourd'hui à 15h16


- merci pour ces références.
Très clair en effet, un machine de guerre au service de l'antsionisme. C'est bien pourquoi wikipedia en fait la promotion.
Evidemment.
... dont Raph note ami précédemment passé par le blog 
Si vous lisez cela Raph, j'aimerais bien votre avis

Réponse de alithia aujourd'hui à 16h09

* Assouline sur son blog la république des livres, mentionne un article intéressant de Daniel Sibony
Celui-ci écrit, parmi beaucoup d'autres choses
"Le grand reproche qu’on peut lui faire [à Sand] c’est que sous prétexte d’une analyse historique, il est tout au service d’une idée politique : les juifs n’étant pas un peuple, sinon « inventé récemment », le sionisme est basé sur un artifice et l’État d’Israël, puisqu’il existe et qu’il faut faire avec cette erreur de l’histoire, ne devrait pas être l’Etat des juifs, mais une république sans identité précise. Shlomo Sand est partisan d’un État binational et c’est son droit le plus strict, mais écrire un livre d’histoire ne devrait pas être un pamphlet politique."

C'est également mon impression.

De plus Sibony traite de la question de la naissance d'une conscience nationale née au XIX° siècle chez les juifs disséminés, tout en rappelant qu'à propos de ces derniers tous et tout le monde, a toujours parlé de peuple.

Or c'est l'époque qui veut cela. La naissance d'une conscience nationale est née au XIX° siècle pour la plupart des peuples en voie de former des Etats-nations, hormis ceux qui, en Europe s'étaient déjà dotés d'Etats-nations, mais qui vont être imités dans de nombreux endroits du globe.

Israël est un Etat-nation, né tardivement d'une idéologie politique, d'un projet politique devenu référence unique au XIX°, mais déjà concçu avant comme projet et réalisé en Europe dans la plupart des pays.

Face à la forme de l'Etat-nation, le monde arabe a une autre histoire, mais ne lui est pas non plus extérieur, même si la greffe de l'Etat-nation dans le monde arabe eest plus artificielle, d'autant plus qu'elle a été réalisée sous l'emprise ou l'influence des puissances coloniales, ce qui rend l'histoire beaucoup plus contradictoire, puisque les peuples ne l'ont pas voulue eux-mêmes.

Bref, Sand au milieu de tout ça y va sans nuances et sans les précautions qu'on peut attendre d'un historien.

Le mouvement national juif, comme tous les mouvements nationaux est fait d'un certain romantisme et a construit ses mythes. Que ces mythes puissent être revistés et déconstruits par les historiens, c'est certain, et c'est vrai pour tous les mouvements nationaux, mais cette enquête est faussée chez Sand du fait de ses a priori. Il tinet sa conclusion, politique, avant d'avoir commencé son étude qui se conclue par son présupposé initial.

Pour finir sur une citation de Sibony qui dit l'essentiel quant à la définition d'un peuple

"Être un peuple est avant tout conscience collective de soi. Le fait est que tout peuple est ainsi « inventé », sujet d’un certain discours dans lequel il se reconnaît. Le peuple arabe également est en cela une belle construction historique artificielle. Ce n’est pas quelques guerriers bédouins partis de l’Arabie historique qui ont donné descendance au vaste monde arabe actuel… Faut-il donc alors démanteler la Ligue Arabe ? Je trouve aussi absurde de parler d’ « invention du peuple juif » que d’invention du peuple palestinien ou du peuple français. Tout peuple est le résultat de processus historiques, travaillé par des phénomènes culturels et identitaires complexes ; le résultat est là, il n’est en rien une « invention », mais une réalité humaine respectable. Un peuple n’est jamais du sang, encore moins une race, mais une conscience et une adhésion."

Sur ce point le travail de Sand, à l'opposé, ne permet pas de comprendre ce qu'est un peuple, il réintroduit des notions obsolètes telle celle de race ou d'ethnie et il tombe particulièrement mal en pleine campagne de l'UMP sur l'"identité française". C'est l'inconvéneient des textes militants, univoques au service d'une cause. Si le texte de Sand sert la cause de sa position sur la question Israël-Palestine, -un seul etat et disparition d'Israël-  en France  il sert les partisans d'une définition raciste  de la nation, car il use de références raciales.

Voilà, ce que j'ai lu et qui m'a intéressé dans ce débat qui semble mal engagé avec les wikipédiens.

Commentaire n°23 posté par Alexandre aujourd'hui à 15h45

- merci beaucoup Alexandre pour ces remarques fort intéressantes et pertinentes auxquelles je souscris tout à fait : un peuple ne peut en aucun cas se définir  comme le fait Sand et le paradoxe de cet historien est que précisément il nie complètement l'histoire du peuple juif dans sa spécificité.

Il est certain qu'après lui avoir dénié ses spécificités, son histoire singulière, Sand se trouve les mains plus libres pour nier son existence en tant que peuple, puisqu'un peuple n'est que le résultat de son histoire.

Il faut bien distinguer en effet, déconstruction des mythes qui ont contribué à l'édification d'une nation, qui est un travail d'historien scientifique,  et négation de l'histoire pour vider l'existence d'un peuple de tout contenu après lui avoir retiré toute singularité .

Appliquez la même méthode radicale de Sand à d'autres peuples -si c'est possible, ce que je ne crois pas  car il y eut des Empires, des Etats, des souverains , ce qui est difficile de faire disparaître- et vous verrez ces peuples disparaître aussi lorsque leur histoire aura sombré dans le néant.

Mais ce qui fait la particularité des juifs est qu'au sein d'une civilisation , l'Europe pour ses références politiques du moins, ce peuple a suivi une voie originale. En plus, il a existé au sein de plusieurs civilisations, plusieurs continents, avec plusieurs langues forcément.

Est-ce cela que les antisémites ne supportent pas ? La différence. La différence sans doute, apparaît comme insupportable à certains. Soit la différence d'une histoire, d'une forme politique et ensuite d'une absence de forme politique et d'une  survivance due à des moyens particuliers, uniques. est-ce cela qu'ils ne supportent pas  ?
La différence gêne-t-elle tant que cela car elle est au sein de nos propres pays, ici ou ailleurs -que l'on pense au monde musulman où les juifs ont été si nombreux , si longtemps, avant de devoir le quitter ?

Intolérance à la différence qui va jusqu'à faire gommer cette différence par un faux historien embarqué dans ses objectifs politiques.
Il a le droit d'avoir ses options politiques et militantes, mais il ne peut prétendre en faire un livre d'histoire.
Voilà ce qu'on peut dire de Sand.


Réponse de alithia aujourd'hui à 16h23


 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 14:35



En réponse à la dernière sortie de Le Pen sur un prénom "pas français" qui dénoterait un "manque d'assimilation" de ce fait,  voici la réponse  en forme de critique de cette idée farfelue , provenant de Jacques Attali dans l'Express .

Il  rappelle que les prénoms ont tous une origine, une histoire et sont venus "d'ailleurs" dans les pays Européens constitués de vagues de populations diverses au fil du temps et particulièrement la France, qui a été traversée du Nord au Sud et d'Est en Ouest, par de très nombreuses migrations et invasions. En particulier en France , précisément, les origines des prénoms sont  très diverses, grecque, hébraïque, latine, venues de nos ancêtres , mais également germanique, anglaise, galloise, irlandaise, viking, etc. à quoi se sont ajoutés plus récemment divers prénoms de diverses cultures correspondant à des gens venus d'ailleurs s'installer en France, Italiens, Espagnols, Arabes, Asiatiques d'extrême-Orient, Africain s.Et les prénoms d'origine "gauloise" sont quasiment inexistants .

Le Pen  réclame une assimilation à une France qui n'existe pas qui gommerait l'histoire de la France dans sa diversité de peuplements et de liens à ses cultures d'origine (grecque, latine, hébreue), et aux apports de l'histoire. L'assimilation qu'il réclame,  ou effacement  et négation de l'histoire,  est tout autre chose que l'intégration,  qui désigne  elle le processus d'accumulation et de rencontre dans le creuset culturel commun,  qui est à la fois historique, politique et national,
pour vivre ensemble. Un creuset réalisant de nouveaux alliages, poermettant de vivre ensemble, qui est celui de la République. Ce creuset détesté de Le Pen,  -rêvant d'une épuration de nos origines diverses peut-être ?- qui est celui de la République , c'est à dire d'une France accueillant des populations venue d'ailleurs, devenant françaises par droit du sol en France, et comme tout le monde dans un Etat national, en ayant toujours une origine et une provenance. Comme les Français eux-mêmes qui les ont précédés, qui  ne sont pas sans histoire et ne sont pas sortis de nulle part et dont il est impossible d'imaginer qu'ils seraient des "Gaulois" purs de tout mélange.


En ironisant sur le prénom de Solal, d'origine hébraïque, Jean-Marie Le Pen oublie que ses propres prénoms ont même origine,  de même que Jacques, Joseph, Simon, Matthieu, Thomas, Michel, Raphaël, David , Emmanuel, Madeleine, Eve, et tant d'autres portés depuis des siècles.


Histoire de prénom

Par Jacques Attali, publié le 01/02/2010 à 10:03 - mis à jour le 01/02/2010 à 10:34

  •  
 

La critique du prénom du petit-fils de Nicolas Sarkozy par Jean-Marie Le Pen est absurde. Mais elle en dit long.

A propos du choix par Jean Sarkozy de Solal comme prénom pour son fils, Jean-Marie Le Pen a cru bon de faire remarquer que cela "ne relève pas d'une franche assimilation de sa famille à la société française". On pourrait se contenter de hausser les épaules et de passer son chemin devant l'une des ultimes manifestations d'un racisme de plus en plus dérisoire, au milieu d'un débat malvenu sur l'identité nationale. Mais sans doute faut-il prendre plus au sérieux une telle remarque.


[...] la remarque elle-même, envers ce prénom particulier, est particulièrement absurde. Solal est en effet le prénom du héros d'une des plus grandes sagas de la littérature francophone, personnage récurrent que l'on retrouve dans les magnifiques livres de la tétralogie d'Albert Cohen: son premier roman, Solal, paru en 1930; puis Mangeclous, en 1938, Belle du Seigneur, publié trente ans après, et enfin Les Valeureux, en 1969. [...] Qui n'a jamais rêvé d'être un jour Solal ?


De plus, si Solal est un prénom d'origine hébreue signifiant "celui qui ouvre le chemin, le guide", c'est aussi, ironie particulière, le cas du prénom de Jean-Marie Le Pen. Jean-Marie renvoie en effet à deux prénoms d'origine hébraïque: Jean est la forme latinisée de Yoch annan (Dieu pardonne) et Marie celle de Myriam, prénom de la soeur de Moïse et de la femme de Joseph. Partout, les prénoms renvoient à des origines infiniment diverses et révélatrices de la dynamique d'une nation. En France, on en trouve d'origines celte, germanique, italienne, saxonne, hébraïque, arabe...; très peu sont d'origine gauloise.


[...] Quand une nation décline, se rétrécit et se recroqueville, elle assimile; et le nombre de prénoms qu'elle emploie est de plus en plus réduit, signe de son uniformisation. Au contraire, quand une nation est vivante, dynamique, ouverte, en croissance, elle intègre; et elle utilise alors de plus en plus de prénoms différents, dont elle se nourrit pour augmenter sa diversité. L'assimilation appauvrit. L'intégration enrichit."

 

 

Ce pauvre Le Pen est-il donc si ignorant de l'histoire de la culture de son pays, lui qui se croit plus "français" que les autres alors qu'il ne fait qu'en appauvrir la culture et la tradition  jusqu'à les rendre squelettiques ? Stupidité  sans fond du racisme et de l'antisémitisme !

 

Alithia




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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 16:52
sur Bakchich.info, l'histoire des pouvoirs occultes en Italie , une vielle histoire qui remonte à l'immédiat après-guerre ...


" À la fin de la deuxième guerre mondiale, en 1945, et jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989, l’Italie a été soumise au pacte de Yalta. Dans la nouvelle partition du monde, l’Italie devint ainsi un pays à « souveraineté limitée ».

1945-1989 : la loge maçonnique P2 forme Berlusconi et les élites d’Italie

  Juste avant les nouvelles échéances électorales du 18 avril 1948, le président de la Démocratie Chrétienne Alcide De Gasperi rappelle les règles de la toute nouvelle République : « Les électeurs ne sont pas tout….. Au-delà de nos partis, il y a en Italie un ’quatrième parti’, qui peut ne pas avoir beaucoup d’électeurs, mais qui est capable de paralyser et anéantir tout effort…. »


Au cours des cinquante ans qui suivirent, le pays fut gouverné par le système démocrate-chrétien qui tenait en otage l’ensemble du « peuple de gauche » sous le chantage permanent d’un coup d’État… décrété par Washington. Nous savons aujourd’hui que les différentes tentatives de coup d’État qui eurent lieu en Italie depuis 1964 avaient un seul commanditaire : les États-Unis d’Amérique. Leurs relais dans la Péninsule s’incarnaient dans le réseau clandestin de l’OTAN, Gladio, dans la Mafia et dans la loge maçonnique occulte P2.


Cette dernière organisation, secrète et illégale, était un véritable État dans l’État. Elle comptait parmi ses membres tous les responsables des services secrets, 12 généraux des carabiniers, 5 généraux de la Guardia di finanza, 22 généraux de l’armée de terre, 4 généraux de l’armée de l’air, 8 amiraux de la marine nationale… sans oublier l’actuel président du conseil, Silvio Berlusconi ! À sa tête le vénérable maître Licio Gelli… Un homme au carrefour des réseaux occultes des pouvoirs : politiques, économiques, militaires…et mafieux...."

 

pour l'ensemble de l'article



L'histoire de l'Italie est vraiment particulière en Europe.

Depuis la fin de la II° guerre, elle ne s'explique pas sans la lutte permanente contre le PCI (parti communiste italien) par tous les moyens, y compris les alliances avec la mafia et tous les pouvoirs occultes, comprenant également le Vatican.


 Contre le PCI considéré comme le danger majeur qui guettait l'Italie (logique de guerre froide comme le dit justement l'article que vous citez) toutes les forces se sont coalisées pour préserver l'intérêt des milieux d'affaires, sachant que le PCI étant très populaire, et très fort en Italie du Nord, et qu'il était à lui seul l'unique force politique de gauche, puisque les dits "socialistes" du PS de Craxi faisaient partie de l'alliance adversaire du PCI DC-mafia-Vatican-loge maçonnique, y compris tous les éléments d'extrême-droite etc.


Tous se sont coalisés pour empêcher la gauche communiste, même  totalement convertie à la démocratie parlementaire, d'accéder au pouvoir bien que le PCI ait recueilleijusqu'à 30% des voix et plus,  et gèra certaines régions entières, la Démocratie chrétienne a toujours accaparé le pouvoir d'Etat avec l'appui du Vatican et des Etats-Unis, avec l'aide de la mafia, avec la bénédiction des milieux d'affaire ...

C'est à dire que pour éviter  absolument de partager le pouvoir avec la gauche que représentait à lui seul le PCI -tous les autres partis étant engagés et compromis dans des alliances secrètes avec des forces extra-parlementaires qui toutes avaient affaire avec l'économie  parallèle et illégale- ont prévalu des acquaintances et associations entre les diverses forces occultes qui détiennent le vrai pouvoir en Italie. 
A tout prix. Au prix de rendre ce pays ingouvernable. Au prix de concessions au banditisme et à l'économie mafieuse. Au prix  de pratiques criminelles et de laxisme face à l'extrême-droit, bref toutes  les atteintes à la démocratie qui faisaient de cette République une statue aux pieds d'argile.


Logique de guerre froide, en effet,  la lutte anti-communiste priorité obsessionnelle,  fut payée de la fragilisation de la République italienne, et d'atteintes constantes à la démocratie.  L'assassinat d'Aldo Moro ne s'explique pas autrement que par cette lutte à tout prix contre le partage du pouvoir avec la gauche représentée par le PCI, car Moro était alors prêt à accepter le "compromis historique" avec les communistes, ce qui eut signifié de tourner la page de l'alliance entre les divers pouvoirs occultes, si le dit compromis avait abouti . C'était en 1979 (les Brigades rouges manipulées par les services secrets et l'extrême-droite, Andreotti, chef de la D.C. a laissé faire)


La démocratie, en Italie, a depuis toujours, c'est à dire depuis 46, été rongée de l'intérieur et limitée considérablement , c'est à dire toute alternance empêchée, par la force de ces pouvoirs occultes comprenant les alliances, que l'on trouve concentrées au sein de cette loge maçonnique célèbre pour ses tentatives de coups d'Etat, la loge P2 qui, dans les années 70-80, avec le réseau Gladiao qu'elle abritait, soit les services secrets  italiens en lien avec la CIA,  organisa plusieurs attentats : le pays vivait sous le  règne de l'alliance entre forces d'extrême-droite putchistes,  certains des hommes politiques particulièrement dédiés à la lutte anti-communiste, hommes d'affaires, représentants du Vatican,  mafia, le tout en contact avec la CIA qui les inspira. Ces forces coalisées ayant bien entendu acquis les services de hauts cadres de la police, des services secrets et de l' armée : tout ce petit monde avait ses représentants dans la LogeP2 et marchait main dans la main en parfaite solidarité et en parfaite illégalité.


Ils s'entendaient pour mettre au point les moyens illicites et secrets, y compris des attentats et des préparations de coups d'Etat -non abouties- susceptibles d'empêcher de partager le pouvoir avec les communistes, seuls représentants de la gauche, le PS étant groupusculaire et corrompu, compromis dans des ententes avec la mafia. Manisestement les seuls moyens légaux des élections n'inspiraient pas suffisament confiance à tous ces véritables dirigeants du pays . Il fallait doubler le système légal et ouvert, par un système occulte et illégal qui détenait véritablement le pouvoir.


Bref la seule force non mafieuse et historiquement anti-fasciste , le parti communiste, s'est trouvée face à un barrage fait d'une coalition formant un pouvoir parallèle aux institutions démocratiques, ce 4° pouvoir dont parle De Gasperi cité par l'article.

L'Italie a inventé le fascisme avec Mussolini avec le succès que l'on sait en Europe par la suite. Elle a ouvert la voie.
La République n'a jamais réussi à se réinstaurer véritablement ensuite.


Après la guerre, l'Italie a toujours été une démocratie particulière, empêchée de vivre normalement le jeu de l'alternance démocratique au gré des élections par ce 4° pouvoir, ce qui explique la longévité de la Démocratie chrétienne qui a occupé le pouvoir de 46 à 93 avec le soutien des milieux d'affaires, de la mafia, du Vatican -évidemment, c'était son parti- jusqu'à l'opération "mani pulite", soit les enquêtes des juges qui pour la 1° fois  aboutissent, en 92, y compris les enquêtes sur la mafia, et  qui aboutissent à mettre en lumière une petite partie de l'iceberg de la gouvernance souterraine du pays, en particulier les liens de la D.C. et du PS avec la mafia, le milieu des affaires plus ou moins secrètes, le rôle de l'extrême-droite et de la loge P2, pour troubler le jeu démocratique.


A la fin de la DC Berlusconi, issu de la Loge P2, a été l'homme qui à lui seul incarnait en les rassemblant l'ensemble de ces pouvoirs parallèles aux institutions démocratiques, soit à la fois le milieu des affaires et des grandes entreprises, le Vatican dont il avait le total soutien, la mafia, les forces politiques anti-communistes voire d'exwtrême-droite avec lesquelles il s'est allié, qui ont tous et toutes soutenu Berlusconi, et forcément il recueillait au service de sa tâche la police des services secrets, qui continuait d'être au service des oeuvres secrètes de ceux qui détiennent le pouvoir au sommet de l'Etat, et divers réseaux de fonctionnaires corrompus et relais de ces mêmes forces parallèles.



C'est pourquoi, avec de tels soutiens, il a pu éviter tous les procès, en usant de manipulations et de lois servant ses seuls intérêts.


La force de ses appuis explique son impudence et ses débordements verbaux;

Quand on lève le couvercle de la marmite, on en découvre des choses pas très catholiques en Italie.

L'article "histoire de l'Italie" de wikipedia ne comprend pas un mot de tout cela. Encore un article insignifiant , dépourvu de toute intelligence historique et du sens de l'histoire.  Des dates accumulées, des faits non liés et l'essentiel censuré, absent.

Avec wikipedia il est certain que  les  lecteurs français continueront à être aussi ignorants de l'histoire de l'Italie que s'ils n'avaient pas lu ses articles. I
l est ainsi certain que la conscience citoyenne ne risque pas d'être éveillée,  avec ses articles-pâtés  à l'eau de rose qui sont au rebours de l'importance de la connaissance de l'histoire pour comprendre le présent et se déterminer avec un minimum de repères politiques tant ils sont insignifiants et muets sur l'essentiel.

Alithia
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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 15:13
Si les wikipédiens lisaient -ne rêvons pas, hélas !- s'ils lisaient avant d'écrire -une révolution ? non, ils ne seraient pas wikipédiens !-

Si donc ils lisaient , ces gens d'une nouvelle espèce qui a inventé l'art d'écrire une encyclopédie sans qu'il y ait besoin de lire d'abord,  -invention du siècle - ils  seraient certainement intéressés à lire ceci, une analyse de la genèse de l'irruption d'un pape extrêmement conservateur et qui ne répugne pas à marcher dans les pas de l'extrême-droite : ce qui plaît tant à wikipedia qu'elle s'en fait le relai.

Voici, un texte, une analyse, d'un universitaire Karim Mahmoud-Vintam.

Le pape Benoît XVI n'est pas tombé du ciel

 

Karim Mahmoud-Vintam président de l'association Nous sommes aussi l'Eglise, affiliée à la Fédération réseau des parvis, responsable éditorial des éditions du Temps présent, enseignant de géopolitique à l'institut d'études politiques de Lyon.


Bien au-delà d'une mouvance généralement et paresseusement qualifiée de contestataire, un nombre croissant de chrétiens s'interrogent sur la pertinence de leur affiliation à l'Eglise catholique. A vrai dire, la plupart ne s'étaient jamais posé la question : ils étaient catholiques comme ils sont français (ou béninois, peu importe !), par héritage ou par convention, sinon par hasard. A travers ses propos littéralement planants (sur la contraception et le sida) et ses actions de réconciliation unilatérale (ces pauvres intégristes n'avaient apparemment rien demandé...), sans même parler de l'affaire de Ratisbonne jadis ou de Recife naguère, Benoît XVI leur offre avec une insistance pour le moins singulière les raisons de s'interroger.


Faut-il pour autant quitter le navire, bruyamment ou sur la pointe des pieds ? Imaginerait-on renoncer à sa nationalité pour cause de désaccord, même radical, avec le pouvoir du moment ?


Sans doute est-il plus essentiel que jamais de dire que le pape, quel qu'il soit, ne saurait parler au nom de tous les catholiques quand il quitte son rôle de garant de l'unité de l'Eglise pour s'aventurer dans l'énonciation d'une loi naturelle introuvable dans les textes comme dans les faits ; quand il déserte son rôle de gardien du dogme pour affirmer comme vraies et intangibles des constructions théologiques conjoncturelles et précaires qui font débat parmi les théologiens eux-mêmes ; quand il abandonne son rôle de pasteur pour endosser la robe du monarque de droit divin, sourd aux préoccupations réelles de ses fidèles, hermétique à l'idée même d'entrer dans un dialogue bienveillant - ce qui ne signifie pas complaisant - avec les femmes et les hommes de son temps. Sans doute est-il plus essentiel que jamais de dire - et de faire entendre - que nous sommes (aussi) l'Eglise, et qu'en dehors des points précédemment évoqués, nulle autorité n'a le droit de parler en notre nom, de brader au passage la crédibilité de notre foi aux yeux des non-catholiques.


Une autre question agite nombre de chrétiens de confession catholique : faut-il réclamer la démission de Benoît XVI ? Là encore, on aurait tort de croire qu'il ne s'agit que de groupuscules contestataires - à moins de considérer comme tel un Alain Juppé qui affirmait récemment que «ce pape commence à poser un vrai problème» ! Laissons de côté la légitimité d'une telle revendication pour interroger son opportunité. D'abord, la crise que traverse l'Eglise ne date pas de l'élection de Benoît XVI. Sans remonter à Théodose, c'est sous le pontificat de Jean Paul II que fut mené le détricotage méthodique des acquis du concile Vatican II - qui marqua une tentative inédite d'ouverture de l'Eglise aux préoccupations de son temps. C'est sous son pontificat que fut menée la répression - orchestrée déjà par un certain Joseph Ratzinger - des théologiens qui entendaient interroger librement la foi chrétienne (Tissa Balasuriya au Sri Lanka, Hans Küng en Allemagne, Ivone Gebara au Brésil), et l'on aurait tort de croire que seuls les théologiens dits «de la libération» étaient dans la ligne de mire car ce fut toute l'intelligence de l'Eglise qui fut contrainte à la censure - ou pire, à l'autocensure - au service d'une restauration doctrinale et idéologique d'ampleur. C'est sous le pontificat de Jean Paul II enfin qu'eût lieu la reprise en main méthodique des Eglises nationales (limogeage en France de Jacques Gaillot nommé évêque de Partenia, diocèse du désert algérien disparu au VIIe siècle ; affaire d'Innsbruck en Autriche en 1995, qui suscita la Requête du peuple de Dieu signée en quelques mois par plus de 500 000 personnes en Autriche et en Allemagne ; nomination d'évêques latino-américains ou africains signalés pour leur docilité à l'égard de l'institution comme des pouvoirs en place) et le soutien sans faille à des mouvements dont le but affiché n'est pas le service de la société mais son noyautage et sa domination (Opus Dei, Légionnaires du Christ, Communion et libération...). Benoît XVI n'est donc pas tombé du ciel, et les problèmes actuels dépassent largement sa seule personne. Demander sa démission ? Soit, mais pour quel successeur, après trente années de créations de cardinaux électeurs majoritairement acquis aux thèses et orientations vaticanes actuelles ?

 

La sortie de crise est ailleurs. La porte est étroite et le chantier monumental. Mais il est aussi extraordinairement stimulant, l'essentiel n'étant pas d'arriver à une Eglise parfaite mais de cheminer en direction d'une Eglise au service d'une humanité plus libre, plus juste, plus humaine. Il appartient à chaque chrétien de construire non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre, moins pyramidale et cléricale et plus horizontale et laïque ; engagée aux côtés de ceux qui souffrent partout où ils se trouvent plutôt que confite devant les autels et les bénitiers ; soucieuse de revenir aux Evangiles, pour interroger encore et toujours le texte et se laisser interroger par lui ; une Eglise plurielle où toutes les sensibilités religieuses puissent s'exprimer (car il serait contradictoire de renverser un carcan dogmatique pour lui en substituer un autre) ; une Eglise rassemblement de communautés diverses, dont la communion est garantie par le collège des évêques en général et l'évêque de Rome en particulier, cheminant en pensée et en action avec tous les hommes, quelle que soit leur religion - si tant est qu'ils en aient une ! Une telle métamorphose déconcertera ou rebutera plus d'un fidèle habitué à recevoir religieusement, d'en haut, le réconfort de ce qu'il faut faire, penser, croire.


paru dans Libération .

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 20:11



 le site Rue 89 publie une information concernant le Pape Benoît XVI qui éclaire rétrospectivement d'une lumière encore plus crue son initiative récente de réintégrer les excommuniés de l'extrême-droite , les gens de la communaité Pie X, malgré la présence parmi eux, d'au moins un, négationniste acharné.


En 1998 en effet l'actuel pape publiait dans une revue facho autrichienne Die Aula qui a soutenu le neo-nazi Jorg Haider, qui soutient les négationnistes et ceux qu'elle appelle "les victimes de la liberté d'expression", c'est à dire tous ceux qui ne peuvent exprimer tranquillement des idées racistes, neo-nazies et prônant diverses discriminations.


.  Extrait de l'article :


Quand Benoît XVI écrivait dans une revue facho

Par Blaise Gauquelin | Journaliste | 08/04/2009 | 10H53

Un député autrichien a déterré un vieux texte de 1998 signé du cardinal Ratzinger dans une publication pangermaniste.


Janvier 2009. Karl Öllinger, un député écologiste autrichien qui s'est spécialisé dans le combat contre l'extrême droite florissante dans son pays, tombe sur un hors-série de la revue Die Aula, paru à l'occasion du 150e anniversaire de la révolution allemande de 1848.

Au milieu des affabulations de négationnistes de députés d'extrême droite et de membres du parti néonazi allemand NDP, il tombe - éberlué - sur un texte signé du cardinal Ratzinger et intitulé « Freiheit und Wahrheit » (« Liberté et Vérité »).

En fait, une charge virulente contre les libertés individuelles et le système démocratique, qui aujourd'hui encore, peut être consultée à Vienne, au Centre de documentation et d'archives sur la résistance (DÖW), un organisme chargé de surveiller les mouvements extrémistes.


[...]


Die Aula en 1998, la revue étant publiée en langue allemande. Elle soutenait alors clairement l'ascension de Jörg Haider et sa triste notoriété dépassait les frontières de la petite Autriche.

Die Aula défend[...]  les hommes politiques d'extrême droite qui sont condamnés pour offense à l'islam. Elle critique les lois qui répriment les propos révisionnistes, flirte très souvent avec l'antisémitisme et tente de réécrire l'histoire récente de l'Autriche. Lors de la nomination de Benoît XVI, elle avait bruyamment fait part de sa joie.



voir source


Cet article a provoqué énormément de réactions et également de mises en doute . Rue89 confirme son information dans un 2° article que l'on peut lire sur son site


Quand Benoît XVI écrivait bien dans une revue facho (2)

et qui donne un extrait traduit en français du texte de Benoît XVI alors cardinal Ratzinger :



L'ensemble du texte est une réflexion sur la démocratie et la liberté, avec des vues très conservatrices. Comme le montre cet extrait d'un chapitre intitulé « Critique de la démocratie » (titre qui ne figure plus dans la version anglaise), page 90 :

« Il est assez courant et répandu d'avoir le sentiment que la démocratie n'est pas encore la bonne forme de liberté. La critique marxiste de la démocratie ne peut pas tout simplement être mise de côté : à quel point les élections sont-elles libres ?

« Jusqu'où va la volonté par certains de manipuler l'opinion publique à travers la publicité, donc à travers le capital ? N'existe-il-pas une oligarchie qui décide ce qui est moderne et doit servir d'exemple, de ce qu'un homme éclairé doit penser ?

« La cruauté de cette oligarchie, ses possibilités d'expression publique, sont connues depuis longtemps. Qui veut s'y opposer est ennemi de la liberté, parce qu'il handicape la liberté d'expression. »


voir source



Wikipedia la conformiste, la reine de la désinformation aux sympathies pour l'extrême-droite publiera-t-elle une information qui mérite d'être conne ?

La réponse est déjà donnée : à une tentative d'inclure cette information dans l'article sur le Pape Benoît XVI, répond aussitôt une suppression par un des administrateurs fachos de la brillante "encyclopédie" , Hégesippe Cormier, qui bloque l'audacieux et en fait tout un pataquès afin de réduire au silence l'impertinent, qu'il surveille étroitement avant de trouver une occasion pour l'exclure.

Tous les administrateurs suivent comme un seul homme, bien entendu.


Alithia




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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 20:52
... si elle était sérieuse. Ce qui évidemment revient à rêver les yeux ouverts. Un livre à lire, pour l'histoire, et pour rectifier quelques mythes ayant la vie dure.




Etonnante rectification des préjugés de l'heure, ce travail de Sylvain Gouguenheim va susciter débats et polémiques. Son thème : la filiation culturelle monde occidental-monde musulman. Sur ce sujet, les enjeux idéologiques et politiques pèsent lourd. Or cet universitaire des plus sérieux, professeur d'histoire médiévale à l'Ecole normale supérieure de Lyon, met à mal une série de convictions devenues dominantes. Ces dernières décennies, en suivant notamment Alain de Libera ou Mohammed Arkoun, Edward Saïd ou le Conseil de l'Europe, on aurait fait fausse route sur la part de l'islam dans l'histoire de la culture européenne.


Que croyons-nous donc ? En résumé, ceci : le savoir grec antique - philosophie, médecine, mathématique, astronomie -, après avoir tout à fait disparu d'Europe, a trouvé refuge dans le monde musulman, qui l'a traduit en arabe, l'a accueilli et prolongé, avant de le transmettre finalement à l'Occident, permettant ainsi sa renaissance, puis l'expansion soudaine de la culture européenne. Selon Sylvain Gouguenheim, cette vulgate n'est qu'un tissu d'erreurs, de vérités déformées, de données partielles ou partiales. Il désire en corriger, point par point, les aspects inexacts ou excessifs.



"AGES SOMBRES"


Y a-t-il vraiment eu rupture totale entre l'héritage grec antique et l'Europe chrétienne du haut Moyen Age ? Après l'effondrement définitif de l'Empire romain, les rares manuscrits d'Aristote ou de Galien subsistant dans des monastères n'avaient-ils réellement plus aucun lecteur capable de les déchiffrer ? Non, réplique Sylvain Gouguenheim. Même devenus ténus et rares, les liens avec Byzance ne furent jamais rompus : des manuscrits grecs circulaient, avec des hommes en mesure de les lire. Durant les prétendus "âges sombres", ces connaisseurs du grec n'ont jamais fait défaut, répartis dans quelques foyers qu'on a tort d'ignorer, notamment en Sicile et à Rome. On ne souligne pas que de 685 à 752 règne une succession de papes... d'origine grecque et syriaque ! On ignore, ou on oublie qu'en 758-763, Pépin le Bref se fait envoyer par le pape Paul Ier des textes grecs, notamment la Rhétorique d'Aristote.


Cet intérêt médiéval pour les sources grecques trouvait sa source dans la culture chrétienne elle-même. Les Evangiles furent rédigés en grec, comme les épîtres de Paul. Nombre de Pères de l'Eglise, formés à la philosophie, citent Platon et bien d'autres auteurs païens, dont ils ont sauvé des pans entiers. L'Europe est donc demeurée constamment consciente de sa filiation à l'égard de la Grèce antique, et se montra continûment désireuse d'en retrouver les textes. Ce qui explique, des Carolingiens jusqu'au XIIIe siècle, la succession des "renaissances" liées à des découvertes partielles.



La culture grecque antique fut-elle pleinement accueillie par l'islam ? Sylvain Gouguenheim souligne les fortes limites que la réalité historique impose à cette conviction devenue courante. Car ce ne furent pas les musulmans qui firent l'essentiel du travail de traduction des textes grecs en arabe. On l'oublie superbement : même ces grands admirateurs des Grecs que furent Al-Fârâbî, Avicenne et Averroès ne lisaient pas un mot des textes originaux, mais seulement les traductions en arabe faites par les Araméens... chrétiens !



Parmi ces chrétiens dits syriaques, qui maîtrisaient le grec et l'arabe, Hunayn ibn Ishaq (809-873), surnommé "prince des traducteurs", forgea l'essentiel du vocabulaire médical et scientifique arabe en transposant plus de deux cents ouvrages - notamment Galien, Hippocrate, Platon. Arabophone, il n'était en rien musulman, comme d'ailleurs pratiquement tous les premiers traducteurs du grec en arabe. Parce que nous confondons trop souvent "Arabe" et "musulman", une vision déformée de l'histoire nous fait gommer le rôle décisif des Arabes chrétiens dans le passage des oeuvres de l'Antiquité grecque d'abord en syriaque, puis dans la langue du Coran.



Une fois effectué ce transfert - difficile, car grec et arabe sont des langues aux génies très dissemblables -, on aurait tort de croire que l'accueil fait aux Grecs fut unanime, enthousiaste, capable de bouleverser culture et société islamiques. Sylvain Gouguenheim montre combien la réception de la pensée grecque fut au contraire sélective, limitée, sans impact majeur, en fin de compte, sur les réalités de l'islam, qui sont demeurées indissociablement religieuses, juridiques et politiques. Même en disposant des oeuvres philosophiques des Grecs, même en forgeant le terme de "falsafa" pour désigner une forme d'esprit philosophique apparenté, l'islam ne s'est pas véritablement hellénisé. La raison n'y fut jamais explicitement placée au-dessus de la révélation, ni la politique dissociée de la révélation, ni l'investigation scientifique radicalement indépendante.



Il conviendrait même, si l'on suit ce livre, de réviser plus encore nos jugements. Au lieu de croire le savoir philosophique européen tout entier dépendant des intermédiaires arabes, on devrait se rappeler le rôle capital des traducteurs du Mont-Saint-Michel. Ils ont fait passer presque tout Aristote directement du grec au latin, plusieurs décennies avant qu'à Tolède on ne traduise les mêmes oeuvres en partant de leur version arabe. Au lieu de rêver que le monde islamique du Moyen Age, ouvert et généreux, vint offrir à l'Europe languissante et sombre les moyens de son expansion, il faudrait encore se souvenir que l'Occident n'a pas reçu ces savoirs en cadeau. Il est allé les chercher, parce qu'ils complétaient les textes qu'il détenait déjà. Et lui seul en a fait l'usage scientifique et politique que l'on connaît.



Somme toute, contrairement à ce qu'on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l'islam. En tout cas rien d'essentiel. Précis, argumenté, ce livre qui remet l'histoire à l'heure est aussi fort courageux.


ARISTOTE AU MONT SAINT-MICHEL. LES RACINES GRECQUES DE L'EUROPE CHRÉTIENNE de Sylvain Gouguenheim. Seuil, "L'Univers historique", 282 p., 21 €.


Roger-Pol Droit
Article paru dans l'édition du 04.04.08

Source :




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