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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:31

 

 

La Tunisie s'est soulevée et s'est débarrassée de son dictateur en place depuis 23 ans.

 

La neutralité de la France (gouvernementale) est critiquée pour n'avoir pas soutenu les Tunisiens qui se battent pour la démocratie et contre la corruption de leurs dirigeants qui volent les richesses du pays, sous l'égide d'une dictature de fer[1].

En politique comme ailleurs la neutralité est une position, une prise de parti, qui n'est  certainement pas rien, -comme le voudrait le qualificatif "neutre"- et la position qu'elle traduit est tout à fait éloquente et révélatrice des choix qui la supportent qui n'ont rien de "neutres". Ne pas se dissocier d'un état de fait revient à l'avaliser.

 

Ici, pas plus qu'ailleurs il n'y a lieu d'être dupe de la "neutralité" qui n'est qu'un laisser faire servant  toutes les propagandes et toutes les censures dans les cas de situations contradictoires .

 


 

En effet, comme l'écrit Le Monde la neutralité du gouvernement actuel a montré son incapacité à se désolidariser du dictateur, ce qui représente plutôt une honte pour la France  :

" La diplomatie française aura donné l'impression d'appuyer jusqu'au bout le régime du président tunisien, Ben Ali, apparaissant dépassée par les événements et ne montrant à aucun moment le moindre signe de soutien aux revendications de démocratisation exprimées par les manifestations, qui ont conduit, vendredi 14 janvier, à la fuite vers Djedda, en Arabie saoudite, du dirigeant tunisien, au pouvoir depuis vingt-trois ans."

 

La presse française est très critique vis à vis de cette neutralité du gouvernement français. Voir une revue de presse faite par Libération.

 

 

Ce commentaire de la "neutralité" française avec sa langue de bois qui dénie l'existence de la dictature en Tunisie :

 

 


  qui ressemble tant à la neutralité  wikipédienne et sa censure qui interdit d'énoncer ce qui est et à la belle langue de bois wikipédienne neutre.

 

 

En contraposition, les réactions populaires, de joie à l'idée d'une liberté  possiblement reconquise, sont franches et sont fort claires. La Tunisie éclaire le monde arabe à qui elle montre que la soumission à des pouvoirs corrompus violant les droits de l'homme n'est pas une fatalité.


Dans les rues de Paris, et des grandes villes de France, des manifestations éclosent occasion pour les franco-Tunisiens d'exprimer leur joie et en soutien au peuple tunisien, auxquelles se joignent de nombreux Algériens qui aspirent à la même contestation de la dictature dans leur pays à laquelle ils souhaiteraient mettre fin. En Algérie la presse nationale se fait l'écho de ce mouvement dont elle se réjouit et qui prend à ses yeux figure d'une leçon donnée par les Tunisiens aux dictatures du monde arabe.  Des émeutes ont récemment eu lieu en Algérie, et actuellement tous les regards sont tournés vers la Tunisie.

 

Ce soulèvement victorieux en Tunisie rencontre une grande sympathie chez les peuples arabes qui vivent dans des régimes de dictature. Les gouvernements des pays arabes se montrent prudents dans leurs déclarations et restent discrets sur les événements tunisiens, craignant que cet exemple ne fasse tache d'huile en révélant un pouvoir de  contagion.

 

 

Omar Belouchet dans al-Watan, quotidien algérien écrit :

« Ben Ali, c'est l'histoire d'un pouvoir sans partage en Tunisie depuis 23 ans. Mais c'est aussi une histoire qu'on peut vérifier dans presque l'ensemble des pays arabes. Les Tunisiens viennent d'administrer une leçon à tous ceux qui considèrent que nous ne sommes pas prêts pour la démocratie et que le maintien du statu quo est une nécessité absolue pour empêcher les islamistes d'accéder au pouvoir. Une vision simpliste, accommodante... Pour les autorités algériennes, c'est un camouflet d'une exceptionnelle intensité ». En Algérie où le Ministre de l'intérieur interdit actuellement toute manifestation.


 

  A travers les media français court une question exprimée parmi d'autres par Le Monde  qui s'interroge sur une possible répercussion à travers le monde arabe  de ce vent de liberté qui souffle avec force. En effet au Maghreb les populations des pays voisins se sentent complètement solidaires. Et dans de nombreux pays du Proche-Orient les étudiants, les militants des droits de l'homme, les hommes politiques de gauche, les syndicalistes manifestent, et les élans de solidarités s'expriment, de la part de certains au nom de l'islam également. tel est le cas en Egypte, au Yémen, au Liban,  en Jordanie... "Ecoutez les Tunisiens, c'est votre tour les Egyptiens", scandaient les manifestants Tunisiens soutenus par des Egyptiens réunis au Caire, vendredi devant l'ambassade de Tunisie. Au Koweit également l'opposition s'exprime pour soutenir le soulèvement et la quête de liberté d'un peuple. Au Soudan elle proclame que le pays est  "prêt pour un soulèvement populaire". En Irak   un député sunnite modéré, Talal Zobaie, a signifié qu'il s'agissait là d' « un avertissement très clair à tous les dictateurs et régimes totalitaires de la région, qui négligent leurs peuples et ignorent leurs droits démocratiques fondamentaux ». 

 

 

De nombreux sites arabes en langue française reproduisent ces informations et analyses de la presse en langue française.  La chaîne al-Jazeera diffuse, là où elle n'est pas interdite  du moins, et via internet se répand comme une traînée de poudre et se commente la nouvelle : la première révolution pour la liberté et les droits de l'homme dans le monde arabe a eu lieu.  Certains  témoins arabes clament qu'il s'agit là  du plus grand événement depuis mille ans à se produire dans le monde arabe   qui semblait désespéremment figé dans l'immobilisme où le maintennent ses multiples dictatures -soutenues par l'Occident. 


 

Seules exceptions la Syrie et l'Iran qui y voient un avertissement à l'Occident et la Lybie où Khadafi, "attristé" par le sort de Ben Ali, semble l'avoir aidé à fuir en emportant son or, selon Le Monde.

 


Echo dans tout le monde arabe, c'est certain; mais l'émancipation tunisienne peut-elle se reproduire ailleurs ? "La politique au Moyen-Orient déborde souvent facilement d'un pays à l'autre, en raison des frontières poreuses et de la culture partagée", rappelle Bilal Saab, chercheur à l'université du Maryland ( Etats-Unis).

 

Mais il est également  vrai que "La capacité des régimes arabes à reprendre l'initiative après avoir connu des épreuves est redoutable",  ce que pour sa part mentionne aussi Zaki Laïdi, directeur de recherches à Sciences-Po Paris [sur la chaîne France 24 ].

 

Gilles Kepel, spécialiste du monde musulman explique la spécificité tunisienne : la révolution tunisienne a été portée avant tout par une classe moyenne éduquée et largement laïcisée dont l'activité et les ressources ne dépendent pas du pétrole, le pays en étant dépourvu -ce qui est sa chance.  Ce qui n'est pas le cas des classes moyennes, modernes et actives, dans les pays  producteurs de pétrole où elles bénéficient d'une partie de la rente pétrolière, ou encore dépendent de l'Etat, comme en Egypte.  Si Kepel n'attend pas d'autres révolutions comparables, il n'en reste pas moins que partout, dans le monde arabe l'inquiétude des régimes autoritaires est perceptible. source Libération

 

Emmanuel Todd quant à lui relève que l'alphabétisation et le faible taux de fécondité des femmes en Tunisie, - joints à la distance prise par rapport au Coran  par  Bourguiba pour laisser place à l'idée d'égalité entre hommes et femmes-,  a fortement imprimé des caractères modernes à la Tunisie  voir dans Libération.

 

Il est trop tôt pour dire sur quoi va déboucher cette "révolution du jasmin" . Le système mis en place par Ben Ali est toujours  là que ses hommes voudraient prolonger et on reste dans l'attente de savoir si des élections réellement libres auront lieu. Mais pour l'instant l'extraordinaire de cette brillante démonstration d'un peuple qui se bat pour sa liberté de manière politique et laïque sans céder  aucunement aux sirènes des islamistes -repoussés, leur leader hué par les Tunisiens- est un véritable événement dans un pays musulman par son caractère inédit : une première faisant figure désormais de référence dont nombreux sont  ceux qui voudraient croire que leur pays pourra s'en inspirer.

 

 

Alithia

 

 

 

nota : wikipedia, toujours aussi excellente, réussit seulement à dire que "pour certains" le régime de Ben Ali aurait été une dictature. Pour d'autres non, à chacun son opinion,  voilà ce qu'on entend par neutralité. [article  "politique de la Tunisie"]


  [1]- sur la corruption du régime Ben Ali et l'enrichissement de la famille voir  une dépêche Le Monde-WeakiLeaks 

Comme l'ensemble de ce qu'expose le présent article, la neutralité wikipédienne impose de n'en surtout rien dire.

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Published by alithia - dans politique
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commentaires

sonata 16/01/2011 23:24



Bonsoir Alithia!


Je vois que l'on a du mal à éviter certains sujets d'actualité ;)


Pour ma part, j'en traite d'autres aspects somme toute complémentaires: http://sonata32.over-blog.com/article-troubles-en-tunisie-simple-contestation-sociale-ou-revolution-64977059.html


http://sonata32.over-blog.com/article-tunisie-victoire-du-peuple-ou-desillusion-65007297.html


Bonne soirée!



alithia 17/01/2011 13:02



Il est trop tôt pour dire s'il s'agit d'une vraie victoire du peuple ou si cette aspiration à la démocratie ne sera  qu'un espoir déçu.


 


Observons pour l'instant, et prenons la mesure de cet événement extraordinaire de la première aspiration à une révolution démocratique dans un pays arabe, qui vient
à bout de son dictateur corrompu et pilleur.


 


(j'ai rajouté des éléments à l'article)