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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 12:49


La chute de DSK est son oeuvre.

 

On savait que DSK avait une propension à la consommation compulsive des femmes, qui pouvait être pressante et relever du harcèlement. Il s'en était lui-même confessé dans certaines  interview et il savait que c'était son point faible, comme s'il savait qu'il pouvait être piégé par ses pulsions.

 

Patron du FMI, il était un homme puissant, sur le territoire des Etats-Unis dont on connaît le puritanisme et l'intransigeance en matière d'affaires sexuelles ordinaires, du type aventures extra-conjugales susceptibles d'être transformées en scandales publics et d'être exploitées politiquement (bien distinctes des violences et crimes sexuels, justement punis, et de manière très sévère aux Etats-Unis). Homme public de cette importance, il se savait sous surveillance permanente, exacerbée par sa possible candidature aux futures élections présidentielles en France, qui devait être déclarée à la fin du mois. Comment a-t-il pu se laisser aller à un tel acte, d'une telle gravité, si celui-ci est avéré ?

 

Au-delà de l'incrédulité, c'est la sidération qu'a provoquée l'annonce de sa mise en examen, renouvelée et amplifiée encore le lendemain par les photos du prévenu menotté encadré de policiers qui ont été diffusées. Ce traitement est réservé en France aux personnes précédemment jugées coupables. En vertu de la présomption d'innocence un prévenu ne doit ni être menotté ni encore moins être montré ainsi en public. Impression d'un homme donné en pâture, traité comme s'il avait déjà été reconnu coupable.  Cela se fait aux Etats-Unis, dit-on, où c'est au prévenu qu'incombe la preuve de son innocence. En France cela choque, car c'est vécu comme une atteinte à la présomption d'innocence.

 

Comment une chute aussi vertigineuse est-elle possible ? Le titre de Libération "DSK out" exprime la fin de sa carrière politique inscrite dans cet événement, quelle que soit l'issue, qu'il soit finalement reconnu coupable ou innocentl. Le Monde exprime cette sidération partagée : " DSK, en plein polar ou en plein délire ? "

 

L'événement est sidérant, on peine à y croire. Non que l'information soit mis en doute (pas de théories de complots médiatico-politiques, les media ne sont pas accusés) mais on a du mal à admettre ce que l'on apprend, er du mal à croire ce que l'on voit, entend et lit, et encore plus à accepter que cela soit son oeuvre, c'est à dire qu'il soit lui-même, le seul artisan de sa chute. On spécule sur un éventuel "piège" -dans lequel il serait tombé, toutefois- : la tentatrice téléguidée lui aurait donné l'occasion de céder à la tentation. Piégé par son point faible et on échafaude même l'hypothèse d'un coup monté : le témoignage de la supposée (à l'heure actuelle) victime du viol releverait du fantasme voire de la machination. On cherche une issue, des hypothèses. Car ce ne peut être vrai : comment un homme intelligent, investi d'un tel pouvoir, objet d'une telle attente et d'une telle attention, constamment épié, qui se sait des ennemis, ou qui se sait attendu au tournant, comment  peut-il se laisser aller à de tels actes dans ces circonstances précises où le moindre de ses faits et gestes est surveillé, prêt à être exploité ?

 

Pourtant l'inconscient a ses raisons que la raison ne connaît pas. Pourtant, connaissant ses faiblesses c'est à dire ses pulsions, s'il avait reculé devant le destin qui semblait tout tracé comme l'indiquaient les sondages (les sondages ! selon la logique du calcul qui est la leur, supposée calculer l'avenir alors qu'ils ne révèlent qu'une opinion dans le présent) ? Si cet acte a eu lieu, il signe le refus de cet avenir, comme un geste extrême et irrationnel témoignant d'une perception du sujet d'être en défaut par rapport à sa place, un acte  qui fait entrevoir ce qui ne peut être imaginé ni représenté. En somme dans un geste sublime au sens kantien, l'irreprésentable surgit, informe, sauvage, terrifiant.

 

Libération a sollicité un écrivain, Luis de Miranda et un psychanalyste, Alain-Didier Weil, qui donnent des éclairages sur cette affaire inassimilable qui laisse d'abord sans voix, tant elle semble relever de l'excès, de l'impensable, où émerge la sauvagerie de l'inconscient. S'agirait-il d'un  acte héroïque qui détruit ce qui devait être détruit, car, fondamentalement, ça n'était pas possible de se conformer à ce qui avait été tissé autour de lui ?

 

 

"Luis de Miranda, y voit "un suicide politique plutôt que la mort de l'automate ou la possibilité d'un règne déchaîné". Il parie qu'"au "fond de lui" DSK est libéré. Il le voit comme un héros sublime. 

"C’est entendu, il y a quelque chose de bestial dans le royaume de DSK. Cette sauvagerie du désir n’est sans doute pas respectueuse de la diplomatie qui doit présider à la séduction érotique. Mais nous faisons le pari qu’au fond de lui, aujourd’hui, Dominique Strauss-Kahn est joyeux. Peut-être ne se l’avoue-t-il pas encore. Mais un tel passage à l’acte, à un tel moment de sa biographie, ne peut être que volontaire. J’ajoute qu’il est héroïque."


"Cette chute, il l’a voulue, il l’a désirée. L’esprit en lui s’est allié à l’animal pour effondrer d’un geste vif la machine qui s’édifiait autour de lui, telle une prison prévisible et dangereuse. Cela a commencé par la Porsche. Premier acte manqué. Mais la voiture de sport ne fut qu’un coup d’essai timide. Si la femme de ménage a été agressée, l’ouvrière violentée, alors nous touchons au sublime, au sens kantien d’«au-delà médusant de la représentation». Un suicide politique plutôt que la mort de l’automate ou la possibilité d’un règne déchaîné."

 


 

"DSK est un personnage philosophique, un symptôme de notre temps (un saint-homme dirait Lacan) en ce qu'en lui bestialité et rationalité luttent à l'extrême."

 

" Comme président il aurait été dangereux et, au fond, il le savait : une sorte d'hyper-Sarkozy, celui-ci étant déjà passablement pulsionnel".

 

« Finalement, je crois que DSK a deux raisons de se réjouir aujourd’hui et nous avec lui : la première est que son passage à l’acte du Sofitel est un refus de l’avenir tout tracé que la plupart lui prédisaient. En cela, l’assaut de l’ouvrière de chambre est un geste fou de libération totale, presque une oeuvre d’art, en ce que le geste lui permet aussi, au passage, de révéler qu’il n’a jamais été de gauche.
La seconde raison de se réjouir, c’est que ce suicide prouve, in fine, que la raison a triomphé de l’animal. L’étincelle spirituelle qui germe au fond de DSK a voulu nous éviter un président calligulien. Cet événement new-yorkais est un sacrifice, un renoncement à une surpuissance annoncée, un don à l’intérêt général français. En cela, DSK, tu es héroïque. Merci. »

 

 

Alain Didier Weil, psychanalyste,  sous le titre "une catastrophe, pire, une catastrophe attendue" parle d’un acte manqué :

 

" Dans une période de sa vie  où il n'a jamais été autant surveillé par les media, où ses faits et gestes sont observés, scrutés à l'infini, voilà -si cela se confirme- que Dominique Strauss-Kahn réalise l'acte... le plus attendu par cette surveillance généralisée. C'est sidérant.

Cela peut s’appeler un acte manqué. Un acte qui consiste à obéir à cet état de surveillance qui est autour de lui, pour desservir au final son propre destin. Mais si on parle d’acte manqué ou d’un acte irrationnel, on peut dire aussi l’inverse et lui donner un sens contraire. Dans une période où la censure autour de lui est étouffante, surgit une espèce de levée intempestive du refoulement sexuel élémentaire. C’est un autre aspect, et en ce sens ce serait un acte réussi pour ses adversaires."


 

 

D'autres parleront de tragédie grecque, le déroulement d'un destin implacable.


DSK avait  évoqué les rumeurs sur sa vie sexuelle au cours d'un déjeuner "off" avec des journalistes que transmet un  article de Libération  sous le  titre  «Oui, j’aime les femmes, et alors ?»"

 

 

 

"C’était le 28 avril. Rendez-vous avait été pris en toute confidentialité avec Dominique Strauss-Kahn dans un restaurant duIIearrondissement de Paris. (...) Cordial, souriant, détendu, DSK, au moment de passer à table, interroge :«Avez-vous vos téléphones portables sur vous ?» Lui-même en a deux. Il explique avoir laissé son appareil personnel dans le vestibule et ne conserve sur lui que «le crypté» fourni par le FMI."

 

"Très déterminé, il évoque la longue - trop longue à son goût - campagne à venir et les principales difficultés à surmonter pour lui. Il dit  redouter des mauvais «coups» de Guéant.  Il voit trois difficultés pour lui, qui pourraient faire l'objet d'attaques  : «Le fric, les femmes et ma judéité.» Mais, au moment de développer, il commence par les femmes. «Oui, j’aime les femmes… Et alors ? »  Cependant   sur ce  point, il imaginait un possible scénario-piège : «Une femme [déclarant avoir été ] violée dans un parking à qui on promettrait 500.000 ou un million d’euros pour inventer une telle histoire.» DSK évoque encore une scène où il se retrouve dans une pissotière avec Nicolas Sarkozy, lors d’un sommet international, et lui demande d’arrêter de le salir sur sa vie privée."

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Published by alithia - dans politique
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commentaires

Lack 19/05/2011 18:41



Le rapport policier est (d'après moi) impartiel. La mise en situation est très brève et le rapport est accompagné avec la liste des accusations policières: http://asset.rue89.com/files/plainte_dsk.pdf


Les médias ont sans doute joué un rôle important dans cette affaire...



Marie 19/05/2011 01:05



Sidération, c'est le mot.


Un homme de ce rang et qui a de telles fonctions peut se ruer sur une femme de chambre, une humble travailleuse et la contraindre et la violenter, si ce que dit la plaignante est vrai. Et selon
toute apparence DSK aura du mal à prouver le contraire.


 


Et ces photos, cette mise en scène de la police new-yorkaise, reproduite dans le monde entier, vu l'importance de la fonction du personnage, sont une humiliation , une destrcution de la personne.
Plus il s'était élevé, plus bas il tombe et plus la chute est vertigineuse. Le caractère public du personnage donne à l'événement une dimension singulière, un écho planétaire et l'humiliation est
à proportion.


 


C'est vrai qu'il est impensable et inimaginable qu'un grand de ce monde se comporte ainsi et soit ainsi exposé à la face du monde.


Si les rapports de police correspondent aux faits, et si la plaignante n'est pas une mythomane, on aura deux victimes, la femme évidemment, et le prédateur dont la chute est hallucinante.



alithia 19/05/2011 10:09



Nous ne pouvons dire à l'heure actuelle si DSK pourra ou non s'exempter de ce qui lui est  reproché.


Présomption d'innocence : rien n'est encore jugé. Au sens juridique il n'y a que des présomptions sur la base d'une plainte, et dans le cadre d'une enquête en cours.
Les faits restent à établir en Justice. Le fait  de son innocence ou de sa culpabilité ne peut être établi qu'à l'issue de ce que la Justice prononcera sur la base de preuves ou d'éléments
probants.


 


Mais si les faits imputés à DSK ont une consistance et si la plainte de la femme de chambre se révèle fondée, ce que doit établir la Justice à l'heure qu'il est, ce
qui est sidérant n'est pas tant qu'un homme de ce rang et de cette importance, ayant ces responsabilités, puisse commettre un crime sexuel. Ce n'est pas tant cela qui provoque une telle
sidération. Ce n'est pas tant que ce genre d'acte de violence à l'égard d'une femme, de condition modeste qui plus est et supposée sans défense, ne soit possible de la part d'un personnage de
haut rang et ne soit pas réservé aux voyous des classes inférieures qui nous sidère à ce point, bien que cela provoque déjà une stupéfaction et une incrédulité en première réaction.


 


Ce qui rend ce geste inoui et scandaleux à ce point qu'il laisse sans voix et  pétrifie l'esprit, la pensée et l'imagination, est la dimension de suicide
politique et de destruction d'une brillante carrière qui devait, selon la logique des choses telle qu'elle était annoncée, le porter à la responsabilité politique suprême.


 


Cet événement sidère car il déjoue toute attente au-delà de l'imaginable, par une irruption venue de l'inconscient révélant ce qui était caché, cette faille qui eut
été un vrai danger s'il avait poursuivi sa trajectoire jusqu'à la présidence de la République.


 


Comme si inconsciemment il savait que c'était impossible. Comme s'il devait s'interdire de briguer la magistrature suprême en réalisant quelque chose 
d'irréparable, par un passage à l'acte venu en place d'une décision rationnelle, formulée en paroles qu'il ne pouvait prononcer, ne pas présenter sa candidature. Simplement le dire, selon la
logique ordinaire. 


 


Là on bascule dans l'extra-ordinaire, un message qui prend la voie de l'extra-ordinaire. L'acte prend la pas sur la
parole.


 


C'est en cela que sa raison a finalement pris le dessus, de manière extra-ordinaire, comme si au sein de lui-même veillait un sens moral dicté par la raison, qu'il
ne voulait pas reconnaître ni accepter consciemment, lui dictant de ne pas briguer la responsabilité politique qui était annoncée. La raison et le sens moral veillaient, qu'il ne pouvait
cependant laisser parler par des paroles ordinaires. Ce conflit intérieur qui l'emprisonnait dans le silence ne laissait alors plus que la place à l'acte, un acte inoui, sidérant, au-delà de
l'imagination, sublime et terrifiant.


 


Totalement imprévisible et hors de la logique ordinaire et des repères admis (la trajectoire du très brillant économiste, expert en relations internationales, vers
la responsabilité suprême à la tête de l'Etat) comme peut l'être un passage à l'acte. Imprévisible et hors des cadres connus, cela qui provoque la sidération.


 


Comme l'attaque des Twins Towers le 11 septembre. Les réactions sur le net disent, ce même effet de sidération provoqué par l'inoui, l'extra-ordinaire, d'un
événement qui se situe au-delà de la représentation et de l'imagination.


 


En effet, désormais, qu'il soit reconnu innocent ou coupable à l'issue de la décision de Justice, sa trajectoire est brisée, son image d'un homme extrêmement
compétent, responsable et rationnel est détruite par l'irruption du Mister Hyde révélant des pulsions irrationnelles non maîtrisées, incomptables avec la fonction qu'il briguait.


 


Par cet acte dont la responsabilité putative lui est attribuée, a éclaté à la face du monde -puisqu'une responsabilité mondiale était la sienne-  la part
obscure de son être qui lui interdisait d'aller jusqu'au bout de la voie qui lui était promise.


Et ceci, qu'il soit ou non finalement innocenté. 


 


C'est ce que signifient les images diffusées, extrêmement humilantes en effet, à proportion de l'extra-ordinaire du geste d'un homme puissant se laissant emporter
par des pulsions dont la Justice dira si elles étaient criminelles, ce pour quoi il est actuellement mis en examen, mais aussi détenu en prison.  Humiliation à proportion de l'importance de
sa fonction.





Jamais un responsable ayant rang de chef d'Etat n'avait été ainsi incarcéré et montré dans cette position humiliante au monde entier, a fortiori alors qu'il n'est
pas reconnu coupable ni même encore inculpé, mais qu'il demeure mis en examen . Comme au Moyen-Age où le coupable devait être exposé.  (cf Foucault Surveiller et punir)


 


Robert Badinter a parlé d'une mise en scène (de la police new-yorkaise) qu'il dénonce comme humilante et contraire à la présomption d'innocence. A raison. Ce sont
des images qui tuent. Des images qui ont détruit l'image du responsable de premier rang.


 


Cette coutume américaine d'exposer le prévenu au voyeurisme et à la vindicte publique est du reste contestée aux Etats-Unis, au nom de la présomption d'innocence
bien entendu. Car  de telles images accablent, elles présentent un coupable quand il ne s'agit encore que d'un prévenu et elles l'exposent à la vindicte publique. Comme au Moyen-Age.


 


A rapprocher des jurys populaires qui sont en place aux Etats-Unis. Et on sait que le peuple veut du sang, car il juge  non pas selon le droit, qui établit des
critères précis et les mêmes pour tous, mais moralement : face à un crime il exprime son indignation, position morale où s'exprime son émotion, où la raison est éclipsée face aux crimes dont il a
à juger car le juré populaire désire avant tout faire savoir que lui, il n'est pas capable, de ce genre de crimes. D'où sa sévérité morale, pour se distinguer de la faute et du fautif. Surtout
dans les affaires de crimes sexuels.


 


Sidération devant la part de vérité que signifie un acte hors du commun, référé au rang de la personne et à son avenir annoncé.


 


 


 


 


 


 



Baâl-Enlil 18/05/2011 13:16



Dans la nature, on sait très bien que la faiblesse des mâles, c'est leurs pulsions incontrôlables dues à leur libido... Mais les femelles ont quand même un pouvoir, c'est celui d'accepter le mâle
qu'elles veulent pour générer de la vie !


Le mâle veut dominer

La femelle veut contrôler le dominateur



Telles sont les lois de la Nature.


Question : dans quelle mesure l'Homme a-t'il vraiment quitté le règne animal ?