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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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Moteur De Recherche

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 23:26


Un article  très remarqué de Nicolas Carr, qui réfléchit aux effets de la technique internet sur sur nos pratiques de lecture et même sur
nos cerveaux sous l'effet de la recherche d'information et de l'habitude prise de naviguer sur le web.


Le net nous a apporté des facilités extraordinaires d'accès à l'information et à toutes sortes de documents y compris pour les chercheurs en quête de ressources pour leur travail. En même temps par la mise à disposition d'autant de posibilités diverses et simultanées, il nous a entraîné sdans une pratique goulue de lectures multipliées de toutes sortes de sources aux statuts divers, de lecture rapide, de balayage et de nomadisation au point que nous ne lisons plus  de la même manière, nous ne lisons plus, nous ne savons plus lire avec patience, de manière approfondie, analytique, en laissant sa part à la réflexion.


L'outil n'est pas neutre, en effet. Il influe sur les comportements et les habitudes, il force à la rapidité, il entraîne au survol, il détourne des textes longs et des livres. La plupart des internautes le reconnaissent, ils ne lisent pas les textes en entier, non plus que les texte longs. iIs voient trop de textes et reçoivent trop d'informations, circulent entre trop de sites, ils ne savent plus lire. Des études ont montré que le temps de passage sur les sites sont extrêmement courts. Un coup d'oeil et on passe à autre chose. Le temps de la lecture s'en trouve profondément bouleversé. Nos cerveaux aussi qui s'accoutument à cette rapidité, à ces aperçus superficiels; Ainsi en va-t-il de gens qui ont suivi une formation universitaire approfofondie. Alors, qu'en est-il et qu'en sera-t-il des génértions qui sont née avec le net et n'ont connu que cette pratique de zapping et d'inattention généralisée qui formatent leur cerveau autrement que celui formé par le temps de l'étude long et nécesairement lent ?




Quelques extraits d'un long article qu'il faut (essayer de) lire en entier malgré sa longueur :

"En tant qu'écrivain, j'ai reçu le Web comme une bénédiction. Les recherches, autrefois synonymes de journées entières au milieu des livres et magazines des bibliothèques, s'effectuent désormais en un instant. Quelques recherches sur Google, quelques clics de lien en lien et j'obtiens le fait révélateur ou la citation piquante que j'espérais. "

"Pour moi, comme pour d'autres, le Net est devenu un media universel, le tuyau d'où provient la plupart des informations qui passent par mes yeux et mes oreilles. Les avantages sont nombreux d'avoir un accès immédiat à un magasin d'information d'une telle richesse.."

" Comme le théoricien des média Marshall McLuhan le faisait remarquer dans les années 60, les média ne sont pas uniquement un canal passif d'information. Ils fournissent les bases de la réflexion, mais ils modèlent également le processus de la pensée. Et il semble que le Net érode ma capacité de concentration et de réflexion.  ...


Je ne suis pas le seul. Lorsque j'évoque mes problèmes de lecture avec des amis et des connaissances, amateurs de littérature pour la plupart, ils me disent vivre la même expérience. Plus ils utilisent le Web, plus ils doivent se battre pour rester concentrés sur de longues pages d'écriture. Certains des bloggeurs que je lis ont également commencé à mentionner ce phénomène. Scott Karp, qui tient un blog sur les média en ligne, a récemment confessé qu'il avait complètement arrêté de lire des livres. "J'étais spécialisé en littérature à l'université et je passais mon temps à lire des livres", écrit-il. "Que s'est-il passé ?" Il essaie de deviner la réponse : "Peut-être que je ne lis plus que sur Internet, non pas parce que ma façon de lire a changé (c'est à dire parce que je rechercherais la facilité), mais plutôt parce que ma façon de PENSER a changé ?"


Bruce Friedman, qui bloggue régulièrement sur l'utilisation des ordinateurs en médecine, décrit également la façon dont Internet a transformé ses habitudes intellectuelles. "J'ai désormais perdu presque totalement la capacité de lire et d'absorber un long article, qu'il soit sur le Web ou imprimé..."

" une étude publiée récemment (.pdf) sur les habitudes de recherches en ligne, conduite par des spécialistes de l'université de Londres, suggère que nous assistons peut-être à de profonds changements de notre façon de lire et de penser. Dans le cadre de ce programme de recherche de cinq ans, ils ont examiné des traces informatiques renseignant sur le comportement des visiteurs de deux sites populaires de recherche, l'un exploité par la bibliothèque britannique et l'autre par un consortium éducatif anglais, qui fournissent un accès à des articles de journaux, des livres électroniques et d'autres sources d'informations écrites. Ils ont découvert que les personnes utilisant ces sites présentaient "une forme d'activité d'écrémage", sautant d'une source à une autre et revenant rarement à une source qu'ils avaient déjà visitée. En règle générale, ils ne lisent pas plus d'une ou deux pages d'un article ou d'un livre avant de "bondir" vers un autre site. Parfois, ils sauvegardent un article long, mais il n'y a aucune preuve qu'ils y reviendront jamais et le liront réellement. Les auteurs de l'étude rapportent ceci :                 

 

"Il est évident que les utilisateurs ne lisent pas en ligne dans le sens traditionnel. En effet, des signes montrent que de nouvelles formes de "lecture" apparaissent lorsque les utilisateurs "super-naviguent" horizontalement de par les titres, les contenus des pages et les résumés pour parvenir à des résultats rapides. Il semblerait presque qu'ils vont en ligne pour éviter de lire de manière traditionnelle."

 

[...]

 

Frederick Winslow Taylor apporta un chronomètre dans l'aciérie Midvale de Philadelphie et entama une série d'expériences historique dont le but était d'améliorer l'efficacité des machinistes de l'usine. Avec l'accord des propriétaires de Midvale, il embaucha un groupe d'ouvriers, les fit travailler sur différentes machines de métallurgie, enregistra et chronométra chacun de leurs mouvements ainsi que les opérations des machines. En découpant chaque travail en une séquence de petites étapes unitaires et en testant les différentes façons de réaliser chacune d'entre elles, Taylor créa un ensemble d'instructions précises, un "algorithme", pourrions dire de nos jours, décrivant comment chaque ouvrier devait travailler. Les employés de Midvale se plaignirent de ce nouveau régime strict, affirmant que cela faisait d'eux quelque chose d'à peine mieux que des automates, mais la productivité de l'usine monta en flèche.

Plus de cent ans après l'invention de la machine à vapeur, la révolution industrielle avait finalement trouvé sa philosophie et son philosophe. 

[...]

 

Le système de Taylor, le taylorisme, est encore bien vivant ; il demeure l'éthique de la production industrielle. Et désormais, grâce au pouvoir grandissant que les ingénieurs informaticiens et les programmeurs de logiciel exercent sur nos vies intellectuelles, l'éthique de Taylor commence également à gouverner le royaume de l'esprit. Internet est une machine conçue pour la collecte automatique et efficace, la transmission et la manipulation des informations, et des légions de programmeurs veulent trouver "LA meilleure méthode", l'algorithme parfait, pour exécuter chaque geste mental de ce que nous pourrions décrire comme "le travail de la connaissance".

 

Le siège de Google, à Mountain View, en Californie, le Googleplex, est la Haute Église d'Internet, et la religion pratiquée en ses murs est le taylorisme. Google, selon son directeur-général Eric Schmidt, est "une entreprise fondée autour de la science de la mesure" et il s'efforce de "tout systématiser" dans son fonctionnement. En s'appuyant sur les téra-octets de données comportementales qu'il collecte à travers son moteur de recherche et ses autres sites, il réalise des milliers d'expériences chaque jour, selon le Harvard Business Review, et il utilise les résultats pour peaufiner les algorithmes qui contrôlent de plus en plus la façon dont les gens trouvent l'information et en extraient le sens. Ce que Taylor a fait pour le travail manuel, Google le fait pour le travail de l'esprit.

 

 

 

Google a déclaré que sa mission était "d'organiser les informations du monde et de les rendre universellement accessibles et utiles". Cette société essaie de développer "le moteur de recherche parfait", qu'elle définit comme un outil qui "comprendrait exactement ce que vous voulez dire et vous donnerait en retour exactement ce que vous désirez". Selon la vision de Google, l'information est un produit comme un autre, une ressource utilitaire qui peut être exploitée et traitée avec une efficacité industrielle. Plus le nombre de morceaux d'information auxquels nous pouvons "accéder" est important, plus rapidement nous pouvons en extraire l'essence, et plus nous sommes productifs en tant que penseurs.

 

Où cela s'arrêtera-t-il ? Sergey Brin et Larry Page, les brillants jeunes gens qui ont fondé Google pendant leur doctorat en informatique à Stanford, parlent fréquemment de leur désir de transformer leur moteur de recherche en une intelligence artificielle, une machine comme HAL, qui pourrait être connectée directement à nos cerveaux. "Le moteur de recherche ultime est quelque chose d'aussi intelligent que les êtres humains, voire davantage", a déclaré Page lors d'une conférence il y a quelques années.

[...]

" leur hypothèse simpliste voulant que nous nous "porterions mieux" si nos cerveaux étaient assistés ou même remplacés par une intelligence artificielle, est inquiétante."

article complet

 

 

 

 

 

 

 






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commentaires

Altshift 06/12/2010 14:59



Lu (en entier) (ainsi que les commentaires)… La lecture sur écran n’est effectivement très confortable, même si certains logiciels imitent à merveille la texture, le son et le mouvement des pages
d’un livre, même si les tablettes permettent probablement désormais d’améliorer les conditions de lecture. Certaines fonctionnalités comme le grossissement, les signets, permettent plus
facilement de retrouver des pages recherchées et il est aussi plus simple pour des recherches d’avoir vingt-cinq ouvrages ouverts simultanément à la bonne page, sans compter les dizaines
d’ouvrages papier tout autour.


Mais dans le fonds, tout ce qui est dit semble exact, les liens hypertexte amènent souvent à perdre le fil en essayant de le suivre, la capacité de concentration et la compréhension d’articles
longs en prennent forcément un coup.


Fort heureusement, les romans publiés sous forme d’ebook ne sont pas encore transformés grâce à des liens hypertexte à chaque mot, en support de publicité, mais il ne serait pas étonnant que
bientôt ça le devienne, ou que certains romans soient conçus de cette manière. Renvoi à des visites organisées de N.D. en lisant Hugo ou à des illustrations. Les illustrations hors texte ne
poseraient pas de problème si elles finissaient en impasse et renvoyaient à la page d’origine, mais le défaut récurrent d’internet qui est aussi une qualité est qu’il renvoie toujours vers autre
chose, autre chose dont on ignore si c’est pertinent avant d’avoir cliqué sur le lien.


Mais il semble que le constat relatif aux problème de concentration dans le lecture ou de formatage des esprits par l’outil et ses principes de fonctionnement, puisse être élargi. Certains
dénoncent en effet le côté « addictif »  d’internet ou le fait qu’il révèle chez certaines personnes des penchants à l’addiction, laquelle addiction amènerait ces personnes à ne
plus pouvoir se concentrer non plus sur les activités de la vie quotidienne.


Dans les faits, on peut se demander ce que peut apporter ce mouvement permanent de navigation à la surface des choses… sinon un éloignement de réel puisque, aussi bien, les informations
effleurées ne permettent que rarement de donner corps à ce réel u d’en structurer le sens. Car au fond de la fréquentation de cette surabondance d’informations-désinformations, blogs personnels,
de pages d’actualités publicitaires ne ressort paradoxalement que l’impression d’une gélatine insaisissable… d’un vide… sidérant.


Mais peut-être est-ce la dessus que joue le système de consommation du virtuel, comme tout système de consommation d’ailleurs, imposer le besoin, ou l’idée du besoin, et faire en sorte qu’il ne
soit jamais satisfait. Qu’il s’agisse du besoin de loisir ou du besoin de sens d’ailleurs. 



Zardoz 07/07/2009 09:50

Bonjour Alithia je vous propose de lire cette page qui peut-être alimentera une future chronique (j'aime pas le terme de post)http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Comit%C3%A9_d%27arbitrage/Arbitrage/Timeofoursinging-Bapti

alithia 15/07/2009 19:36


merci Zardoz , oui, ce témoignage vaut d'être publié


sonata 22/06/2009 14:28

Alithia j'ai trouvé une perle pour vous sur wikipédia: consultez l'article "télé réalité" et regardez la section "analyses et critiques".On y invoque d'abords les différents mouvements surréalistes (y en a qui se prennent vraiment pas pour de la m****...) avant de passer à une notion de "droit démocratique de passer à l'écran", dont on se demande d'où elle vient. S'en suit une comparaison avec les jeux de rôle et enfin, en dernier, une allusion de deux lignes au coté voyeurisme.Voici une partie de ma vision des choses: la téléréalité, que l'on retrouve quasi exclusivement sur des chaînes de droite, donc de basse qualité en général, (Tf1 en france, rtl en Belgique pour ne citer qu'elles) fait partie d'un processus entrant dans le jeu du pouvoir en place (quelque soit le parti au pouvoir d'ailleurs), qui vise à calmer les esprits et que l'on pourrait résumer par la phrase célèbre de Sénèque "donnez leur du pain et des jeux". En effet, si les gens n'ont pas faim (cas de l'immense majorité de la population européenne, quoi qu'on en dise et malgré la crise) et ont l'esprit occupé (en se servant pour cela du voyeurisme, lequel marche toujours, l'homme ayant ses faiblesses), il est d'autant plus facile de les manipuler. Et tout le monde y trouve son compte: le peuple est rassasié, et se tient donc tranquille. Et certains médias privés (donc ayant statut d'entreprise, et profitant donc du système actuel) entrent parfaitement dans ce schéma.Maintenant concernant wikipédia, soit ce point de vue est trop subtil pour les rédacteurs amateurs (et en général d'une compétence douteuse), soit wikipédia elle-même entre dans ce schéma. En effet, ce nouveau média (puisse qu'il faut bien lui donner un nom) a tout interêt à s'insérer parmis les autres et à jouer le même jeu, s'il veut avoir une réputation crédible auprès desdits autres. J'irai même plus loin: wikipédia réussi un tour de force en rajoutant une autre dimension à ce système de pain et de jeu: en donnant l'illusion au peuple de l'accès facile à la culture (qu'elle réinvente) et en permettant à ce même peuple d'y intégrer finallement ce qu'il veut (de la culture "matches de foot" à celle du porno, en passant par toute une série de sectes qualifiées de religion") wikipédia rajoute un nouvel élément important: elle donne l'illusion au peuple qu'il a là une nouvelle manière de faire entendre sa voix.Je trouve cela stupéfiant voire même effrayant...

Teckel 18/06/2009 20:29

Vous passez visiblement beaucoup de temps sur Internet, sur Wikipédia, sur des blogs, dans les commentaires d'articles de presse en ligne parlant de Wikipédia... Vous postez beaucoup ici.

Vos capacités de raisonnement ne sont-elles pas émoussées par ce zapping permanent de la pensée, ce culte de la réponse immédiate, rivé à votre écran?

alithia 21/06/2009 01:53


Et aussi je passe du temps à écrire de très longs articles qui dépassent 3 paragraphes.


Simon 17/06/2009 08:16

La déprofondisation de la lecture n'est-elle pas en partie (mais en partie seulement) imputable à l'inconfort de lecture plutôt important sur un écran dès qu'il s'agit de se concentrer sur un texte long ? L'éclairage produit en permanence par l'écran, le mode de lecture assez peu pratique comparé au support papier (mode déroulant assez semblable à celui des volumens antiques quand on y songe en fait...) n'y sont sans doute pas pour rien, bien que cela ne puisse suffire à lui seul à l'expliquer.