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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.

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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 12:40

Que vaut l'information parallèle, sur le web   ? 



volcan-007.jpg

On peut lire sur le blog de Nicholas Carr cet article qui traite de l'  « information dite citoyenne » qui a été étudiée pour déterminer les sujets privilégiés par celle-ci.  Nicholas Carr explique que les sujets traités par cette information populaire et non-professionnelle ne sont pas les mêmes que dans les media professionnels . Elle s'occupe davantage de variétés, elle est plus anecdotique, et aux sujets éclatés, dispersés . La politique est quasiment absente. Les sujets techniques sont prédominants.

 
 

Il en conclue :

 
 

« Quand on remplace des responsables de rédaction professionnels par une foule ou par un réseau social on se retrouve en fait avec un abêtissement de l’actualité. Elle n’est plus alors qu’un flux de miettes de mal bouffe. Les gens que nous connaissions comme “audience” pourraient devenir les gens que nous considérions comme informés. »

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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 21:37

Google et wikipedia : une même entreprise pour recouvrir le monde.

 


 

indonesie-bajawa.jpg

 


 

Barbara Cassin, philosophe, écrit un livre sur Google « Google moi » sorti en fevrier de cette année chez Albin Michel.

 

 

Elle relève la double ambition affichée de Google « organiser l'ensemble du savoir » et par là « faire le bien » (ou lutter contre le mal) ce qui aurait pour conséquence selon le même Google d'oeuvrer ainsi à la « la démocratie culturelle ».

 


Soit exactement les mêmes ambitions et proclamations que l'on retrouve chez wikipedia.

 

 

Toutes choses que Barbara Cassin analyse et met fortement en doute, sans toutefois s'occuper de wikipedia qui n'a pas retenu son attention et qu'elle semble ne pas connaître. Peu d'intellectuels , en effet, ont la patience d'étudier wk et de tenter de l'évaluer.

 


 

Cependant on peut suggérer une analyse critique et une évaluation de wikipedia, en tous points parallèles à ce qui peut se dire de Google.

Soit : chez wikipedia, la même prétention à organiser toute la connaissance et à faire le bien de l'humanité entière, au nom de la démocratisation du savoir affirmée par le seul fait de l'outil technique, et qui contribuerait assurément à la démocratie et au progrès . On a là la grande naïveté d'un rêve américain qui s'étend sur le monde et recouvre celui-ci de son grand manteau tissé de ses croyances et illusions : la puissance au nom du bien infligé au monde entier. Une certaine vision du monde est discernable dans cette affaire : tout à fois relativiste, libérale, pragmatique, positiviste. Pas de sélection, chacun peut dire-écrire ce qu'il veut, la foule équilibrera et corrigera forcément. Comme si des incompétents rassemblés formait une masse compétente. Au nom du bien, promis en toute bonne conscience par conséquent. Nous savons comme il convient de se méfier de qui vous veut du bien ou prétend faire votre bien à votre place et sans rien vous demander. Un ami qui vous veut du bien, on connaît. Une tutelle, un pouvoir tyrannique doux : la démocratie en Amérique telle que Tocqueville l'analysa il y a de cela quelque temps et qui, dans son extension au monde, prend des formes nouvelles et guère plus enthousiasmantes, pour l'observateur avisé qui sait en discerner les traits les pires et les dangers potentiels.

 


 

Car cette réorganisation du savoir est en même temps une mainmise sur le savoir selon une nouvelle sélection et une nouvelle hiérarchie, celle de Google-wikipedia, qui en vérité aboutit et consiste en une uniformisation et un appauvrissement du savoir, inversement proportionnels à son espace de distribution . Car cette réorganisation repose sur la désastreuse idée que la connaissance et la culture se réduisent à l'information, avec laquelle elles sont confondues où le seul critère de sélection et de hiérarchisation est la quantité, et où bien entendu, Google comme wikipedia imposent un tri, une sélection, une hiérarchisation des documents, selon le seul critère quantitatif qui est leur seule référence, (le pagerank qui entretient la confusion entre qualité et quantité) repoussant aux rangs invisibles les documents infiniment plus intéressants parce que moins bien notés (selon l'algorithme).

 


 

Le tout est présenté comme une mission humanitaire au service de la démocratie et du progrès, parce que soi-disant au service de la connaissance. Mot pour mot les mêmes intentions, le même programme.


Et le même genre de discours que celui d'une secte : prosélytisme humaniste, au service d'une prise sur les esprits.

 



Avec ceci en plus à mettre au compte de wikipedia : elle répand à l'échelle planétaire les erreurs, déformations et falsifications qu'elle contient en masse, puisqu'elle se prétend une encyclopédie qui, par rapport à Google présenterait un produit (presque) fini : des articles rédigés reprenant les contenus auxquels mènent les liens Google. Elle propose des textes censés « faciliter » la recherche d'informations. Un reader's digest à grande échelle. Et puis également la propagande qu'elle abrite puisqu'ont su l'utiliser tous les courants d'idées jusqu'aux divers fascismes et négationnismes, que les administrateurs sont d'autant plus incapables de discriminer que, comme Google, dont le classement est purement quantitatif, wikipedia retient et diffuse simplement les opinions les plus répandues, les plus « populaires » au top du web, qui font consensus à wk. Donc toutes les opinions y trouvent place, au détriment des vraies connaissances. Ainsi via wk la diffusion des croyances des sectes, des pseudo-sciences et de toutes les formes d'irrationalisme, s'étend, conformément au relativisme et au libéralisme qui sont parmi les fondements de la démocratie en Amérique. Et qui semblent, à l'échelle du grand nombre, mieux connues des rédacteurs wikipediens que les études savantes et théories scientifiques.

Logique puisque ses rédacteurs c'est tout le monde sans aucun critère de qualification. Ce qui n'empêche un solide positivisme : la science sans pensée de la science. Bref, wikipedia préfigure le monde de demain, à savoir ce monde qui vient et le futur qui s'approche, où tout le savoir sera pré-mâché, classé pour vous, pré-rédigé et pré-digéré.

 


 

A l'égard des prétentions de Google Barbara Cassin émet un certain nombre de mises en doute et critique son idéologie.

 
 

Tout a commencé lorsqu'elle a entendu un représentant de Google-Europe déclarer : «Notre mission est d'organiser toute l'information du monde.» Cette profession de foi missionnaire m'a fait peur, pense-t-elle alors.

 
 

Ces produits paradigmatiques d'internet que sont Google-wikipedia (que j'écris volontairement en un mot) annoncent être investis d'une mission. Cela effraye un peu en effet.

 
 

Barbara Cassin décrypte une politique sous-jacente à cette mission proclamée, qui ressemblerait à une domination (je ne la suivrais pas cependant pour les rapprochements qu'elle fait avec la vie politique au jour le jour. Je pense que ce n'est pas de cela qu'il s'agit).

 
 

Restons dans le domaine de la connaissance et de ce qu'en fait Google-wikipedia.

 


 

1- Pour cet attelage ne vaut que le quantifiable :

« Google classe le plus haut ce qui est le plus souvent cité-demandé. La langue des mots-clés permet de faire de la qualité rien qu'avec de la quantité. » dit-elle. (interview au Nouvel Obs)

 


 

2- Ce qui n'a rien à voir, ni avec la démocratie, ni avec la culture. En effet l'information n'est pas la culture.

 


 

« Je refuse de dire (que Google est), comme il le prétend, le «champion de la démocratie culturelle». Ou alors il faut revoir à la baisse et la démocratie et la culture. Ce qu'il appelle lui-même la «démocratie des clics» (en gros, «un clic, un vote» pour une publicité, et «un lien, un vote» pour un résultat), ça n'a rien à voir avec de la démocratie. Pour une raison simple : il n'y a aucune dimension politique là-dedans. Cliquer n'est pas voter, avec des clics, on ne construit pas de monde(s) commun(s). Pour la culture, c'est pareil : de l'information, même fiable, ce n'est pas de la culture, c'est à peine de l'information digne de ce nom - structurée. Il manque ce que Hannah Arendt appelle la dimension de l'oeuvre. Elle pense d'ailleurs que les deux se rejoignent - que le goût est une faculté politique. Je ne crois pas que Google soit le premier à (se) tromper sur la "démocratie culturelle". » (même interview)

 


 

A propos de wikipedia en décembre 2004, au sujet de ce que devrait être un article encyclopédique, un contributeur de wk, sous le pseudonyme de Caton, un philosophe, affirmait que :

 
 

« au fond, Wikipédia renseigne sur les oeuvres que Descartes a écrites comme on peut se renseigner sur des horaires de train : (...) On peut très bien avoir beaucoup d'informations, et être néanmoins au degré zéro de la connaissance (...). C'est pourquoi le danger de toute encyclopédie est de sombrer dans l'insignifiance et le vide culturel. L'information pour l'information est l'opposé de l'instruction, du savoir et de l'amour de la connaissance. »

 


On pourra également lire avec intérêt l'article du blog de Pierre Assouline sur le livre de B. Cassin dont il cite ce passage :

 


 

« Brutalement dit, Google est un champion de la démocratie culturelle, mais sans culture et sans démocratie. Car il n’est un maître ni en culture ni en démocratie. (…) On peut même dire que Google est anti-démocratique parce qu’il est profondément américain sans nous donner les moyens de le savoir, de remettre en cause son universalité, tel que américain aille de soi comme universel. Nous sommes aristotéliciens quand nous parlons, que nous le voulions et que nous le sachions ou non ; nous sommes américains quand nous googlons, que nous le voulions et le sachions ou non (…) Au lieu du politique, on trouve en Google la transcendance du déni de garanties, un philosophe-roi à ceci près qu’il n’est pas philosophe - le pire. Immanence du Web et transccendance de Google : Google, le nom actuel de la transcendance du Web ? Ou bien, plus sèchement : we, Google of America ? »

 


 
Alithia

 

 



Annexes :

 

* Un commentaire que j'aime bien, pris à la suite :

 
« L’ouvrage des Wikipédiens ressemble à celui de Bouvard et Pécuchet à la fin du roman, devant leurs pupitres, à recopier tout le savoir du monde. Et Google est la fourche à remuer le foin pour trier les aiguilles. Tout est enregistré, tout est conservé, au lieu d’oublier on égare. » par ebolavir

 

 

* un autre :

 
«
on préférerait une réflexion sur Wikipédia, l’encyclopédie des scribouillards volontaires, cette institution soi-disant pleine de bonne volonté, contrôlée par ces petits censeurs mi fachos, mi babas, qui passent leurs journées à raturer, corriger les imperfections, véritable petit monde orwellien où tout ce que vous faites est irrémédiablement scruté et contrôlé.

 

   

Celà est surtout vrai pour la Wikipedia française, où les débats entre les habitués et certaines décisions prises démocratiquement certes mais par des non-spécialistes prennent souvent des proportions risibles et hallucinantes. Alors que la Wikipedia anglophone est elle plus posée, plus reflechie, bien mieux travaillée (à mon humble avis). Pour le pays de la méthode et de la pensée cartésienne, je trouve que ça la fout mal. »  par « Ialda »



* Explication de ce fait : de nombreux articles de la wk.en (wikipedia en langue anglaise) sont recopiés d'éditions anciennes de Britannica, libres de droits (datant de + de 70 ans) Cela  fait partie du programme de pillage de wk, qu'elle dénie comme il se doit.

* Puis encore, pour mémoire cet article de l'encyclopédie de l'Agora sur Google-wikipedia ; ainsi que
celui-ci et   celui-ci encore présentant les théories qui justifieraient wk. ou du moins, sur les quelles elle se fonde.

Soit le thème de la dite
« sagesse des foules » ou développement de l'hypothèse que la foule serait plus sage, que le plus sage des hommes, par le seul fait du nombre.

Dont je détaillerai le contenu dans un prochain article.


D
isons juste que cette assertion qui attribue au nombre (la foule) une supériorité sur les qualités singulières, (inégalement réparties  : tous les hommes ne sont pas, dans leurs actes, également sages, bons, justes, savants etc. et n'ont pas tous les mêmes qualités) efface la distinction entre quantité et qualité, pour faire de la quantité la qualité suprême. Ainsi elle renverse le rapport de la qualité et de la quantité.   Et fait comme si un grand nombre d'entités de qualités telles ou telles, par leur seul rassemblement pouvaient aboutir à une entité de qualité contraire à tous ses composantes

Cette hypothèse de la sagesse des foules appartien
t à une théorie qui transpose du registre animal au registre humain, ce qu'elle prétend être un simple constat. A savoir l'organisation de collectivités animales.

Mais qu'elle pose d'emblée comme parfaites, parce que naturelles, et dont elle croit pouvoir faire par conséquent un modèle, pour les sociétés humaines, gommant toutes les différences.

Alithia

Sur l'échange de bons services Google-wikipedia voir, au sujet de la place qu'occupe wikipedia sur Google  et
wikipedia est-elle favorisée par Google ?   

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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 22:42

Doutes à propos de Michel Serres, surtout lorsqu'il vante wikipedia


auvergne.jpg

David Monniaux ironise car j'ai mis en doute les qualités de Michel Serres, le seul intellectuel à faire l'apologie de wk. dont j'ai dit qu'il n'était en rien philosophe ce faisant. [ voir :
sur France-info Michel Serres fait de la pub pour wikipedia. ; La non-pensée de Michel Serres versus une analyse de wikipedia ]

 

 

David Monniaux m'écrit :

 

« Décidément, vous devez être bien savante pour juger tant de monde et les classer parmi les gens incapable de penser. Au moins suis-je en bonne compagnie (Michel Serres et d'autres encore). Nous pourrons nous organiser des petites sauteries entre universitaires de la non-pensée, ce sera sans doute très guindé. »

 


 

Ma réponse :

 


 

Michel Serres n'est pas reconnu comme philosophe, par les philosophes : il n'a jamais pu enseigner au département de philo, mais en histoire, ce qu'il a toujours déploré, pour ne pas dire plus. Il en a gardé une rancune tenace contre les philosophes qui ne l'ont pas admis comme leur paair (malgré son travail, le seul défendable philosophiquement, paru dans la série des "Hermès") Il n'a jamais eu de reconnaissance de l'Université, où il n'a enseigné que sporadiquement, avant de partir pour les Etats-Unis, et dans le département d'histoire, quelques cours qui ne lui ont pas attiré les honneurs qu'il souhaitait.

La non-reconnaissance par les philophes.
Son travail sur Leibniz est peu apprécié des philosophes, et passablement critiqué par les leibniziens qui font référence. Celui sur Lucrèce est considéré comme peu rigoureux, et il est très contesté.

C'est un écrivain brillant, et médiatique depuis qu'il a été élu à l'Académie française, mais comme pour Voltaire, si on peut lui reconnaître un talent d'écrivain il n'en va pas de même pour la philosophie. Il n'a inventé aucun concept, et n'a encore moins développé une pensée digne de ce nom. Il n'a aucun disciple (ce qui est un critère en philosophie) et ce qu'il écrit sur la technique n'est que du sous-sous-Heidegger, dont il tire des conclusions contraires, de manière passablement contradictoire. Quant à ce qu'il raconte depuis quelques années, on le considère avec un sourire indulgent chez les philosophes. Et c'est un euphémisme. Un vrai talent d'écrivain, mis au service d'une pensée qui semble avoir sombré, si l'on suit son parcours et lit les propos qu'il tient aujourd'hui. Affligeants.

Il se permet de soutenir que les plus grands sont nuls, aussi bien philosophes et épistémologues, que les scientifiques qui ne réfléchissent pas : tous ? Cela est tellement caricatural, que cela ne mérite même pas un mot de réfutation.

On reste seulement pantois devant de tels propos, indignes de quiconque, a fortiori s'il se dit philosophe.


Alors soutenir, c
omme je le fais, que Michel Serres n'est pas crédible lorsqu'il vante wikipedia, et que son avis ne vaut rien,  n'est qu'un jugement fondé qui a pris la mesure de la bourde, et non une bizarrerie d'une personne inconsciente et bien légère, contrairement à ce que croit David Monniaux. En attendant les petites sauteries ... entre universitaires que les philosophes ont osé critiquer.

A propos de cette position invraisemblable de Michel Serres voir ceci



Alithia

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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 16:00


Quand les wikipediens se fâchent, ils montrent leur cuistrerie.



atacama-j-chevron-.jpg

photo J.Chevron L'Internaute

Les wikipediens n'aiment pas qu'on leur mette sous le nez  leurs défauts et leurs carences et d'abord leur manque de culture, eux qui se prennent pour des encyclopédistes supérieurs à Diderot  car ils ont entre les mains un outil d'une puissance planétaire, que n'avait Diderot (le pauvre ! quel minable en comparaison !). Ils se bornent  à se glorifier de la puissance de leur outil, peu importe le contenu. Ils sont légèrement caricaturaux. Ne sachant , de plus, ni tenir une discussion, ni pratiquer un échange d'idées, ni encore moins l'humour, ils se fâchent tout rouge. 

Alors ils viennent injurier sur ce blog, les intellectuels qui en savent plus qu'eux, les philosophes et les profs de philo, croyant m'atteindre à travers eux ("tous nuls") et ils m'injurient personnellement. Bof !
[quelques exemplaires dans les discussions]


Sur la cuistrerie et le ressentiment poujadistes et anti-élitistes des wikipediens ignorants, incapables de reconnaître, ni d'admettre que quiconque soit plus savant qu'eux, non plus que de reconnaître leurs limites et mêmes leurs fautes de raisonnement, je vous cite ce petit texte, tout à fait pertinent  :

 

ça s'appelle "Anti-élitisme" :

   

" Certains, avec des accents volontiers poujadistes, semblent vouloir se venger des gens mieux éduqués qu'eux, ou qui écrivent dans un meilleur français qu'eux. On voit alors fleurir les accusations d'élitisme, etc.

   

Dans l'optique d'écrire une encyclopédie, il convient d'abord de constater que chacun n'est pas compétent sur tout (l'étendue générale des connaissances, surtout spécialisées, dépassent largement ce qu'un homme, même érudit, peut connaître, et s'accroît de manière exponentielle). Nous citons des sources, et nous préférons citer des sources considérées « de référence », par opposition par exemple à des « blogs » d'illustres inconnus. Ce n'est pas par hasard, c'est tout simplement parce que sur chaque sujet il y a des gens qui maîtrisent plus ce sujet que d'autres. Ce sont ces gens qui écrivent les ouvrages de référence sur le sujet. Indépendamment de la connaissance d'un sujet particulier, ces gens ont le plus souvent, plus généralement, une façon de raisonner et d'intégrer des données d'origines diverses avec des résultats probants. On peut appeler cela du « bon sens » ou de l'intelligence, comme on voudra ! Et surtout, ces gens savent le plus souvent faire la part de ce qu'ils savent, et de ce qu'ils ne savent pas ; par exemple, ils savent faire la part des choses et garder un esprit critique sur ce qu'ils lisent.

   

De la même façon, sur Wikipédia, interviennent des gens qui ont plus ou moins de connaissances, et ont plus ou moins de « jugeote ». Il serait pour le moins surprenant que Wikipédia ne reproduise pas ainsi la situation de la vie courante. Et, comme dans la vie courante, on trouve quelques personnes qui, ne sachant pas grand chose, et ne réfléchissant visiblement pas avant de parler, s'expriment à tort et à travers. Ensuite, ces personnes attribuent les remarques en retour à un complot des « élitistes », de gens imbus d'eux-mêmes, etc.

 
 

Il n'est de pire imbu de lui-même que celui qui ne veut pas reconnaître ses fautes de raisonnement, ou les manques de ses connaissances. Ce n'est pas faire montre de supériorité mal placée que de faire remarquer à quelqu'un qu'il s'exprime sans estimer des ordres de grandeur, ou qu'il lui manque des éléments de base ­­- tant qu'on le fait dans les règles de la politesse."

 

 

De qui est ce texte ?

De David Monniaux. Je le cite, preuve que je sais reconnaître leurs qualités à mes adversaires quand ils se montrent intelligents et tiennent des propos justes.


Vous le trouverez sur sa page wk, que je ne vais tout de même pas vous citer. Faut pas exagérer.

Un article suit : sur le thème de la nécessité des experts.

Alithia

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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 16:44

La «culture» du web et wikipedia en particulier, tuent la culture. 
 


 
 


atitlan.jpgAndrew Keen, blogueur britannique, dénonce dans un livre l’utopie de l’Internet participatif. FRÉDÉRIQUE ROUSSEL, 22 août 2007 ; article de Libération

 


«Je suis contre cette culture de l’amateurisme»

 
[extraits]
 

« Andrew Keen, baptisé «l’Antéchrist de la Silicon Valley», a publié début juin un brûlot, The Cult of the Amateur. Le sous-titre s’avère on ne peut plus clair : Comment Internet tue notre culture. Andrew Keen n’a pourtant rien d’un ­allergique à la technologie : ce Britannique devenu entrepreneur californien avant la bulle, tient un blog -  thegreatseduction.com - et produit un programme de ­podcast sur AfterTV. Dans un article publié en février 2006 dans The Weekly Standard, il partait en guerre contre le Web 2.0 en écrivant que le «grand mouvement utopique de notre ère contemporaine a son siège dans la Silicon Valley» et n’hésitant pas à rapprocher ce «cauchemar de Socrate» à l’idéologie communiste. Il étoffe cette thèse dans son dernier livre.

A-t-il fini par prendre en grippe ce qu’il a adoré ?

Non, répond-il, ce n’est pas la technologie en soi qui lui pose problème, mais plutôt ce qu’Internet est devenu, un marigot où baignent un maximum d’inepties, un tombeau de la culture de qualité, fossoyée par la gratuité. Il n’hésite pas à écrire que des millions de singes derrière leur clavier alimentent une jungle de médiocrité.

Le journalisme citoyen, qui désigne la possibilité de tout un chacun de devenir cyberreporter, participe selon lui de cette idéologie de l’amateurisme. Le livre de Keen a évidemment généré un âpre débat.

 


 

interview :

 


 

Comment en êtes-vous venu à dénoncer l’envers d’Internet ? 

 


 

Quand je regarde le Web, j’y vois principalement un chaos culturel et éthique. J’observe le vol rampant de la propriété intellectuelle, le plagiat, la pornographie extrême, le spam incessant et l’inanité intellectuelle. Les sociétés du Web 2.0, les Youtube, Google ou autre Facebook, n’utilisent le contenu généré par les internautes que pour augmenter leurs bénéfices. Tout le monde s’exprime certes, mais «narcissiquement», et la culture est de qualité de plus en plus médiocre. L’éthique de l’amateur est si dominante que l’expertise, le talent et le savoir perdent du terrain. Des analyses politiques superficielles, des vidéos pitoyables, des romans illisibles. Aujourd’hui, Internet ressemble à l’état de nature, plus proche de Hobbes que de Rousseau, où le comportement humain s’épanouit sans ­règles sociales ni lois. L’anarchie. Il suffit d’aller surfer sur la blogosphère ou de lire ce qui se dit sur les forums. Le Web 2.0 est en train de tuer notre culture, prendre d’assaut notre économie et détruire nos codes de conduite. Tout ça à cause de ­cette foi utopique dans l’information technologique.

 

 

Internet ne permet-il pas justement une démocratisation de la culture ? 

 


 

Au XXe siècle, ce sont les médias qui ont démocratisé l’accès à la culture. La démocratisation portée par le Web, la soi-disant sagesse du public, est un leurre. ­Wikipédia, l’encyclopédie en ligne collaborative en tête des recherches mondiales, n’a pas plus de valeur qu’un Trivial Pursuit, avec plein d’erreurs et de demi-vérités. La sacro-sainte communauté peut en arriver à décider, de manière consensuelle, que deux plus deux équivaut à cinq. Le pire, je crois, c’est l’anonymat qui règne en ligne. On devrait être obligé de donner sa véritable identité. Cette supposée démocratie m’apparaît en réalité comme une oligarchie, le ­résultat d’une alliance entre les anciens de la contre-culture et les fondamentalistes libéraux.C’est la nouvelle élite de la Silicon Valley, héritière de la culture hippie.

 

[...]

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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 20:54
Une nouvelle rassurante ? Un article de Libération relate une étude américaine concernant les pratiques de recherche  des étudiants : seuls 3% commencent avec wikipedia.
 

Les étudiants ne se ruent pas sur le net par Astrid Girardeau.  vendredi 24 août 2007


 
 

 
Première étape dans la méthode de recherche des étudiants - DR
 
 
 

 

 
 
 

Une nouvelle étude sur les méthodes de recherche des étudiants contredit la rumeur qui veut, qu’aujourd’hui, les élèves se contentent de recopier ce qu’ils trouvent sur Internet, et notamment sur Wikipédia. Menée par Alison J. Head, l’enquête - intitulée Beyond Google : How do students conduct academic research ? (Au delà de Google : Comment les étudiants mènent leurs recherches ?) - montre en effet que, dans le cadre d’une recherche en rapport avec un cours, les étudiants ne se ruent pas sur le net, mais font preuve d’une « approche hybride », utilisant une palette de sources, du dialogue avec leurs professeurs à l’utilisation des bibliothèques en ligne.

 
 
 

L’étude s’est construite autour de trois questions : comment les étudiants définissent leur méthode de recherche, comment la conduisent-ils (où, combien de temps et comment évaluent-ils leurs sources), et enfin quels obstacles rencontrent-ils ? Pour analyser leur démarche, il leur a été demandé de faire une recherche sur un thème de leur choix. Parmi les sujets retenus, il y avait le féminisme, l’impact de Katrina sur la Nouvelle-Orléans, le suicide chez les adolescents ou le Satanisme.

 
 
 

Il s’avère qu’une majorité des étudiants commencent leurs recherches en consultant la bibliographie des cours (40%) et la bibliothèque en ligne de leur université (23%). Dans un moindre degré, ils discutent avec leur professeur (12%) et utilisent des moteurs de recherche tels que Yahoo et Google (13%). Selon l’étude, ils ne sont que 3% à démarrer par l’encyclopédie en ligne Wikipedia, et 1% à acheter un livre.

 
 
 

De manière générale, un grand nombre avoue avoir peiné à faire une telle recherche, ayant notamment du mal à localiser les ressources et à les évaluer. Concernant Internet, cette génération habituée de MySpace et YouTube se dit en effet débordée par la quantité de documents disponibles, et estiment les résultats trouvés sur Yahoo et Google en grande partie inexploitables. S’ils se disent méfiants des blogs, ou de Wikipédia, car tout le monde peut participer, ils ont du mal à définir la crédibilité et la fiabilité des sites qu’ils visitent.

 
 
 

Cette approche « hybride » des étudiants est finalement moins un choix conscient qu’une manière de palier leur difficulté à localiser et évaluer les ressources. Cela les pousse à s’éloigner d’Internet et à se rapprocher d’experts (professeurs, bibliothécaires, etc.) qui vont les aider à filtrer et valider ces ressources.

 
 
 
Les résultats de cette étude sont cependant à nuancer, car elle a été réalisée sur un petit panel d’étudiants en sciences sociales et humaines de St. Mary’s, une université catholique privée de Californie. Pas forcément très représentatif de l’ensemble du monde étudiant. De l’aveu même d’Alison J. Head, il serait intéressant qu’une étude similaire soit menée sur des populations étudiantes différentes.

  ___________________________________________________________________________________________


En effet l'étude porte sur un échantillon trop restreint pour permettre une conclusion générale. Un indice est donné cependant, en attendant davantage.


Alithia

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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 01:17
un article intéressant qui pose quelques questions que tout le monde se pose au sujet de wikipedia
photo G Rabaille l'Internaute
voir ici cet article de Newsweek (en anglais) fort intéressant : une analyse du devenir possible de wikipedia
Alithia
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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 16:24
Derrière wikipedia, wikia, la société de J. Wales, à but lucratif, qui profitera du succès de wikipedia, et utilisera ses productions en disposant du travail gratuit de ses rédacteurs.
 
 
 
* un article
 
 
Wikipedia ne vaut rien, et ça lui convient ; par Philippe Boulet-Gercourt


L’encyclopédie en ligne, gratuite et participative, appartient à une fondation à but non lucratif et refuse toute publicité. Son patron est persuadé que c’est son manque de moyens qui a bâti son succès.
L’une des dernières « wiki-batailles » ? Anna Nicole Smith.
Dans les secondes qui ont suivi l’annonce de la mort de cette Marilyn du pauvre, ancienne playmate devenue célèbre pour avoir épousé un vieillard cacochyme, une armée d’encyclopédistes amateurs se rue sur le site Wikipedia pour éditer l’article « Anna Nicole Smith ». En l’espace de deux heures, plus de 300 ajouts ou corrections ! Certains se contentent d’insérer ce qu’ils viennent d’entendre sur CNN. D’autres vont plus loin. Un wikitroll (vandale wiki) remplace tout l’article par une simple phrase : « Elle est morte. Fucking dead . Faites-vous une raison. » Très vite, l’article original est rétabli. Au bout de quelque temps, un message s’affiche en haut de la page : « Cet article documente un événement en cours. L’information peut changer rapidement, au fur et à mesure que l’événement se déroule. » Et les anonymes se voient interdire l’accès aux corrections.
 
Mais la wiki-bataille ne s’arrête pas là. Un porte-parole d’ Encyclopædia Britannica , l’ennemi juré (et payant) de Wikipedia, explique avec une moue dégoûtée que « les gens ne viendraient pas chez nous pour savoir si Anna Nicole Smith est morte ou vivante » . Ce à quoi Jimmy Wales, le fondateur de Wikipedia, répond avec un haussement d’épaules : « Les nouvelles du jour provoquent toujours des ajouts ou des corrections. Cela arrive quotidiennement. » So what ?

Il y a eu L’Encyclopédie , de Diderot. L’Encyclopædia Britannica . L Encyclopédie Universalis . Bienvenue dans la dernière-née, l’encyclopédie du joyeux bordel ambiant ! Si vous n’êtes jamais allé sur le site de Wikipedia, deux hypothèses : vous n’êtes pas connecté à Internet, ou vous êtes un prof d’université trop snob pour sortir de sa tour d’ivoire (les deux ne sont pas incompatibles). Tous les autres sont tombés, un jour, sur cette adresse qui figure depuis janvier 2006 parmi les 10 sites Internet les plus visités du monde. Pour donner une idée plus concrète, Wikipedia reçoit plus de 10 000 requêtes par seconde.
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Un succès planétaire
 
Le principe est enfantin : n’importe quel utilisateur de Wikipedia peut écrire ou corriger des articles dans cette encyclopédie qui compte désormais plus de 6 millions d’entrées, écrites ou modifiées par 75 000 internautes dans 250 langages . « A chaque fois qu’un langage compte plus de 1 000 articles, nous le classons comme “projet actif” , explique Jimmy Wales, le co-fondateur. Nous en sommes aujourd’hui à 182 langages de ce type. » L’allemand est la deuxième langue, loin derrière l’anglais et devant le français. Le russe et le chinois ont passé le cap des 100 000 articles ; l’espéranto, celui des 65 000.

Google, l’autre géant du web qui a démarré sans avoir l’air trop commercial, pèse 140 milliards de dollars en Bourse. Wikipedia, lui, ne vaut rien. Pas 1 dollar ! Depuis 2003, le site appartient à une fondation à but non lucratif, Wikimedia, et refuse d’afficher la moindre pub. Quitte parfois à connaître des fins de mois difficiles, comme le reconnaît Florence Devouard, la présidente (française) de Wikimedia ( lire interview page 60 )

Dans une vie antérieure, Jimmy Wales – tout le monde le surnomme Jimbo – a été courtier à la Bourse de Chicago, avant de quitter son métier sans être multimillionnaire mais « avec assez d’argent pour prendre quelques années sabbatiques » . « Quand on me dit “l’argent ou la vie”, je choisis la vie », confie-t-il. Il est très copain avec Craig Newmark, le fondateur du site de petites annonces Craigslist, autre succès phénoménal du web refusant la pub, qui pense comme lui que « les gens qui ont plus de 1 milliard ne sont pas plus heureux pour autant. De plus, ils ont besoin de gardes du corps ». Oui, Jimbo aurait sans doute pu déposer la marque Wikipedia, la protéger, la développer et l’introduire en Bourse, aujourd’hui, il serait milliardaire plutôt que de voler en classe éco et de promener aux quatre coins de la planète ses épaules un peu tombantes d’évangéliste geek de Wikipedia. Mais voilà, avoue-t-il sans regret, « je n’y connais rien en marketing ».

Un logiciel qui change tout

La réalité est plus prosaïque . « Wikipedia a été lancé en 2001, en plein crash de l’Internet , rappelle Jimmy. On l’a lancé sans beaucoup d’argent. Cela a justement été la clé de notre succès : si on avait eu 5 millions à la banque, on aurait embauché des types pour résoudre nos problèmes, tandis que, là, on a dû se tourner vers la communau­té. » L’affaire était mal engagée. En 2000, Wales embauche Larry Sanger, un étudiant en philosophie, pour créer une encyclopédie d’in­térêt général baptisée Nupedia . « J’ai toujours été fasciné par les encyclopédies , raconte-t-il. Quand j’étais petit, j’adorais placer les autocollants de mise à jour du World Book de mes parents. » Après un an, bide total : Nupedia compte… 21 articles. Mais, en janvier, un ami de Jimbo lui parle du wiki (vite, en hawaïen), un logiciel simple qui permet à une communauté d’utilisateurs d’écrire et de modifier facilement des pages web. Larry et Jimmy se lancent, sans avoir idée du tsuna­mi qu’ils ont déclenché. « Je pensais que cela deviendrait populaire , mais pas à ce point-là, nuance Jimmy. Je rêvais d’un site qui aurait figuré dans le Top-100. »

Six ans plus tard, on connaît la success story . Ceux qui suivent l’aventu­re avec passion n’ignorent rien de la lutte acharnée entre pro et anti-Wikipedia. Dans le camp des pour figurent tous ceux qui se reconnaissent dans ce rêve d’une encyclopédie démocratique. Mais derrière ce rêve global se cache un ADN très américain, similaire à celui qui fait carburer la capitaliste Silicon Valley. Wikipedia n’est ni anti-capitaliste ni alter, il est à l’image des logiciels open source qu’il utilise. « Ce n’est pas une philosophie commerciale ou anti-commerciale , explique Wales. Quand nous pensons à la culture, nous opposons la culture populaire, où il n’est question que d’argent, et la “haute culture”, très élitiste. Wikipe­dia est entre les deux, c’est une entreprise artistique à sa façon, mais aussi quelque chose qui appartient à la culture populaire. C’est tout l’Internet. »

Voilà pourquoi Wikipedia n’aurait peut-être pas pu éclore dans un autre pays. En France, les intellectuels trop élitistes n’en auraient pas voulu ; en Allemagne, le respect de la hiérarchie n’aurait pas laissé naître l’anarchie nécessaire. Mais, aux Etats-Unis, des bibliothécaires ont rapidement adopté l’encyclopédie. « Les articles de Wikipedia sont généralement bien documen­tés, agrémentés de renvois, et liés à d’autres sources, ce qui permet aux lecteurs de juger de la qualité de l’information. De plus, les articles ont souvent davantage d’informations, et sont plus à jour », écrit le bibliothécaire Robert Eiffert dans le School Library Journal , avant de conseiller de ne pas s’en remettre à une seule source. Ce que confirme Jimmy Wales : Wikipedia ne devrait être que le point de départ d’une recherche.
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Des controverses en série
 
Cela ne suffit pas à calmer les ennemis de l’encyclopédie. Larry Sanger, par exemple, le co-fondateur qui s’apprête à lancer son encyclopédie wiki « sérieuse », Compendium. Sanger est devenu très critique à l’égard de Wikipedia, qui serait « pas­sé d’une anarchie presque parfaite à une anarchie régentée par un gang » . Les multiples ajouts et corrections aux articles, accuse-t-il, ne les améliorent pas, au contraire. Il est vrai que Wikipedia est souvent un foutoir innommable, une foire d’empoigne d’amateurs pas toujours éclairés, de Narcisses, de farceurs et de malfaisants. Les pires ne sont pas les wikitrolls , les saboteurs. Ceux-là sont vite repérés et se voient bloquer l’accès au site. « Le plus embêtant, ce sont tous ces gens qui ont le sentiment que l’article qui les concerne leur appartient , indique Florence Devouard, la présidente de la fondation Wikimedia . Ils lisent parfois des horreurs sur leur compte, il est normal qu’ils réagissent, mais cela peut nous conduire à une situation difficile. On tombe vite dans une guerre d’édition. Dans ce cas, on protège l’article jusqu’à ce que la situation se calme. »

Microsoft, par exemple, s’est fait prendre la main dans le pot de confiture : la firme voulait payer des utilisateurs actifs de Wikipedia pour qu’ils corrigent des erreurs sur son compte. Parfois, la controverse va plus loin . En France, Wikimedia est poursuivi en justice « par un loser qui exige un article sur le latin moderne , raconte Florence Devouard. Il a mis l’article en ligne, la communauté l’a supprimé, il fait un procès ! » En Allemagne, la fondation est attaquée par des parents qui exigent que le nom réel d’un hacker célèbre, décédé, ne figure pas dans l’article qui lui est consacré
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Ces controverses n’empêchent pas Jimmy Wales de dormir. Que l’anar­chie des sociétés se reflète dans un site démocratique ne choque aucunement cet adepte de l’ open source , qui prépare, avec Search Wikia, son prochain coup fumant. Il s’agit, cette fois, de lancer un moteur de recherche dont les critères seront connus de tous et améliorables par tous. L’anti-Google, en quelque sorte. Mais là, il s’agit d’une entreprise tout ce qu’il y a de plus commerciale. « L’investissement de départ est trop élevé pour le non-profit  », dit-il presque en s’excusant. Après tout, Jimbo finira peut-être par devenir milliardaire ! […]
 
ref : "Wikipédia ne vaut rien, et cela lui convient". L'auteur : Philippe Boulet-Gercourt. Référence :
 
 
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* un autre ; information
 
wikia, la société de J. Wales, a but lucratif, utilisera wikipedia et bénéficiera de son succès ; voir ici
 
 
* * *
* information
 
 
L'entité collaborative à l'origine de Wikipedia envisage de mettre au point un moteur de recherche capable de concurrencer ceux de Google et Yahoo, a déclaré jeudi le fondateur de l'encyclopédie collaborative sur internet.
Wikia, l'entité commerciale qui fonctionne de pair avec le site sans but lucratif Wikipedia, espère conquérir quelque 5% du marché de la recherche en ligne, a indiqué Jimmy Wales lors d'une conférence de presse tenue à Tokyo.
Décrivant les deux géants de l'internet américain comme des "boîtes noires", qui ne révèleront jamais la manière dont elles classent les résultats, Wales a estimé qu'une technologie de recherche collaborative pourrait transformer structurellement l'internet.
Selon lui, les utilisateurs pourraient travailler ensemble à l'amélioration des moteurs de recherche, de la même manière que les articles de Wikipedia sont corrigés et enrichis par ses propres lecteurs.
Wikia, qui utiliserait le même logiciel source que Wikipedia, serait en mesure d'indexer plus d'articles que ce dernier, a-t-il précisé.
Wikipedia possède actuellement 1,7 million d'articles dans la seule langue anglaise, selon son site internet.
Wales, qui n'a pas souhaité fournir de prévisions de revenus, a néanmoins indiqué que des business angels avaient investi quatre millions de dollars dans le projet, alors qu'Amazon avait réalisé "un très important investissement".
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le système s'étend et entend remodeler l'internet...
 
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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 02:12
Encore une perle révélatrice de l'esprit wikipedia et de l'objectivité qui règne sur celle-ci  :

 

 

Dieudonné soutient Raymond Barre après les déclarations antisémites lourdes et réitérées, proférées par ce dernier sur France-culture lors d'une interview. Wikipedia, l'encyclopédie qui vous décline toutes les actrices de porno et leurs spécialités, toute la palette des dites "sciences occultes" et toutes les pratiques para-normales, et s'est ait une spécialité d'être le plus grand  répertoire de ragots que la terre ait porté, (6 millions d'articles ça ne se trouve pas sous les sabots d'un cheval) ne juge pas l'information en question digne de figurer dans son honorable corpus.

Suite aux déclarations antisémites de Raymond Barre qui ont fait quelque bruit et lui ont attiré la réprobation de toutes sortes d'autorités politiques intellectuelles et morales, Dieudonné, sur son site a approuvé et soutenu les propos de  Raymond Barre -comme ce dernier dans l'émission de radio à laquelle il avait donné une interview avait précédemment approuvé et soutenu, Maurice Papon et Bruno Gollnisch.

Un lecteur le signale à wikipedia et demande s'il est permis d'introduire cette information dans l'article Dieudonné.

La question du lecteur est celle-ci  :

sous le titre *déclarations antisémites de Raymond Barre soutenues par Dieudonné* : 

* les déclarations antisémites de Raymond Barre parlant de "lobby juif" défendant Papon et Gollnisch , comprenant les attentats terroristes contre les Juifs, sont condamnées comme telles dans la presse par les journalistes, par de nombreux intellectuels (CL Lanzmann, Olivier Duhamel sur France-culture le 9 mars...), par des associations nombreuses(LDH, SOS racisme, Association des Arméniens, LICRA, etc.) par les partis politiques (UDF, PC, PS, UMP ...) et les hommes politiques unanimes sauf ... Gollnisch et Dieudonné qui les soutiennent
Dieudonné affirme sur son site Internet que «Raymond Barre redevient une cible pour le lobby juif sioniste, après avoir évoqué Messieurs Gollnisch et Papon en des termes trop peu diabolisants, et pour avoir déclaré que "le lobby juif, pas seulement en ce qui [le] concerne, est capable de monter des opérations qui sont indignes ».
L'information est-elle digne de figurer dans l'article par hasard ?*
Ce qui lui vaut cette réponse :

* Euh, le but d'un article sur Wikipédia n'est pas de forcer à mettre la lumière sur des péripéties de l'actualité qui n'ont eu quasiment aucun écho médiatique. Wikipédia n'est pas là pour leur donner un écho médiatique. La presse ni aucun média n'a pas vraiment fait de l'implication de DD dans l'affaire Barre une polémique en soi. Je pense qu'évoquer cette affaire dans cet article n'est pas pertinent, je propose donc le retrait de ce paragraphe, dans la mesure où ce point (connexions Barre-DD) n'a quasiment pas suscité d'écho dans les médias. --Markov*

= *péripéties de l'actualité qui n'ont eu quasiment aucun écho médiatique* dit-il (sic !)

Sans commentaires.

 

ici : image d'un volcan de boue

A mettre en rapport avec la  masse incommensurable d'articles bidons et folkloriques , soit la très grande majorité de ceux qui constituent wikipedia (jeux, et leurs personnages, séries télé et leurs personnages, vedettes d'un jour, anecdotes en tout genre et curiosités qui peuplent  l'actualité, personnages obscurs,  important rayon du paranormal et des théories irrationnelles ou autres délires, rayon illimité de la porno, liste exhasutive de toutes les communes de tous les pays possibles (authentique !) + tous les mots du dictionnaire, noms propres et noms communs qui sont prétexte à faire un article : méthode retenue pour constituer des liens sur tout sur internet qui placent wikipedia). Et à mettre en rapport également avec la  masse incommensurable de contenus bidons et folkloriques  sur des articles sérieux. Mais là, dans le cas qui nous occupe, pas de place pour cette information Dieudonné-Barre, a déclaré le flic de service qui veille à l'article.

Noter que si l'on cherche Dieudonné aujourd'hui sur Google, tous les liens qui sortent en 1° (il y en a plusieurs) concernent son soutien à Barre et l'incitation par le-dit Dieudonné à dénoncer le "lobby juif" partout où l'on peut.  Que reste-t-il à Dieudonné aujourd'hui, en fait de discours public, hormis  cracher son antisémitisme ? Il n'a rien d'autre à dire.

Fin d'un comique.  

Alithia

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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 11:43
La non-pensée de Michel Serres versus une analyse de wikipedia ou que vaut la philosophie quand elle verse dans l’apologie sans esprit critique ? 
 
 
 
 
 
Comme nous nous en sommes déjà étonné, (voir ci-dessous) Michel Serres le « grand » philosophe vante wikipedia uniquement parce qu’elle est gratuite et collaborative, ce qui lui suffit pour la trouver formidable . Piètres arguments.  Deux raisons qui n’en sont pas (voir ici même différents articles ; sur la gratuité en particulier  Des effets de la gratuité dans le domaine de la culture ; à propos d’un livre.). Ce sont là ses deux seuls « arguments » et qui ne s’accompagnent d’aucune observation de wikipedia ni de réflexion sur ses principes.
 
A quoi j’opposerai à titre de contre-exemple à l’absence d’interrogation de Michel Serres quelques remarques et réflexions qui s’imposent quand on prétend juger de la qualité de wikipedia et a fortiori de la recommander -de Rui Nibau, que je cite.
 
Rui Nibau pose les questions nécessaires et préalables :
 
1- « comment juger de la confiance à accorder au contenu de cette encyclopédie collaborative ? » « Tout le monde peut modifier les pages, ajouter ou supprimer du contenu. Dés lors, n’est-il pas légitime de s’interroger sur les éventuels risques d’une telle démarche ? »
 
2- Pourtant justement les wikipediens ne supportent pas la moindre critique  comment expliquer « Les réactions épidermiques » de ceux-ci ? comment expliquer ce phénomène tout à fait inédit qui tient de la « croisade religieuse » ? [il cite  Andrew Orlowski,[ « Wikipedia founder admits to serious quality problems »] . La défense de wikipedia comme croisade religieuse, ça interroge un peu.  
 
3- Puis il demande : « les articles sont-ils fiables ? » Sur ce point les choses sont claires. Wikipedia répond par la négative : « Personne ne garantit la validité, ni l’exactitude, ni l’exhaustivité, ni la pertinence des informations contenues dans Wikipédia. »
 
 
Suivent des remarques de bon sens :
 
- Sur le principe d’autorité en matière de savoir :
 « il est de plus en plus fréquent de voir rejeté le principe d’autorité sous prétexte d’un relativisme des savoirs […] il y a là une confusion naïve (volontaire ou involontaire) entre des notions très différentes : la production du savoir, la diffusion du savoir et l’accessibilité à ce savoir. S’il est plus que légitime de considérer que le savoir doit être accessible à tous, comment justifier que tous, de la même manière, puissions construire et diffuser ce savoir ?! »
 
- Sur la validation par le nombre
« ce n’est pas parce que 10 000 personnes valident un article qui dit que 1 + 1 = 3 que cette assertion devient juste. Ce n’est pas parce qu’Einstein et des dizaines de chercheurs à sa suite ont dit que la masse d’un corps courbait l’espace que cela devient un « fait scientifique ». La validité ou la pertinence d’un fait ne découlent pas du nombre de ceux qui le considèrent comme « vrai »…
 
 
Et le plus grand danger concerne bien entendu la manipulation du contenu :
« Le projet part d’un précepte simple et louable : on considère que les contributeurs interviennent sur un article pour en améliorer le contenu. Mais, outre le fait que cette notion d’amélioration peut être radicalement différente en fonction des individus, ce principe de foi est là encore bien léger face à la dure réalité du web, où alors il faut m’expliquer d’où viennent les virus, les vers, les spams et autres nuisances ou arnaques de ce genre.
 
Ces activités mal intentionnées peuvent recouvrir de nombreux cas de figure : dénigrement, diffusion d’une idéologie, contre-information, paravent médiatique, publicité, propagande, etc.
La vigilance de la communauté wikipedia est-elle suffisante ? Une activité bénévole, même de plusieurs dizaines de personnes, serait-elle apte à corriger les « attaques » de, disons une dizaine d’individus rémunérés par un groupe X (quelque soit l’activité de ce groupe : politique, économique, spirituel) pour travailler 24h/24, pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois, à diffuser le message qu’il veut faire passer, grossièrement dans un premier temps, puis de manière de plus en plus subtile jusqu’à ce que seuls des spécialistes du domaine puissent distinguer le fait de la manipulation ?! »
 
Conséquence :
« N’est-il donc pas légitime de se demander ce que deviendra Wikipédia à partir du moment où elle sera effectivement un outil incontournable du web, et que des groupes de pression verront l’intérêt qu’ils peuvent retirer de la diffusion de leurs idées en son sein ?! »
 
 
 
Il est étonnant qu’un supposé philosophe puisse ignorer ces questions, préalables à tout jugement sur wikipedia il me semble.
 
Aujourd’hui wikipedia est justement devenu cet « outil incontournable du web » dont on pouvait s’inquiéter il y a peu qu’il ne soit utilisé comme un véhicule de diffusion d’idéologies diverses.
 
Aujourd’hui il n’est plus possible d’ignorer la présence d’un si grand nombre d’articles qui véhiculent des idéologies clairement condamnables.
 
A quoi sert un philosophe s’il ne témoigne pas du moindre esprit critique ? 
 
Alithia
 
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