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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 08:57

 C'est Antoine Prost qui le dit et c'est dans Le Monde :


Une catastrophe est en marche, plus grave que les nouveaux programmes de l'école primaire ou les suppressions de postes qu'on dénonce dans la presse ou dans la rue. Il sera facile, en effet, de revenir sur ces mesures.


La suppression de deux heures de classe dans l'enseignement primaire et la semaine de quatre jours risquent au contraire d'être irréversibles. Et personne ne dit rien ou presque. Le forfait s'accomplit dans l'indifférence générale. Munich s'était accompagné d'un "lâche soulagement". Ce lâche consentement, lui aussi, annonce une débâcle.


Les comparaisons internationales nous montrent en mauvaise position et 10 % à 15 % des élèves qui entrent en 6e sont incapables de suivre. Et qu'est-ce qu'on fait ? On réduit la durée de l'enseignement ! A qui fera-t-on croire qu'il est possible d'apprendre mieux et plus en travaillant moins ? Même le ministre n'a pas osé dire du bien de cette mesure que lui a imposée - dit-on - un président qui n'a décidément pas besoin de réfléchir pour décider.



M. Darcos s'est borné à dire que nous restions "bien au-dessus de la moyenne des pays qui obtiennent les meilleures performances". Mais s'ils réussissent, c'est parce qu'ils répartissent les heures de classe dans toute la semaine. Vingt-quatre heures sur six jours sont beaucoup plus efficaces que sur quatre : tout le monde le sait. Du professeur Debré au docteur Hubert Montagner, les médecins ont répété que six heures de classe pour des enfants de moins de 8 ans, c'est trop pour être efficace.


Avec trente-six semaines de quatre jours, l'Ascension, le lundi de Pentecôte, le 1er et le 8 mai, le 11 novembre, cela fera moins de 140 jours de classe par an. Il y en a 210 au Japon, 200 en Italie et au Danemark, 188 en Finlande, 190 en Grande-Bretagne. Et l'on se plaint du niveau des petits Français ? Il n'y a qu'une chose vraiment importante en éducation : c'est le travail des élèves. Sur quel miracle, sur quelle potion magique, M. Darcos compte-t-il pour compenser les amputations qu'il décrète ?


Tout le monde le sait, mais personne ne dit rien. Où sont les défenseurs du niveau, si prompts à dénoncer toute innovation pédagogique ? La vague promesse d'un retour aux bonnes vieilles méthodes les rassure : elles ont fait leurs preuves, disent-ils. Mais à raison de trente heures par semaine, sans compter les heures supplémentaires prodiguées à la veille du certificat d'études. Croient-ils par hasard qu'elles seront aussi efficaces à raison de vingt-quatre heures ?


Avec un cinquième de temps en moins, il leur faudrait un an de plus. Et qu'on ne nous raconte pas qu'on va se concentrer sur les "fondamentaux", alors qu'on ajoute encore des matières. Et les parents d'élèves ? Ce sont les premiers intéressés. Trop contents de disposer du samedi matin, ils se sont bornés à des protestations de principe. Mais on pouvait leur donner cette matinée en prenant celle du mercredi ; un tribunal administratif vient de statuer que c'était compatible avec le catéchisme.


On pouvait aussi généraliser ce qui avait été accepté dans les départements qui avaient adopté la semaine de quatre jours : raccourcir un peu les vacances. Pas du tout : on supprime ces journées supplémentaires. Les princes qui nous gouvernent ne sont pas mesquins... La preuve ? Cette mesure ne rapporte rien au budget ; c'est pur cadeau.


Et les enseignants ? Rendons-leur cette justice : ils n'ont rien demandé. Les institutrices sont les premières inquiètes. Elles qui font travailler les élèves - car la classe n'est pas un cours -, elles mesurent mieux que quiconque l'impossibilité de faire plus avec moins et elles savent qu'on les rendra responsables, demain, des échecs de l'école. Mais comment refuser un cadeau pareil ? Et pourtant, cette mesure compromet, plus que bien d'autres qui provoquent des grèves, l'enseignement de haut niveau et la qualité du service public que les syndicats prétendent défendre.


Le résultat de ces lâchetés et de ces hypocrisies est connu d'avance : le nombre des élèves incapables de suivre en 6e va augmenter. Je dénie à quiconque ne proteste pas aujourd'hui de toutes ses forces contre cette mesure le droit d'ouvrir demain la bouche pour déplorer cet échec majeur.


Ceux qui se prétendent démocrates et défenseurs du service public et ne dénoncent pas aujourd'hui cette entreprise de déconstruction sont des menteurs. Les parents informés des classes moyennes et supérieures sauront compenser, par des recours divers et payants, mais fiscalement avantageux, les insuffisances organisées de l'école publique. Les milieux populaires, eux, feront les frais de cette amputation.


Il ne faut pas se payer de mots. J'attends qu'on m'explique comment des programmes plus copieux contribuent au resserrement sur les fondamentaux, et comment on apprend plus et mieux en travaillant moins.

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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 18:48
Décidément les professeurs ont bien du mal avec les déclarations de ceux qui nous gouvernent, concernant l'histoire.

Après Sarkozy et ses consignes  décidées sans consultation pour prescrire aux enseignants comment enseigner l'histoire (voir
L'enseignement de l'histoire selon sarkozy) c'est maintenant le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos  qui fait des déclarations tonitruantes, sous-entendant que l'histoire n'est pas enseignée. Déclarations démenties par les professeurs d'histoire qui protestent de ces contre-vérités mais font remarquer que l'horaire consenti à l'enseignement de l'histoire est en diminution constante : même problématique que pour le primaire du reste . 

Tout cela n'est qu'effet d'annonce et guère sérieux. Comment prétendre améliorer le niveau des élèves en diminuant les heures de cours ? (voir
information sur la condition enseignante)

 

De tous côtés, de la démogagie wikipedia à celle du sarkozisme, il semble que la laïcité et l'enseignement ont à craindre, et vont devoir organiser la résistance. Et en outre ne trouvez-vous pas que cette instrumentalisation de la Shoah commence à dépasser les bornes de la décence ?

Info du jour (AFP)


Les enseignants mettent en cause Xavier Darcos

L'association des professeurs d'histoire et de géographie demande à Xavier Darcos, qui affirmait qu'"un lycéen sur deux ne sait pas ce qu'est la Shoah", "sur quelles enquêtes statistiques sérieuses" il se fonde.


L'association des professeurs d'histoire et de géographie (APHG) met en cause vendredi 22 février le ministre de l'Education, Xavier Darcos, qui a déclaré lundi qu'"un lycéen sur deux ne sait pas ce qu'est la Shoah", et lui demande quelles enquêtes statistiques sérieuses" il s'appuyait.

"Sur quelles enquêtes statistiques sérieuses repose cette opinion qui constitue une contre-vérité manifeste et, en même temps, laisse entendre que les professeurs d'Histoire ne feraient pas leur travail ?", demande l'association dans un communiqué.
L'entourage du ministre affirme que le ministre s'est appuyé sur "des remontées du terrain" mais "pas sur une étude particulière". Il cite "une étude Sofres de 2000, disant que 55% des 18-24 ans trouvent qu'on ne leur parle pas assez de la Shoah".

Questions au Brevet


L'APHG rappelle que l'extermination des juifs est "enseignée en 3e et peut faire l'objet de questions à l'épreuve du Brevet", et se dit assuré que "par conscience professionnelle et parce qu'ils la jugent essentielle, les professeurs traitent donc la Shoah avec une attention particulière".

Elle a reconnu "des obstacles et des conflits à cet enseignement dans des classes localisées dans certains quartiers", mais a expliqué que "dans d'autres classes de collège, des professeurs en parlent sans que cela soit inscrit dans les programmes".
"A-t-on oublié que, dans nombre d'établissements, les enseignants travaillent sur la journée spécifique du 27 janvier ?", journée de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité.

Des cours moins longs

L'association a également regretté que, "depuis 20 ans, le ministère est parvenu à réduire l'enseignement de l'Histoire dans les séries scientifiques (S) où cet horaire est passé de 2 heures à 1 heure 15".

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 13:59
Si quelque professeur de philosophie venait à passer par là, et pour tous ceux que la question de l'enseignement de la philosophie intéresse, je signale un article réfléchissant au devenir de cet enseignement qui devient de plus en plus difficile, de plus en plus menacé. L'article propose en particulier une réflexion sur un possible enseignement de la philosophie dans l'enseignement professionnel. 


c'est ici.

Mon avis sur la question  d'une possible présence d'un enseignement de la philoophie dans les lycées profesionnels :


On peut faire de la philosophie avec tout le monde, en principe. A condition toutefois que les conditions soient réunies .

C'est à dire ?

Il y faut non seulement cette bonne disposition , qui a beaucoup à voir avec le désir, comme Socrate l'a montré dès les origines de sa pratique de la philo (sur l'agora, une pratique à la fois populaire et impopulaire) en opposant un jeune esclave à l'arrogant Ménon, sophiste qui ne cherche pas la vérité mais seulement à briller en société, qui fait le malin en montrant qu'il a raison, faisant croire qu'il sait. Tandis que l'esclave désireux d'atteindre la bonne réponse, admet qu'il ne sait pas, qu'il se trompe quand c'est le cas, recommence et est attaché à la vérité plus qu'à l'image de lui-même.


Bon, bonne disposition, pour moi tout est là et c'est fondamental. Qu'est-ce qui fait qu'on peut être "bien disposé" càd que le désir peut être là ?

 


Deux choses :
1- qu'on ne soit pas déjà trop vieux, l'esprit rigidifié par ses préjugés et déformé par des sophismes. Ne pas être vieux, c'est être capable de s'interroger , de s'étonner. Ce qui fait vieillir l'esprit, ce sont les préjugés ancrés comme des certitudes, ainsi que la déformation du raisonnement et du jugement par de mauvaises habitudes, mauvaises formation, sophistique (vous aurez reconnu là wikipedia)

2- tenir compte de la réelle situation des élèves, de leur niveau scolaire , comme rappelé par l'article de Diotime. Et il est très bas, d'où la grande difficulté qui rencontre des difficultés de langue considérables  : pour philosopher ensemble il faut s'entendre sur les mots.

Un enseignement de philosophie dans ces conditions, ne peut être, à mon avis qu'une expérience de la philosophie, mais pas vraiment un enseignement, et surtout pas « contrôlé » et « évalué » par des devoirs, dissertations, notes avec bac à la fin.

Il devrait / ne pourrait être que gratuit, complètement gratuit, libre, c'est à dire sans necessité de "rapporter des points",. Il devrait ne pas être sanctionné, ne surtout pas faire partie du bac, hormis comme une épreuve orale en option pour ceux ui la choisissent.

Sinon les difficultés de langue des élèves + des sanctions scolaires imposées par l'institution seraient assurées d'en venir à bout et de décourager les meilleures volontés, aussi bien côté profs que côté élèves.

L'institution est-elle capable de supporter un enseignement gratuit ? Il est permis d'en douter .



Cependant , la condition institutionnelle que j'ajoute pour réussir un véritable désenclavement du bac, dont les exigences du-dit bac ne peuvent que ruiner sinon tout projet d'introduction de la philo chez les "pros" : cet enseignement ne devrait surtout pas être cantonné à la classe de terminale, mais devrait se pratiquer tout au long du lycée, voire avant. Personnellement j'y serais favorable. On étudie bien le français tous les jours, pourquoi pas chaque semaine un peu de philo pour se poser des questions.

Ce qui renvoie à mon point 1- : ne pas être vieux dans sa tête, car l'esprit on le sait n'est vieux que de ses préjugés, et permettra ma conclusion.


Voilà donc : offrir cette chance à des élèves assez jeunes pour avoir conservé cette curiosité, cette capacité à s'étonner et qui également ont gardé suffisamment de souplesse, de génie d'invention, de capacité de changement, de désir, qui est désir de vérité,  pour que le jugement et la capacité à raisonner ne soit pas encore déformés par les sophismes et faux raisonnements qui constituent quelques évidences communes des modernes Sophistes en tout genre. Que rien ne soit installé de manière rigide et définitive qui ne puisse être repris et transformé, en fait de croyances, représentations etc. Ce qui est le privilège de la jeunesse et peut-être aussi le privilège du philosophe qui travaille à conserver cette jeunesse  de la mise en question de tout et de la remise en question permanente de l'opinion commune.


Voilà qui plus que tout, justifie de commencer jeune et de proposer la philosophie à des plus jeunes que les élèves des Terminales des lycées, à très jeunes, à des jeunes non encore blasés, ni...dégoûtés de l'école et devenus incapables d'apprendre ... pour de multiples raisons que je ne puis détailler de manière exhaustive.


Commencer jeune, quand le désir est là.
Commencer jeune, avant qu'il ne soit trop tard, car pour beaucoup ça se pose en ces termes.
Commencer à l'âge où ils sont encore philosophes spontanément Ce qui serait alors vraiment très jeune, à vrai dire, mais serait l'idéal : comme Tintin, la philo de 7 à 77 ans.

Elle devrait en tout cas, s'aborder à 7 ans.

Mais quelle société suis-je en train de décrire là qui aurait ce genre de projet à coeur pour que les enfants soit incités à s'interroger, en permanence, sollicités de réfléchir aux grandes questions de la vie, dans les marges d'un apprentissage par coeur, qui est base de tout apprentissage à ses débuts.



Pour que le-dit enseignement ne soit ni un échec, ni un apostolat (les profs ne sont pas des curés, comme l'a dit Sarkozy ; ils leur sont en effet généralement supérieurs pour la capacité de réfléchir par eux-mêmes), ni un calvaire, car cela est très difficile à réussir sinon, si les élèves n'y sont pas disposés.


Ces conditions  se résumeraient ainsi : 

- cela suppose de s'adresser à des esprit libres, càd disponibles et curieux (voir Socrate)

- & non encore déformés par trop de sophistiques diverses et préjugés rigidifiés

- càd chez qui le désir d'apprendre n'a pas été tué et qui ne sont pas dégoûtés de l'école

Donc :

- un enseignement libre, totalement détaché du bac dont l'exigence de rentabilité gâche tout

- qui commence bien avant la terminale donc

avec des élèves, les plus jeunes possible : on commence bien la gymnastique jeune pour s'assouplir le corps non ? Il en va de même avec l'esprit.


Mais je crains la réticence et conservatisme des institutions qui n'ont jamais voulu entendre parler de telles hérésies : enseigner la philosophie à n'importe qui, à l'âge de la plus grande curiosité et de la plus grande capacité d'étonnement, mais vous n'y pensez pas ! Qu'aurait dit Socrate  ? (dirait l'institution).


Eh bien Socrate aurait été bien d'accord (c'est moi qui le dis). 





Et pour tous les sceptiques qui se permettraient de douter que je puisse avoir quelque lien et avec la philo et avec son enseignement, j'espère que  vous voilà maintenant rassurés.  :)

Alithia
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Published by alithia - dans école
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