Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
  • Contact

Qui Suis-Je ?

  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.

Moteur De Recherche

Archives

7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 12:41
Un lecteur du blog rappelait opportunément en citant les juristes, qu'un mariage suppose le libre consentement. Cette liberté dont relève le mariage permet de fonder la notion de tromperie, qui elle même peut être invoquée pour dissolution du mariage, si toute fois la tromperie porte sur une "qualité essentielle"

Ce qui fait que dans l'affaire du mariage  annulé par le tribunal de Lille, tout tourne autour de la notion de libre consentement, qui doit être avéré, et de celle de "qualité essentielle".

Sauf que de ces qualités dites essentielles au mariage, on peut disputer indéfiniment car il est impossible d'en donner une véritable définition douée d'un contenu, encore moins d'énumérer les dites qualités, et enfin, la pluralité des conceptions privées, d'une part, et la variabilité dans le temps selon des critères de valeurs changeants selon les époques dans une société donnée, d'autre part, laissent ouverte l'indétermination sur ce plan des conditions
supposées impératives .

Dans ce débat, en contre-point de la stricte lecture du droit invoquée par les juristes signifiant que le mariage étant un acte libre, s'il y a eu mensonge, la faute est avérée, je faisais remarquer que précisément dans certains cas les pressions familiales existent et peuvent être si fortes que la question se pose de l'étendue réelle de cette liberté. La suite de l'histoire actuellement débattue dont il est question ici,  avec répudiation immédiate de la femme, exige de se demander si la liberté peut être considérée comme pleine et entière dans ce cas, lorsqu'il existe des pressions, des menaces, des risques.


Quant à ces deux questions essentielles, que sont la liberté de consentement et l'impossible définition et citation exhaustive de ce qu'est exactement une qualité essentielle conditionnant le maraige, avec, en outre, la menace de la répudiation à l'horizon préférée par le mari plutôt qu'un divorce, dans des circonstances telles que celle de l'affaire de Lille,  je propose, pour réfléchir aux questions posées par le jugement de Lille, ce texte et ce témoignage d'une Iranienne, qui ramène les choses à un certain contexte qu'il est peut-être bon de rappeler .

Il s'agit de Chahla Beski-Chafiq, sociologue et écrivain. Texte  paru dans Libération, sous le titre : " Le corps des femmes, lieu commun".

" C'était aux alentours de 1968, dans une petite ville du nord de l'Iran où mon père exerçait son métier de gynécologue. Sa clinique était aussi notre maison. A 14 ans, je regardais avec fascination les scènes qui se déroulaient en France : les jeunes dans la rue, les cris de liberté, les baisers et les étreintes au vu de tous. Ma tête n'était pleine que d'interrogations sur le monde et sur moi-même, que je découvrais dans ces moments de métamorphose corporelle. Confuse, je cherchais dans mon entourage les réponses à mes questions.


Je gardais les yeux grands ouverts sur tout ce qui se passait dans la clinique : là où les femmes accouchaient, avortaient, étaient amenées de force le soir de leur mariage quand le drap n'était pas taché de sang. Il m'arrivait de sauter de mon lit à 3 heures du matin, poussée par des cris de bagarre. Je descendais les escaliers pour regarder la scène, toujours identique ou presque : des hommes et des femmes qui hurlaient et une jeune femme qui tremblait et pleurait. Les familles des mariés se disputaient l'innocence de la mariée et demandaient au gynécologue de décider. Je me souviens de la voix coléreuse de mon père et ses mots que j'avais fini par connaître par cœur : «N'avez-vous pas honte de votre barbarie ? Je suis le médecin. Je parle au nom de la science, et vous dis qu'une partie des femmes pourtant vierges ne saignera jamais, et qu'une femme peut déchirer son hymen par accident. Que cherchez-vous à prouver ? Honte à vous !» Je me souviens du visage confus des familles et des larmes de la jeune femme. La scène se terminait souvent par une discussion privée entre mon père et les mariés. Je me souviens du regard que mon père me lançait quand il terminait : «Tu vois, ma fille, être une femme dans ce pays, ce n'est pas une mince affaire.»


Longtemps après, j'ai gardé en mémoire l'expression des visages gonflés de larmes de ces jeunes femmes qui les faisait se ressembler, comme si elles n'étaient toutes qu'un seul corps, humilié, écrasé, tremblant. Bien longtemps après, j'ai compris que toutes ces scènes avaient justement pour cause que le corps des femmes, dans le système patriarcal, perd toute sa singularité pour ne devenir que le lieu commun de l'honneur du groupe.


Exilée en France, des décennies après 1968 et l'épanouissement ultérieur des mouvements de femmes qui marqua des avancées dans leur libération, j'ai retrouvé ici, à travers mon travail dans le champ de l'immigration, les mêmes faits déchirant les familles et écrasant les femmes.


L'affaire de Lille qui éclate aujourd'hui n'en est qu'un exemple. Elle a le mérite de nous interpeller sur une réalité dont l'ampleur dépasse un fait isolé. Le jugement annulant un mariage à la demande d'un époux, pour cause de la non-virginité de son épouse, pose la question incontournable de la profonde contradiction entre les valeurs démocratiques et les normes patriarcales systématiquement reproduites et valorisées par le recours au «culturel» et au «cultuel».


Le «mensonge» de la jeune femme sur sa «virginité», cause de la décision de justice en faveur de l'époux, témoigne en fait de la déchirante réalité vécue par un nombre important de femmes face à une modernité mutilée, c'est-à-dire l'acception de la modernisation sans l'intégration des valeurs modernes de l'égalité, de la liberté et de l'autonomie individuelle. Aussi, dans nombre de pays, en l'absence des valeurs démocratiques et donc du défaut d'apprentissage des normes et valeurs de l'autonomie, le processus de la modernisation, tout en changeant la condition des femmes, notamment par leur accès à la scolarisation et au travail rémunéré, n'implique pas pour autant la disparition de normes telles que l'obligation de la préservation de la virginité avant le mariage. Cette norme renvoie à la volonté de contrôler le corps et la sexualité des femmes dans le but de préserver le pouvoir patriarcal. Aussi, dans un contexte de modernité mutilée, les femmes, tout en accédant à un certain degré d'autonomie, restent néanmoins prisonnières des stratégies identitaires patriarcales qui persistent et se renouvellent. Ces dernières font du contrôle du corps des femmes le pivot de la «dignité» des hommes, des familles et de la communauté. La virginité des femmes devient ainsi le lieu de l'«honneur» de la famille et des membres du groupe familial et communautaire. Depuis des années, les acteurs de terrain connaissent ces drames. Le développement des mouvements politico-religieux contribue à la reproduction de ces situations. La diabolisation de la libération des femmes comme cause de la perversion sociale est un thème central de ce type de propagande, qui se développe avec succès là où règnent l'exclusion sociale et la misère sexuelle.



Les femmes se trouvent ainsi au centre des conflits socioculturels et politiques qui posent en dernier lieu la question de la démocratie. En France, ces faits nous interpellent sur les modalités du développement d'une réelle égalité entre les hommes et les femmes, indissociables des réflexions sur l'approfondissement des valeurs démocratiques. Cette réflexion amène à la nécessité d'interroger les dispositifs juridiques par rapport à l'égalité des sexes. En même temps, elle pose de manière urgente la nécessité d'un travail quotidien sur les situations complexes qui impliquent les individus et les familles."



Chahla Beski-Chafiq



Les penseurs  ont suffisament  montré qu'un individu, aussi libre soit-il, n'échappe pas aux déterminismes sociaux et de ceux du groupe dont il fait partie.
L'anthroplogie, l'anthropologie sociale et la sociologie ont étudié suffisament de cas concrets qui démontrent l'intrication des déterminismes sociaux et de la liberté dans diverses sociétés.

 

Donc, peut-on faire complètement abstraction du contexte, familial et religieux, incluant des traditions au sujet des obligations des femmes, pour  conclure aussitôt à l'évidence du libre consentement et de la virginité inscrite sous le titre de qualité essentielle   ?  En écartant ces questions, on passe à côté de ce qui fait la difficulté du jugement intervenu à Lille.



Alithia

 

voir :   ce que wikipedia censure

ce qu'ignore wikipedia des faits marquants de l'actualité

mariage annulé (suite) / les censures de wikipedia

ce que wikipedia censure





Repost 0
6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 18:11
Une lettre collective de 150 eurodéputés protestant contre le jugement du tribunal de Lille expliquent à Rachida  Dati l'importance du droit et le rôle des institutions de la Justice.

[suite à  ce que wikipedia censure et ce qu'ignore wikipedia des faits marquants de l'actualité]

Wikipedia
, qui ne publie que des articles parfaits, sur des sujets majeurs, avait trouvé l'affaire suffisament sans intérêt et peu digne d'elle pour supprimer  l'article qui y était consacré.


le Monde d'après une dépêche AFP , 6 juin  :


 " Nous signataires, considérons que, contrairement à la décision du tribunal de grande instance de Lille, la virginité d'une femme n'est pas une qualité essentielle de la personne. Pas plus d'ailleurs que pour un homme." C'est en ces termes que cent cinquante eurodéputés ont fait parvenir, vendredi 6 juin, à Rachida Dati, ministre de la Justice, une pétition pour protester contre la décision de l'annulation d'un mariage parce que la mariée avait menti sur sa virginité.

Et les signataires d'ajouter : "Il s'agit là d'un précédent dangereux qui ne peut que conforter certains fondamentalistes dans leur combat archaïque alors que justement l'un des remparts contre ce fanatisme devrait être le droit. Nous voyons là une régression grave contre laquelle nous nous élevons."


"AU-DELÀ DES CLIVAGES POLITIQUES"

Ce texte est signé par des parlementaires de tous horizons politiques (socialistes, conservateurs, libéraux, communistes, Verts) [...]"


Démarche  de parlementaires européens qui est assez exceptionnelle, on en conviendra.


Wikipedia, 
on l'a vu, ne trouve pas ces questions suffisament importantes pour qu'elles soient dignes de figurer dans l'encyclopédie qui publie tout sur tout, à la différence des encylopédies classiques et en fait une preuve de supériorité incontestable de son point de vue. Normal sans doute, wikipedia et les wikipédiens sous-estiment l'importance du droit, et  ne comprennent guère la notion de principe. Quant aux débats d'idées, ils ne savent en rendre compte.



Alithia

Repost 0
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 23:15
Dans la série "ce que vous ne verrez jamais sur wikipedia" , ni aucune des informations contenues dans cet article sur Dieudonné, relatant ses amitiés de Kemi Seba à Le Pen.

Article de Vincent Archer publié sur le site Pro-Choix.

Dieudonné réclame la grâce de Kémi Séba et voit Le Pen comme "le candidat des afro-européens, des africains, des gens d'outre-mer".



Entre Dieudonné et Kémi Séba, il y a des hauts et des bas. L'humoriste avait d'abord accepté de prêter son théâtre (La Main d'Or) à l'organisation noire radicale de Séba, la Tribu KA, pour les meetings de celle-ci. Mais, après avoir appris que ce groupe refusait l'entrée aux non-noirs, il indique par communiqué (1) le 13 avril 2005 qu'il ne "renouvellera pas de location auprès de ce groupe" si cela était avéré. Et pourtant, moins de trois mois plus tard, la Tribu KA tient à nouveau meeting à la Main d'Or (2), toujours en filtrant les entrées selon la couleur de peau ; ceux qu'on laisse entrer peuvent alors écouter des réflexions de Séba telles que "Hitler a pris conscience qu'il y a trop de gens, les juifs, qui occupent les postes importants, banquiers, et il n'est pas allé assez loin... et la Shoah est un détail de l'histoire, une virgule..." (3). En octobre 2005, Dieudonné organise une mobilisation anti-Fogiel, suite à l'affaire du sms sur l'odeur des Noirs. C'est ainsi que le 16 de ce mois, se retrouvent autour de Dieudonné des artistes comme Joby Valente, Stomy Bugsy, des membres du groupe de rap "La Brigade" (4) ; mais il y a aussi Kémi Séba, qui est même invité à la tribune. Dieudonné s'en justifie au micro des journalistes du Vrai Journal de Canal+ : "Je pense que la Tribu KA est moins dangereuse que SOS Racisme", traitant l'organisation antiraciste d'"officine sioniste" (5).


Le 28 mai 2006, après avoir cherché les week-end précédents à provoquer les membres des organisations sionistes extrémistes (Ligue de Défense Juive, Betar), Kémi Séba fait une démonstration de force, avec une quarantaine de membres de son organisation, dans la rue des Rosiers à Paris, connue pour être un quartier juif. Trois jours plus tard, le bureau de campagne de Dieudonné pour les présidentielles de 2007 clame la différence entre son candidat et la Tribu KA : "la Tribu Ka est une organisation ethniste et religieuse pronant un communautarisme exacerbé, à l'opposé du projet républicain défendu par Dieudonné" ; il rappelle opportunément le communiqué de Dieudonné d'avril 2005 : "Il faut aussi savoir que Dieudonné a refusé la location de sa salle de théâtre au parti Kémite devenu la Tribu Ka dès l'instant où il a appris qu'il était question de réserver l'entrée aux Noirs, dés le 13 avril 2005" (6), en omettant de préciser les rapprochements qui avaient eu lieu entre temps.


L'émotion suscitée par la descente de la Tribu KA rue des Rosiers est si grande que le gouvernement finit par dissoudre l'organisation le 26 juillet, en application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées. Son leader se fait alors plus discret, quelques mois, le temps de créer un nouveau mouvement, Génération Kémi Séba (GKS). Le 8 février 2007, Séba et d'autres membres se rendent à Chartes pour rendre visite aux membres de l'antenne locale de GKS. À la sortie, les caméras sont là, les policiers aussi (la police devant maintenir l'ordre, il n'est pas surprenant qu'elle suive de près le chef d'une ligue dissoute). Séba, sachant qu'il est filmé, provoque les policiers et réplique lorsqu'ils lui demandant de se calmer : "Au nom de quoi, monsieur le policier sioniste ?" "Non, c'est vous qui commencez à bien faire". "Vous n'avez pas honte ? Vous vous couchez devant Cukiermann. Et vous croyez parler au nom de la République Française, quelle honte. Vous me donnez envie de gerber, je vous le dis simplement, franchement" (7) : cette dernière phrase lui vaut d'être embarqué par la police (ainsi que deux de ses amis), il sera condamné le lendemain en comparution immédiate à 5 mois de prison dont 2 ferme, pour "outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique".


Les amis de l'activiste mettent rapidement un comité de soutien, qui organise une conférence de presse au Théâtre de la Main d'Or le 13 février. Comme prévu dans le communiqué (8), y sont présents le porte-parole et l'épouse de Kémi Séba, ainsi que Dieudonné. Ce dernier est non seulement là pour pour réclamer la libération de Séba, mais aussi pour réagir d'une part aux propos récents de Jacques Chirac dans le livre de Pierre Péan (9) fustigeant le fait qu'on ait volé la culture, les ressources, les matières premières, et aujourd'hui les cerveaux, de l'Afrique, et d'autre part à ceux de Jean-Marie Le Pen "Très peu de gens savent que la Martinique appartient encore, foncièrement, en parlant du foncier, pratiquement totalement aux Békés. Personne ne sait cela. En 200 ans, depuis la révolution, cela n'a subi aucun changement." (10). Il faut rappeler que Le Pen fut longtemps le principal adversaire politique de Dieudonné ; mais les ennemis d'hier semblent aujourd'hui se rapprocher de plus en plus, l'un des moments les plus forts de leur réconciliation étant leur poignée de main lors de la visite de l'humoriste à la fête "Bleu Blanc Rouge" du Front National le 11 novembre 2006.


Dieudonné semble très reconnaissant envers les deux hommes pour leurs déclarations, l'un à propos des Africains, l'autre à propos des Martiniquais. Au début de son intervention, il dit plusieurs fois l'importance qu'ont pour lui les mots de Le Pen contre le système béké (11) : "La question noire aura un rôle prioritaire dans ces élections présidentielles. On le sent, avec la déclaration de Jean-Marie Le Pen" ; "il n'y a que deux candidats (ndlr: Le Pen et Chirac) aujourd'hui sur l'échiquier qui abordent les véritables questions de manière frontale" ; "C'est une véritable question qu'a posée Jean-Marie Le Pen, j'espère que tous les autres candidats vont avoir à se positionner sur cette question fondamentale".


Dieudonné revient ensuite sur Kémi Séba, qu'il juge victime d'une volonté politique. Selon l'humoriste, l'intérêt de Sarkozy serait "de faire monter la pression dans les banlieues, que ça explose" pour qu'aient lieu de nouvelles émeutes, supposées être un avantage pour le candidat ; l'arrestation de Séba "pourrait être un élément déclencheur" de tels événements et aurait été réalisée dans ce but, d'après Dieudonné. Il va jusqu'à parler de "l'émotion vive qu'a créé cette arrestation" pour appeler Jacques Chirac à user de la grâce présidentielle au profit du leader kémite. Mais c'est pour mieux revenir au patron du FN, en lui prêtant des qualités jusqu'alors inconnues : "J'aimerais que Jean-Marie Le Pen, aussi, se prononce. Parce que Jean-Marie Le Pen, aujourd'hui, en dénonçant le système béké, se positionne très clairement comme le candidat des afro-européens, des africains, des gens d'outre-mer".


Sur les 8 minutes que dure son intervention, Dieudonné parle peu de Kemi Seba : la question noire lui sert en fait de prétexte pour développer ses vues politiques. Quelles sont ces vues ? Il décrit une "large périphérie qui commence à vouloir s'en prendre au centre" et, lui qu'on suppose être d'extrême-gauche à l'origine, évoque une union "de l'extrême-droite à l'extrême-gauche, des Blancs, des Noirs, des Arabes, des Chinois, des gens qui sont dans l'armée, des gens qui sont dans des hôpitaux, des gens qui sont partout, qui sont en train de se rassembler simplement, pour casser un système, un royaume, un petit palais fortifié" : on sent avec ces mots poindre le début d'une alliance anti-système avec le candidat d'extrême-droite.


Il revient ensuite sur la question noire ("ce n'est pas rentrer dans une compétition victimaire, nous sommes hors-compétition, par la durée -ça a duré 400 ans- et par le nombre de personnes touchées -plusieurs centaines de millions-, et ça continue"), mais c'est encore une fois pour mieux rendre hommage à Jean-Marie Le Pen qui "met le doigt aujourd'hui sur une plaie extrêment douloureuse" : Dieudonné pense carrément que le leader frontiste "rentre dans l'histoire des Antilles en mettant le doigt sur cette question-là". Pour lui, les déclarations de Le Pen et de Chirac, "ce sont des gens qui ont entre 75 et 80 ans et qui finalement, au moment où ils vont quitter la scène politique, et bien ils ont besoin de dire des vérités, important, et de rentrer dans l'histoire, parce que le rêve de chaque homme, c'est de rentrer dans l'histoire". Il insiste : "Jean-Marie Le Pen est en train de rentrer dans l'histoire, en tout cas des Antilles" tout comme "Jacques Chirac est en train de rentrer dans le coeur de tous les Africains". Cette dernière flatterie est destinée à ramener Dieudonné sur le sujet de la grâce du leader de l'ex-Tribu KA : il demande donc à Jacques Chirac, après un nouveau compliment, "d'offrir sa grâce présidentielle à Kémi Séba, qui n'est autre que la voix de la souffrance".


Un candidat d'extrême-droite, condamné pour avoir déclaré le 30 août 1996 (lors de l'Université d'été de son parti) croire à l'inégalité des races (12), condamné pour s'être vautré dans le cliché raciste à propos des origines africaines d'un de ses opposants -le 2 août 1996, lors d'une conférence de presse, il compara Fodé Sylla, le président de SOS Racisme à l'époque, à un "gros zébu fou" (13)-, vu désormais comme le candidat des Noirs, grâce à une simple phrase sur la Martinique. Un activiste ouvertement antisémite considéré comme "voix de la souffrance". Le pire, c'est que ces propos de Dieudonné semblent ne même plus être de la provocation.

 


Vincent Archer

 


1- http://lesogres.org/article.php3'id_article=334

2- http://www.menaibuc.com/breve.php3'id_breve=85

3- http://www.collectifdom.com/article.php3'id_article=643

4- http://lesogres.org/article.php3'id_article=881

5- "Le Vrai Journal", 30 octobre 2005, Canal+ : http://www.dailymotion.com/video/xlr6m_tribu-ka-le-vrai-journal

6- http://www.dieudo.net/2007/article.php3'id_article=190

7- Reportage de France3 Centre, vendredi 9 février 2007 : http://www.youtube.com/watch?v=B_F-UjSDH94 ; voir aussi http://www.dailymotion.com/video/x16gwb_interpellationdekemi8seba

8- http://labanlieuesexprime.org/article.php3'id_article=1659

9- Pierre Péan, "L'Inconnu de l'Élysée" (Fayard) 10- Dans l'émission "Chez F.O.G." sur France5, le 10- février 2007 : http://www.dailymotion.com/video/x18gok_le-pen-et-son-coup-de-coeur

11- http://www.dailymotion.com/video/x18958_conference-soutien-a-kemi-seba-2

12- http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=%26quot%3BFN%2Ffin+universit%E9+%E9t%E9%26quot%3B&num_notice=1&total_notices=1 13- http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=%26quot%3BTout+images+%3A+Carpentras+profanation%26quot%3B&num_notice=1&total_notices=1





Repost 0
2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 15:14
Wikipedia fait tout à l'envers. Elle publie n'importe quoi et beaucoup de dérisoire, mais ne sait pas reconnaître ce qui, dans l'actualité pose un problème de droit, un problème politique en termes d'égalité, un problème de  justice. Elle censure l'événement important et les questions qu'il pose. Elle publie n'importe quoi.






Au risque de contrarier les wikipédiens  manquant de tout jugement, je persiste. L'affaire du mariage annulé supposant que la virginité serait une "qualité essentielle" pour les femmes seulement est le type même des événement significatifs  qu'une publication d'information (je ne crois  pas que wikipedia soit autre chose) ne peut manquer de  traiter. A fortiori peut-on dire que cela relève de la censure idiote (synonymes
de wikipidiot et de sa police stupide) quand le même support qui fabrique des articles de tout sur tout, y compris composés de deux lignes , publie de l'information people à longueur de temps et a tendance à adorer les articles aux sujets dérisoires, refuse explicitement les sujets importants, les concepts, les idées, les créateurs et les  théories scientifiques au nom de l'esprit d'inquisition qui est son espace naturel.

[voir :
ce que wikipedia censure  et mariage annulé (suite) / les censures de wikipedia]

 



Article de Libération de Fabrice Tassel, exposant en quoi cet événement est important pour le droit et la notion d'égalité dans ce pays, toujours bonne à rappeler.


" Qu'est-ce qu'une qualité essentielle dans la définition du mariage ? La virginité en fait-elle partie ? Le Code civil doit-il être toiletté ? Tout le week-end, ces questions ont animé le débat autour du mariage annulé en raison du mensonge de la mariée sur sa virginité - information révélée jeudi par Libération.


«Contrainte». Questions juridiques, mais aussi politiques après le trouble suscité par la position, très isolée, de la garde des Sceaux, Rachida Dati. Vendredi, elle a estimé que la décision de la magistrate lilloise «était aussi un moyen de protéger la personne qui souhaite peut-être se défaire du mariage». Une appréciation globalement peu partagée par la classe politique et les spécialistes des questions familiales. Hier, Nadine Morano, la secrétaire d'Etat à la Famille, s'est dissociée de Rachida Dati en estimant que la jeune fille avait été «plutôt contrainte» de voir son mariage annulé. Samedi, dans Libération, c'est une autre ministre UMP, Valérie Létard, secrétaire d'Etat chargée du Droit des femmes, qui avait surtout vu dans cette décision «une véritable régression du statut de la femme», tout en se déclarant «solidaire de Rachida Dati pour voir comment il serait judicieux de moderniser certaines dispositions du Code civil».


Autre signe de l'embarras dans les rangs de la droite : Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP et proche de Nicolas Sarkozy, a dû préciser hier que sa demande de saisir la Cour de cassation «n'était pas contradictoire avec la position de la garde des Sceaux», car l'objectif n'était pas de faire casser cette décision, mais de faire évoluer la jurisprudence. Le porte-parole de l'UMP a ainsi indiqué que cette saisine pourrait permettre «la clarification, dans notre droit, [du fait] que la virginité ne peut fonder l'annulation d'un mariage, que ce soit entre des musulmans ou des catholiques, peu importe».


L'évolution de l'article 180 du Code civil, selon lequel «s'il y a eu erreur sur la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage», semble engagée. Autre ministre à protester contre cette décision, Martin Hirsch, le haut-commissaire aux Solidarités actives, s'est déclaré hier «en colère» : «Je pense qu'il faut faire appel de ce jugement, inconcevable dans notre société (1), et je pense que s'il était confirmé, il faudrait plutôt modifier la loi, afin que ce ne soit pas possible [qu'une annulation de mariage pour ce motif se reproduise].»


«Inégalité». «Considérer que la virginité est une qualité essentielle de la personne pour une femme et pas pour un homme, c'est le signal d'une régression très forte pour toutes les femmes d'aujourd'hui. On nous invente une belle jurisprudence», a aussi déploré Ségolène Royal dans le Journal du dimanche. L'ex-candidate socialiste à la présidentielle a été rejointe par Nadine Morano, qui a invité à une réflexion «sur cette histoire de qualité essentielle» : «Est-ce qu'il faut légiférer en disant : sur les qualités essentielles de la personne, on ne peut pas inclure la virginité parce qu'on voit bien que ça crée une inégalité hommes-femmes ?»


(1) En fait, la décision est définitive, ni les parties ni le parquet n'ayant fait appel. Seule la Chancellerie peut saisir la Cour de cassation «dans l'intérêt de la loi».


[fin de citation de l'article]


Mais je sais bien que les wikipédiens ne comprennent rien. Ils ne comprendront donc pas pourquoi cet événement est le type même d'événement significatif qui ne peut être passé sous silence, par n'importe quel media, a fortiori s'il est un peu intelligent.

Pourtant ce sont des gens comme ça qui se pavanent en prétendant fabriquer une encyclopédie, qu'ils veulent introduire dans les écoles même.


source  Libération


Alithia

ajout le 3 juin :



La presse parle du "tollé unanime contre une «atteinte au droit des femmes»". A wikipedia on n'a rien vu. Ah bon ? atteinte au droit des femmes ? disent-ils. Non, où ça ? pourquoi ? Ils n'ont pas remarqué.


Cependant, aujourd'hui on constate le revirement obligé de Rachida Dati, et le fait que la Chancellerie introduit un appel de ce jugement.  Le 3 juin Libération fait état des critiques adressées à Rachida Dati, qui pleuvent de toutes parts. A wikipedia, tout cela est sans intérêt car ça n'est, à leurs yeux, qu'histoires artificiellement montées par des journalistes (sous-entendu : rien de ce que disent les journalistes n'est vrai, donc ...), redoublées par  prises de positions de circonstances par les responsables politiques.


Bien vu !

 


Voilà  qui montre bien une des impasses de wikipedia : comment faire une encyclopédie, sans un comité éditorial de gens suffisament compétents pour être capables de juger avec pertinence de ce qui se publie ou non ? On voit que wikipedia n'y parvient pas : toujours la 1° pour annoncer de fausses nouvelles, toujours la dernière pour traiter l'événement politique, elle ne réussit pas à distinguer l'important du secondaire, l'essentiel du facultatif, ni ce qui se publie ou non, comme on le constate avec ces grotesques annulations d'articles citées ici, qui ne sont que de la censure bête et méchante témoignant d'un dramatique manque de jugement.

 



Alithia

 


suite des informations le 4 juin


Libération      :


" Dans la fulgurante carrière de la ministre de la Justice, il y aura un avant et un après 3 juin. Le jour où Rachida Dati s’est définitivement mis à dos cette gauche dont elle s’est souvent dite culturellement proche. Hier, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée, la garde des Sceaux devait s’expliquer sur sa tardive décision de faire appel du jugement qui a annulé un mariage pour cause de mensonge sur la virginité de l’épouse.


Elle a été interrogée à deux reprises, par Nicole Ameline (UMP) puis par Martine Martinel (PS). Et depuis lundi, elle préparait ses réponses. Très critiquée jusque dans son propre camp pour avoir affirmé que l’annulation du mariage de Lille «protégeait» la jeune femme concernée..."


Le Monde indique que cette affaire met Rachida Dati en difficulté à l'Assemblée, critiquée pour voir défendu l'annulation, au titre d'une "protection des femmes" qu'elle assurerait. L'argument ne passe pas.


Le Monde rappelle que l'affaire a une importance politique car elle concerne chaque citoyen  et met en jeu un principe essentiel du droit. En particulier pour ce qui concerne la vie des femmes : elle porte en elle la question de l'égalité entre hommes et femmes. Affaire de principe, elle appelle en conséquence des prises de position publique des plus hauts responsables et débat du sujet au Parlement. La demande de la Chancellerie en vue d'une nouvelle prise en considération par le tribunal du jugement précédemment a été souhaitée par la présidence de la république  :


" C'est à la demande de l'Elysée que la ministre a annoncé, lundi 2 juin, qu'il y aurait appel, en constatant que "cette affaire privée dépasse la relation entre deux personnes et concerne l'ensemble des citoyens de notre pays, et notamment les femmes". Les conclusions du parquet général devraient porter sur le fait que "la référence à la virginité n'est pas compatible avec l'ordre public car elle porte atteinte à la dignité des femmes et à l'égalité des sexes", indique-t-on de source judiciaire."

Repost 0
29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 15:11
Un article dans Libération  qui rappelle quelques utiles points d'histoire , évidemment absents de wikipedia et que vous ne verrez jamais dans cette pseudo-encyclopédie qui s'est fait une spécialité de réviser l'histoire.

Le dalaï-lama et l'honneur nazi , article de Laurent Dispot rédacteur à la Règle du jeu.

 

En juillet 1938 (anniversaire en 2008), un SS champion d'alpinisme est vainqueur de la face nord de l'Eiger, en Suisse : une «première». Il s'appelle Heinrich Harrer. Le récit de son exploit, et sa photo avec Hitler, sont aussitôt diffusés massivement en Europe et dans le monde par la machine de propagande de Goebbels.









Il s'est inscrit à la SA en 1933, à la prise de pouvoir par Hitler (trois quarts de siècle en 2008). Passé à la SS, il est un favori du Reichsführer Heinrich Himmler.

Quelques mois après, autre «première» : ses camarades SS et lui-même sont vainqueurs des synagogues brûlées et des familles juives terrorisées, sur tout le territoire de l'Allemagne, lors de ce qu'ils nomment par dérision «la nuit de Cristal», le 9 novembre 1938.

Pendant que les Juifs passent à la nuit et au brouillard, Harrer est investi d'une mission par Hitler et Himmler en personnes : s'infiltrer au Tibet, en accord avec les ministres régents du dalaï-lama enfant, pour devenir précepteur de celui-ci. En pleine guerre d'agression contre la Chine de l'allié japonais des Nazis, il s'agit de conquérir Lhassa comme nœud stratégique sur l'axe Berlin-Tokyo.

2008 est l'anniversaire de la «reconnaissance» par Hitler en 1938 de la stratégie de morcellement de la Chine menée par le Japon. Autrement dit la Mandchourie occupée par l'envahisseur fasciste.

Heinrich Harrer a accompli sa mission de confiance hitlérienne, malgré la défaite militaire de1945, en la transformant en un logiciel pseudo «spirituel» installé dans des têtes affamées de servitude.

Son rapport de mission, Sept ans au Tibet, était bourré de mensonges grossiers et de fascination pour le «Führerprinzip» impitoyable du théocratisme lamaïque. Il a été transformé en film de propagande mondiale, en 1997, par le cinéaste français Jean-Jacques Annaud. Sept ans au Tibet, produit à Hollywood n'était qu'un «Bienvenue au nazi chez les Tibétains» avec dans le rôle du «gentil SS» un Brad Pitt aux cheveux très blonds, aux yeux très bleus, assorti de tout plein de beaux drapeaux à croix gammée.

A la mort de Harrer en 2006, et encore ces jours-ci, le dalaï-lama a diffusé de ce SS une apologie sans réserves : c'est-à-dire sans les mots «nuit de Cristal», «Himmler», «Hitler», «Juifs». Où qu'un SS ait été en mission, il était à Auschwitz. Il n'y a pas de «voie médiane» entre les Juifs martyrs dès 1938 et le champion nazi de 1938 encensé par le dalaï-lama en 2008.

L'«Océan de Sagesse» ne doit pas servir à noyer le poisson de la mémoire et de l'histoire : à relancer en contrebande le «Hitler connais pas» et «la Shoah détail de la Seconde Guerre mondiale». Le négationnisme n'est pas soluble dans les neiges éternelles. Le maître (spirituel) a eu ce maître (d'école). Il lui reste fidèle. Il y met son honneur. Sur le ceinturon des SS figurait la devise : «notre honneur est notre fidélité». Le dalaï-lama met, depuis soixante ans, son point d'honneur à ne pas parler de la mission au Tibet confiée en 1938 à son précepteur par Hitler et Himmler, ni des motifs mystiques, racistes et stratégiques de cette mission.

Il pourrait invoquer son enfance, regretter d'avoir été manipulé par un plan des nazis et de leurs alliés japonais : ceux qui violaient Paris, Oradour, Tulle ; ceux qui violaient Nankin. Au lieu de cela, il traite la destruction des Juifs d'Europe de rétribution, forcément juste, de fautes antérieures : il jette la Shoah à la poubelle du «karma». Et il ne cesse de ressasser son remerciement à un SS d'avoir été son «initiateur à l'Occident et la modernité» .

En acceptant ce discours, des Occidentaux et des modernes se font citoyens du déshonneur.

Repost 0
9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 16:17
Tous ces éléments de l'histoire sont totalement ignorés de wikipedia et occultés par elle dans ses articles idéologiquement biaisés. Un article qui rappelle des points de repères essentiels pour comprendre le présent sans déformer la réalité.





Moyen Orient  : La Palestine, ou l'Etat manqué, de Shlomo AVNERI

La Libre Belgique, le 06/08/2007

Depuis les années 20 sous mandat britannique jusqu'à la prise de Gaza par le Hamas, les Palestiniens ont une histoire difficile à surmonter - celle de la division interne et des guerres intestines.

Shlomo Avneri

Ancien directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères. Professeur en sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Chaque semaine, semble-t-il, voit la Palestine faire un nouveau pas
en arrière. L'incapacité du président Mahmoud Abbas à réunir l'Assemblée législative palestinienne suite au boycott du Hamas pourrait inexorablement entraîner l'effondrement définitif des structures politiques nées des Accords d'Oslo. Malheureusement, ce n'est là que le dernier chapitre de l'histoire tragique des tentatives palestiniennes pour créer un Etat-nation.

Les Palestiniens voient leur histoire comme une lutte contre le sionisme et Israël. Cependant, la réalité est plus compliquée et marquée par des échecs répétés à créer une entité politique cohérente, même lorsque des opportunités historiques se présentaient. Le premier a sans doute eu lieu dans les années 1920, lorsque le gouvernement britannique alors mandataire en Palestine encouragea les deux communautés nationales - Juifs et Arabes - à établir des institutions communautaires autonomes pour prendre en charge l'éducation, les aides sociales, le logement et l'administration locale.

Les Juifs - qui représentaient alors moins de 20 pc de la population de la Palestine britannique - mirent en place ce qui prit le nom de Comité national (Va'ad Leumi), reposant sur un corps élu, l'Assemblée représentative des Juifs de Palestine. Des élections régulières eurent lieu pour élire cette assemblée, parfois avec plus d'une dizaine de partis en compétition.

Cette institution autonome devint le précurseur de la structure politique de l'État juif naissant, et ses dirigeants - parmi lesquels David Ben Gourion - apparurent comme la future élite politique israélienne. Israël parvint à se bâtir en tant que nation, avec une vie politique animée et parfois tumultueuse, justement parce que ses dirigeants se servirent de cette opportunité.

Les Palestiniens, pour leur part, ne créèrent jamais de pareilles structures : un Haut Comité arabe, constitué de notables régionaux et tribaux, vit le jour, mais aucune élection n'eut jamais lieu. Le Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini (qui s'allia plus tard à l'Allemagne nazie), en prit la tête, mais la direction du comité ne parvint jamais à obtenir l'approbation générale ou à donner à la communauté arabe l'arsenal de services éducatifs et sociaux offert aux Juifs par leurs institutions élues.

Le deuxième échec eut lieu avec la révolte arabe contre l'autorité britannique en Palestine durant les années 1936-1939, qui s'accompagna d'attaques terroristes massives contre les civils juifs. Cette révolte fut sauvagement réprimée par l'armée britannique, mais pas avant qu'une scission au sein de la communauté palestinienne ne donne naissance à deux milices armées - l'une issue du clan Husseini, l'autre de la famille plus modérée des Nashashibi - qui s'opposèrent violemment. La guerre des milices tua plus de Palestiniens que l'armée britannique ou les forces de défense israéliennes.

Le troisième échec - encore plus tragique - eut lieu en 1947-1948, avec le rejet par les Arabes de Palestine du plan de partage des Nations Unies, qui envisageait la création d'Etats juif et arabe séparés après le départ des Britanniques. Alors que les Juifs acceptèrent le compromis, les Arabes de Palestine, soutenus par les pays de la Ligue arabe, le rejetèrent et partirent en guerre contre l'Etat naissant d'Israël.

Ce rejet par les Arabes de Palestine, et le problème des réfugiés qui en résulta, fut un moment clé pour les Palestiniens. A ce moment de la narration, on oublie souvent de préciser que, si la quasi-totalité des secteurs de la société arabe palestinienne rejetait le plan des Nations Unies, les Palestiniens n'en furent pas moins incapables de concevoir des institutions politiques cohérentes et un commandement militaire unifié, afin d'affronter une communauté juive bien plus modeste. A l'inverse, avec David Ben Gourion et la force de défense juive (Hagannah), la communauté israélienne assaillie réussit à mobiliser, au travers de ses institutions démocratiques et sans dissidence majeure, les ressources nécessaires à une campagne militaire réussie.

A vrai dire, nombre de leaders politiques palestiniens fuirent à Beyrouth ou au Caire lorsque la violence éclata. Le clan Husseini installa ses milices dans la zone de Jérusalem. Près de Tel Aviv, à Jaffa, ce fut une milice concurrente, sous le commandement d'Hassan Salameh, qui prit le contrôle. Dans le nord du pays, une milice syrienne, dirigée par Fawzi al-Kaoukji, attaqua des villages juifs. Plus modérés, les Arabes d'Haïfa tentèrent, sans grand succès, de se tenir en dehors des combats.

Le manque d'unité rendit la défaite arabe presque inévitable. En outre, les cicatrices de la quasi-guerre civile des années 1930 ne s'étaient toujours pas refermées : la suspicion mutuelle et le souvenir des massacres internes gênaient la confiance et la coopération.

Le dernier échec a eu lieu en 1993, lorsque les Accords d'Oslo entre Israël et l'OLP ont établi l'Autorité autonome palestinienne sous le contrôle de Yasser Arafat. Au lieu de créer l'infrastructure du futur Etat palestinien, en transférant peu à peu diverses fonctions de l'armée israélienne à l'Autorité palestinienne, Arafat a instauré un Etat moukhabarat (services de sûreté), comme en Egypte, en Syrie, et (avant la chute de Saddam Hussein) en Irak.

Arafat et ses partisans du Fatah ont mis en place près d'une douzaine de services de sûreté concurrents - parfois indissociables des milices claniques - qui ont absorbé plus de 60 pc du budget de l'Autorité palestinienne, aux dépens de l'éducation, du logement, de l'aide sociale et de la réinsertion des réfugiés. Au milieu de ce vide a surgi le Hamas, avec son réseau d'écoles, de services sociaux, de centres communautaires et d'organisations de soutien. La prise de Gaza par le Hamas ne fut que la dernière étape de ce développement.

Il est facile de reprocher la crise palestinienne actuelle à des individus - que ce soit Arafat ou Abbas. Il est encore plus facile de rejeter la faute sur l'occupation israélienne ou la politique américaine. Pour sûr, beaucoup de gens ont des choses à se reprocher dans cette histoire. Mais tous les mouvements nationaux - en Grèce comme en Pologne, en Israël comme au Kurdistan - ont vu le jour dans l'adversité.

Les Palestiniens ont une histoire difficile à surmonter - celle de la division interne et des guerres intestines. Ils se trouvent aujourd'hui une fois de plus à un tournant décisif de leur histoire, et il ne tient qu'à eux de transcender leur tragique héritage. Personne ne pourra les aider s'ils ne parviennent pas à s'accorder sur un gouvernement cohérent, consensuel et raisonnablement uni - ce qu'Abbas lui-même appelle "une loi, une autorité, une arme."


Moyen Orient
Repost 0
1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 02:26
Dans Le Monde, un article de Raphaëlle Bacqué sur les Balkany à ne pas manquer, et dont vous n'aurez aucun écho sur wikipedia bien sûr, qui ne s'intéresse pas à ce genre de petits détails  soit "les amis du Président" , titre de l'article. Wikipedia l'"encyclopédie du conformisme" préfère faire des articles sans contenu.



Quelques bons passages
  :

" une réputation épouvantable. Le nom des Balkany s'inscrit en bonne place depuis dix ans dans les annales judiciaires. Plusieurs condamnations, deux ans d'inéligibilité pour lui, des peines d'emprisonnement avec sursis pour tous deux pour avoir notamment employé du personnel municipal dans leurs domiciles privés. On compte aussi un scandale ridicule lorsqu'une maîtresse porta plainte, en 1997, après que Patrick Balkany l'eut obligée à lui administrer une fellation sous la menace d'un 357 Magnum. [...]


Un ami de trente ans, Nicolas Sarkozy, fidèle malgré les critiques, qu'il balaie souvent d'une phrase : "Ils sont comme ils sont. Pas raffinés, mais courageux." [...]

 

 

Le président UMP du département, Patrick Devedjian, aurait rêvé de se débarrasser d'Isabelle, qui tient la vice-présidence chargée des collèges. "Les Balkany polluent l'image du 92", juge Devedjian."


[on remarquera l'adjectif "ridicule" pour désigner ce qui eût mérité, à n'en pas douter, un tout autre qualificatif ! illustrant ce à quoi sont obligés les journalistes pour ne pas attirer les foudres du pouvoir sur leur journal ; une assez jolie manière de le dire avec des fleurs également, à propos du père de Sarkozy  : "" immigré en France pour fuir l'avancée des Soviétiques" ; à la fin de la guerre quand se profilait la défaite nazie]


Je recommande de lire  l'article en entier qui établit les liens  d'amitié et d'association entre les deux familles règnant sur les villes également associées de Neuilly et Levallois.

Néanmoins tout n'est pas pourri au royaume de la sarkozie puisque, rappelle Raphaëlle Bacqué,  le naïf David Martinon , parachuté aux municipales, avait osé s'insurger : "Je ne vais tout de même pas inviter ces deux escrocs !" Il avait juste oublié l'association Neuilly-Levallois et tout son background.


Certains esprit chagrins diront peut-être que ça ne lui a pas réussi.  Tout le monde ne peut pas être fils de Président, qui lui (le fils) est propulsé sur la voie de la conquête et du pouvoir en Sarkozie, dans la principauté des Hauts-de-Seine, qui bénéficie d'un régime d'exception à l'égard de la République dont elle s'est émancipée, grâce à ses parrainages célèbres.



ajout ultérieur
: comme je le dis  dans les réponses aux commentaires ci-dessous, cet article, l'air de rien, sans y toucher est très méchant et très habile. Rappelant ce que tout le monde sait à peu près sur les Balkany qui ont largement défrayé la chronique, il parle d'autre chose. Les amis du Président, ça parle aussi du Président.


Alithia


En revanche,  il a été établi , avec le wikiscanner, que les supporters de Balkany, écrivaient et corrigeaient  directement depuis la Mairie de Levallois, les articles sur leur patron sur la grande encyclopédie aux 10 millions d'articles (10 millions, oui, mais pourris pour  99% d'entre eux, ça nous fait une belle jambe).
Repost 0
27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 16:58
A ajouter à la rubrique "ce que vous  n'apprendrez pas avec wikipedia" ou "pour rémédier aux lacunes incommensurables de l'information sur wikipedia, le media toujours à la traîne et qui ne publie jamais les nouvelles importantes" : à propos de la situation dans l'Education nationale, sous sa Majesté Sarko I°.


Comme je l'ai déjà signalé aux lecteurs de ce blog, ce gouvernement proclame via Sa Majesté et (parfois) ses Ministres qu'il veut remédier aux problèmes de l'échec scolaire et pour commencer,  à ceux de la lecture et de l'illetrisme  car, à raison, il s'inquiète de ce que 40% des élèves arrivent au Collège sans savoir lire couramment en comprenant réellement ce qu'ils lisent, et 15% ne savent vraiment pas lire et écrivent avec une orthographe si désastreuse qu'aucun qualificatif ne peut décrire. 

Mais dans le même temps les mêmes , c'est à dire plus exactement Sa Majesté a décidé de réduire les postes d'enseignants de plus de 11 000 dès l'année qui vient. Comment réduire l'échec scolaire en supprimant le plus de profs possible ? Sa Majesté nous l'expliquera-t-il ?

En attendant, les grèves, parfaitement justifiées : la preuve, elles font l'unanimité chez les syndicats,  indique qu'il y a un certain problème manifestement et comme un malaise à l'Ecole, face à des déclarations aussi contradictoires et aussi inconciliables.

Le Monde du jour publie sur ce sujet et écrit  "L'éducation est ainsi mise sous tension, et le gouvernement pris dans la contradiction de vouloir plus d'éducation avec moins d'éducateurs."  [voir l'article : " Effervescence croissante dans l'enseignement secondaire"

Alithia]
Repost 0
22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 18:25
Censure en Iran dans les magazines : Israël, une femme . Pour wikipedia, ces "détails insignifiants" n'existent pas, car tout va de mieux en mieux dans le pays qui progresse vers la liberté.
Repost 0
2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 18:58

A l'ONU la Haut Commissaire aux droits de l’homme, Louise Arbour, rappelle que la Charte arabe des droits fondamentaux , qui entre en vigueur aujourd'hui, est incompatible avec les normes internationales et les déclarations des droits de l'homme.



undefined
Pour les musulmans, les « droits d’Allah » priment sur les droits de l’Homme. Les normes « universelles » adoptées par de simples mortels ne peuvent être invoquées à leur encontre. La Déclaration universelle des droits de l’Homme a peu de chance de s’épanouir dans le monde musulman actuel. Les récentes initiatives de l’Organisation de la Conférence islamique démontrent plutôt une volonté des pays arabo-musulmans de se doter d’instruments juridiques inspirés de la charia qui l’emporteront sur toute norme de droit international.

 
Aujourd’hui entrait en vigueur la Charte arabe des droits de l’homme.
 
A l’occasion de l’entrée en vigueur de la Charte arabe des droits de l’homme, le bureau de la Haut Commissaire aux droits de l’homme, Louise Arbour, a souligné que ce texte reste incompatible avec les normes internationales, tant en ce qui concerne les droits des femmes qu’en ce qu’elle continue d’assimiler le sionisme au racisme.
 

« Tout au long de l’élaboration de la Charte arabe, mon bureau a fait connaître aux rédacteurs mes préoccupations quant à l’incompatibilité de certaines de ses dispositions avec les normes internationales », affirme Louise Arbour dans un communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) publié aujourd’hui à Genève.

 
« Ces préoccupations concernent son approche vis-à-vis de la peine de mort pour les enfants, et les droits des femmes et des non-citoyens », explique Louise Arbour.
 

« De plus, en ce qu’elle identifie le sionisme au racisme, nous avons réitéré que la Charte arabe n’est pas conforme à la résolution 46/86 de l’Assemblée générale, qui rejette l’idée que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale », souligne la Haut Commissaire.

 

Le 10 novembre 1975, l’Assemblée générale avait adopté, par 72 voix contre 35 et 32 abstentions, une résolution 3379 énonçant que« le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Cette résolution, qualifiée par l’ancien Secrétaire général Kofi Annan de manifestation « lamentable » d’antisémitisme, avait été révoquée par une résolution 46/86 du 16 décembre 1991.

 

« Le HCDH n’approuve pas ces divergences », souligne le communiqué, qui indique qu’il « continuera à travailler avec les partenaires de la région pour garantir la mise en oeuvre des normes universelles des droits de l’homme ».

 
Louise Arbour note aussi que « les systèmes régionaux de protection et de promotion des droits de l’homme » ont un rôle important à jouer, mais en « renforçant les normes universelles ».


source


On rappellera que wikipedia refuse de souscrire aux principes universels des droits de l'homme, chaque fois que des participants l'ont demandé, refus motivié par des déclarations selon lesquelles ils ne sont pas universels, point de vue que l'on retrouve explicité dans des articles. Et rappelons qu'elle privilégie même la charia contre le droits de l'homme à l'occasion, voir :
Sur wikipedia propagande contre les droits de l'homme refusés au profit de la charia ;
Wikipedia diffuse des idées contraires aux valeurs de la démocratie et des droits de l'homme
Wikipedia n'aime pas les droits de l'homme ;
Violation des droits de l'homme en iran : wikipedia a adopté le point de vue de l'islamisme
;
Droits de l'homme bafoués en iran wikipedia ment etc.
Wikipedia ne reconnaît pas la notion de violation des droits de l’homme

etc.


 
Voilà pourquoi des documents tels que celui-ci sont censurés par wikipedia :

Source : Statement by UN High Commissioner for Human Rights on the entry into Force of the Arab Charter on Human Rights, Genève, le 30 janvier 2008


Alithia

 
Repost 0