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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 12:37



Une video qui rappelle les promesses de Sarkozy de multiples fois énoncées : suppression des parachutes dorés pour les patrons car les sommes sont disproportionnées, car il n'est pas normal que des patrons qui ont mis en difficulté  leur entreprise en soient récompensés... L'échec doit être sanctionné ....


Pourquoi ne le fait-il pas ?


c'est ici


Wikipedia qui censure toute information susceptible de ne pas donner une image positive de Sarkozy et qui publie un article à l'eau de rose à son sujet, publiera-t-elle ce rappel de paroles qui sont d'actualité  ?



Alithia

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 11:12



Sur le site de la Fondation Copernic, un professeur de sciences politiques à l'Université de Nantere Paris X , Alain Garrigou, donne quelques unes des raisons du mépris de Nicolas Sarkozy pour la culture, la recherche et l'Université. Wikipedia est en bonne compagnie, tout à fait à l'unisson de la tendance actuelle, qui méprise enseignant set chercheurs et massacre la culture au nom d'un anti-élitisme proclamé qui ressemble davantage à du populisme justifiant l'ignorance de ses rédacteurs.


Voici le texte d'Alain Garrigou


" L'histoire universitaire et le rapport malheureux de Nicolas Sarkozy à celle-ci permettent de comprendre la politique de mépris qu'avec constance ses affidés développent à l'endroit de la recherche et des chercheurs, de l'université et des universitaires. Preuves à l'appui.


Les propos de Nicolas Sarkozy sur l'université et la recherche trahissent une implication personnelle qui n'obéit pas seulement à la centralisation présidentielle du pouvoir. Il ne suffit pas de mettre en cause les conseillers et la plume du discours du 22 janvier 2009 sur « une stratégie nationale de recherche et d'innovation » alors que des passages improvisés de cette allocution prennent un ton acrimonieux et que bien d'autres interventions confirment un solide ressentiment. Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s'en prenait par exemple à celui qui avait mis la princesse de Clèves au programme du concours d'administration centrale : « Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur la princesse de Clèves. Imaginez un peu le spectacle » (23 février 2007 à Lyon). Depuis, les propos méprisants se sont multipliés contre les scientifiques ou des sciences. En février 2008, la mise en place d'une commission présidée par le professeur Guesnerie, visait à donner une caution académique aux reproches adressés à un enseignement qui négligerait l'entreprise, accorderait trop de place à la macroéconomie et à la sociologie et préparerait, on le devine, à des pensées politiquement subversives. Toutefois, la commission Guesnerie conclut à une excellente qualité d'ensemble des manuels. Les attaques contre la section économique et sociale ont néanmoins continué en prenant parfois le ton du persiflage au nom d'une compétence peu évidente. Ainsi, le 27 janvier 2009, Nicolas Sarkozy ressassait-il son hostilité devant un nouveau public : « Il y a une filière économique pour vos enfants. C'est une blague. Mettez vos enfants dans la filière ES, ils ne pourront pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques ».


Titres de compétence ? Les sociologues savent bien que les jugements en disent souvent plus sur leurs auteurs que sur les choses dont ils parlent. Or les études de Nicolas Sarkozy n'ont pas été si brillantes ni spécialisées qu'elles l'autorisent à juger de haut les questions d'orientation scolaire et de pédagogie. Par contre, elles ont été assez médiocres pour nourrir son ressentiment personnel qui, en affinité avec l'humeur anti-intellectuelle des milieux qui le soutiennent, explique largement la « petite guerre » faite aujourd'hui aux scientifiques et universitaires.


Avant l'élection présidentielle de 2007, les sites officiels (ministère de l'Intérieur, Conseil Général des Hauts de Seine), partisan (UMP) ou professionnel (Cabinet d'avocats Arnaud Claude - Nicolas Sarkozy) indiquaient que Nicolas Sarkozy avait une maîtrise de droit privé, un certificat d'aptitude à la profession d'avocat, un DEA de sciences politiques et fait des études à l'Institut d'Etudes politiques de Paris. Quelques uns étaient plus précis comme le Ministère de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire indiquant un « DEA de sciences politiques avec mention (mémoire sur le référendum du 27 avril 1969 » ainsi que celui du Conseil Général des Hauts de Seine qui assurait que « Nicolas Sarkozy décroche un DEA de sciences politiques avec mention, lors de la soutenance d'un mémoire sur le référendum du 27 avril 1969 ».


La mention des Etudes à l'IEP de Paris est problématique puisque Nicolas Sarkozy n'y a pas poursuivi ses études jusqu'au bout comme il est aisé de le vérifier dans l'annuaire des anciens élèves. Or, selon les usages, le titre d'ancien élève ne vaut que pour les diplômés. Il fut donc abandonné. Toutefois, le site de l'Elysée porte toujours cette indication lapidaire : Institut d'Etudes Politiques de Paris (1979-1981). Quant à l'expression « avec mention » accolée à un diplôme, elle indique cette propension à « gonfler » son CV caractéristique des candidatures aux emplois d'aujourd'hui. Si les universitaires savent que tous les diplômés ont au moins la mention « passable », tous les Français ne le savent peut-être pas. L'ensemble des CV est flou à d'autres égards puisqu'on ignore où les diplômes ont été obtenus. Seul le site professionnel du cabinet d'avocats des Hauts de Seine indiquait que Nicolas Sarkozy « est diplômé de droit privé et d'un DEA de sciences politiques de l'Université de Paris X Nanterre ».


C'est en effet là que Nicolas Sarkozy a fait ses études. Faute d'annuaire d'anciens élèves, il était plus difficile de vérifier ce curriculum vitae. Le certificat d'aptitude à la profession d'avocat a bien été obtenu en 1980 avec la note de 10/20 (cf. doc. 1 en annexe). Il y a par contre un problème pour le DEA. Sauf la même défaillance de mémoire des professeurs exerçant en 1979 dans le DEA de sciences politiques de Paris X Nanterre, Nicolas Sarkozy n'a pas obtenu son diplôme. Une petite enquête se heurte à la page noire du réseau intranet de l'université. L'auteur de ces lignes a alors adressé une demande écrite à la présidence de l'université qui a confirmé que le service de scolarité disposait bien d'un document certifiant l'obtention du DEA. Il restait à vérifier avec la pièce qui fait foi en la matière, à savoir le procès verbal de délibération, document autographe au format A3, difficile à contrefaire. Le candidat apparaît bien dans le procès verbal de la première session : il est « ajourné » car absent de l'épreuve écrite terminale et n'ayant pas rendu son mémoire (cf. doc. 2). Il restait à consulter le procès verbal de la deuxième session. Or, le procès verbal a disparu des archives de l'université. Il est même le seul procès verbal manquant de toute l'existence du DEA.


Un conclusion est certaine : les universités protègent mal leurs archives. Si l'auteur de ces lignes a pu y pénétrer pour enquête, on peut supposer que d'autres puissent le faire aussi, légalement ou non, pour des raisons illicites. Voila en tout cas un bon motif de réforme de l'université : garantir l'authenticité des diplômes."


Alain Garrigou Professeur de science politique à l'université de Paris X Nanterre


 

 


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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 18:13

Comme je le rappellais Wikipedia-Wikimedia n'assume aucune responsabilité d'éditeur, Wikimedia dont dépend wikipedia, étant un hébergeur, irresponsable des contenus publiés sous son nom.


Il est à noter deux choses :

1- La qualité d'éditeur  n'est pas définie par la LCEN. L'avenir est donc ouvert quant aux qualifications de sites en tant qu'éditeurs ou hébergeurs.

2- tout hébergeur a cependant des obligations prescrites par la loi LCEN :

a - retirer "promptement" les contenus illicites dès que ces derniers lui sont été signalés ou en interdire l'accès. Promptement voulant dire immédiatement.

Une décision de justice s'est prononcée sur ce point le 15 avril 2008 concernant le délai accordé par l'article 6 de la LCEN aux hébergeurs signifiant ce que veut dire agir "promptement" pour bénéficier d'une exonération de responsabilité. Le juge a prononcé que c'est le jour même de la réception de la notification que le site doit procéder au retrait ou bloquer l'accès.

b - collecter les données permettant d'identifier les internautes participant à son site.


Wikipedia respecte-t-elle ces obligations légales ?


2a- Pour ce qui est de retirer immédiatement les propos illicites : non dans l'affaire du député allemand diffamé. Pour ce qui est d' interdire l'accès à son site en allemand dès que les propos illicites lui ont été signalés : non plus.


Les wikipédiens sont venus ici s'en vanter pour répéter à l'envi que seule la page wikipedia.de a été bloquée (et par décision de justice, pas par wikipedia) mais non le site en allemand propulsé depuis les ordinateurs de Floride. Comme si c'était un exploit dont il y avait lieu de se réjouir à constater que wikipedia ne s'empressait pas de supprimer les diffamations et que la justice allemande n'avait pas le bras assez long pour empêcher l'accès aux contenus de wikipedia propulsés depuis la Floride où sont logés ses serveurs.


[voir article précédent et commentaires wikipedia fermée pour cause de diffamation et atteinte à la vie privée]


2 b- Pour ce qui est de collecter les données permettant d'identifier les internautes participant à son site, clairement non.


Or par un jugement du 14 novembre 2008, le TGI de Paris a condamné Youtube  pour n'avoir pas respecté cette obligation.

Les juges ont conclu qu'en l'absence de décret précisant les données devant être collectées ainsi que leur durée de conservation, Youtube devait s'enquérir auxprès des internautes de leur identité, et que, en ne le faisant pas, le site a engagé sa responsabilité.

On peut penser que cette décision laisse  entrevoir aux futurs plaignants un nouveau motif pour se défendre contre les propos diffamants et autres irrégularités publiées sur les plateformes de Web 2.0.


Alithia

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 14:35
Dans l'article wikipedia sur Obama où l'anecdotique triomphe, avec l'absence de sens, comme d'habitude sur wikipedia, il n'est  aucune mise en perspective historique ni mise  en rapport avec l'histoire passée des Etats-Unis quant à la question raciale et les luttes des noirs jamais mises  en rapport avec le parcours d'Obama, qui demeure ainsi non expliqué,. Aucun lien non plus avec son élection, vue comme anecdotique, dénuée de sens. Wikipedia s'en tient à la perspective comptable qui est la sienne, compte les votes, accumule les faits plus ou moins importants ou anecdotiques, sans distinction ni hiérarchisation, tous mis sur le même plan. Pour wikipedia rien de tout cela ne mérite explication, rien de tout cela n'est lié dans une même histoire, rien de cela ne fait sens.  C'est le niveau zero de l'écriture de l'histoire qui nous est donné.

Preuves, s'il en fallait encore, de l'incapacité de l'écriture collective rassemblant des non-historiens, à écrire quelque article d'histoire qui se tienne.

Je publie le discours historique de Martin Luther King , pour le mettre en rapport avec ceux d'Obama, publiés précédemment, lors de la campagne, le discours de Philadelphie, et au soir de son élection, le discours de Chicago, ainsi que la référence
au  discours d'Obama  à l'église de Martin Luther King. "Nous avons un déficit de démocratie dans ce pays avec lequel il faut en finir"

ref : Le discours de  Martin Luther King, video YouTube  et dans sa version complète .

traduction du passage le plus célèbre :

« "Je vous le dis aujourd'hui, mes amis, bien que nous devions faire face aux difficultés d'aujourd'hui et de demain, j'ai tout de même un rêve. C'est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain."
Je fais le rêve qu'un jour, cette nation se lève et vive sous le véritable sens de son credo : "Nous considérons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux."
Je fais le rêve qu'un jour, sur les collines rouges de la Géorgie, les fils des esclaves et les fils des propriétaires d'esclaves puissent s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je fais le rêve qu'un jour, même l'État du Mississippi, désert étouffant d'injustice et d'oppression, soit transformé en une oasis de liberté et de justice.
Je fais le rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés pour la couleur de leur peau, mais pour le contenu de leur personne.Je fais ce rêve aujourd'hui !
Je fais le rêve qu'un jour juste là-bas en Alabama, avec ses racistes vicieux, avec son gouverneur qui a les lèvres dégoulinantes des mots interposition et annulation; un jour juste là-bas en Alabama les petits garçons noirs et les petites filles noires puissent joindre leurs mains avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, comme frères et sœurs.
Je fais ce rêve aujourd'hui.
Je fais le rêve qu'un jour chaque vallée soit glorifiée, que chaque colline et chaque montagne soit aplanie, que les endroits rudes soient transformés en plaines, que les endroits tortueux soient redressés, que la gloire du Seigneur soit révélée et que tous les vivants le voient tous ensemble.»

N.B. il se trouve que le passage en question n'est pas absent de wikipedia. Mais l'article sur Martin Luther King, s'il n'est pas scandaleusement mauvais, comporte cependant des lacunes sur les points essentiels  : toute l'histoire de la marche de Washington, les négociations avec Kennedy, les mots d'ordres, et la mise à l'écart des tendances islamistes et racistes fascistoïdes chez les noirs  -déjà- l'implication de Kennedy, l'état du pays à l'époque , les forces  au service du racisme et le sens  de l'ensemble, qui permettrait de comprendre pourquoi l'assassinat de M.L. King et par qui il a été assassiné, tout cela manque. L'essentiel donc.


Donc, cela, qui pourrait être mis en rapport, avec un embryon d'analyse,  vous ne le verrez jamais sur la supposée encyclopédie la  plus monstrueusement obèse du monde où l'on trouve tout sauf l'essentiel. Vous ne le trouverez jamais du fait de ses règle stupides de ne pas reproduire les documents authentiques mais de fabriquer elle-même son bouillon d'informations de seconde zone, mêlées aux informations sans intérêt et de passer à côté de tout ce qui est important , intelligent et qui compte pour l'histoire et donc pour comprendre notre temps. Du fait que ses rédacteurs incompétents ne citent jamais les textes exacts mais les réécrivent en les déformant .  Et du fait du regard qu'ils portent sur l'histoire , observée par le trou de la serrue, comme on espionne plus grand que soi.

Wikipedia la publication la plus bête du monde sous l'appellation d'encyclopédie.


Alithia

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 14:00



Sur wikipedia tous les documents importants manquent . Si vous les cherchez, allez voir ailleurs.


Le discours de Chicago de Barack Obama après son élection.  Absent de wikipedia, ainsi que le discours de Philadelphie, ainsi que le rapport au discours de Martin Luther King "I have a dream". L'article wikipedia sur Obama, particulièrement plat et anecdotique énumère un grand nombre de faits, en passant sous silence les plus importants et en évitant de donner quelque sens à cette histoire qui renvoie à toute l'histoire des Etats-unis et aux luttes des noirs.

C'est pourquoi je publie tous ces discours, pour permettre la mise en rapport et comprendre un petit peu l'histoire.


Ici le discours de Chicago de Barack Obama après son élection. Extraits.



*
*          *



Si quelqu'un doute encore que l'Amérique est un endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos fondateurs est vivant (...), la réponse lui est donnée ce soir.


C'est la réponse donnée par des jeunes et des vieux, des riches et des pauvres, des démocrates et des républicains, des Noirs, des Blancs, des Hispaniques, des Asiatiques, des Amérindiens, des homosexuels, des hétérosexuels, des handicapés et des non-handicapés. Par des Américains qui ont montré au monde que nous n'avons jamais été une simple collection d'individus ou un simple ensemble d'Etats rouges (républicains) et bleus (démocrates).

Nous sommes, et serons toujours, les Etats-Unis d'Amérique.

L'attente a été longue, mais ce soir (...) l'Amérique a connu ce moment déterminant du changement. Nous avons démarré avec peu d'argent et peu d'appui. Notre campagne ne s'est pas forgée dans les coulisses de Washington. Elle a débuté dans les arrière-cours de Des Moines, dans les salles de séjour de Concord, sur les vérandas de Charleston. Elle s'est construite sur les contributions d'hommes et de femmes qui ont puisé dans leurs maigres économies pour donner 5, 10 ou 20 dollars à notre cause.


Elle a pris de l'ampleur grâce aux jeunes qui, rejetant le mythe d'une génération dite apathique, ont quitté maison et parents pour s'engager dans un travail qui leur procurerait une rémunération minime et encore moins de sommeil.


Elle a aussi puisé de la force chez des personnes pas si jeunes que cela, qui ont bravé le froid glacial et la chaleur étouffante pour frapper à la porte de parfaits étrangers (...), et qui ont prouvé que, plus de deux siècles plus tard, le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple n'avait pas disparu.


C'est votre victoire. Je sais que vous l'avez fait parce que vous comprenez l'énormité de la tâche qui nous attend. Le chemin sera long. La montée sera rude. Nous n'y arriverons peut-être pas en un an ni même en un mandat. Mais nous n'avons jamais été si persuadés que ce soir d'y arriver.


Imprégnons-nous, alors, de ce nouveau sentiment de patriotisme et de responsabilité, par lequel chacun d'entre nous décide de participer davantage (...). Souvenons-nous que, si cette crise financière nous a appris quelque chose, c'est que nous ne pouvons pas avoir une Bourse florissante quand l'homme de la rue souffre (...).


Résistons à la tentation du retour aux vieilles querelles politiques, à la mesquinerie et à l'immaturité qui empoisonnent notre vie politique depuis trop longtemps.


Cette élection est émaillée de faits inédits (...) dont on parlera pendant des générations. Il en est un, cependant, qui me tient à coeur ce soir, au sujet d'une femme qui a déposé son bulletin de vote dans une urne d'Atlanta. Elle est semblable aux millions d'autres qui ont fait la queue pour exprimer leur choix lors de cette élection, à ceci près : Ann Nixon Cooper a 106 ans.


Elle est née une génération seulement après l'esclavage (...), à une époque où une personne comme elle ne pouvait pas voter, pour deux raisons : parce qu'elle était une femme et à cause de la couleur de sa peau.


Ce soir, je songe à tout ce qu'elle a vécu au cours de son siècle parmi nous : la douleur et l'espoir ; la lutte et le progrès ; les moments où on nous disait : non, vous ne pouvez pas, alors que d'autres ne cessaient de proclamer le credo américain : oui, nous le pouvons.


Elle était là pour les bus de Montgomery, pour les lances à eau de Birmingham, pour un pont à Selma et pour un prédicateur d'Atlanta qui proclamait au peuple : "We shall overcome" ("Nous vaincrons"). Oui, nous le pouvons.


Un homme a débarqué sur la Lune, un mur s'est effondré à Berlin, une communication mondiale s'est instaurée par notre science et notre imagination. Et cette année, en cette élection, elle a touché du doigt un écran d'ordinateur pour voter, car après 106 ans de vie parmi nous, après avoir vécu dans les temps les meilleurs comme aux heures les plus sombres, elle sait exactement comment notre pays peut se transformer. Oui, nous le pouvons.


 

*



*            *

 



Tous les événéments historiques sont magnifiquement ratés par wikipedia. Pour le passé, ils sont passés à la moulinette par les wikipédiens qui écrivent des articles sans en comprendre le sujet et la plupart du temps ils réécrivent l'histoire de manière révisionnniste, arrosés de sauce gnian-gnian, où seules les anecdotes surnagent.
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 13:30
Ce que vous ne verrez jamais dans wikipedia : le discours de Philadelphie d'Obama, "a more perfect union"  rappelant les Etats-unis à leur histoire depuis leur fondation,  où il expose  sur la question raciale les principes fondamentaux auxquels il se rattache et qui expriment la vision nouvelle de l'Amérique telle qu'il voudrait l'incarner, car à la fois, politiquement appropriée, renouant avec les principes fondateurs du pays, et d'autant plus crédible qu'elle est ancrée dans son histoire personnelle.


Il expose la description d'une Amérique où est possible une multiplicité d'origines qui signifient que nul n'est figé dans une supposée identité. Une Amérique  assumant son passé et tournée vers l'avenir pour préparer le changement, soit sortir  des impasses raciales, sortir de la position de victime pour les noirs et reconnaître la discrimination, pour les blancs. Rappellant les luttes des Noirs pour leur rendre hommage, il indique aussi les erreurs qui ont marqué ou marquent encore certaines conceptions à écarter.  


De l'avis des meilleurs commentateurs, c'est un des plus grands discours politiques qui ait été composés aux Etats-Unis, un de ceux qui resteront dans les mémoires et dans l'histoire. Mais comme tout ce qui est important, il est absent de wikipedia, où l'on est incapable de faire les choix et distinctions qui s'imposent  et où l'incompétence de ses rédacteurs est un sujet d'étonnement et de désolation sans fin . 


Ce discours, non plus que l'élection d'Obama ne sont rattachés au discours historique de Martin Luther King  "I have a dream", pour en expliquer la connexion. C'est pourquoi je publie le discours de Martin Luther King dans un post suivant.

visible sur Youtube

OBAMA : LE DISCOURS DE PHILADELPHIE


« Nous, le peuple, dans le but de former une union plus parfaite. »

« Il y a deux cent vingt ans, dans une salle qui est toujours là, de l'autre côté de la rue, un groupe d'hommes s'est réuni et, avec ces mots simples, a lancé l'Amérique dans l'improbable expérience de la démocratie. Des fermiers et des intellectuels ; des hommes d'Etat et des patriotes, qui avaient traversé un océan pour échapper à la tyrannie et à la persécution, ont finalement donné vie à leur déclaration de l'Indépendance faite à la convention de Philadelphie qui a duré tout le printemps de 1787.


Le document a fini par être signé mais est demeuré inachevé. Il a été entaché par le péché originel de cette nation, l'esclavage, une question qui a divisé les colonies et a conduit la convention à une impasse jusqu'à ce que les pères fondateurs choisissent d'autoriser la poursuite du commerce des esclaves pendant vingt ans de plus, et laissent la résolution finale de la question aux générations futures. Bien entendu, la réponse à la question de l'esclavage était déjà inscrite dans notre Constitution - une Constitution dont le cœur était l'idéal de l'égalité de tous les citoyens devant la loi ; une Constitution qui a promis à son peuple la liberté et la justice et une union qui pourrait et devrait être perfectionnée au fil du temps.


Et pourtant les mots sur un parchemin ne seront pas suffisants pour délivrer les esclaves de leur asservissement ni pour assurer aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute croyance leurs pleins droits et leurs pleines obligations en tant que citoyens des Etats-Unis. Il faudra des générations successives d'Américains qui seront prêts à s'engager -par la protestation et la lutte, dans la rue et devant les tribunaux, par une guerre civile et la désobéissance civique et toujours en prenant de grands risques - pour réduire le fossé entre la promesse portée par nos idéaux et la réalité de leur temps.


Ce fut l'une des tâches que nous nous sommes assignée au début de cette campagne - de poursuivre la longue marche de ceux qui sont venus avant nous, une marche pour une Amérique plus juste, plus égale, plus libre, plus attentive et plus prospère. J'ai choisi de me présenter à l'élection présidentielle à ce moment précis de l'histoire parce que je crois profondément que nous ne pouvons pas affronter les défis de notre temps à moins de le faire ensemble - à moins que nous n'améliorions notre union en comprenant que nous pouvons avoir des histoires différentes, mais que nous portons les espoirs communs ; que nous pouvons ne pas avoir la même apparence et ne pas venir des mêmes endroits, mais que nous voulons tous aller dans la même direction - vers un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits-enfants.


Cette croyance vient de ma foi inébranlable dans la décence et la générosité du peuple américain. Mais elle vient aussi de ma propre histoire américaine.


Je suis le fils d'un Noir du Kenya et d'une Blanche du Kansas. J'ai été élevé par un grand-père blanc qui a survécu à la grande Dépression puis a servi dans l'armée de Patton pendant la Seconde Guerre Mondiale et par une grand-mère blanche qui a travaillé dans une usine de bombardiers à Fort Leavenworth pendant que lui était de l'autre côté de l'océan. Je suis allé dans des écoles parmi les meilleures d'Amérique et vécu dans l'un des pays les plus pauvres du monde. Je suis marié à une Noire américaine qui porte en elle le sang d'esclaves et de propriétaires d'esclaves - un héritage que nous avons transmis à nos deux filles bien-aimées. J'ai des frères, des sœurs, des nièces, des neveux, des oncles et des cousins, de toutes les races et de toutes les couleurs, répartis sur trois continents et, jusqu'à la fin de mes jours, je n'oublierai jamais que, dans aucun autre pays sur Terre, mon histoire ne serait même possible.


C'est une histoire qui n'a pas fait de moi le candidat le plus conventionnel. Mais c'est une histoire qui a inscrit jusque dans mes gènes l'idée que cette nation est plus que la somme de ses composantes - qu'à partir de beaucoup nous formons vraiment un tout unique.


Pendant toute la première année de cette campagne, et cela en dépit de toutes les prédictions contraires, nous avons vu à quel point le peuple américain soutenait ce message d'unité. Malgré la tentation de voir ma candidature à travers un prisme purement racial, nous avons remporté d'impressionnantes victoires dans des états dont la population était parmi les plus blanches du pays. En Caroline du Sud, où le drapeau confédéré flotte encore, nous avons bâti une puissante coalition entre des Afro-américains et des Américains blancs.


Cela ne le veut pas dire que la question raciale n'a pas émergé dans la campagne. A plusieurs stades de la campagne, des commentateurs m'ont jugé soit « trop noir » soit « pas assez noir. » Nous avons vu des tensions raciales remonter à la surface durant la semaine précédant la primaire en Caroline du sud. La presse a épluché chaque sondage de sortie des urnes pour trouver des preuves d'une polarisation raciale, qui opposerait non seulement les Blancs aux Noirs, mais aussi les Noirs aux basanés. Et, pourtant, ce n'est que ces dernières semaines que, dans cette campagne, le débat racial a pris un tour particulièrement polarisant.


A un bout du spectre, nous avons entendu dire implicitement que ma candidature était d'une certaine manière un exercice de discrimination positive ; qu'elle était fondée seulement sur le désir de libéraux naïfs de s'acheter une réconciliation raciale pour pas cher. A l'autre bout, nous avons entendu mon ancien pasteur, le révérend Jeremiah Wright, utiliser un langage incendiaire pour exprimer des opinions qui peuvent non seulement accroître le fossé racial, mais aussi des opinions qui dénigrent à la fois la grandeur et la bonté de notre nation ; qui offensent tout aussi bien les Blancs que les Noirs. J'ai déjà condamné en des termes non équivoques les déclarations du révérend Wright qui ont causé tant de controverses. Pour certains, des questions agaçantes demeurent. Est-ce que je savais qu'il avait été occasionnellement un critique virulent de la politique intérieure et étrangère de l'Amérique ? Bien sûr. L'ai-je déjà entendu faire des remarques qui peuvent être considérées comme sujettes à controverse alors que je me trouvais dans son église ? Oui. Etais-je en profond désaccord avec nombre de ses positions politiques ? Absolument - de la même façon que je suis sûr que beaucoup d'entre vous ont entendu des remarques de vos pasteurs, prêtres ou rabbins avec lesquelles vous étiez en profond désaccord.


Mais les remarques qui ont causé la récente levée de bouclier n'étaient pas simplement sujettes à controverse. Elles ne représentaient pas simplement l'effort d'un leader religieux pour s'élever contre ce qu'il percevait comme une injustice. Elles exprimaient une idée profondément fausse de notre pays - l'idée selon laquelle le racisme blanc serait endémique et qui met tout ce qu'il ya de mal en Amérique au dessus de tout ce que nous savons être bien en Amérique ; une idée selon laquelle les conflits au Moyen-Orient trouveraient leur origine principale dans les actions d'alliés solides comme Israël, et non dans des idéologies perverses et haineuses de l'Islam radical.


En tant que tels, les commentaires du révérend Wright n'étaient pas seulement faux : ils cherchaient à diviser, à un moment où nous avons tant besoin d'unité ; ils avaient une connotation raciale, à un moment où nous avons besoin de nous rassembler pour résoudre une série de problèmes monumentaux - deux guerres, une menace terroriste, une économie qui chute, une crise chronique du système de santé et un changement climatique potentiellement dévastateur ; des problèmes qui ne sont ni noirs, ni blancs, ni latinos, ni asiatiques, mais plutôt des problèmes qui nous concernent tous.


Etant donnés mes origines, ma politique et les valeurs et les idéaux qui je professe, il y en aura certainement pour qui mes paroles de condamnation ne sont pas suffisantes. Pourquoi d'abord me suis-je lié au révérend Wright, pourraient-ils demander ? Pourquoi ne pas avoir rejoint une autre église ? Et je dois confesser que si tout ce que je connaissais du révérend Wright était ces morceaux de sermons que l'on voit en boucle à la télévision et sur You Tube, ou si l'Eglise du Christ et de la Trinité Unie était conforme aux caricatures qui sont colportées par certains commentateurs, il n'y a pas de doute que j'aurais réagi à peu près de la même façon qu'eux.


Mais la vérité est que ce n'est pas tout ce que je sais de l'homme en question. L'homme que j'ai rencontré il y a plus de vingt ans est un homme qui m'a initié à la foi chrétienne, un homme qui m'a parlé de notre devoir de nous aimer les uns les autres ; de s'occuper des malades et d'aider les pauvres à se relever. C'est un homme qui a servi son pays en tant que Marine ; qui a étudié et enseigné dans les quelques-unes des meilleures universités et quelques uns des meilleurs séminaires du pays, et qui pendant plus de trente ans a dirigé une église qui s'occupe de la communauté en réalisant le travail de Dieu sur Terre - en logeant les sans logis, en secourant les nécessiteux, en ouvrant des crêches, en donnant des bourses et enn assurant des services religieux en prison, et en allant vers les malades du Sida.


Dans mon premier livre, « Rêves de mon père », j'ai décrit ce que fut l'expérience de mon premier office à l'église de Trinité :

« Les gens ont commencé à crier, à se lever de leurs sièges et à taper dans leurs mains et à crier, un vent puissant portant la voix du révérend toujours plus haut.... Et dans cette note unique - espère !- j'ai entendu autre chose ; au pied de la croix, dans les milliers d'églises de la ville, j'ai imaginé les histoires d'hommes noirs ordinaires se mélangeant à celles de David et de Goliath, de Moïse et de Pharaon, des chrétiens dans la fosse aux lions, du champ d'os secs d'Ezekiel. Ces histoires - de survie et de liberté et d'espoir - sont devenues notre histoire, mon histoire ; le sang qui a été versé était notre sang, les larmes, nos larmes ; jusqu'à ce que cette église noire, en ce jour lumineux, semble, une fois de plus, un vaisseau emportant l'histoire d'un peuple vers de futures générations et vers un monde plus large. Nos épreuves et nos triomphes sont devenus à la fois uniques et universelles, noires et plus que noires ; en devenant la chronique de notre voyage, ces histoires et ces chansons nous ont donné un moyen de préserver la mémoire dont nous n'avions pas à avoir honte... la mémoire que tout le peuple devrait étudier et chérir - et à partir de laquelle nous pourrions commencer à reconstruire. »


Telle a été mon expérience à l'église de la Trinité. Comme d'autres églises à prédominance noire dans le pays, Trinité incarne la communauté noire dans son ensemble -le médecin et la maman au chômage, l'étudiant modèle et l'ancien membre d'un gang. Comme dans d'autres églises noires, les offices à Trinité sont pleins de rires rauques et parfois d'humour obscène. Il y a plein de danses, de frappements de mains, de cris qui peuvent heurter des oreilles mal entraînées. Dans cette église, il y a toute la douceur et toute la cruauté, l'ardente intelligence et l'ignorance choquante, les luttes et les succès, l'amour et, oui, l'amertume et la préjugés qui font l'expérience noire en Amérique.


Et cela aide à expliquer, peut-être, ma relation avec le révérend Wright. Aussi imparfait qu'il puisse être, il est comme un membre de ma famille. Il a fortifié ma foi, célébré mon mariage et baptisé mes enfants. Pas une seule fois dans mes conversations avec lui, l'ai-je entendu parler de façon désobligeante d'un groupe ethnique ou traiter les Blancs avec lesquels j'avais affaire autrement qu'avec courtoisie et respect. Il porte en lui les contradictions - les bonnes et les mauvaises - de la communauté qu'il a servie avec application pendant tant d'années.


Je ne saurais pas plus le renier que je saurais renier la communauté noire. Je ne saurais pas plus le renier que je ne saurais renier ma grand-mère blanche - une femme qui m'a élevé, une femme qui s'est sacrifiée encore et encore pour moi, une femme qui m'aime plus que tout au monde, mais une femme qui m'a un jour confessé sa peur des hommes noirs qu'elle croisait dans la rue et une femme qui, plus d'une fois, a proféré des stéréotypes raciaux ou ethniques qui m'ont fait froid dans le dos. Ces gens font partie de moi. Et ils font partie de l'Amérique, ce pays que j'aime. Certains verront cela comme une tentative de justifier ou d'excuser des commentaires qui sont simplement inexcusables. Je peux vous assurer que ce n'est pas le cas. Je suppose que la façon la plus sûre politiquement serait d'avancer sans tenir compte de cet épisode et d'espérer seulement qu'il s'effacera dans la foulée. Nous pourrions rejeter le révérend Wright en disant que c'est un déséquilibré ou un démagogue, tout comme certains ont rejeté Géraldine Ferraro, après ses récentes déclarations, en la disant en proie à des préjugés raciaux viscéraux.


Mais la question raciale est un sujet que, je crois, notre pays ne peut se permettre d'ignorer maintenant. Nous commettrions la même erreur que le révérend Wright a commise dans ses sermons offensants à propos de l'Amérique - de simplifier et de « stéréotyper » et d'amplifier le côté négatif des choses au point de distordre la réalité. Le fait est que les commentaires qui ont été faits et les problèmes qui sont remontés à la surface ces dernières semaines reflètent les complexités de la question raciale dans notre pays sur lesquelles nous ne nous sommes jamais vraiment penchés - une partie de notre union qui reste à améliorer. Et si nous ne les abordons pas maintenant, si nous nous retirerons dans nos coins respectifs, nous ne serons jamais capables de nous unir pour relever des défis tels que la santé, l'éducation, la nécessité de trouver de bons emplois pour chaque Américain.


Pour comprendre cette réalité il faut nous souvenir de comment nous en sommes arrivés là. Comme Faulkner l'a écrit : « Le passé n'est ni mort, ni enterré. En fait, il n'est même pas passé. » Nous n'avons pas besoin ici de réciter l'histoire de l'injustice raciale dans ce pays. Mais nous avons besoin de nous rappeler que bien des disparités qui existent dans la communauté afro-américaine aujourd'hui remontent directement aux inégalités transmises par une génération d'avant qui a souffert de l'héritage brutal de l'esclavage et de Jim Crow.


Les écoles de la ségrégation étaient -et sont- des écoles inférieures ; nous ne les avons pas encore réparées, cinquante ans après « Brown v. Board of Education », et l'éducation inférieure qu'elles dispensaient, alors, et continuent de dispenser, permet d'expliquer le fossé grandissant entre le taux de réussite des étudiants noirs et celui des étudiants blancs d'aujourd'hui.


La discrimination légalisée - lorsqu'on on empêchait les Noirs, souvent par la violence, de devenir propriétaires, lorsque des prêts étaient refusés aux entrepreneurs afro-américains, ou lorsque des propriétaires noirs de logement ne pouvaient pas avoir accès aux hypothèques FHA, ou des Noirs étaient exclus de certains syndicats, ou de la police ou de brigades de pompiers - signifiait que des familles noires ne peuvaient accumuler une fortune significative à transmettre aux générations futures. Cette histoire permet d'expliquer le fossé entre patrimoine et les disparités de revenu entre les Noirs et les Blancs, et les poches concentrées de pauvreté qui persistent dans tant de communautés urbaines et rurales d'aujourd'hui.


Le manque d'ouvertures économiques pour les Noirs, et la honte et la frustration de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, ont contribué à l'érosion des familles noires - un problème que les politiques de « welfare » ont probablement aggravé pendant des années. Et le manque de services de base dans tant de quartiers urbains noirs - aires de jeux pour les enfants, patrouilles de police, ramassage régulier des ordures et respect du code de la construction - a contribué à créer un cycle de violence, de douleur et d'abandon qui continuent de nous hanter. Telle est la réalité dans laquelle le révérend Wright et les autres Afro-américains de sa génération ont grandi. Ils sont devenus adultes à la fin des années cinquante et au début des années 60, une époque où la ségrégation était toujours la loi du pays et les opportunités étaient systémiquement étranglées. Ce qui est remarquable ce n'est pas combien ont échoué à cause de la discrimination, mais plutôt combien d'hommes et de femmes ont réussi à surpasser les obstacles ; combien ont été capables de creuser un chemin, là où il n'existait pas, pour ceux qui, comme moi, devaient venir après eux.


Mais parmi tous ceux qui se sont battus à mort pour ce tailler une part de ce Rêve Américain, nombreux sont ceux qui ont échoué, qui ont fini, d'une façon ou d'une autre, par être victimes de la discrimination. Et cet échec a été transmis aux générations futures, à tous ces jeunes gens et, de plus en plus, ces jeunes filles qui tiennent les mur de nos rues ou pourrissent dans nos prisons, sans espoir ni projet d'avenir. Et même pour les Noirs qui ont réussi, les questions de la race, et du racisme, continuent toujours de façonner de manière fondamentale leur vision du monde. Pour les hommes et les femmes de la génération du révérend Wright les souvenirs d'humiliation, de doute et de peur restent vivaces, aussi bien que les souvenirs de colère et d'amertume ressenties pendant toutes ces années. Cette colère peut ne pas s'exprimer en public, devant des collègues blancs ou des amis blancs. Mais elle se fait entendre dans un salon de coiffure ou autour d'une table de cuisine.


Quelquefois cette colère est récupérée par des politiciens qui, pour compenser leurs propres échecs, cherchent à capter des voix en jouant sur la fibre raciale. Et, de temps en temps, elle peut se faire entendre à l'église, le dimanche matin, de la chaire ou des bancs des fidèles. Le fait que tellement de gens sont surpris d'entendre cette colère dans certains sermons du révérend Wright nous rappelle simplement le vieux truisme, suivant lequel l'heure de la ségrégation dans la vie Américaine sonne le dimanche matin. Cette colère est parfois contre-productive ; en effet, elle détourne souvent notre attention des vrais problèmes ; elle nous empêche de reconnaître sans ambiguïté que nous sommes nous-mêmes pour quelque chose dans la condition qui est la nôtre, et ne laisse pas la communauté afro-américaine forger les alliances dont celle-ci a besoin pour aboutir à un vrai changement. Mais cette colère est réelle, elle est puissante. La traiter par l'ignorance, la condamner sans comprendre ses racines ne peut qu'élargir l'abîme d'incompréhension qui existe entre les races.


En fait, une colère semblable existe dans certains segments de la communauté blanche. La plupart des Blancs américains qui sont ouvriers ou font partie de la classe moyenne n'ont pas le sentiment d'avoir été particulièrement privilégiés par leur race. Leur expérience est celle des immigrés : pour leur part, rien ne leur a été offert, ils ont tout construit eux-mêmes à partir de zéro. Ils ont travaillé dur toute leur vie, pour voir souvent leurs emplois être délocalisés et leurs retraites partir en fumée après une vie de labeur. Ils sont inquiets pour leur avenir et sentent leurs rêves leur glisser entre les doigts ; à l'époque des salaires gelés et de la concurrence planétaire, la chance finit par être perçue comme un jeu à somme nulle, dans lequel si toi, tu rêves, moi, je crève. Alors, lorsqu'on leur dit d'amener leurs enfants dans une école à l'autre bout de la ville ; lorsqu'ils entendent qu'un Afro-Américain leur passe devant et obtient un bon boulot ou une place dans une bonne fac parce qu'il faut réparer une injustice qu'eux-mêmes n'ont jamais commise ; lorsqu'on leur dit que leur peur face à la délinquance dans certains quartiers n'est que le fruit de préjugés, alors avec le temps, leurs rancunes s'accumulent.


Tout comme la colère dans la communauté noire, ces rancunes ne s'expriment pas toujours entre gens de bonne compagnie. Mais elles ont aidé à dessiner le paysage politique tout au long d'au moins une génération. La colère face à l'Etat providence et à la discrimination positive a aidé à forger la Coalition Reagan. Les hommes politiques ont eu l'habitude d'utiliser la peur du crime à leurs propres fins électorales. Les animateurs de talk shows et les commentateurs conservateurs se sont bâti des carrières à dénoncer de fausses accusations de racisme et à éviter toute discussion légitime sur l'injustice raciale en affirmant que ce n'était que du politiquement correct ou du racisme à l'envers.


Tout comme la colère noire s'est souvent avérée contre-productive, de même les rancunes blanches ont détourné l'attention des véritables causes du malaise de la classe moyenne : une culture d'entreprise où les délits d'initié se multipliaient, des pratiques de comptabilité douteuses, et une avidité à court-terme ; Washington, où règnent des lobbies et des intérêts particuliers ; une politique économique qui favorise quelques-uns au détriment de tous les autres. Mais là encore, si l'on traite ces rancunes des Blancs américains par l'indifférence, si on les estampille comme étant de l'égarement, voire du racisme, sans reconnaître qu'elles se fondent sur des inquiétudes légitimes, alors on contribue à élargir le fossé racial, à bloquer la voie qui mène à une compréhension. Voilà où nous en sommes actuellement.


C'est une impasse raciale dans laquelle nous sommes coincés depuis des années. Contrairement à ce que prétendent certains de mes critiques, noirs et blancs, je n'ai jamais été assez naïf pour croire que nous pourrions en finir avec notre division raciale en un seul cycle électoral, ou avec une seule candidature, surtout avec une candidature aussi imparfaite que la mienne. Mais j'ai toujours affirmé ma conviction profonde - une conviction qui prend racine dans ma foi en Dieu et dans ma foi dans le peuple américain - qu'ensemble nous pouvons aller au-delà de certaines de nos blessures raciales, et qu'en fait nous n'avons pas d'autre choix si nous devons poursuivre notre voie vers une union plus parfaite. Pour la communauté afro-américaine, cette voie signifie reconnaître le poids de notre passé, sans pour autant devenir victimes de ce passé. Elle signifie que nous devons insister pour que l'équité soit assurée dans tous les aspects de la vie américaine. Mais elle signifie également que nous devons lier nos revendications particulières - meilleurs services de santé, meilleures écoles, meilleurs emplois - aux aspirations plus larges de tous les Américains : celles de la femme blanche qui se bat pour briser le plafond de verre, de l'homme blanc qui a été licencié, d'un immigré qui essaie de nourrir sa famille.


Elle signifie aussi que nous devons assumer entièrement la responsabilité de nos propres vies : en exigeant davantage de nos pères, en passant plus de temps avec nos enfants, en leur lisant, en leur apprenant que, quand bien même ils seraient amenés à faire face aux défis et à une discrimination dans leur vie à eux, ils ne devront jamais se laisser aller au désespoir et au cynisme ; ils devront toujours croire qu'ils sont maîtres de leur destin.


Paradoxalement, cette idée très américaine - et très conservatrice, certes - de s'« aider soi-même » - a été exprimée fréquemment par le révérend Wright dans ses sermons. Mais ce que mon ancien pasteur n'a souvent pas compris, c'est que pour se lancer et essayer de s'aider soi-même, il faut aussi croire que la société peut changer. L'erreur profonde du révérend Wright n'est pas d'avoir parlé dans ses sermons du racisme dans notre société. C'est d'avoir parlé de notre société comme si elle était immuable ; comme si elle n'avait connu aucun progrès ; comme si ce pays - le pays même qui a donné la possibilité à un des siens de viser la plus haute fonction du pays et de bâtir une coalition qui réunit Blancs et Noirs, Latinos et Asiatiques, riches et pauvres, jeunes et vieux - était encore irrévocablement lié à son passé tragique. Mais nous savons - nous l'avons vu - que l'Amérique peut changer. C'est là le vrai génie de ce pays et de son peuple. Ce que nous avons déjà réussi à accomplir nous remplit d'audace et nous permet d'espérer tout ce que nous pouvons et devons accomplir demain.


Pour la communauté blanche, la voie vers une union plus parfaite signifie de reconnaître que les maux qui tourmentent la communauté afro-américaine n'existent pas uniquement dans l'esprit des Noirs ; que l'héritage de la discrimination - et les cas actuels de discrimination, bien que moins flagrants que par le passé - sont réels et méritent une réaction. Non seulement verbale, mais concrète : investir dans nos écoles et nos communautés ; appliquer nos lois sur les droits civiques et garantir l'équité de notre système pénal ; proposer à la nouvelle génération l'ascenseur social qui a été indisponible pour les générations précédentes. Cette voie implique que tous les Américains comprennent que les rêves des uns ne se réalisent pas nécessairement au détriment de ceux des autres ; qu'en investissant dans la santé, le « welfare » et l'éducation des enfants de toutes les couleurs, nous allons, en bout de course, aider l'Amérique toute entière à prospérer.


Alors, en fin de compte, ce qu'il nous faut, ce n'est ni plus ni moins que ce que toutes les grandes religions du monde demandent : que nous agissions envers les autres comme nous voudrions qu'ils agissent envers nous. Soyons gardien de notre frère, nous enseigne l'Ecriture. Soyons gardien de notre sœur. Trouvons cet intérêt commun que nous avons les uns dans les autres, et que cet esprit-là soit également présent dans notre politique. Puisque, dans notre pays, nous avons le choix. Nous pouvons accepter une politique qui nourrit la division, le conflit et le cynisme.


Nous pouvons aborder la question raciale uniquement comme un spectacle - comme nous l'avons fait pendant le procès de OJ, - ou alors comme arrière-plan d'une tragédie - comme nous l'avons fait le lendemain de Katrina, - ou encore la donner en pâture aux infos tous les soirs. Nous pouvons passer les sermons du Révérend Wright sur toutes les chaînes tous les jours et en parler à partir de maintenant et jusqu'au jour de l'élection, en concentrant toute la campagne sur la seule et unique question de savoir si, oui ou non, le peuple américain pense que je crois ou soutiens d'une manière ou d'une autre ses propos les plus provocateurs. Nous pouvons nous accrocher à une gaffe d'un partisan d'Hillary pour prouver qu'elle joue la carte raciale, ou encore tergiverser pour savoir si tous les Blancs de sexe masculin vont se précipiter dans le camp de John McCain au moment de l'élection, quelle que soit sa politique.


Nous pouvons le faire. Mais si nous le faisons, je peux vous dire que la prochaine fois nous allons parler d'un autre divertissement. Et puis d'un autre. Et d'un autre encore. Et rien ne va changer. C'est une possibilité. Ou alors, à ce moment précis, pour cette élection-ci, nous pouvons nous unir pour dire : « Pas cette fois ». Cette fois, nous voulons parler des écoles en déliquescence qui volent l'avenir des enfants noirs et des enfants blancs et des enfants asiatiques et des enfants hispaniques et des enfants amérindiens. Cette fois, nous voulons rejeter le cynisme qui nous dit que ces gamins ne peuvent pas apprendre ; que ces gamins qui ne nous ressemblent pas ne sont pas notre problème. Les enfants de l'Amérique ne sont pas « ces gamins », ce sont nos gamins, et nous n'allons pas les laisser tomber et sombrer dans l'économie du 21ème siècle. Pas cette fois.


Cette fois, nous voulons parler des files d'attente aux urgences qui sont pleines de Blancs et de Noirs et d'Hispaniques qui n'ont pas d'assurance maladie ; qui, seuls, n'ont pas le pouvoir de vaincre les intérêts particuliers à Washington, mais qui peuvent les affronter, si nous le faisons ensemble.


Cette fois, nous voulons parler des usines à l'abandon qui autrefois offraient une vie décente aux hommes et aux femmes de toutes les races, et des maisons à vendre qui autrefois appartenaient à des Américains de toute religion, de toute région, de tous les passés. Cette fois, nous voulons parler du fait que le vrai problème n'est pas que quelqu'un qui ne vous ressemble pas peut vous prendre votre travail ; c'est que la firme pour laquelle vous travaillez va le délocaliser juste pour le profit.


Cette fois, nous voulons parler des hommes et des femmes de toutes les couleurs et de toutes les croyances qui servent ensemble, et combattent ensemble, et saignent ensemble sous le même drapeau fier. Nous voulons parler de la façon de les ramener à la maison d'une guerre qui n'aurait jamais dû être autorisée et qui n'aurait jamais dû être engagée et nous voulons parler de la façn dont nous allons montrer notre patriotisme en nous occupant d'eux et de leurs familles et en leur donnant les avantages qu'ils ont mérités.


Je ne me présenterais à la Présidence si je ne croyais pas de tout mon cœur que c'est ce que veulent pour leur pays la grande majorité des Américains. Cette union ne sera peut-être jamais parfaite, mais les générations successives ont montré qu'elle peut toujours être améliorée. Et aujourd'hui, chaque fois que je doute et je suis cynique au sujet de cette possibilité, ce qui me donne le plus d'espoir est la génération suivante - les jeunes dont les attitudes et les croyances et l'ouverture au changement ont déjà fait l'histoire dans cette élection.


Il y a une histoire que je voudrais vous raconter pour finir aujourd'hui - une histoire que j'ai eu le grand honneur de raconter lors de l'anniversaire du docteur King dans son église, Ebenezer Baptist, à Atlanta. C'est l'histoire d'une jeune blanche de 23 ans nommée Ashley Baia qui a organisé notre campagne à Florence, en Caroline du sud. Elle a travaillé à organiser une communauté principalement afro-américaine depuis le début de cette campagne et un jour elle assistait à une table-ronde où chacun racontait son histoire et pourquoi il était là. Et Ashley a dit que, quand elle avait neuf ans, sa mère fut atteinte d'un cancer. Et parce qu'elle a dû rater des jours de travail, elle a été renvoyée et a perdu son assurance maladie. Elles ont été contraintes de se faire déclarer insolvables et c'est à ce moment-là qu'Ashley a décidé de faire quelque chose pour sa mère.


Elle savait que la nourriture représentait l'un de leurs principaux postes de dépense, et donc Ashley a convaincu sa mère que ce qu'elle aimait vraiment et voulait vraiment manger n'était rien d'autre que de la moutarde et des sandwiches aux condiments. Parce que c'était ce qu'il y avait de moins cher à manger. Elle a fait cela jusqu'à ce que sa mère aille mieux et elle a dit à tout le monde lors de cette table-ronde que la raison pour laquelle elle avait rejoint notre campagne était d'aider les millions d'autres enfants qui, dans ce pays, veulent et doivent aider leurs parents, eux aussi. Or Ashley aurait pu faire un choix différent. Peut-être que quelqu'un lui a dit, à un moment, que la source des problèmes de sa mère était les Noirs qui vivaient du « Welfare » et qui étaient trop paresseux pour travailler, ou les Hispaniques qui venaient dans le pays illégalement. Mais elle ne l'a pas fait. Elle a cherché des alliés dans son combat contre l'injustice.


En tous cas, Ashley termine son histoire et fait le tour table en demandant à chacun pourquoi il soutient la campagne. Ils ont tous des histoires et des raisons différentes. Beaucoup soulèvent des questions spécifiques. Et finalement c'est le tour de cet homme âgé noir qui est resté, pendant tout ce temps, assis silencieusement. And Ashley lui demande pourquoi il est là. Et il ne soulève pas de problème spécifique. Il ne parle pas de la santé ou de l'économie. Il ne parle pas de l'éducation ou de la guerre. Il ne dit pas qu'il est là à cause de Barack Obama. Il dit simplement à tout le monde : « Je suis ici à cause d'Ashley. »


« Je suis ici à cause d'Ashley. » Par lui-même, ce simple moment de reconnaissance entre une jeune femme blanche et un vieil homme noir n'est pas suffisant. Ce n'est pas assez pour apporter des soins aux malades ou des emplois aux chômeurs ou de l'éducation à nos enfants. Mais c'est là notre point de départ. C'est là que notre union puise sa force. Et, comme tant de générations ont fini par comprendre au fil des deux cent vingt et un ans depuis qu'un groupe de patriotes a signé ce document à Philadelphie, c'est là que la perfection commence. »


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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 12:36
J'ajoute aux informations précédentes que les rédacteurs de wikipedia devraient lire, au sujet de l'affaire  du mariage annulé par un jugement qui a fait beaucoup parler et réagir, un article de l'Express de cette semaine qui, entre autres choses, rappelle ceci que les citoyens franças dans leur grande majorité n'approuvent pas ce jugement et que le bénéfice de celui-ci consiste cependant dans  un approfondissement de la réflexion quant aux questions posées apr ce jugement.

"73 % des Français interrogés par OpinionWay s'estiment choqués par cette atteinte à la dignité des femmes, et 54 % des sondés s'alarment de voir reconnues par la justice des arriérations fondées sur des bases religieuses.

Si cruelle qu'elle soit, cette affaire a le mérite d'obliger à une nouvelle prise de conscience. Après avoir légiféré pour interdire le port du voile à l'école et dans les lieux publics, la France a constaté que ce rappel à l'ordre avait produit des effets bénéfiques. La gauche ainsi que de nombreux députés UMP demandent maintenant une loi comparable afin d'empêcher l'invocation de la virginité comme « qualité essentielle de la personne ».

Au-delà de l'intervention éventuelle du législateur, ce mariage annulé relance la discussion globale sur l'islam et révèle à quel point l'opinion française s'inquiète de nouveau de l'incompatibilité entre une démocratie moderne et certaines règles ou traditions de l'islam, que d'aucuns veulent imposer alors même qu'ils ont choisi de vivre sous des cieux où la charia n'a pas cours. Les débats théologiques divisent les spécialistes, tandis que l'opinion exprime sa réprobation croissante. "

Nous trouvons encore cette autre réflexion dans le même article , qui souligne la nécessité de prendre en compte  la dimension théologique qui se profile derrière l'événement particulier de la dite annulation, afin que la religion soit compatible avec les règles politiques qu'un Etat démocratique s'est données, soit cette religion-là, comme toutes les autres religions ont accepté de la faire. Ce qui est une condition fondamentale de la paix civile, lilmitant les prétention de la religion, toutes les religions, à intervenir dans la sphère juridique et politique pour y porter ses revendications particulières au nom des seuls fidèles qu'elle comprend.


" La connaissance approfondie des fondements de la foi musulmane devient nécessaire pour répondre au travail de sape et à l'intox des fondamentalistes. On peut, on doit désormais aborder sans préjugé ni tabou les vérités qui dérangent et se défaire de la mauvaise conscience « postchrétienne » qui a fait le lit des islamistes. La société française y gagnera en compréhension ; et les musulmans progressistes y verront leur cause avancer. Encore faudra-t-il que l'islam renoue avec la pratique de l'interprétation libre, interrompue il y a un bon millénaire. Encore faudra-t-il, surtout, que le dogme du « Coran incréé », oeuvre directe d'Allah, donc intouchable, laisse agir l'exégèse récente qui dévoile peu à peu la part des hommes dans la rédaction du Livre."

Si l'islam a perdu la culture de la libre lecture des textes, sa présence en Europe lui donne précisément la chance de pouvoir renouer avec la libertén de l'étude et de la réflexion théologique et l'exégèse des textes, confrontés à un espace démocratique qui a abandonné volontairement un certain nombre d'archaïsmes dont la / les religions étaient porteuses, en particulier en ce qui concernent les femmes. Précision : archaïsmes , non que  tout du passé doive être abandonné au nom d'une supposée supériorité de la modernité, qui est largement criticable dans bien de ses aspects, mais archaïsmes parcequ'il s'agit de moeurs et plus ou moins de principes qui relèvent d'une culture de l'inégalité et de la privation de libertés pour certains membres de la société, en l'occurrence les femmes.


N.B. : cet article fait partie d'un ensemble d'articles réunis par l'Express dans
un dossier, comme ils disent, concernant ces thèmes et questions qui raniment l'exigence de réflexion sur les rapports entre la religion et la politique et qui traitent des divers aspects des traditions islamiques.  Sources

Alithia

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 17:12

argumentaire dont vous ne verrez pas trace sur wikipedia : trop intelligent sans doute .

Les faits, d'abord, l'émotion et le questionnement ensuite, l'explication et le commentaire enfin. Un mariage célébré le 8 juillet 2006. Deux jeunes Français dont on précise - pourquoi ? - qu'ils sont musulmans. Le couple s'éclipse lors des festivités. Le mari - 23 ans ! - revient, "blême", précisent les feuilletonistes de nos quotidiens. La femme n'est pas vierge. Elle lui a menti. Le scandale mis en scène culmine. L'orgueil (blessé) du mâle aussi.

 

Il demande réparation à la justice sur la base de l'article 180 du code civil. Cette disposition - assez rarement évoquée - permet de prononcer la nullité d'un mariage "s'il y a eu erreur... sur des qualités essentielles de la personne..." A signaler que ces procédures sont particulièrement rares. Une des "qualités essentielles" requises par l'époux - la virginité - faisant défaut, le tribunal de grande instance de Lille annule le mariage. D'autant que l'épouse aurait acquiescé à la demande. Personne, d'ailleurs, ne se soucie d'en savoir davantage : pression familiale ? sociale ? culpabilisation excessive et intériorisée ? Envie d'en finir et d'effacer de ses souvenirs cet épisode navrant de sa jeune vie ?


Il n'importe. Car - première observation - toutes les questions d'état des personnes - donc le mariage - relèvent de l'ordre public. Ce qui signifie que l'adhésion de l'épouse devrait être sans conséquence sur le jugement.


En revanche, l'avis du procureur, requis pour cette raison, est essentiel. Dommage qu'il accorde en général si peu d'importance à son intervention, souvent déterminante, en matière civile ! Et se contente d'un rituel et paresseux - "Je m'en rapporte..." La loi - donc d'ordre public - ne dresse pas dans son article 180 la liste des "qualités" qui peuvent être considérées comme "essentielles" par les époux. Donc, c'est au coup par coup. On appelle cela la jurisprudence. Qui, en tenant compte pour une part de la subjectivité des époux, décerne le label d'essentialité. Pour une part seulement et jusqu'à certaines limites. Telle femme se souciera d'une entorse à la virginité... d'un casier judiciaire, tel homme n'acceptera en aucun cas une prostitution, même épisodique et désespérée.


Mais la liberté des juges dans cette appréciation connaît un point limite. Celui vers lequel convergent les principes de notre droit. Un droit français républicain, laïc, conforme aux règles d'égalité (entre les individus et entre les sexes) et de respect de la vie privée des individus. Privée, et dans ce cas, intime. Une demande en nullité de mariage formée en contravention de ces principes doit être vouée à l'échec.


Et la justice ne peut, au nom de je ne sais quel respect des traditions, cultures ou religions, laisser pervertir le mariage civil. Qui pourrait en effet souscrire à la thèse du mensonge sur... la virginité et non sur le défaut même de cette "qualité" ? "En mariage trompe qui peut", dit doctement un de nos vieux adages de droit.


En vérité, ce jugement fait bien de la virginité la cause de la nullité. A l'évidence, il porte atteinte à ce qui fonde notre justice. Et gomme, du même coup, la liberté d'une femme, égale à celle d'un homme, de disposer d'elle-même ! Le tribunal de Lille aurait donc, à tort et sans le mentionner formellement, pris en considération la religion du mari français. Il est musulman. Les attendus du jugement ne laissent aucun doute, ils insistent sur la "perception" que le mari avait eue de la virginité de l'épouse. Gageons que si un jeune Durand ou Dupont avait sollicité l'annulation de son mariage pour les mêmes motifs le tribunal, après avoir ri, ou cru à un gag, aurait rejeté rapidement la demande. Et condamné aux dépens. Mais le justiciable de Lille, encore une fois, est musulman. Et du coup l'indignation générale provoquée par l'annulation du mariage se mâtine de relents islamophobes.


Les musulmans peuvent-ils être des Français comme nous ? La question est dans tous les non-dits. Personne ne songe aux mariages - chasteté exigée - des juifs orthodoxes, à papillotes et à perruque ? Ni à ceux des catholiques intégristes disciples de Monseigneur Lefebvre, priant régulièrement à Saint-Nicolas-du-Chardonnet ?


La justice française, en faisant accéder la virginité d'une femme à la dignité de "qualité essentielle" a d'abord cédé à la facilité. Deux époux d'accord pour en finir, un procureur routinier. Dossier réglé, nullité prononcée. Nous voilà du même coup rejetés des siècles en arrière, confrontés à une mise en cause des principes de notre justice. Il eût été pour les époux si simple de divorcer par consentement mutuel. Pas d'enfant, pas de pension, pas de prestation compensatoire. La demande en nullité, présentée le 26 juillet 2006, a fait l'objet d'un jugement le 1er avril 2008.


Parions qu'une procédure discrète et consensuelle de divorce eût été plus rapide ! Et aurait relégué la sacralisation de la virginité de la femme au rang de fantasme d'un homme, d'un mâle du temps des prédateurs sexuels. Que ce fantasme soit d'origine religieuse ou non ne doit en aucun cas intéresser nos juges. Au lieu du divorce, on nous sert un grand déballage. Débats tous azimuts, médias alléchés, gouvernement incohérent. Qui a bien fait, dans sa volte- face, d'ordonner enfin un appel.


Mais cette effervescence a permis, en subliminal, de mettre une fois de plus en accusation les musulmans. Egalité des sexes, dignité des femmes, tels sont les impératifs de notre droit qui excluent, dans tous les cas, la prise en compte de réflexes communautaristes. Le jugement de Lille a méconnu la donnée de base. Il ne pouvait concerner que deux justiciables français, soumis à la laïcité républicaine de notre droit. Rien de moins. Mais, aussi, rien de plus.

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 17:05
Sur son blog le juge Jean-Pierre Rosenczveig écrit ceci à propos du jugement d'annulation du mariage par un tribunal de Lille.



" La décision du JAF de Lille aura donc fait couler beaucoup d'encre. A la hauteur de la passion que suscite le légitime souci de ne pas voir régresser le statut fait aux femmes.

Qu'ils approuvent ou critiquent l'analyse que j'ai pu développer en réflexe, les 800 commentaires déposés sur ce site après quelques 140 000 visites enregistrées sur trois jours sont généralement passionnants. Ils ont l'intérêt de pousser à approfondir la réflexion. Ils pointent à juste titre les contradictions du raisonnement approuvant le jugement lillois sans ,bien sûr, être exempts eux-mêmes de critiques.


Qu'il me soit permis de préciser quelques repères en prenant en compte le lieu où nous sommes : le blog d'un magistrat militant pour les droits des enfants, pour ne pas dire pour les droits humains. Juriste ne veut pas dire pas incontestable ; militant je sais ne pas être neutre sachant que le droit lui-même n'est pas neutre, mais porteur de valeurs, celles qui ont suscité tel texte, celles qui vont éclairer son interprétation au fur et à mesure du temps. Napoléon n'avait pas prévu les accidents du travail et les accidents de la circulation pour faire face aux développements de l'industrie et des nouvelles technologies ; les juges ont su interpréter l'article 1384 du code civil pour protéger les victimes. De même, pour protéger les enfants,  les juges de la République ont su au lendemain de la loi de 1975 sur le divorce introduire dès 1977 l'exercice conjoint de l'autorité parentale dans la séparation que le législateur avait totalement omis de prendre en compte dans sa réforme. Depuis le Parlement a consacré cette jurisprudence : l'exercice conjoint est devenu la règle après séparation du couple lié par le mariage ou non.


Autre illustration parmi mille, Patrice de Charette en incarcérant pour homicide involontaire à la fin des années 70 un cadre supérieur qui avait négligé les précautions de sécurité a fait prendre conscience que l'ordre public ne se protégeait pas seulement dans la rue, mais dans l'entreprise : depuis, les accidents du travail ont considérablement chuté.


Tout cela pour dire que le juge doit partir des textes tels qu'ils sont. Il les lit et les interprète avec les valeurs de son époque.



                                                                       ***



Le débat sur l'annulation du mariage pour cause de mensonge sur la virginité de la mariée est loin d'être clos. La justice va encore avoir à écrire quelques pages sur le sujet. Faudra-il légiférer et cela suffira-t-il  à protéger ces jeunes femmes ?


Le parquet a introduit un référé pour obtenir que le jugement de Lille ne soit pas exécutoire immédiatement comme l'avait décidé le juge. Il a également fait appel comme le lui a demandé la Garde des Sceaux.


Avec bien d'autres, autant j'entendais un recours dans l'intérêt de la loi devant la Cour de Cassation de façon à faire interpréter les termes de l'article 180 du code civil, autant je suis réservé sur un appel qui pourrait au final, en théorie, déboucher sur une décision contraire à celle de première instance avec deux époux qui se retrouveraient mariés contre leur gré.



Passons à l'essentiel.


On peut le contester, mais depuis 1975, la loi est là qui veut, comme le rappelle excellemment Anne Chemin dans son article dans l'édition du 6 juin du Monde, qu'il faut s'attacher aux intentions des mariés. Le législateur a introduit le divorce par consentement mutuel ; il rappelle que s'agissant des enfants il faut tenir compte des intentions des parents avant de décider de leur sort, etc. L'article 180 du code civil désormais célébrissime introduit la possibilité pour l'un des époux de déposer une demande en annulation du mariage - et non pas en divorce - pour avoir menti à l'autre sur « une qualité essentielle ».


La question se pose effectivement de supprimer cette formule pour ne laisser que la voie du divorce. Serait-ce au final un progrès pour les personnes qui ont le sentiment d'avoir été fondamentalement bernées sur un point qui leur paraissait majeur au point de conditionner leur accord fatidique devant Monsieur le Maire ?


On a dit qu'ont été retenues comme « qualités essentielles » le fait pour un homme sachant être stérile de ne pas le dire à sa future épouse dont il connaît le souci d'être mère ; le fait pour l'un des époux de sceller son passé sulfureux (délinquance, prostitution, etc.) ou encore de cacher être sous curatelle.


En l'espèce, le jugement n'y faisant pas référence explicitement, les époux de Lille étant de confession musulmane, l'homme attachait explicitement un intérêt majeur à ce que son épouse soit vierge. Apparemment elle n'y attachait pas la même importance puisqu'elle avait eu de relations sexuelles hors le mariage, et on ne lui reprochera pas. Elle n'a pas osé assumer son passé amoureux. Pas plus n'a-t-elle souhaité camoufler la vérité en se faisant refaire un hymen. Il semble que cette jeune femme pensait que l'amour réciproque permettrait, dans l'intimité de la nuit de noces, de dépasser ce « problème ». Il n'en fut rien, bien au contraire.


Après tout, on épouse quelqu'un pour ce qu'il est et non pas tel qu'on souhaite qu'il soit.  Le débat est identique sur l'adoption où il faut parfois faire comprendre aux parents qui s'ouvrent à un enfant que l'enfant qui leur est proposé n'a pas à répondre à l'enfant rêvé.


La loi ne fixe pas une liste des « qualités essentielles » sur lesquelles doit porter le mensonge. Elle laisse les intéressés argumenter. Le juge appréciera si le mensonge est avéré, mais aussi s'il porte quelque chose d'important aux yeux de l'époux qui se plaint. Doit-il aller jusqu'à dire s'il est légitime d'admettre qu'il le soit.


On est au cœur du débat : la virginité peut-elle être en 2008 un objet de convention entre les futurs époux ? Que ce soit en référence à des convictions religieuses, comme dans le cas présent, ou pour tout autre raison.  N'est-on pas sur une clause contraire à l'ordre public ? On sait que le parquet qui aujourd'hui fait appel n'avait rien trouvé à dire quand il avait été interrogé. Le juge ne devait-il pas, proprio motu, relever cet argument ?


En l'espèce, car il s'agissait ne l'oublions pas d'un cas d'espèce pour le juge de Lille, la difficulté tenait à ce que la femme elle-même avait acquiescé à la demande d'annulation déposée par son mari. Si cet homme prétendait avoir été choqué de sa découverte, elle avançait avoir été humiliée par son mari et également par sa propre famille qui a accepté, nous dit-on, le comportement du mari.


On est dans un procès civil : refuser d'annuler le mariage quand la victime qui nous préoccupe - l'épousée - y appelle elle-même est-ce vraiment répondre à son attente ? Si ce Monsieur dit avoir été berné par son épouse, Madame prétend que cet homme voulait épouser un concept : une femme vierge, mais pas elle.


Il est évident que la non-virginité ne peut pas être en valeur absolue une cause d'annulation du mariage civil. Peut elle être une cause relative liée à un mensonge ? Où mettre la limite entre ce qui est essentiel et ne l'est pas ? N'est-on pas renvoyé à préciser ce qu'est aujourd'hui l'objectif du mariage ?


Il sera intéressant de voir si demain les juges d'appel feront passer l'ordre public avant la volonté de l'épouse et plus généralement si un juge estimera que la virginité d'un époux est hors du champ des sujets pouvant être tenus pour légalement essentiels. Cela ne serait pas incongru. Même si la question posée est légèrement différente, j'ai déjà développé que l'ordre public avait pénétré l'intimité familiale en condamnant le mari violeur de sa femme.


Je  relève déjà que l'impact de cette décision dépasse largement ce que le jugement dit. La juge de Lille n'a nullement eu l'intention de dire qu'il était légitime d'exiger qu'une femme arrive vierge au mariage. C'est pourtant ce qui a été retenu de son jugement. Une nouvelle fois il y a un déphasage entre le contenu d'une décision et l'interprétation qui en a été faite. Mais il est de fait que cette décision n'a pas affirmé que le sujet était hors du champ de ce que l'un des époux pouvait exiger de l'autre au risque de faire annuler la convention. Partant de là elle laisse à croire que désormais les hommes pourront l'exiger et on comprend l'émoi suscité.


Doit-on supprimer l'article 180 ou le préciser sur ce qui peut faire ou pas l'objet d'un mensonge entraînant nullité du mariage entre futurs époux ? Je ne le crois pas, mais il n'y aurait pas de quoi être choqué si un texte explicite était adopté sur ce point.


Mais que préciserait cette loi ? Dresserait-elle une liste limitative des qualités pouvant être tenues pour essentielles ou a contrario une liste des qualités qui en aucun cas pourraient être retenues pour essentielles ? On voit la difficulté de l'exercice face à la rapidité de l'évolution des moeurs.


La sagesse commande de laisser la justice construire les réponses comme elle l'a fait dans d'autres domaines. Ainsi sur la question de savoir si des époux stériles devenus parents par insémination avec donneur pouvaient en divorçant, exciper que le mari n'était pas le père ; dans un premier temps les juges l'admirent, puis au nom de la stabilité due à l'enfant ils adaptèrent leur position et la loi au final les a suivis.


Il y a quelques années, la loi sur le port du voile ne s'imposait pas juridiquement du fait de la jurisprudence du conseil d'Etat et de l'article 14 de la Convention internationale sur les droits de l'enfant. Force est de constater que politiquement la loi du 9 mars 2004 a coupé court au débat en marquant des limites à l'attaque religieuse sur l'école de la République et sur la République elle-même. Initialement j'avais soutenu que juridiquement cette loi ne s'imposait pas, mais je reconnais que l'acte politique était indispensable. Le texte adopté au final ne pose pas un interdit absolu, mais cadre bien le port des signes religieux à l'école dès lors qu'ils ne sont pas ostentatoires.

                                                                      



***



Cette histoire éclaire une fois de plus la condition faite aujourd'hui à nombre de jeunes femmes qui vivent sous influence islamique comme dans le passé d'autres ont vécu l'équivalent notamment sous la pression catholique.


Jamais nous n'aurions eu une telle polémique si en arrière-fond n'était posée la question majeure - trop longtemps escamotée depuis des décennies par l'ensemble de la classe politique, - du statut fait à nombre de jeunes filles de France du fait de la pression religieuse. Ces femmes veulent être femmes à part entière ; on le leur refuse. Le risque est énorme de voir cette société régresser sur des conquêtes tenues pour majeures et, somme toute, encore fraîches.


Nombre de nos concitoyens ont appris que des jeunes filles n'hésitent pas à se refaire confectionner un hymen pour répondre à l'attente implicite de leur futur époux. D'autres dans leurs relations avant mariage pratiquent la sodomie pour ne pas avoir  à rendre des comptes.


Indéniablement par machisme ou par convictions religieuses - les unes pouvant servir d'alibi à l'autre - des hommes  et des familles -, attachent aujourd'hui une importance à cette virginité des femmes. Sur ce point il appartient au camp de la laïcité de faire reculer l'impact du religieux. Il en a les moyens. Aujourd'hui, il faut venir en aide à cette multitude de jeunes filles qui ne veulent pas rompre avec leur milieu, ni en être rejetées, mais pour autant veulent vivre la vie d'une femme moderne, notamment disposer légitiment de leur corps. Comme les hommes elles veulent vivre et petit à petit concrétiser un projet de vie dans ou hors le mariage, avec un homme ou une femme, être ou ne pas être mères. Ces femmes ont droit aux mêmes libertés que les hommes.


En d'autres termes, une fois de plus on peut trouver dans les pros et les antis jugement de Lille des personnes qui partagent les mêmes valeurs mais qui se séparent sur la stratégie.


Personnellement je ne me laisserai pas enfermé dans le camp des machistes, des rétros, des religieux, etc. Je l'ai dit en entame, le droit n'est pas matière figée. Il vit. Les juges eux-mêmes prennent en compte la pression sociale et ses attentes.


Les intégrismes religieux, quels qu'ils soient, peuvent nous faire singulièrement régresser. Il est évident que nous retrouvons aujourd'hui des débats que depuis 50 ans nous pensions enfouis dans l'histoire. Il faut lutter contre les mariages forcés, il faut libérer ces femmes de la pression qui veut qu'elles ne sont pas femmes à part entière, maîtresses de leur vie. Le combat sera rude, mais je n'ai aucun doute qu'il sera gagné. Il peut passer par la loi, mais aussi par un débat social ferme et aussi des postures professionnelles claires comme celles consistant pour les médecins à refuser de se livrer à des examens de virginité.


De ce débat qui ne retombera pas de sitôt on peut attendre qu'il amène plus que par le passé certaines jeunes filles à pouvoir dire non. Celles-là seront menacées d'être exclues de leur communauté. C'est là où il ne faudra pas abandonner à leur sort celles qui feront le choix de leur liberté. Et celles qui ne franchiront pas ce pas devront être aidées. Ne les privons pas des moyens juridiques de se libérer si jamais le piège se referme sur elle. Faut-il aussi prévoir que le contrôle préalable au mariage soit plus strict pour vérifier si la jeune fille est libre dans son consentement ? Comment ?" 

 

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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 12:03

Voici une information ignorée de wikipedia, comme le sont les autres précédemment publiées sur ce blog concernant le jugement de Lille selon un professeur de droit le jugement décidant de l'annulation n'est pas conforme au droit.

 




Il s'agit de Françoise Dekeuwer-Défossez, professeur émérite de droit à Lille-II qui déclare dans une interview au Parisien que la décision du tribunal  "n'est pas conforme au droit" car le mensonge "n'est pas un motif d'annulation du mariage" et que de plus il est douteux "que l'on puisse considérer la virginité d'une femme comme une qualité essentielle".


[extraits]

La décision  du tribunal de Lille "n'est pas conforme au droit". Si l'on peut comprendre les juges, dit-elle, car les époux étaient d'accord, la décision  "juridiquement, est contestable".

Car    "La demande de nullité du mari se fonde sur le mensonge relatif à la virginité de son épouse. Or, le Code civil ne reconnaît pas le mensonge comme une cause d'annulation du mariage. [...] L'erreur, elle, peut constituer un motif de nullité à condition qu'elle porte sur une qualité essentielle de l'un des deux conjoints, en l'occurrence ici, la virginité de l'épouse. Mais je doute que l'on puisse considérer la virginité d'une femme comme une qualité essentielle. "



Et sur les qualités essentielles le professeur de droit explique :

" Au regard de la loi les qualités du conjoint doivent être non seulement essentielles aux yeux des époux concernés mais aussi pour la société. La virginité s'est avérée fondamentale pour ce couple - du moins pour le mari -, mais objectivement, elle n'est pas reconnue comme telle par notre société ainsi que le prouve le tollé suscité par ce jugement. Par ailleurs, la liberté sexuelle est inaliénable. Le mariage n'anéantit pas la notion de personne, de vie privée, d'égalité des sexes... Chaque époux a droit à un jardin secret et son passé n'est, a priori, pas susceptible de compromettre la réussite du mariage, à moins de consacrer une sorte d'obligation de fidélité rétroactive."

La liberté, invoquée pour le consentement au mariage, n'est pas aliénée par le mariage. Ce point mérite d'être rappelé aussi. 
Quant aux qualités essentielles, la juriste qu'est
Madame Dekeuwer-Défossez, rappelle que les valeurs personnelles ne sont pas dissociables des valeurs de la société et qu'elles ne peuvent être posées comme leur étant supérieures.

De plus Madame Dekeuwer-Défossez confirme une fois encore, ce qui a été souvent cité :

" Cette notion de « qualité essentielle » est trop floue pour donner lieu à une jurisprudence cohérente."

[...]

article complet que l'on peut lire sur le site Le Parisien

On lira aussi de très intéressantes analyses de juristes dans Le Monde  :
Gisèle Halimi ,  et le juge Rosenczveig
 que je vais archiver (si quelqu'un me le demande)

Voilà pour ce sujet "mineur" et "pas  intéressant" juste un coup de journalistes, selon les flèches wikipédiennes du genre de celui qui a proposé l'article à la suppression qui, par ailleurs,
écrit des articles racistes sur désencyclopédie. voir l'article "musulman" sur la dite désencyclopédie, auquel participe le même génie des alpages.

Alithia


références articles précédents :


 

 ce que wikipedia censure

 ce qu'ignore wikipedia des faits marquants de l'actualité

mariage annulé (suite) / les censures de wikipedia

le corps des femmes -ce qu'ignore wikipedia

 


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