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Observatoire

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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 16:21

de Francesca Biagi-Chai, publié chez Imago, Paris.


 

L'auteur étudie  l'histoire et la biographie de Landru pour cerner sa personnalité, où elle découvre sa folie ,  perceptible dans le fait que l'ensemble de son comportement échappe  à toute logique apparente, selon la logique ordinaire du moins, mais où se  révèle la logique  particulière d'une psychose. Ce que  pourtant, personne n'a voulu voir chez ce grand criminel qui est, selon l'auteur, un produit du monde moderne auquel il appartient et que personne n'a jamais voulu considérer comme fou, car il révèlerait une certaine pathologie contemporaine. Tant il  est inquiétant dans son apparente normalité.  Mais cette normalité qui n'est qu'apparence et cache un monstre, -un homme au comportement inassimilable par la conscience commune par le fait de sa cruauté glaciale,  de son absence de remords, de toute passion et de toute conscience de culpabilité- en quoi est-elle révélatrice d'un certain trait du monde moderne qui produit ce genre de folie ?

 

 

 

En 1919, le procès de Landru, ce «nouveau Barbe-Bleue» qui brûlait dans sa cuisinière les cadavres de ses maîtresses, connut un énorme retentissement. Cependant, au-delà de ses forfaits, dont la chronique se fit si largement l'écho, qui était le célèbre criminel ? Cet homme cultivé, très soucieux de sa famille, inventeur talentueux mais escroc sans envergure, qui étonna ses avocats et ses juges par son esprit et son sang-froid, reste bien difficile à cerner. Comment la personnalité de cet assassin énigmatique s'est-elle construite ? Qu'en est-il de ses affects, de sa vision du monde ? Landru était-il pervers, maniaco-dépressif ou schizophrène ?

S'appuyant sur les investigations et les expertises judiciaires de l'époque, Francesca Biagi-Chai reconstitue minutieusement les faits, enquête, à son tour, sur le cas complexe de Landru, et retrace sa biographie à la lumière de la psychanalyse. Elle décrit ainsi le lent développement d'une psychose, longtemps dissimulée sous une apparente normalité, dont les actes macabres coïncideront avec le temps de la guerre. Sa réflexion, ensuite élargie à d'autres affaires, met en relief l'affinité troublante des tueurs en série avec le monde moderne et pose en termes précis le problème délicat et très controversé du rapport de l'aliénation mentale et de la responsabilité pénale.


 

 

Extrait de l'introduction :

 

 

L'ÉNIGME DES TUEURS EN SÉRIE - Révélée en 1919 dans l'immédiat après-guerre, l'affaire Landru a été l'une des affaires criminelles les plus retentissantes du XXe siècle. Pour la première fois dans l'Histoire, l'opinion publique était confrontée à un mode d'assassinats jusqu'alors inédit. Un homme marié, père de quatre enfants, un homme amoureux d'une chanteuse dont il avait été l'amant, un homme donc, apparemment en tout point normal, allait devenir l'assassin que tout le monde connaît encore aujourd'hui, et qui, sur une période de quatre ans, tua dix femmes et un jeune homme. Certes, avant lui, Joseph Vacher, criminel de la fin du XIXe siècle surnommé «l'éventreur du Sud-Est», avait commis de nombreux crimes en état de vagabondage délirant. Mais il fut successivement jugé aliéné, guéri, irresponsable puis responsable, et quoi qu'il en soit, son procès donna lieu à des querelles d'experts sur la question de la folie. Ce ne fut pas le cas de Landru. Avec son incroyable duplicité et son apparente normalité, ce dernier allait introduire dans l'histoire juridique française l'énigme moderne des tueurs en série.

 

La postérité, à travers les nombreux ouvrages qui, à ce jour, ont été consacrés à Landru, n'a retenu de ce tueur de femmes que son profil d'assassin cupide et volontaire. Jamais la question de la folie n'a fait l'objet d'une recherche. Pourtant, c'est bien cette question qui était sur toutes les lèvres et dans tous les journaux depuis le jour de son arrestation jusqu'à son exécution. La lecture du dossier d'instruction fait apparaître, et tous les auteurs sérieux s'accordent sur ce point, un certain nombre d'éléments qui resteraient, semble-t-il, à tout jamais inexplicables, car n'entrant apparemment dans aucune logique compréhensible. Pourquoi Landru, inventeur en mécanique avant d'être escroc, puis assassin, n'a-t-il pas réussi à commercialiser ses inventions alors qu'elles étaient, comme nous le verrons, dignes de l'être ? Pourquoi Landru, qui était censé avoir tué pour de l'argent, n'a-t-il pas choisi des victimes tout de même un peu plus riches, ce qui lui aurait assuré un confort qu'en réalité il n'a jamais obtenu ? Pourquoi n'a-t-il pas tué sa maîtresse ? Autant de questions auxquelles la lecture psychanalytique que nous proposons peut apporter des réponses, des réponses qui donneront à la personnalité du célèbre criminel une consistance logique, celle que l'on a refusé de voir, et qui n'est autre que sa folie.

 

À travers l'étude du cas Landru, c'est la question de la folie dans ses rapports à une apparente normalité qui se pose, et l'on peut se demander si le concept de crise ou de débordement est encore suffisant pour rendre compte de ce que nous savons aujourd'hui de la folie.

Le cas Landru à la lumière de la psychanalyse. Imago, Paris.

 

Francesca Biagi-Chai, auteur de l'ouvrage,  est psychanalyste, psychiatre des hôpitaux (CHS Paul Guiraud-Villejuif), enseignante à la Section Clinique (département de psychanalyse de l'université Paris-VIII), membre de l'Ecole de la Cause freudienne et de l'Association Mondiale de Psychanalyse.

Jacques-Alain Miller,  le préface. Il  est psychanalyste, membre de l'Ecole de la Cause freudienne, directeur du département de psychanalyse de l'université Paris-VIII, fondateur de l'Association Mondiale de Psychanalyse. Il rédige et édite Les Séminaires de Jacques Lacan (Le Seuil).

 

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Published by alithia - dans psychanalyse
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commentaires

Pinailleur 23/11/2010 21:10



Merci d'effectuer ces recherches et de partager la substance de ce que vous trouvez, Alithia !


 


Oui, les troubles mentaux changent avec les périodes... et les lieux. Il y a eu il y a quelques années un excellent Sciences Humaines consacré au sujet, mais je n'ai pu remettre la main dessus.


 


Après, psychanalyser un tueur en série mort (déjà qu'avec des meurtriers vivants, ça a pas l'air simple et les diagnostics sont fréquemment divergents), ça me semble être un exercice un poil
périlleux.



alithia 24/11/2010 11:36



il s'agit d'une interprétation du cas qui est une étude a posteriori pour comprendre la logique du type, d'un diagnostic en somme. Comme ça peut se faire in
absentia. Freud l'a bien fait pour Leonard de Vinci et  Schreber, à partir de son journal.


Rien à voir avec une cure



Baâl-Enlil 23/11/2010 13:33



Gilles de Rais c'est assez compliqué : sachez qu'il a été marié (de manière arrangé) à 13 ans à une fille de plus de dix ans sa cadette, ce qui prouve que notre Moyen-Age n'avait rien à envier
question traditions à l'Inde rurale d'aujourd'hui... D'ailleurs celle-ce est morte en bas-âge, ce qui a un pu le perturber, évidemment !



Pinailleur 23/11/2010 11:23



Gilles de Rai aussi c'était sympa, dans le genre tueur en série, non ?



alithia 23/11/2010 15:26



Bien sûr on ne dira pas que Gilles de Rais était "normal". Bien sûr on peut parler d'un monstre de cruauté  perverse et sadique, immoral, dangereux psychopathe,
qui tuait en série ses victimes...


Bien sûr ses meurtres sont en nombre (innombrables peut-être même) et sont hors du commun, multiples et semblent fous. Mais... il n'était certainement pas
schizophrène ou psychotique d'une manière quelconque (à la différence de Landru, tueur sans âme et sans conscience, sans aucune culpabilité, à la déroutante normalité apparente,  adapté
socialement -père de famille ayant une place dans la société, un travail  ...). Gilles de Rais reconnut ses crimes devant le tribual (religieux) et s'en repentit devant Dieu. Autre
époque.


 


Le genre de criminel qu'était Gilles de Rais et le genre de pervers sadique qu'il était, appartiennent à une autre époque. Le procès qu'on lui fit fut un procès en
sorcellerie, le langage était autre et les croyances et valeurs, autres. Le personnage aussi qui montre l'arrogance sans limite d'un grand seigneur qui abuse de l'impunité dans laquelle vit un
grand seigneur vis à vis de victimes anonymes capturées chez les pauvres et les miséreux aussi longtemps qu'il ne s'en prend qu'à ces derniers.





Je suis allée consulter qq documents suite à votre message, pour se replonger dans l'époque justement.


 


Gilles de Rais appartient à une autre époque et est un grand seigneur, qui fut un temps même la plus grande fortune de France, en ces temps où les seigneurs
s'arrogeaient "droit" de cuissage et bien des privautés avec leur domesticité et autres subordonnés qui était leur propriété ou au minimum dans la dépendance totale vis à vis du seigneur, sans
droits et sans protection.


 


En un mot ils s'autorisaient des privautés de seigneur. Non que tous soient des criminels pervers, bien entendu, mais leur statut laissait la possibilité de croire
que tout -ou presque- leur était permis avec leurs inférieurs n'appartenant pas à la même classe càd. pas au même monde et que l'impunité était assurée pour le seigneur s'il devenait criminel.
Car tous les parents des victimes étaient terrorisés à l'idée de parler. Les chateaux étaient aussi des prisons où se pratiquait la torture et la mise au cachot sans autre forme de procès. Les
seigneurs avaient pour eux la force, car ils avaient les armes et la violence était un recours banal, pour des guerriers comme Gilles de Rais.


 


D'ailleurs  de nombreux enfants disparurent au chateau de Gilles de Rais sans que cela ne donne lieu à la moindre plainte : le paysan ne porte pas plainte
contre un puissant seigneur. Et pour la société ce n'était "que" des enfants de paysans, ou des enfants sans famille. Rien ne pouvait faire obstacle à ses crimes avant qu'il ne porte sa violence
contre l'Eglise et contre un noble. Avant que l'Eglise soit pressentie puis la justice civile,  -car il était entré en armes dans une église, et s'était attaqué à un chateau-, alors
seulement des plaintes purent s'exprimer, qui furent du reste le fait de gens de la ville. Une fois qu'il fut mis en prison, seulement alors les langues purent se délier. Sans ces actes d'un
guerrier violent contre l'Eglise et contre un grand seigneur, il est douteux que la justice ait prêté attention au destin de ces petits crève-la-faim égorgés par un grand seigneur.


 


L'époque était ainsi. (début XV° siècle)


 


La comtesse rouge, en Hongrie avait les mêmes moeurs au siècle suivant. Elle avait coutume d'égorger ses servantes. Elle ne fut inquiétée que lorsqu'elle s'attaqua à
des filles de la petite noblesse.


 


Gilles de Rais est le 1° noble à être envoyé au bûcher. Les historiens disent que la raison en est qu'il menaçait l'image et l'autorité du roi, et les institutions,
plus que le fait de s'être attaqué sauvagement à des petits paysans de rien du tout et miséreux qui ne comptaient pour rien. Défiant  l'ordre divin et l'ordre de la nature par ses crimes, il
défiait aussi l'ordre politique et le pouvoir royal de ce fait.  j'ai trouvé cela sur Rue89


 


Gilles de Rais est un grand criminel, hors norme, mais, comme Sade, il révèle dans ses excès et sa furieuse démesure, quelque chose de ce qu'une classe, dominante,
de seigneurs et guerriers,  peut se permettre et s'autoriser à l'époque, sur des gens qui ne comptent pas plus que des esclaves voire des animaux,  l'aristocratie étant au-dessus du
peuple et à part. Ce sont toujours des enfants et des jeunes gens du peuple, et de préférence sans famille, des mendiants, des vagabonds sans foyer, qui sont les victimes, attirés dans sa demeure
pour servir le seigneur, sous prétexte de domesticité soit une vie meilleure.


 


Ces crimes portent complètement la marque de l'époque en ce sens que seul un seigneur peut devenir un criminel de la sorte en restant si longtemps dans l'impunité du
fait des silences obligés des familles des victimes lorsqu'elles en avaient une et le peu de poids que pesaient les victimes vu leur condition.


 


Au tribunal ecclésiastique qui l'a jugé, doublant le tribunal civil, il y avait un responsable de l'Inquisition. G.de R. fut condamné sous le chef d'hérésie,
sacrilège, parjure, apostasie, sodomie, pacte avec le démon, sorcellerie et j'en passe : tous crimes au regard de la religion.


 


Il fut condamné au bûcher, mais son corps fut enterrré : privilège accordé à un noble. Il eut même droit à une sépulture dans une église et à la levée , selon
sa demande, de l'excommunication qui venait à peine d'être prononcée contre lui, + une messe solennelle célébrée par l'évêque et
procession dans la ville. Privilèges pour un grand.  Tout cela avait été refusé à Jeanne d'Arc.


 


Georges Bataille voyait en Gilles de Rais la figure exemplaire d'une époque de la féodalité qui n'avait pas encore dominé la violence archaîque.


 


ajout ultérieur  : j'ai découvert qu'aujourd'hui on fait des spectacles dans son chateau à partir de son histoire. Dansons
gaiement et amusons-nous en songeant à Gilles de Rais ! Etonnant, non ? On n'imagine pas ça pour Landru.


 


Bon, enfin, la thèse de ce livre sur Landru me semble tout à fait intéressante. A vérifier.


 


 


 


Par ailleurs


Que les pathologies changent avec l'époque et soient empreintes des traits de celles-ci, se constate  pour les psychanalystes et thérapeutes divers. Voyez
ceci, où il est aussi question
d'internet.



Simon 22/11/2010 19:38



On ne peut tout de même pas nier qu'il existe des tendances psychologiques universelles chez l'être humain, même si leurs manifestations diffèrent selon l'époque et la société dans lesquelles ils
vivent.



alithia 22/11/2010 20:21



Des tendances oui, je dirais plutôt des structures, mais les pathologies sont aussi historiques. Par ex. les grandes hystéries sous les formes qui étaient les leurs
du temps de Charcot et de Freud ont disparu -certainement sous l'effet et grâce à l'émancipation des femmes et la fin d'un étouffement insupportable dont la littérature témoigne par ex. Schnitzler, Melle Else , ou Theodor Fontane, Effi Briest transposé au cinéma par Fassbinder .


 


Idem pour les tueurs en série, semble-t-il, si l'on en croit l'auteur de ce livre.


 


Car les folies ont un contenu, qui leur vient de leur temps, de la société qui les produit, aussi, à travers l'histoire eprsonnelle du sujet.



Altshift 22/11/2010 14:30



Je ne sais pas si le monde était déjà Moderne en ce temps là ou s’il était plus ou moins humain que depuis la révolution industrielle, mais il me semble bien que l’affaire de la « bête du
Gévaudan » (réalité ou légende pour touristes ?) avait bien mis en scène un tueur en série.


Le travail à la chaîne et la médiatisation outrancière des faits divers sordides permettent surtout qu’on parle beaucoup des tueurs en série… qui fascinent et effraient comme le loup du petit
chaperon rouge… il n’est toutefois pas interdit de penser que de nombreux tueurs méthodiques ont agi dans l’ombre (depuis la nuit des temsp) l’être humain n’a
pas tellement changé que ça depuis Néron. 



alithia 22/11/2010 18:00



Légende ou réalité et laquelle ? Le mythe de la bête du Gévaudan demeure relativement mystérieux, un loup, des loups, une hyène , une bête fantastiquement puissante
? On ne sait pas trop, sans exclure que ces morts en nombre ont pu aussi servir à masquer d'autres crimes imputés à la bête ...


 


Bref, une histoire devenue légendaire où il est avéré en tout cas que pour pas mal de morts, ce sont des bêtes qui en sont responsables (une ou plusieurs).


 


Mais la théorie du meurtre sadique d'un "tueur en série", appliquée à l'histoire de ces morts du Gévaudan, n'apparaît qu'au XX° siècle, soit précisément l'époque où
apparaissent les tueurs en série, manifestant un certain type de folie. Donc cette théorie à propos des morts du Gévaudan, est une  projection manifeste sur le passé de cette histoire.


 


Landru est découvert comme tueur en série en 1919. Le bouquin qui applique le schéma au Gévaudan date de 1920.


 


De toute façon ce qui est en question ici c'est la caractérisation psychologique du tueur en série et son rapport avec une époque, prise dans l'histoire, ce qui
montre justement que le phénomène n'est pas plus éternel que n'importe quel autre, à savoir que l'histoire marque et détermine ce qu'il s'y passe.


 


 


N.B. la "note pour vous" concernait wikibuster qui n'a pas compris le pb et s'en prend aux administrateurs au lieu de s'en prendre aux règles et à la conception de
la chose