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Observatoire

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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 15:29

Marx, Lacan et la découverte de la plus-value Lacan, passeur de Marx.

Marie-Jean Sauret, psychanalyste. L’invention du symptôme,  de Pierre Bruno.

Éditions Érès.

 

 

Le socialisme dit « réel » ayant échoué, le capitalisme est-il redevenu naturel et donc irremplaçable ? La force du livre de Pierre Bruno n’est pas tant d’affronter cette impitoyable interrogation que de l’instruire à la rencontre des théories de Marx et de Lacan, en se situant là où psychanalyse et politique nouent (et dénouent) les relations du sujet et « du vivre ensemble contemporain ». Avec la catégorie de la jouissance, la psychanalyse a introduit une question jamais posée quand il s’agit d’interroger la notion de progrès : que la satisfaction du sujet ait pour condition la dévalorisation de la jouissance. Or, Marx et Lacan ont justement accordé une place de première importance à cette question de la valeur à dévaloriser (et non à supprimer).

 

 

Mais comment la dévalorisation pourrait-elle s’opérer alors même que la « civilisation » capitaliste s’est accaparé l’impératif de jouissance, devenu pour chacun une condition de vie ? La cure psychanalytique constitue l’expérience clinique d’un démontage du fantasme qui permet de s’émanciper de la surenchère du surmoi, du « Jouis ! ». Le sujet y vérifie qu’il n’est pas la simple résultante de ses déterminations biopsychosociales, mais le responsable de ce qu’il en fait. Lacan extrait de cette expérience sa conception de la structure : moyen d’appréhender un réel et de soutenir l’acte par lequel le sujet se saisit de ce qu’il est comme symptôme (par lequel il se loge dans la réalité sans s’y résorber). L’inconscient est la contrepartie de cette représentation. Le sujet ne sort de la cure que pour prendre la mesure du fait qu’il n’est pas dans la chaîne reconstruite de ses déterminations, mais dans ce qui leur échappe : dans le trou du savoir à partir duquel il écrit son histoire singulière avec d’autres.


Marx, nous dit Lacan, est l’inventeur du symptôme. Il salue dans la plus-value la plus grande découverte marxienne, tout en repérant sa limite : là où Marx réduit la plus-value à une réalité comptable, Lacan en extrait le ressort du fonctionnement du sujet et de la logique du capitalisme : le rapport à la jouissance, la soif d’un plus-de-jouir – telle que plus le sujet s’étanche, plus il a soif ! La « réussite » du capitalisme accrédite le fantasme qu’un sujet pourrait saturer son désir par la jouissance de la consommation, alors même qu’il s’y consume, car le sujet ainsi réquisitionné fait « scission » avec son inconscient. D’où la thèse centrale ici : la division que le discours capitaliste se voue à masquer est constituante du sujet et le symptôme en est la marque. Pierre Bruno distingue méticuleusement division et castration, convoquant les philosophes (d’Althusser à Zizek) pour dégager respectueusement mais sans concession ce qu’ils ratent – la division du sujet et l’au-delà de la castration. Montrant que tout discours qui fait lien social est construit autour d’une barrière à la jouissance, il s’efforce enfin d’interroger la condition de sortie du capitalisme : elle implique une logique collective qui trouve appui dans la conception lacanienne du symptôme que chacun en particulier doit s’approprier : il s’agit moins à cet égard de « sortir du capitalisme » que de faire sortir le capitalisme de soi.

 

 

Marie-Jean Sauret.

 

article paru dans l'Humanité

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Published by alithia - dans psychanalyse
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commentaires

Baâl-Ptéor 25/06/2010 12:13



Le capitalisme à faire sortir de soi ? Excellente idée ! Mais le problème c'est que le capitalisme est multiple car il n'existe pas UN capitalisme mais DES capitalismes...


Le capitalisme à la française n'a que de lointains rapport avec le capitalisme à l'américaine ou le capitalisme à la chinoise comme avec le capitalisme à la russe...


Le capitalisme ne peut survivre que s'il est régulé, même de manière imparfaite et le communisme tel que l'ont vécu les européens de l'Est, les russes et certains pays d'Asie n'est qu'une forme
de capitalisme très amoindrie... Citons par exemple le communisme à la hongroise qui avait plus de points communs avec le système français des années 70 qu'on ne le croyait