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Observatoire

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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 15:41

 


Le psychanalyste Roland Gori fait partie des auteurs  de cette discipline qui sont à connaître et à lire. Sa réflexion sur la psychanalyse est inséparable d'une réflexion politique sur la société, à partir de cette entrée privilégiée sur les maux de la société que sont les maux singuliers dont souffrent les individus dans leur singularité, leur souffrance étant vécue dans une époque et  une civilisation qui les déterminent aussi.

 

Face au malaise dans notre civilisation à son stade actuel, la référence à Spinoza s'avère toujours et encore précieuse pour penser une dynamique des passions libératrice.


Roland Gori veut écrire une défense de la psychanalyse, qui serait une antidote aux  passions tristes, face aux politiques normatives proposées par un pouvoir ennemi des libertés des individus, en guise de politique de la santé mentale, faisant appel à une normalisation toujours plus grande et un contrôle de la vie privée des individus qui doivent être réduits à leur plus simple expression utilitaire. 


Le psychanalyste Roland Gori décortique « la civilisation de l’intérêt », montrant comment le capitalisme contemporain soumet le sujet à la norme et au conformisme médiatique.

 

 

De quoi la psychanalyse  est-elle le nom ?  Démocratie  et subjectivité, de Roland Gori.Editions Denoel, 2010, 300 pages, 16 euros.

 

 

 

présentation de son ouvrage dans l'Humanité :  

Comment peut-on encore être humain ? Humain: autrement dit cet être pas-complètement-animal doté d'une histoire, d'une vie intime, bref d' une certaine épaisseur. Face aux logiques de l’efficacité et de la rentabilité, jouer encore à l’humain est proprement irresponsable. Comme si notre époque avait le temps de s’occuper de votre subjectivité, de gérer vos oublis. Humains, il faut vous mettre à la page, notre civilisation est celle de la transparence, du calcul, du programme. Votre subjectivité lestée d’histoires individuelles et collectives n'est qu’obscurité inutile et ses défenseurs des êtres dangereux pour la transparente démocratie.

 

Défenseur de cet homme complexe et imprévisible, le psychanalyste serait donc le symbole d’un obscurantisme chronique et persistant ? Face à cette lecture organiciste et sécuritaire qui s’installe progressivement – mais sûrement – dans tous les domaines de la vie sociale, une riposte était attendue, celles de psychanalystes notamment.

 

En psychanalyste et co-initiateur d'un mouvement citoyen, Roland Gori répond. Son ouvrage analyse avec force et précision cette sournoise évolution qui veut que l’on parle davantage d’« entrepreneur de soi » ; plutôt que de « sujet ».

 

Dépassant le simple constat catastrophé, ce livre important, enrichi de nombreuses analyses philosophiques, anthropologiques et sociologiques, propose une compréhension critique globale de ce qu’il nomme une « civilisation de l’intérêt ».

 

Ses valeurs ? La rationalité, l’objectivité, l’instantanéité, le mesurable, l’évidence...Ses instruments de soumission? La fabrique médiatique, l’expertise, l’évaluation, l’éloge de la norme. Mais si nul pouvoir technique et économique ne pourra véritablement supprimer le sujet, il peut néanmoins engendrer son quota de souffrance et de révolte.

 

La souffrance ? Dans le milieu de la santé mentale, les conséquences de cette logique normative sont désastreuses. Comme l’écrit l’auteur : « le fou, le bizarre, l’anomalique, le délirant travaillent contre leur intérêt, incarnent la tyrannie des passions et deviennent les emblèmes d’un chaos que le commerce n’aurait pas réussi à polir, à adoucir et à réguler ». En effet, quelle place accorder dans cette civilisation à celui qui s’entête à être souffrant ? Bien souvent celle d’homme dangereux, de l'anomalie sociale.

 

L’insoumission? C’est ce que ce livre soutient. Sa thèse est la suivante : face à cette société où règne la tyrannie de la norme, à tous ces dispositifs de chosification, la psychanalyse est un site de résistance du contingent, du hasard et de l’inattendu.

 

Mais elle est également un antidote à la servitude volontaire, puisqu'il n’appartient qu’à nous de quitter notre soumission aux passions tristes du conformisme et du ressentiment. Résistante aux dispositifs de subjectivation du capitalisme, rebelle, la psychanalyse permet l’instauration d'un véritable conflit démocratique.

 

Catherine Jourdan  article paru dans l'Humanité du 10 oct 2010

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Published by alithia - dans psychanalyse
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commentaires

Baâl-Enlil 24/10/2010 18:06



Sujet très parlant pour moi 


Je revendique être un Sujet et non être un "Entrepreneur de Soi"...


La souffrance et l'insoumission sont indispensables sinon le Monde est psychologiquement mort...


Ce qui a fait souvent l'Histoire, c'est une personne hors-normes comme Charles Lutwidge Dodgson, comme Benito Mussolini, comme André Malraux, comme Vladimir Nabokov...


Le premier, parce que le fruit de son époque... Il a écrit notamment Alice au Pays des Merveilles et avait des amitiés particulières...


Le second, il a voulu se dépasser, après un échec comme instituteur...


Le troisième, il a été ministre de la culture et il a fait du recel d'oeuvres d'art étant jeune...


Le quatrième était ambigu, de par son oeuvre Lolita...


Pour conclure : l'Homme est double, le clair ne va pas sans l'obscur, le bien ne peut exister sans le mal, le yin ne peut aller sans le yang, Dieu ne peut exister sans le Diable...


Voilà pour ma pierre