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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 15:09
Après la crise du capitalisme financier les banques ont été renflouées par les Etats à la hauteur de plus de 11 600 milliards de dollars.
Le système poursuit sans changement , comme s'il ne s'était rien passé, comme si le monde entier pouvait supporter les frasques de la finance qui accumule des sommes fantastiques au profit d'une infime minorité, en draînant toutes les richesses à soi, pendant que le devenir de la grande masse est suspendue aux aléas des marchés financiers.
Un économiste digne d'intérêt et qui vaut d'être lu : Frédéric Lordon qui pense l'économie avec Spinoza.

Frédéric Lordon intègre dans ses analyses des mécanismes d'exploitation et d'accumulation du capitalisme, l'exploitation du désir de sorte que l'on comprend qu'un des ressorts du capitalisme dans sa forme actuelle est de façonner les désirs en s'immisçant jusque dans l'intimité des sujets qui précidément y perdent leur subjectivité et leur liberté. Ce processus définit selon lui le caractère totalitaire du libéralisme.  

Ses principaux ouvrages précédents donnent un aperçu de sa pensée et de la puissance critique de celle-ci ainsi que de son originalité.
 
    
- La Politique du capital, Paris, Odile Jacob, 2002 
- L'intérêt souverain : Essai d'anthropologie économique spinoziste, Paris, La Découverte, 2006  
- Spinoza et les sciences sociales. De l'économie des affects à la puissance de la multitude, en collaboration avec Yves Citton, Paris, Éditions Amsterdam, 2008  
- Jusqu'à Quand ? Pour en finir avec les crises financières, Paris, Editions Raisons d’agir, 2008  
- La crise de trop - Reconstruction d'un monde failli, Paris, Editions Fayard, 2009.  
- Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza, La fabrique éditions, 2010
Son derneir ouvrage qui vient de paraître "Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza", de Frédéric Lordon. La Fabrique éditions, 216 pages, 12 euros, fait l'objet d'une présentation dans le Monde. 

Où va le capitalisme ? Cet essai ambitieux, mais toujours très clair, entend rouvrir "le chantier conceptuel" du capitalisme. Un système économique "discutable", écrit Frédéric Lordon, directeur de recherches au CNRS. Ne serait-ce que parce qu'il est daté historiquement. On finirait par l'oublier.


Depuis Karl Marx (1818-1883), de l'eau a coulé sous les ponts. Frédéric Lordon fait référence à l'auteur du Capital pour ce qui concerne la "servitude". Mais c'est surtout dans l'usage qu'il fait de Baruch Spinoza (1632-1677) et du concept, central chez ce philosophe, de désir, que sa pensée est singulière.

 

Frédéric Lordon montre, en particulier, que ce qu'il appelle "l'épithumè capitaliste" ("épithumè" signifie en grec désir) a évolué. Le projet du capitalisme néolibéral, affirme-t-il, est désormais de façonner notre désir, en optimisant "l'exploitation passionnelle". Sus aux "passions tristes", tel est le mot d'ordre. L'entreprise veut des salariés contents. Du coup, tout le monde est gentiment schizophrène. Là où les choses se gâtent, et l'auteur le montre bien, c'est quand la maltraitance des salariés s'en mêle. Sur ce point, le diagnostic du livre sur la violence sociale cachée est imparable, même s'il n'est pas nouveau.

 

Plus originales, en revanche, sont les pages où M. Lordon, classé à gauche, trouve des accents tocquevilliens quand il décrit le projet "totalitaire" néolibéral de "possession des âmes". Ou encore le chapitre sur la préférence pour la liquidité, où il montre que la liquidité est sans doute aujourd'hui le "fantasme" absolu de la toute-puissance. Qui va jusqu'à liquider le social.

 

Le capitalisme est prédateur par nature, affirme M. Lordon. "Une hypothétique sortie du capitalisme, écrit-il, ne (libérera) nullement des enjeux de la capture." Si l'idée d'une rupture avec le capitalisme a encore un sens, elle passe par une reconfiguration de nos désirs (une nécessité écologique, soit dit en passant). Mais, comme le dit l'auteur, en citant encore Spinoza - à moins que ce ne soit le chinois Lao Tseu : "La voie est escarpée."


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Published by alithia - dans philosophie
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Harmonia 26/10/2010 01:02



J'ai fait un petit billet en écho au votre, que d'ailleurs je signale, avec un lien vers une intervention de Frédéric Lordon avec Ars Industrialis


C'est ici : http://astragalecassiop.canalblog.com/


 


Bien à vous



alithia 26/10/2010 11:41



merci de l'info



Harmonia 23/10/2010 08:47



Bonjour Alithia.


Ravi de voir que vous avez redémarré...


 


Ce Lordon, je l'ai survolé avec plaisir et c'est vrai que, rapidement, il devient ambitieux... Plus accessible, il y a le Bernard Maris "MArx Ô Marx, pourquoi m'as-tu abandonné"


 


Bon week-end



alithia 23/10/2010 23:51



bonjour Harmonia, contente de vous lireà nouveau


 


Je considère que Lordon est très fort et très novateur et il traite de questions actuelles en abordant le fondamental.


 


Je n'ai pas lu ce livre de Maris, mais c'est aussi un économiste très intéressant


 


(je m'aperçois que l'article avait été mis en ligne -s'y est mis tout seul ? - avant d'être achevé ; j'ai un peu réparé les dégâts ; avec mes excuses)