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Observatoire

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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 16:59
Le livre de Shlomo Sand que j'avais déjà présenté [pour rectifier ce que wikipedia raconte]vient d'être réédité en livre de poche. Pierre Assouline le signale sur son blog. A nouveau il est nécessaire de rappeler le manque total de fondement historique des thèses de Shlomo  Sand, à nouveau les historiens et critiques de livres des journaux le rappellent, l'auteur a inventé une fiction historique qui nie toute l'histoire du peuple juif.

Pour mémoire je donne en annexe, la critique de Nicolas Weill dans Le Monde, lors de la parution .

Je réédite donc cet article du blog, pour l'intérêt des derniers commentaires reçus, dont je crains qu'ils ne passent inaperçus, vu que les lecteurs ne remontent pas très souvent vers les articles anciens.

Je reprends une partie de l'article, avec certains commentaires que je ne peux introduire sous forme de commentaires en annexe, malheureusement : limites du logiciel over-blog. Tout s'enchaîne, je vous prei de m'en excuser.

  *  *  *


Dernière découverte de wikipedia : un livre falsifiant l'histoire sur laquelle sont plaquées des références raciales, afin de prouver que le peuple juif n'existe pas. 


Le livre promu par wikipedia, "Comment le peuple juif fut inventé" , dénie l'existence historique du peuple juif . Il dénie même la pertinence de l'expression de peuple juif,  pourtant constamment nommé tel dans la Bible dès la Genèse (Noé) car l'auteur, Shlomo Sand, définit un peuple de manière ethnique, raciste,  par la biologie,  et non politique .  Il prétend que l'idée et l'expression de peuple juif remonte au XIX° siècle !

Il n'aura pas vu en Moïse un chef politique, ni dans la fondation d'un Etat un projet politique, qui se dit en  recourant à la langue de la théologie aussi longtemps que cet Etat n'existe pas, ni dans quelque pacte fondateur du peuple lui-même, un geste politique, fut-il un pacte avec Dieu, et propre à définir un peuple sur des critères politiques, non plus qu'il n'a vu  la définition d'un peuple par la transmission d'une culture de génération en génération à travers l'histoire,  quand cet Etat n'existe plus. L'auteur n'a jamais entendu parler apparemment de l'Etat ancien des Hébreux. Il n'a pas lu les pages brillantes que Rousseau consacre à Moïse en tant que chef politique des Hébreux, ni Spinoza bien entendu qui explique la nécessité du recours à Dieu en l'absence d'Etat et comme langage de la promesse d'un Etat. L'auteur, Shlomo Sand, -qui n'est pas historien et ignore tout de la philosophie et des concepts de la théorie politique et de la théologie politique- va en effet chercher du côté des races un critère susceptible de définir un peuple  et, ne trouvant pas de spécificité raciale particulière au peuple juif, il conclut à son inexistence.



L'auteur affirme que l'idée d'un peuple juif ou d'une nation juive  est un mythe inventé il y a de cela un peu plus d'un siècle, par le sionisme. Il invoque le fait que les juifs ne sont pas dotés d'un ADN spécifique pour conclure qu'il n'y a pas de spécificité juive autorisant à parler de peuple et donc à considérer la pertinence et la légitimité d'un Etat juif. S'appuyant sur le fait que le judaïsme fut longtemps prosélyte et convertit divers peuples autour de la Méditerranée, les Berbères du Maghreb en particulier, les Khazars dont le royaume s'étendait de la mer Noire à la mer Caspienne, des populations du Yémen,  d'Ethiopie, et d'autres encore, il réfute par là l'idée d'une identité biologique des juifs  tout en prétendant que cette histoire des convertis serait refoulée par l'historiographie juive contemporaine... pour la raison qu'elle constituerait une objection à la thèse de l'identité raciale des juifs...  qui serait la base de l'idéologie sioniste.  Qui ignore pourtant parmi les historiens au moins, que les Berbères du Maghreb furent judaïsés , -mais par des juifs  dont les colonies constituent les plus anciennes populations du Maghreb, ce que Sand  ne dit pas, comme s'il n'y avait pas eu de juifs- des Berbères judaïsés, donc, avant d'être vaincus lors de la conquête arabe et convertis à l'islam ? Difficile d'ignorer aussi l'existence des juifs du Yémen , et plus encore celle des juifs d'Ethiopie puisqu'ils sont restés juifs jusqu'à aujourd'hui, pour partie d'entre eux. Les Fallashas d'Ethiopie   ont demandé à Israël de les accueillir car ils étaient persécutés dans leur pays. L'histoire a fait grand bruit.  S. Sand prétend faire là une révélation ? Là où gît son révisionnisme aux références imprécises et improbables, c'est qu'il fait de tous les juifs des convertis, les juifs du Maghreb seraient  tous des Berbères convertis, et les Ashkénazes seraient tous des Khazars.  Aucuns ne seraient les descendants de leurs ancêtres des anciens royaumes d'Israël et de Juda. Là l'historien se montre un pur odéologue au service d'une thèse qui n'a plus aucun rapport avec l'histoire mais est une fiction relevant de la falsification  voire de la propagande.



Donc de cette hétérogénéité de populations,  -mais , il faut le souligner,  de populations présentées comme différant au sens biologique et supposément racial,- l'auteur conclut à l'absence de peuple juif, par un sophisme qui présuppose que les juifs eux-mêmes se définiraient ainsi, à savoir non par un projet politique, fonder un Etat, et par la transmission du judaïsme et d'une culture , mais par une identité de race qui pourtant ne se découvre pas dans leur ADN.  Ce qui est notoirement faux et relève d'une mauvaise foi aveuglante.  Aucun juif ne se définit ainsi par un critère biologique. 

Donc le peuple juif n'existe pas, ni sa culture, ni un Etat, puisqu'il n'existe pas d'identité  biologique. Le sophisme de ce raisonnement n'a pourtant guère été relevé, non plus que les critères raciaux retenus comme une évidence et qui sont au fondement de la réfutation, d'une histoire, non plus que l'attribution d'une ignorance de l'histoire de la diversité de populations juives réparties dans diverses parties du monde. Affirmant que cet fait est inconnu, Sh. Sand réécrit l'histoire de manière fantaisiste.



Qui aurait cru qu'il était encore possible aujourd'hui d'appliquer un critère racial à la détermination d'un peuple historique et politique ou pour décider de l'existence d'une entité culturelle historique et politique ?




Evidemment wikipedia adore. Une version révisée de l'histoire, aussi fantastique, dépourvue de concepts, faisant fi de toutes les catégories historiques, philosophiques et politiques, faisant appel à des explications en termes de races, et niant l'existence des juifs comme peuple ! Une théorie aussi inédite  et sensationnelle, qui excite l'imagination, plutôt que de faire appel  à la raison, dont on peut comprendre facilement comment il est possible d'en conclure que le sionisme n'a ni fondements, ni validité historique, ni droit de cité, une telle théorie a tout pour lui plaire. Elle comporte tous les traits de wikipedia : autodidacte, fantastique, imaginaire, relevant d'une logique parallèle, ouverte à tous les révisionnismes, y compris avec les pires arguments ; ici des critères en termes de races .




Au sujet de ce livre voici un commentaire éclairant d'Eric Marty, professeur de littérature à l'université Denis Diderot. 



Eric Marty explique dans le Monde

Les mauvaises raisons d'un succès de librairie

 


Un livre sur l'invention du peuple juif entretient la vieille théorie des races


LE MONDE | 28.03.09 | Édition du 28-29 Mars 2009,

 

 

Le livre de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé : de la Bible au sionisme (Fayard, 2008), règle la question de manière définitive. Le peuple juif n'existe pas : divine surprise !

 

Inutile de faire l'apprenti chimiste pour déclarer l'innocuité du Zyklon B, inutile de jouer à l'archéologue pour faire du Mur des lamentations une excroissance de la Mosquée Al-Aqsa, car si le peuple juif n'est qu'une invention du XIXe siècle sous le paradigme occidental de l'Etat-nation, alors la question est réglée. Certains pourront en conclure d'ailleurs qu'il est bien naturel qu'un peuple qui n'existe pas invente à l'infini des légendes pour attester sa pseudo-existence.

 

Ce n'est pas ici le lieu de dénoncer les confusions, et surtout le caractère naïvement massif de la thèse du livre de Shlomo Sand. Des spécialistes l'ont fait. Il s'agit de l'oeuvre d'un historien autodidacte dont les informations sont de seconde main, qui mêle les approximations à des choses connues, mais qui sont présentées sous l'angle biaisé de découvertes sulfureuses.

 

Sand présente le fait qu'il n'y a pas de race juive comme une découverte qui fait du peuple juif une invention historique. Mais ce faisant, il confond deux catégories étrangères l'une à l'autre, celle de "race" et celle de "peuple". La tradition d'Israël n'est pas une tradition raciale comme la Bible l'atteste (l'épouse non juive de Moïse, Séphora, Ruth, l'étrangère, ancêtre du roi David), tradition perpétuée par l'actuel Israël, comme tout visiteur peut le constater en admirant dans le peuple juif son extraordinaire pluralité : juifs noirs, jaunes, blancs, orientaux, blonds, bruns... La substitution race/peuple est révélée par le titre : Comment le peuple juif fut inventé... Or tout le livre consiste à vouloir prouver que les juifs actuels ne sont pas "génétiquement" les descendants des Hébreux.

 

On dira que le peuple juif n'a jamais cessé d'être "inventé" : par Abraham, par Jacob, par Moïse... Mais aussi par chaque juif. Car l'invention même du peuple juif, loin d'être une preuve de son inexistence, est une preuve radicale - irréfutable - de la singularité radicale de son existence propre. Existence fondée sur le principe abrahamique de son invention ou de sa vocation, puisque cette existence est réponse à un appel.

 

CONCLUSION PERVERSE

 

Peuple unique en ce qu'il est fondamentalement logocentrique - lié au langage, lié au nom - et textocentrique, lié à un texte : la Torah. Que la filiation soit constitutive du peuple juif ne peut apparaître comme un élément ontologique. Le principe de filiation n'est que la régulation civile de l'existence historique de ce peuple, des conditions de possibilité d'une perpétuation qui autorise son inscription dans le temps chronologique, dans le temps de l'histoire humaine. Voilà pourquoi il y a un peuple juif, voilà pourquoi il n'y a pas de "race juive", même s'il est patent que les Cohen et les Lévy du monde entier ont quelques liens incarnés. C'est ce qu'on peut appeler très simplement la facticité juive : le fait d'être juif.

 

Le livre de Sand manifeste là l'indigence de son "épistémologie". […]

 

Cet épilogue est le révélateur de la finalité du livre. On y trouve le principe mythologique de l'inversion dont le peuple juif est la victime coutumière : les juifs deviennent des non-juifs et les Palestiniens les juifs génétiquesEric Marty est écrivain et critique, professeur de littérature à l'université Paris-Diderot

 

  annexe  l'article de Nicolas Weill dans Le Monde lors de la réédition   [extraits] :

 Critique de Nicolas Weill - Le Monde

Un an et demi après sa première parution, voici l’essai-pamphlet de Shlomo Sand, spécialiste dans l’histoire de la Belle Epoque et du cinéma français, en format poche. Depuis lors, la polémique n’a pas faibli. Mais on se demande si cette réception tumultueuse n’est pas d’abord l’effet d’un titre provocateur. Car le contenu de l’ouvrage lui-même, entièrement de seconde main, a de quoi laisser perplexe. Y compris celui qui adhérerait aux partis pris de l’auteur.

Imprégné du jargon d’une sociologie critique apparemment très en vogue à Tel-Aviv, le livre ne fait, malgré son épaisseur, que ressasser une proposition unique : le "peuple juif", loin d’être une réalité dont on peut suivre les pérégrinations, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, n’est qu’une "invention" des historiens juifs du XIXe siècle, en particulier de l’Allemand Heinrich Graetz (1817-1891). La méthodologie de Sand, qui se réclame des penseurs contemporains de la nation comme processus de modernisation (Ernst Gellner) et comme imaginaire organisé (Benedict Anderson) se résume, sous sa plume, à du Bachelard pour classe de terminale : "Rien n’est donné, tout est construit"…

Pour Shlomo Sand, les historiens jouent un rôle décisif dans le processus de création de la nation (en l’occurrence d’une nation juive moderne), en prétendant asseoir sur des bases ethniques, voire raciales, une continuité entre les Hébreux de l’ancien Israël et les juifs d’aujourd’hui. Conséquence : au nom de cette "fiction" érudite, qui a transformé la Bible en roman national et en titre de propriété, un "viol" aurait été commis contre les seuls véritables autochtones, les Palestiniens. Conclusion : Israël doit choisir : soit demeurer une "ethnocratie" juive, soit devenir un Etat vraiment démocratique, celui de tous les Israéliens, quelle que soit leur religion.

Ce qui est problématique dans cette entreprise, c’est moins cette prise de position idéologique que la prétention de l’étayer par l’autorité de la recherche et l’administration de la preuve. Car Sand le reconnaît lui-même : les historiens sionistes ou nationalistes auxquels il s’en prend, tous formés à l’érudition allemande, ont excellé dans leur travail sur les sources. Or dans ce registre-là, c’est peu de dire que son livre à lui déçoit.

[...]

Mystérieux royaume khazar

Autre exemple : Shlomo Sand reprend à son compte la fameuse thèse défendue par Arthur Koestler dans La Treizième Tribu (Calmann-Lévy, 1976), selon laquelle la plus grande partie des juifs ashkénazes descendraient du mystérieux royaume khazar, converti au judaïsme aux alentours du IXe siècle. Mais en l’absence de documents et de traces laissés par ces cavaliers nomadisant entre le Caucase et la Volga, dont on ignore partiellement la langue, aucun indice n’a apporté de l’eau au moulin koestlérien. La contorsion intellectuelle qui consiste à voir dans le yiddish une langue slave par la syntaxe (donc peut-être aussi khazare), alors qu’elle est composée à 80 % de mots d’origine allemande, suggérée par Sand, est plus romanesque que convaincante.

Finalement, la méthode même de l’auteur torpille son projet. N’est-il pas obligé de s’adosser à ce qu’il entend rejeter, l’idée d’une "authenticité juive", pour réfuter celle qu’ont imaginée les historiens "sionistes" ? Pour Sand, une telle identité devrait être fluide et limitée aux valeurs religieuses. A le suivre, il pourrait y avoir des juifs laïques qui se sentent tels en tant qu’individus, mais une collectivité juive séculière, en Israël comme en diaspora, est soit impensable soit nécessairement "ethnoraciste". Sa définition crée donc de l’exclusion et, paradoxalement, rejoint les positions des orthodoxes   les plus ultras… Encore un effort, a-t-on envie de lui dire, pour sortir de l’identité !

Nicolas Weill Article paru dans l’édition du 12.02.10



Commentaires

* Si vous partez en guerre contre la connerie, Alithia, vous allez travailler dur et longuement...
Bon ... ! Vous allez me dire :
"Si on ne le fait pas, c'est qu'on accepte la théorie absurde du Shlomo"
A quoi, je répondrai avec simplicité :
"Que non, certainement pas !"
Et vous allez répondre ...
(mais vous savez quoi, n'est ce pas ?)

Commentaire n°1 posté par JC le 13/04/2009 à 09h42

 

"L'auteur, Shlomo Sand, -qui n'est pas historien"

* Ah ? Il répond vivement dans Le Monde à l'accusation d'"autodicactisme" formulée par Eric Marty (au passage cette réponse apporte un complément utile à votre article à charge) ; la consultation de son CV et sa liste de publications sur le site de l'Université de Tel-Aviv me laisse penser que l'accusation est en effet un peu légère.

J'ai vu en papillonnant sur le web qu'on lui reproche d'avoir traité de 3000 ans d'histoire dans son ouvrage controversé alors qu'il est un spécialiste de la charnière XIXème-XXème siècle, critique nettement plus recevable que celle d'"autodidactisme".

Commentaire n°3 posté par Le concombre masqué le 13/04/2009 à 12h27


- Oui autodidacte pour la période qu'il prétend traiter, pour laquelle il n'a pas les compétences. ce type ne connaît pas les bases de la philosophie politique, ce qui est gênant pour qq'un qui prétend définir ce qu'est un peuple.

Il  prend le terme de peuple au sens de Volk, soit biologique et racial.

La liste de ses travaux confirme ce que je dis : essentiellement spécialiste de Sorel, chez qui il n'a pas vu l'autodidacte et l'esprit confus, à l'image de ce qu'est Sand  lui-même.Il n'a aucune compétence pour retracer l'histoire millénaire du peuple juif, qu'il récuse, tout en disant qu'il parle d'autre chose, le sionisme, mais remet en question l'histoire millénaire. Très rigoureux. Il prouve lui-même ce qui lui est reproché.
 

Réponse de alithia le 13/04/2009 à 13h27

 

* Merci à E.Marty et à Alithia pour ces mises au point. Il est assez inquiétant de voir comment se multiplient des thèses négationnistes, qui truquent l'histoire pour la faire coïncider avec leurs objectifs iéologiques ou militants.

Shlomo  Sand est d'abord un militant soutenant des idées extrémistes jusqu'à la caricature. Il est le bras droit de Warchawsky, le fou de l'Etat bi-national dont personne ne veut sur place, pas plus les Palestiniens que les Israéliens, hormis ceux qui imaginent un Etat islamique sous la direction du Hamas où les juifs se sentiraient sans doute très libres, et de Dominique Vidal, autre propagandiste connu, avec les quels il fait des tournées de meetings pour diffuser leur point de vue commun, de militants anti-sionistes virulents et sans crédibilité intellectuelle.

Ce sont des militants qui défendent une cause, ultra-minoritaire, qui n'est supportée par aucun intellectuel ni aucune association, des gens qui ne représentent qu'eux-mêmes, non des historiens.  Ce sont des militants de l'anti-sionisme, rien d'autre, mais dont personne ne partage l'avis en Israël, même pas l'extrême-gauche la plus extrême.

Shlomo Sand  a été qualifié de "Faurisson israélien" par un universitaire, qui considère que son négationnisme est encore plus grave que celui de Faurisson (qui ne peut être considéré comme un historien, tout le monde l'a compris, car il invente des faits inexistants et nie ce que tout le monde connaît et sur quoi il n'y a pas de débat en histoire). Car les négationnistes de la Shoah, se bornent à nier la Shoah, tandis que Sand prétend réécrire tout l'histoire juive sur des millénaires , depuis Abraham, avec pour seul propos de dire qu'elle a été entièrement inventée par les sionistes au siècle dernier. Risible. Ce serait risible si ce n'était négationniste et donc fait pour tromper.

Des millénaires sont ainsi effacés et les textes mis de côté comme s'ils n'existaint pas. Les ouvrages d'historiens non plus. C'est n'importe quoi. Les sionistes auraient inventé des millénaires de tradition transmise par les textes, inscrite dans les textes selon Monsieur Sand qui vous refait en deux coups les gros, 5 000 ans d'histoire ou plus, pour dire qu'elle commence au XIX° siècle.  Les juifs n'existent pas avant le sionisme ? La thèse est simplement absurde, ridicule. Jusqu'où va la mauvaise foi conjuguée à la bêtise !

Commentaire n°4 posté par Philon le 13/04/2009 à 12h43

 

J'ai oublié de dire, c'est n'importe quoi cette reprise de l'histoire qui met par terre des millénaires, une tradition, des textes et tous les ouvrages des historiens véritables. Mais Wikipedia reproduit ad nauseam ce n'importe quoi, sans précautions et sans aucun commentaires critiques.
Là on ne demande pas vérification

Commentaire n°5 posté par Philon le 13/04/2009 à 12h47

 

- Sand est un autodidacte -il a été traité d'autodidacte et de faux historien, par Marty, et c'est ce que je considère aussi pour ma part. Autodidacte, faux historien, oui, à plusieurs titres.
 Il ne se comporte pas en historien lorsqu'il pratique le négationnisme à grande échelle  : il nie 5 000 ans d'histoire. Ce point déjà est suffisamment clair. 
Autodidacte, faux historien au sens où il prétend s'occuper d'une histoire qu'il ne connaît pas : cela se voit, ses approximations et ses affirmations fantaisistes, complètement fallacieuses, le fait qu'il recourt à des mensonges, à des trucages.

Autodidacte pour la période qu'il prétend traiter, qu'il ne connaît pas, pour laquelle il n'a pas les compétences, soit 5 000 ans d'histoire qu'il nous réécrit à partir de ses clefs qui sont le XX° siècle, vu à travers ses lunettes de militant extrémiste de plus
Il prétend reformuler en vitesse l'histoire ancienne du peuple juif depuis Abraham, qu'il récuse en entier au nom de ses références au  XX° qui sont son sujet .

Ce qu'il connaît, c'est le XX° siècle. Il a travaillé sur Sorel et le fascisme.

Ses travaux ne sont pas très bons du reste. Sorel ,est un autodidacte, qui ignore ce qu'est un concept, est un esprit confus, ce dont Sand ne s'est jamais aperçu, curieusement. C'est pourquoi on ne peut considérer ses travaux comme de grande qualité, étant lui-même quelqu'un qui manifestement ne connaît pas les bases de la philosophie politique (gênant pour  qui prétend définir ce qu'est un peuple) n'a jamais entendu parler de théologie politique,  ignore ce qu'est un concept, est un esprit confus.

Il prend la notion de peuple, plus même qu'au sens d'ethnie , au sens de Volk càd unité de race, sens que lui a donné Hitler.

Ceci n'est pas digne d'un historien en effet et n'est pas acceptable d'un universita*

Réponse de alithia le 13/04/2009 à 13h52

 

* Le livre de Shlomo Sand a été le plus grand succès de librairie depuis longtemps... en Israël. Il a provoqué une saine réflexion sur des sujets particulièrement impensés là-bas. On peut ne pas être d'accord avec tout ou partie de ses propos mais je pense que vous devriez lire le livre plutôt que de le caricaturer. Shlomo Sand ne nie pas l'existence des juifs, il est juif et ne se considère pas autrement. Il explique seulement ce qui constituerait une évidence si nous parlions des romains, des gaulois, des arabes, etc., qui est que l'unité du peuple juif est une création récente au but idéologique. C'est avec le mythe d'un peuple unique qu'Israël a pu être créé - ce qui est positif - mais c'est ce même mythe qui est responsable de faits moins positifs, comme la création de disciplines universitaires pseudo-scientifiques destinées à prouver que le judaïsme est en quelque sorte une "race".

Commentaire n°6 posté par Sovite le 14/04/2009 à 00h54

 

-  Le succès d'un livre à scandale, écrit pour faire scandale, niant la réalité d'un peuple qui est déjà nommé comme tel dans la Bible, n'est pas totalement étonnant et n'a strictement rien à voir avec la validité de ses thèses ni la qualité du récit exposé.

Vous n'êtes pas choqué que pour prouver que le peuple juif n'existe pas, Sand ne le définisse ni par sa culture, ni par son histoire, ni par ses traditions, ni par son projet politique, mais avec le seul critère biologique, racial, soit comme le nazisme définissait le peuple allemand, Volk, comme une supposée race ?

Les nazis posaient l'existence de races distinctes d'où la prééminence du Volk. Sand pose l'inexistence de la race juive. Ce sont les mêmes critères convoqués pour définir un peuple.

La race juive n'existant pas, preuves par l'inexistence d'un ADN spécifique à l'appui, Sand conclut que le peuple juif n'existe pas. C'est un livre négationniste, qui ignore l'histoire, riche en fausses assertions et inexactitudes, contredites par tous les historiens qui travaillent sur ce domaine (ce qui n'est pas du tout le cas de Sand) c'est pourquoi il fait scandale. Aucun historien ne valide ses thèses, et tous ceux qui se sont exprimés contestent sévèrement sa méthode qui consiste à réduire des millénaires d'histoire à l'idée sioniste qui aurait tout inventé. Le moins qu'on puisse dire  est que l'argument est faible et la méthode anti-scientifique.

Les arabes n'existent pas dîtes-vous, pas plus que les Romains ou les Gaulois : vous voulez dire que les Romains et Gaulois ont disparu comme les Arabes ? difficile à soutenir il me semble, ou encore qu'ils ne se représentent pas comme une nation arabe ? Faux. Ni les musulmans comme oumma ? Faux. Où avez-vous vu cela ?

Vous dîtes encore que "la création de disciplines universitaires pseudo-scientifiques destinées à prouver que le judaïsme est en quelque sorte une "race"" : où avez-vous vu cela ? C'est absolument n'importe quoi.

Réponse de alithia le 14/04/2009 à 16h48

* Vous l'avez lu vous-même ce livre ? (Moi non, je l'ai déjà signalé et je le répète, je le feuilletterai peut-être dans une librairie d'ici quelques jours, mais je n'ai pas l'intention de le lire en entier).

Vous m'étonnez quand même avec : "La race juive n'existant pas, preuves par l'inexistence d'un ADN spécifique à l'appui, Sand conclut que le peuple juif n'existe pas."

N'ayant pas lu le livre, je ne sais pas quelle proportion traite de génétique, mais ça ne semble pas l'esprit du truc, autant que je comprenne par les compte-rendus qui en traînent sur le web et que j'ai consultés. Il y en a combien de pages sur des considérations désoxydo-nucléiques ?

Parce que les considérations raciales, je les ai surtout vues dans des _réponses_ indignées au bouquin, par exemple celle-là prise parmi plusieurs similaires dans les commentaires sur cet article de Haaretz.

Je veux bien me faire un avis sur le bouquin, mais tout de même sur la base d'informations factuelles, même si ça ne me tente pas trop de le lire complètement.

Commentaire n°7 posté par Le concombre masqué le 14/04/2009 à 17h44

- Vous ne l'avez pas lu mais ça ne vous empe^che pas de contester ce que je dis et de mettre en doute... Très rigoureux.

je vous étonne peut-être mais c'est la thèse centrale du livre. Sand impute à l'idéologie sioniste de chercher des preuves génétiques (regardez le com suivant qui centre son argumentation sur ce point, central chez Sand) ce qui est faux, et de nier qu'il y ait eu des peuples convertis , ce qui est faux. L'encyclopédie sioniste Mikhal parle des Khazars, des Berbères etc. Ce sont des choses connues.

Son livre n'est qu'une suite d'allégations fausses du même tabac, que le yididsh (proche de l'allemand) n'aurait aucun rapport avec lez yiddish du Moyen-Age etc. etc. etc.

Si vous voulez connaître l'historie juive lisez  le dictionnaire encyclopédique du judaïsme (Bouquins) fait par une série d'historiens chercheurs au CNRS et universitaires et vous verrez la richesse de cette histoire millénaire, ce qui vous permettra peut-être de comprendre que l'unique critère génétique pour juger d'une histoire, d'une culture, d'une expérience singulière, est à ce point non seulement stupide, idiot et faux, mais totalement crapuleux.

Aussi intelligent que de dire : pas de patrimoine génétique spécifique des Français, donc pas de peuple français, comme si ça n'était pas l'histoire, la culture et la politique qui faisaient un peuple.   Dit comme ça même un enfant de 8 ans comprend .

Réponse de alithia le 14/04/2009 à 21h52

 

* Bonjour,
Je n'ai pas lu le livre de Sand, et de toutes façons je ne prétends pas être historien.
Mais il n'est quand même pas nécessaire d'être historien ni d'avoir lu Sand pour savoir deux choses:
1°) Laissons de côté toute l'histoire juive non validée (du moins à ce jour) par l'archéologie, et restons sur les deuxième et premier siècles avant l'ère chrétienne. Va-t-on nier qu'il existait un peuple juif (yéhoudi en hébreu, judaeus en latin) dans un pays appelé la Judée et régi par un roi hasmonéen puis hérodien?
2°) La liturgie de tous ceux qui se réclament de la religion juive à travers le monde a-t-elle attendu le sionisme et le 19ème siècle pour parler d'un "am Israel" (peuple d'Israel)? Dans la tradition sépharade, la prière du kadisch, qui est écrite en araméen et ne date pas du 19ème siècle, et qui revient plusieurs fois par office, fait référence au am Israel, peuple d'Israel, tandis que dans la tradition Ashkénaze, on parle simplement d'Israel, mais au sens de peuple.
Au vu de ce qui précède, je ne comprends pas bien comment on peut prétendre que la notion de peuple juif est une invention du 19ème siècle. 

Commentaire n°18 posté par Edmond le 29/08/2009 à 16h13


* Les theses de Sand sont absurdes et intenables. Il tire un trait sur plus de 2000 ans d'histoire (du peuple juif) histoire qu'il ne connaît pas et sur laquelle il profère des contre-vérités sorties de son imagination. Elles ont été rejetées par tous les historiens et par l'ensemble du monde académique pour leur stupidité et pour l’ignorance abyssale qu’elles constituent.

La caution d'Esther Ben Bassa n'en est pas une. Cette personne n'a rien d'une historienne et tout d'une militante qui n'écrit pas de livres sérieux.

Il nie la dispersion après la destruction du temple, alors que la diaspora existait déjà avant. Il ignore la vie en diaspora, son histoire, la transmission de la culture juive et de la spécificté juive via la religion et l'étude des textes et ne considère que les habitants "sur place" en Palestine comme les authentiques juifs, qui serainet donc aujourd'hui les Palestiniens -convertis à l'islam- sans prendre garde au fait que les Palestiniens d'aujourd'hui sont  eux-mêmes très mélangés et viennent de divers pays arabes pour pas mal d'entre eux.
Il prétend ériger à lui seul un peuple pur de Palestine et décrète que ce sont eux les seuls juifs. Ceux de la diaspora ne seraient pas juifs.

Le mythe Khazar n'est pas plus sérieux. ces populations juives, ont été ensuite converties à l'islma, rien ne permet de dire que ce sont eux les Ashkénazes. Cette thèse fumeuse est sortie de son cerveau.
Les Berbères étaient juif avant d'être convertis, de force, à l'islam. Et alors ?

C'est une faute de raisonnement que l'on trouve à la base de son bouquin il décrète que seuls sont juifs ceux qui n'ont pas bougé de Palestine : de quels droit ? Et de plus, les juifs seraient une mosaique de Khazars etc.

Il n'oublie qu'une chose, c'est que les juifs n'ont été juifs que par le judaïsme en tant que religion et en tant que culture, liés également par la langue des textes saints, qu'ils habitent ou aient habité en Inde, en Chine, en Turquie, en Europe, en Amérique au Maghreb ou ailleurs.

C'est un peuple qui échappe à la définition classique du peuple se définissant comme nation par un Etat, une langue, un territoire. ce qui fait précisément la particularité juive.

Les juifs se normalisent, si l'on peut dire, avec Israël où là le peuple se définit comme nation par un Etat, une langue, un territoire, avec en outre cette particularité qui demeure de la nation en diaspora et de la culture commune issue du judaïsme, plus ou moins pratiqué comme religion à l'époque moderne qui perd de sa religiosité.

La faute de raisonnement de Sand, son a priori complètement arbitraire et archaïque, c'est qu'il veut définir le peuple comme ethnie. Ce faisant  le cadre qu'il impose est racialiste pour ne pas dire raciste.

A l'époque moderne un peuple n'est pas une ethnie mais nation constituée par un Etat, une langue, un territoire, définition à laquelle répond Israël et les Israëliens.

Ce qu'il va chercher du côté de l'ethnie, de la géographie et d'une histoire fantastique sortie de son cerveau, nie l'histoire millénaire de la culture juive et de l'existence juive par le judaïsme. Ce sont des énormités pour les historiens. Ce qu'il dit de l'apparition de l'idée d'un  peuple juif au XIX° siècle est absurde et complètement faux de l'attribuer au sionisme. Le sionisme est le projet d'une nation et d'un Etat, absolument pas d'afficher ou d'inventer l'existence juive comme celle d'une ethnie.

C'est aussi absurde que de chercher des certificats pour établir qui est français en cherchant des origines gaulmoises pures et considérer que ceux qui descendent des Normans, des Francs, des Angles, des Saxons, des Germains, des Romains etc. etc. etc. ne méritetn pas le nom de Français car ils n'ont pas des origines pure.

Sand est à la recherche d'une ethnie pure pour décréter que les seuls "vrais" juifs aujourd'hui sont les Palestiniens. Qui ne voit l'aberration d'une telle idée ?

Le probleme est que ces absurdités soient prises au serieux par quelques uns en France, l'extrême-gauche, les partisans de la cause arabe et palestinienne. ce livre est celui d'un idéologiue, qui force l'histoire pour essayer de prouver une thèse politique et ceux qui l'adoptent le font pour des raisons idéologiques et politiques.  Ce livre est un brulôt polémique et non scientifique qui sert aux militants antisionistes sur des bases ethnico-racistes pour legitimer leurs idées.

Il faudrait donc subir le succès d’un livre aux théories fumeuses, lancé par l'équipe du Monde diplomatique, ayant eu un prix uniquement parce qu’il s’attaque au sionisme en lui attribuant de plus des racines fausses.  Et il se croit tellement malin d'avoir découvert que tout peuple, toute nation a des mythes. original vraiment !

N'en aura -t-on jamais fini avec ces combats idéologiques qui essayent de se faire passer pour des études scientifiques ?

Commentaire n°19 posté par Alexandre hier à 22h30

 

- Mais bien sûr.

Vous dîtes juste.

Le raisonnement de Sand est que, puisqu’il n’y a pas de fondement génétique -donc racial en quelque sorte- permettant de définir un peuple, ce peuple n'existe pas de façon à pouvoir se distinguer des autres.

C'est une absurdité sur toute la ligne, car cela, on peut le dire à peu près de tous les peuples. La "pureté" génétique n'existe pas.

De plus en ce qui concerne les juifs, ils se reconnaissent comme tels  par un fonds commun qu'ils partagent et qui est le récit Biblique et son histoire mythique, son étude et ses commentaires. C'est cela qui a maintenu à travers le temps et en l'absence d'Etat -de nation au sens classique et avec les moyens classiques, d'un territoire, d'un Etat- les invariants de l'existence juive, leur mode d'être et leur spécificité qui est culturelle et la conscience que les juifs ont d’eux-mêmes. C’est là la seule invention du peuple juif  et sa grande invention dont sont dérivés les deux autres monothéismes qui en héritent et s'en distinguent, l'invention d'une culture, d'une forme politique particulière à l'origine -un pacte avec Dieu, puisque précisément ils n'avaient ni Etat, ni terre, Moïse, sortie d'Egypte...- qui est l'autre forme de l'invention de la démocratie. L'autre de la démocratie grecque. puisque c'est tout le peuple qui s'engage dans ce pacte avec Dieu. Rousseau le souligne  et l'explique très clairement et c'est important dans l'histoire de la philosophie politique qu'il y ait un autre de l'origine grecque de la démocratie puisque nous héritons des deux dans notre histoire.

 

La démarche de Sand qui cherche à trouver des spécificités génétiques et décrète que sinon rien n'existe, ni nation, ni politique, ni peuple en aucun sens du mot, pas même le sens que lui ont donné les juifs, via le pacte avec Dieu, + une langue et une culture transmise de génération en génération, est absolument réductrice et s'il appliquait ce même critère à tous les peuples il arriverait à des absurdités telles qu'il serait obligé de s'en rendre compte.car il devrait conclure qu'aucun peuple n'existe;

 

De + son raisonnement relève d'un sophisme. Il commence par éliminer toute la spécificité juive qui fait ce peuple -le pacte avec Dieu inventant une forme politique inédite ; son histoire et saculture transmise au cours de cette histoire ; son expérience historique spécifique : vivre comme un étranger au sein des nations, existence dispersée en diaspora, la palce centrale qui est celle de l'étude du livre, la Bible etc. - puis ensuite, après l'avoir dépouilleé d etout il conclue qu'il n'existe pas.

 

Curieuse méthode. Absolument pas scientifique et pas digne d'un historien. Où l'on voit bien là que le livre de Sand n'est pas celui d'un historien. Plutôt d'un hystrion. joke. :)


merci à vous Alexandre pour ce message très intéressant

Réponse de alithia aujourd'hui à 01h50


* le livre de Sand reparait aujourd'hui en poche et Pierre Assouline  en fait un billet sur son blog, c'est pour cela que j'en ai parlé.

P Assouline rappelle la critique très sévère de la plupart des historiens, même si Julliard l'a soutenu pour le prix qui lui a été attribué par un jury qui n'est pas composé d'historiens
.
Les historiens, eux, sont extrêmement critiques avec cet ouvrage aux thèses généralement qualifiées d'"inventions"
je cite assouline : Claude Klein décortiqua « L’invention de Shlomo Sand » dans les pages des Temps modernes, peu avant que  Mireille Hadas-Lebel n’en fasse autant dans Commentaire, où elle déplorait que l’affaire fit « beaucoup de bruit pour peu de chose », et que Le Débat lui consacre un important dossier dans sa toute récente livraison.

Commentaire n°20 posté par Alexandre hier à 22h43

Intéressant article du livre de Sand par un psychanalyste http://www.primo-info.eu/selection.php?numdoc=Ed-885197612

Commentaire n°21 posté par Alexandre aujourd'hui à 14h31

Le lien à l'article Parutions donné + haut par Raph  -qui doit être parti sous d'autres cieux-  indique un article qui ne dit que du bien de ce bouquin de Sand , tu parles !  Il est écrit par un type qui doit être un anti-sioniste acharné vu qu'il fait de la réclame pour les Naturei Karta ces fous extrémistes de rabbins mystiques et messianistes qui saluent et s'allient Ahmadinedjad. Des illuminés anti-sionistes qui sont pour la destruction d'Israël qui, paraît-il, empêcherait la venue du Messie. Tous les moyens sont bons pour le combattre, cet Etat impie, laïque, qui prétend réaliser humainement quelque chose pour les juifs sur terre ici et maintenant sans s'en remettre au Messie et qui serait un obstacle à sa venue. Toutes les alliances les plus improbables aussi.

Donc l'auteur de l'article qui loue Shl. Sand accepte pour référence -seulement deux sont citées- ce groupe d'illuminés. ça fait pas très sérieux cette référence pour traiter d'un supposé livre d'histoire

Mais ce qu'il a de bien , cet article, c'est qu'il dit bien clairement  la thèse de Sand 

 le sionisme se définit d'après Sand comme, un  "jeune mouvement nationaliste d’esprit völkisch "

"L’auteur, quant à lui, espère la liquidation de l’idéologie ethnique d’Israël" écrit le critique auteur de l'article.

C'est exactement ce que je disais : Sand raisonne en termes ethniques, entend le peuple juif comme ethnie, lui applique des critères ethniques et conclue de cela qu'il n'existe pas, car évidemment, un peuple n'est pas une ethnie, mais une construction politique  a fortiori à l'époque moderne.

Ce livre de Sand est vraiment une m... animé par une idéologie assez infâme, ethniciste-raciale, dont les analyses reposent sur des critères ethniques, et tout cela pour, en définitive, simplement dénier à Israël le droit d'exister ce qu'il expose assez clairement.

Il ne s'agit pas d'histoire mais d'un plaidoyer pour une cause ou d'un essai politique, qui va chercher dans l'histoire, sans rigueur et sans méthode, des éléments qui l'arrangent à partir desquels il fabrique des thèses fantaisistes historiquement, non admises par les historiens spécialistes des périodes et sujets qu'il aborde.  Il plie l'histoire à son propos qui est clairement politique.

J'apprends en lisant Assouline que Julliard est son copain, à Sand .  La boucle est bouclée.

Commentaire n°22 posté par Alexandre aujourd'hui à 15h16


- merci pour ces références.
Très clair en effet, un machine de guerre au service de l'antsionisme. C'est bien pourquoi wikipedia en fait la promotion.
Evidemment.
... dont Raph note ami précédemment passé par le blog 
Si vous lisez cela Raph, j'aimerais bien votre avis

Réponse de alithia aujourd'hui à 16h09

* Assouline sur son blog la république des livres, mentionne un article intéressant de Daniel Sibony
Celui-ci écrit, parmi beaucoup d'autres choses
"Le grand reproche qu’on peut lui faire [à Sand] c’est que sous prétexte d’une analyse historique, il est tout au service d’une idée politique : les juifs n’étant pas un peuple, sinon « inventé récemment », le sionisme est basé sur un artifice et l’État d’Israël, puisqu’il existe et qu’il faut faire avec cette erreur de l’histoire, ne devrait pas être l’Etat des juifs, mais une république sans identité précise. Shlomo Sand est partisan d’un État binational et c’est son droit le plus strict, mais écrire un livre d’histoire ne devrait pas être un pamphlet politique."

C'est également mon impression.

De plus Sibony traite de la question de la naissance d'une conscience nationale née au XIX° siècle chez les juifs disséminés, tout en rappelant qu'à propos de ces derniers tous et tout le monde, a toujours parlé de peuple.

Or c'est l'époque qui veut cela. La naissance d'une conscience nationale est née au XIX° siècle pour la plupart des peuples en voie de former des Etats-nations, hormis ceux qui, en Europe s'étaient déjà dotés d'Etats-nations, mais qui vont être imités dans de nombreux endroits du globe.

Israël est un Etat-nation, né tardivement d'une idéologie politique, d'un projet politique devenu référence unique au XIX°, mais déjà concçu avant comme projet et réalisé en Europe dans la plupart des pays.

Face à la forme de l'Etat-nation, le monde arabe a une autre histoire, mais ne lui est pas non plus extérieur, même si la greffe de l'Etat-nation dans le monde arabe eest plus artificielle, d'autant plus qu'elle a été réalisée sous l'emprise ou l'influence des puissances coloniales, ce qui rend l'histoire beaucoup plus contradictoire, puisque les peuples ne l'ont pas voulue eux-mêmes.

Bref, Sand au milieu de tout ça y va sans nuances et sans les précautions qu'on peut attendre d'un historien.

Le mouvement national juif, comme tous les mouvements nationaux est fait d'un certain romantisme et a construit ses mythes. Que ces mythes puissent être revistés et déconstruits par les historiens, c'est certain, et c'est vrai pour tous les mouvements nationaux, mais cette enquête est faussée chez Sand du fait de ses a priori. Il tinet sa conclusion, politique, avant d'avoir commencé son étude qui se conclue par son présupposé initial.

Pour finir sur une citation de Sibony qui dit l'essentiel quant à la définition d'un peuple

"Être un peuple est avant tout conscience collective de soi. Le fait est que tout peuple est ainsi « inventé », sujet d’un certain discours dans lequel il se reconnaît. Le peuple arabe également est en cela une belle construction historique artificielle. Ce n’est pas quelques guerriers bédouins partis de l’Arabie historique qui ont donné descendance au vaste monde arabe actuel… Faut-il donc alors démanteler la Ligue Arabe ? Je trouve aussi absurde de parler d’ « invention du peuple juif » que d’invention du peuple palestinien ou du peuple français. Tout peuple est le résultat de processus historiques, travaillé par des phénomènes culturels et identitaires complexes ; le résultat est là, il n’est en rien une « invention », mais une réalité humaine respectable. Un peuple n’est jamais du sang, encore moins une race, mais une conscience et une adhésion."

Sur ce point le travail de Sand, à l'opposé, ne permet pas de comprendre ce qu'est un peuple, il réintroduit des notions obsolètes telle celle de race ou d'ethnie et il tombe particulièrement mal en pleine campagne de l'UMP sur l'"identité française". C'est l'inconvéneient des textes militants, univoques au service d'une cause. Si le texte de Sand sert la cause de sa position sur la question Israël-Palestine, -un seul etat et disparition d'Israël-  en France  il sert les partisans d'une définition raciste  de la nation, car il use de références raciales.

Voilà, ce que j'ai lu et qui m'a intéressé dans ce débat qui semble mal engagé avec les wikipédiens.

Commentaire n°23 posté par Alexandre aujourd'hui à 15h45

- merci beaucoup Alexandre pour ces remarques fort intéressantes et pertinentes auxquelles je souscris tout à fait : un peuple ne peut en aucun cas se définir  comme le fait Sand et le paradoxe de cet historien est que précisément il nie complètement l'histoire du peuple juif dans sa spécificité.

Il est certain qu'après lui avoir dénié ses spécificités, son histoire singulière, Sand se trouve les mains plus libres pour nier son existence en tant que peuple, puisqu'un peuple n'est que le résultat de son histoire.

Il faut bien distinguer en effet, déconstruction des mythes qui ont contribué à l'édification d'une nation, qui est un travail d'historien scientifique,  et négation de l'histoire pour vider l'existence d'un peuple de tout contenu après lui avoir retiré toute singularité .

Appliquez la même méthode radicale de Sand à d'autres peuples -si c'est possible, ce que je ne crois pas  car il y eut des Empires, des Etats, des souverains , ce qui est difficile de faire disparaître- et vous verrez ces peuples disparaître aussi lorsque leur histoire aura sombré dans le néant.

Mais ce qui fait la particularité des juifs est qu'au sein d'une civilisation , l'Europe pour ses références politiques du moins, ce peuple a suivi une voie originale. En plus, il a existé au sein de plusieurs civilisations, plusieurs continents, avec plusieurs langues forcément.

Est-ce cela que les antisémites ne supportent pas ? La différence. La différence sans doute, apparaît comme insupportable à certains. Soit la différence d'une histoire, d'une forme politique et ensuite d'une absence de forme politique et d'une  survivance due à des moyens particuliers, uniques. est-ce cela qu'ils ne supportent pas  ?
La différence gêne-t-elle tant que cela car elle est au sein de nos propres pays, ici ou ailleurs -que l'on pense au monde musulman où les juifs ont été si nombreux , si longtemps, avant de devoir le quitter ?

Intolérance à la différence qui va jusqu'à faire gommer cette différence par un faux historien embarqué dans ses objectifs politiques.
Il a le droit d'avoir ses options politiques et militantes, mais il ne peut prétendre en faire un livre d'histoire.
Voilà ce qu'on peut dire de Sand.


Réponse de alithia aujourd'hui à 16h23


 

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Published by alithia - dans histoire
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commentaires

thitho 19/05/2010 18:28



Alors, Ben, je me permets de mettre en doute cette assertion. Non de votre bonne foi, mais ayant constaté que nombre de personnes ne parviennet pas à lire le livre de Sand tel qu'il est (aussi
bien ses défenseurs que ses détracteurs), à moins de lire une référence exacte et tirée effectivement de son livre, je me dois d'émettre des réserves sur une affirmation que vous ne parvenez
maintenant pas à étayer.


Je me permets aussi de signaler que je viens de publier un compte-rendu du travail de Sand sur mon blog. Bien que le juste milieu ne soit pas ma tasse de thé, je l'estime là situé (mon
compte-rendu).



Benjamin 04/05/2010 14:07



Je ne sais pas s'il y a une difference entre les deux versions. Ayant lu la version israelienne, je n'ai pas vu cette phrase et toute son approche tend a dire le contraire. Donc je me demande
moi-meme si la VF n'a pas subit quelques modifications, ce qui n'a rien d'extraordinaire et serait meme banal.



un autre Belge anonyme 23/04/2010 22:32



Benjamin évoque une différence entre les versions en français et en hébreu du livre de Sand. Quelqu'un aurait-il l'amabilité de me dire quelle est la version en hébreu de la page 390 de l'édition
Fayard, où Sand dit que tout grand groupe qui se reconnaît comme un peuple a le droit à l'autodétermination?


Si j'ai bien compris, Sand dirait quelque chose de tout à fait différent, et même de contradictoire, selon ce que j'ai compris de Benjamin.


Si cette contradiction est avérée, il y a effectivement fait grave. Mais je ne connais pas l'hébreu. Si quelqu'un pouvait publier cet extrait et le traduire, ça m'aiderait beaucoup


 



grain de sel 04/04/2010 13:05



Le livre de Shlomo Sand c'est beaucoup de bruit pour rien et une agitation autour qui n'a pour objet que son engagement personnel.


Ce n'est que le nième plaidoyer pour une option politique défendue par une poignée d'individus en Israël qui ne représentent qu'eux mêmes et qui n'a aucun écho du côté arabe et palestinien.
Politiquement, c'est insignifiant. Il nourrit les fantasmes de l'extrême-gauche antisioniste européenne, rien de plus. La seule nouveauté est que Sand compromet l'histoire pour cette thèse et se
compromet comme historien.


 


Il existe un débat sur l'histoire en Israël , entre historiens et dans la société qui le répercute. Les archives sont ouvertes et l'histoire s'écrit, précisant des points qui revisitent les
mythes et les mettent à mal.


L'extrême-gauche s'en est emparé de manière militante, excessive, caricaturant les choses, et caricaturant l'histoire. Ce sont ces excès que l'on retrouve chez Sand, un discours militant sans
nuance et sans souci d'exactitude historique, et qui joue avec l'histoire.


 


Cela ne fait pas avancer l'histoire ni la conscience politique du fait de ces excès. Tout au contraire. Des historiens partisans s'isolent au sein de la communauté des historiens et des
universitaires et sécrètent  un mouvement de rejet par leurs excès, au niveau politique. Perçus comme militants par les historiens, ils ne peuvent être pris au sérieux, et comme excessifs
par leurs prises de position politiques, ils produisent le rejet car Israéliens et palestiniens ne trouvent aucun sens à leur discours.


Un coup d'épée dans l'eau, un succès d'édition peut-être, dans les milieux antisionistes et porté par ceux-ci, mais une régression pour la pensée et une provocation au niveau politique.


 


 


Comme Ilan Pappé, Sand est un provocateur. Comme Ilan Pappé avant lui qui a produit des faux contre les faits, faux documents fabriqués par la propagande palestinienne, et l'a justifié en
soutenant que les faits ça n'est pas important (sic) pour étayer son choix politique, Sand use de tous les moyens pour appuyer son choix. Ainsi Pappé s'est discrédité au point qu'il s'est mis en
marge de toute la communauté universitaire et a préféré quitter le pays tête basse quand son forfait a été découvert. Pour Sand l'avenir fera le tri mais d'ores et déjà il semble qu'il s'est
également mis en marge de la communauté universitaire des historiens.


Du reste Sand n'enseigne pas l'histoire mais la science politique. Ce qui explique peut-être aussi son laxisme vis à vis des méthodes de l'histoire.


 



R. 04/04/2010 00:02



suite du texte qui a été coupé


 


Les Juifs ne sont pas revenus en Palestine pour conquérir ou supprimer quelqu’un, mais pour trouver un foyer sur la seule terre qui peut leur offrir un tel foyer, dans le seul pays auquel ils
sont reliés par une chaîne historique qui n’a jamais été rompue et qu’il est impossible de briser. Ils veulent un foyer en Palestine et nulle part ailleurs. La Syrie, l’Irak et les autres sont
pour nous des pays aussi étrangers que l’Afrique orientale ou l’Amérique du Sud. Lorsque l’on examine à nouveau cette question d’un point de vue pratique, on peut se demander quelles
justifications pourraient légitimer ces craintes. Croyez-vous que la reconstruction d’un Etat juif dans une partie de la Palestine sera une tâche aisée ? Croyez-vous que le transfert et
l’installation de Juifs venus d’Europe et d’ailleurs, sur une terre qui, dans sa plus grande partie, n’est aujourd’hui qu’un désert, seront menés à bien sans grand effort ? Le nombre des
Juifs qui viendront s’installer en Palestine n’est pas assez élevé pour constituer la plus faible menace pour les 40 millions d’Arabes qui peuplent le Moyen-Orient, dont le nombre grandit d’année
en année, qui disposent de vastes territoires et de possibilités illimitées. Il faut un état d’esprit proche de la folie pour brandir l’épouvantail d’une conquête juive du Moyen-Orient. Cela peut
constituer un bon slogan pour exciter une foule fanatique. Mais cela devrait être tourné en dérision dans les réunions d’hommes d’Etat responsables.


 


 


Nous nous trouvons, vous et nous, à la croisée des chemins de l’histoire. Tout dépend de vous : allez-vous entraver nos efforts ou nous accepter comme nous le demandons, en enfants de
l’Orient retournant, après des siècles d’exil forcé, sur la Terre de nos Pères. Je ne vais pas m’adonner à la prophétie, mais je voudrais vous dire, à vous qui avez je pense le sens des
perspectives historiques, que ces enfants d’Israël qui rentrent chez eux peuvent constituer une grande source de bénédiction pour le Moyen-Orient dans son ensemble. Ils ont été chassés contre
leur gré et ils ont apporté une grande contribution à leurs pays d’adoption. Ils reviennent aujourd’hui, chargés des trésors de cette expérience unique acquise par un peuple d’Orient dans les
pays occidentaux, pour trouver ici ce qu’aucune autre terre ne peut leur donner : des racines dans le sol, la paix, la sécurité, un foyer. Leurs efforts seront concentrés sur cette seule
tâche et sur cette seule terre, mais ce qu’ils réussiront à accomplir ici aura inévitablement aussi des effets bénéfiques sur leurs voisins et contribuera à la renaissance générale du
Moyen-Orient, dont dépendent pour une large part la paix, la sécurité et la prospérité de tous ceux qui y vivent. Tel est, en tout cas, notre espoir, auquel nous nous accrochons en dépit de tout
ce qui nous est infligé ces derniers jours. Au cours de la semaine écoulée, face aux efforts délibérés pour nous entraîner dans un conflit et nous pousser aux représailles, notre peuple a fait
preuve de retenue et nos leaders ont continué à tendre la main de la paix et de la coopération à nos voisins arabes. Notre travail de reconstruction sera mené, que nos voisins le veuillent ou
pas, mais la part que notre nouvelle communauté prendra dans la renaissance du Moyen-Orient dépendra d’eux. Le choix est entre leurs mains. Je terminerai en citant un passage de notre sainte
Bible : "J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité ; choisis la vie ! et tu vivras alors, toi et ta postérité."