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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 21:08


Oui il est aberrant et nuisible de supprimer l'histoire dans la section S des classes de terminales de lycée.  Mais que dire  d'une école où les profs se font insulter, où des voyous font régner leur loi et terrorisent leurs profs ? Que dire d'une société qui laisse faire cela ?



Chronique de Jacques Julliard dans le Nouvel Observateur  du 10 décembre :



Combien de temps tolérerez-vous, monsieur Chatel, que vos enseignants soient insultés et humiliés ?

Ca, monsieur Luc Chatel, auriez-vous donc perdu l'esprit ? J'ai bien compris que la rue de Grenelle n'est qu'une étape dans votre brillante carrière, mais enfin, vous imaginez-vous par hasard que vous êtes ministre de plein exercice ? Ne lisez-vous point les journaux ? Apprenez donc qu'en France ministre de l'Education est devenu un titre honorifique, confiné à des tâches purement symboliques. Or, en matière de symbole, supprimer l'histoire en classe terminale dans la section S, la plus prestigieuse, vous auriez pu trouver mieux !


Et puis cette douce manie qui saisit tout arrivant rue de Grenelle de réformer les lycées ! Les expériences passées ne vous ont- elles pas averti que c'est là une tâche 1) impossible, 2) inutile ? En tout cas, tout est désormais en place pour l'annuel monôme d'hiver, avec figures imposées : feinte colère des élèves, indignation des parents, compréhension des enseignants, trouble de l'opinion. C'est parti et vous l'avez bien voulu !


Alors, avant que le tintamarre annoncé ne rende inaudible toute parole articulée, permettez-moi quelques remarques. Je comprends bien votre volonté de privilégier l'accompagnement, le soutien individuel et une spécialisation de la terminale qui rendrait sa chance à une section L (littéraire) en voie de désuétude, mais :


- N'est-il pas contradictoire de vouloir spécialiser les terminales, quand on envisage sérieusement de rétablir la propédeutique à l'entrée du supérieur, tant les jeunes étudiants manquent de culture générale ? Vous devriez en parler avec votre collègue du Supérieur, madame Valérie Pécresse.


- Malgré vos efforts, la section S est partie pour demeurer celle des élites. Est-il, dans ces conditions, raisonnable, est-il républicain de priver les futurs cadres de la nation d'une formation historique minimale ?

En un mot, croyez-en mon vieux scepticisme, ne réformez plus, c'est puéril, essayez de faire fonctionner ! Et pour cela, il y a une tâche prioritaire : préserver l'Education nationale des voyous ! Combien de temps tolérerez-vous sans réagir, monsieur le Ministre, que vos fonctionnaires soient bafoués, insultés, humiliés dans l'exercice de leurs fonctions ? Jusques à quand souffrirez-vous que vos profs et parfois vos instits constituent, avec les chauffeurs de bus de banlieue, la seule profession où se faire traiter d'«enculé» - je n'y puis rien, c'est le mot - est devenu chose banale, naturelle, dérisoire et comme inscrite dans le cahier des charges ? Il y a quelques jours, au lycée professionnel Jean-Lurçat (Paris 13e), opération «zappe ton prof». Un professeur a émis la prétention de faire fermer les téléphones portables pendant son cours. Colère (anonyme) des élèves : «S'il n'y a aucun effort de votre part, nous n'avons que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc...» Même témoignage de la part d'une remplaçante de banlieue dans «le Monde» du 3 décembre. Il faudrait aussi parler de la reprise sur internet du site NoteTonProf.com, misérable opération d'intimidation et de délation. Et mille autres incidents du même genre.


Après cela, étonnez-vous que le taux d'absentéisme pour raison médicale soit deux fois plus élevé dans l'Education que dans le privé. Ce qui m'étonne, moi, c'est qu'il ne soit pas deux à trois fois supérieur. On ne dira jamais assez la veulerie d'une société qui tolère le harcèlement au travail de ses enseignants, avec le silence apeuré de ceux-ci, la lâcheté de l'administration, la honteuse complicité des parents, la jobardise des psychologues, l'hypocrisie de l'opinion, la carence du pouvoir. Si vous voulez réformer quelque chose, monsieur Chatel, voici le lieu, allez-y !


Alors, chers collègues de l'enseignement supérieur, vous avez fait une belle pétition pour la défense de l'histoire, que je signe naturellement des deux mains. Mais je voudrais vous convaincre que nous n'aurons fait que la moitié, que dis-je, le dixième de notre devoir de solidarité avec nos camarades du secondaire, et notamment avec nos collègues femmes, victimes d'un sexisme abominable, tant que nous n'aurons pas fait cesser ce scandale : la destruction de notre institution scolaire par des poignées de voyous à l'impunité assurée. Voilà aujourd'hui la mère de toutes les réformes.

 


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Published by alithia - dans école
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commentaires

Zoe Paul Martin 11/01/2010 14:22


Moi même punie par ma hiérarchie jusqu'au recteur qui a prêté une oreille complaisante à des parents incultes, sans éducation, ignorant ce qu'est le respect des règles mais soutenant leur enfant
roi ingérable qui a rapporté  des propos  rocambolesques tout simplement parce qu'il ne comprend pas le Français de base; j'ai donc écoppé d'un rappel à l'ordre sans même avoir songé
avant à me contacter pour me demandre ma version des faits?!
Ma seule faute: avoir l'audace de tenir bon sur des exigences élémentaires































A mon sens l'identité Française passe d'abord par la langue; c'est être capable de parler et d'écrire le français au moins basique, sinon correct , mieux encore
avec une certaine richesse de vocabulaire selon son propre degré de culture; Si l'on continue sur cette voie, il va rester bien peu de Français!


A lire absolument un petit livre qui vient de sortir: "Tout va très bien Mme
La Proviseur!" de Zoé Paul-Martin(Société des écrivains): une analyse des causes et conséquences du délabrement du système éducatif Français qui formate
(peut-être bien à dessein) des jeunes illettrés après 20 ans passés sur les bancs d'une école; analyse appuyée par des preuves édifiantes relevées dans des copies d'élèves au cours de ces 10
dernières années.


Les profs commencent à lever le voile sur un système parfaitement poudre aux yeux, répondant uniquement à une politique des quotas,  d’économies budgétaires à
travers une vision capitaliste de l’avenir avec en toile de fond l’exploitation des masses incultes surendettées.


Oter aux citoyens la capacité à s'exprimer
est plus subtil que de leur en ôter le droit !










alithia 11/01/2010 17:55


Merci de votre témoignage et courage . Il en faut dans ce monde qui marche la tête à l'envers, ce qu'est devenue l'école, où des élèves peuvent persécuter leurs profs
(et accessoirement d'autres élèves), où la parole du prof ne vaut rien devant celle d'un élève, même s'il s'agit d'un enfant, où la hiérarchie semble parfois tout aussi ouverte et compréhensive que
ce que décrit Kafka.

Je publie d'autres témoignages sur un post suivant, parus dans Le Monde, suite aux derniers événements manifestant la violence qui peut régner au coeur des établissements scolaires où pénétrent
tous les problèmes et toutes les tares de la société.


Moi 31/12/2009 19:03


C'est le blog des bobos ici, tout n'est pas aussi rose que dans vos quartiers


Valériane 14/12/2009 11:50


ça n'est pas trop de le dire
Les profs qui défendent l'école doivent aussi défendre les profs malmenés


marcthibault 14/12/2009 07:13


Mais aussi que valent  ces professeurs qui laissent insulter la société ou ils se trouvent et qui sont quasiment joyeux lorsque le moindre élève aura traité des noms précités le président
de la république.Ils appelent cela ensuite l'esprit critique en salle des prof
sQue dire de profs qui s'affichent dans leurs cours en rebellion ouverte avec le"système"et font croire que nous sommes en dictature ce qui n'est pas le cas.
Toute cette démagogie par laquelle des profs malsdans leur peau...
Comme je suis déja un vieux con ,permettez moi de vous dire que les profs précités s'ils ont eu les aventures racontés dans la presse ont commis une erreur .Dans tous ces lycées ou comme
chacun le sait le niveau monte ,ce n'est pas d'abord les élèves qu'il faut conquérir ,ce sont les collègues car par naiveté,méchanceté etc,ils ont tot fait de répondre aux questions  des
élèves sur un nouveau prof ou simplement de ne pas lui témoigner même dans les couloirs le respect qui lui est du.
Si vous avez été prof de philo vous savez à quel point peut ètre dévastateur pour une année la remarque fine du prof de maths qui sort que oui ,ces exercices vcous n'aurez qu'à les faire en cours
de philo"
généralisons la remarque.Vous ne remarquez pas que les enseignants eux même ,comme il est ethnologiquement habituel se conduisent les uns avec les autres comme des prévots de prison et que la
hainer des élèves n'est que le revers de celle que les professeutrs se portent les uns aux autres ou à l'insitution.Merci Hegel


Piera 13/12/2009 23:28


Très juste et il faut le dire haut et fort dans certains établissements, à la population constituée des catégories sociales défavorisées et issues de l'immigration il est devenu presque impossible
d'enseigner et cela parce qu'il est quasiment interdit aux enseignants d'enseigner. Toute contrainte est interdite, toute discipline nécessaire à l'étude (calme, silence, politesse dans les
relations entre éléèves et entre élèves et profs) a disparu car elle n'est plus une norme, ni conçue comme une condition nécessaire dans une classe pour permettre aux élèves d'apprendre. Voir "la
journée la jupe" , élèves qui se tiennent mal, bruyants, grossiers, agressifs empêchent le prof de faire cours et dans l'impunité totale les établissements scolaires  finissent par tout
accepter, comme si les profs devaient tout supporter. On ne s'occupe plus que de faire du social, comme si les profs étaient devenus des assistantes sociales, de  "l'accueil d'élèves" 
qu'il faut comprendre jamais reprendre, de la psychologie bidon qui est synonyme de laxisme -il est interdit d'interdire- où les profs ne sont plus supposés qu'être de  "gentils
organisateurs", où le savoir n'a plus de place et les élèves à moitié illettrés exigent leur examnet à n'importe quelle condition, sans faire les efforts nécessaires pour atteindre le niveau
requis.

Les profs n'ont pas le droit de dire la réalité du manque de travail, de l'ignorance des élèves, à commencer par l'ignorance de la langue et ils doivent supporter de se faire insulter sans
protester. Il faut qu'ils soient toujours "positifs" et trichent avec la réalité comme l'institution triche avec les élèves dans une véritable démagogie, avant de les lâcher dans la nature,
ignorants, incultes et sans éducation.

Ce ne sont pas des élèves qui se présentent dans ces établissements mais des des consommateurs décérébrés et conformistes.