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Observatoire

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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 18:36

vu dans Libé cette réponse de René Major et Chantal Talagrand aux énormités d'Onfray, qui dit bien la double dimension de la dernière invention d'Onfray, plaisanterie saumâtre et délirante, diagnostic que je suggérai ici même.

 


 

Michel Onfray ou la folie raisonnante


Par RENÉ MAJOR Psychanalyste, CHANTAL TALAGRAND Psychanalyste


On f’rait mieux de se taire. Taciturire, comme le disait Blanchot, devant l’outrance de la provocation ou les âneries qui porteront désormais un autre nom : les «onfrayries» qu’une certaine «confrayrie» de médias s’empresse de répandre dans le ciel de la pensée pour tenter de paralyser tout ce qui, depuis un siècle, n’a cessé d’éclairer les sources inconscientes des rapports entre les hommes. De quoi Michel Onfray est-il donc devenu le nom ? Du symptôme du rabaissement de la pensée qui déferle quotidiennement dans la presse ou à la télévision. En venir, en effet, à faire de Freud un antisémite est le comble de l’onfrayrie.

 

 

On croirait lire un canular. L’auteur n’hésite pas à dire que «Freud n’écrit jamais contre Hitler, contre le nationalsocialisme, contre la barbarie antisémite», alors que, le jour même où Hitler est nommé chancelier, Freud écrit : «Nous sommes tous inquiets de ce qui va advenir du programme du chancelier Hitler dont la seule visée politique est les pogroms» et, dans la remarque préliminaire au Moïse en voie de rédaction, il est on ne peut plus explicite : «Dans le cas du peuple allemand […] on constate que la régression vers une barbarie presque préhistorique s’accomplit sans s’appuyer sur une quelconque idée de progrès.» Le 10 juin 1933, il écrit aussi : «L’Allemagne est la pire cellule de la gigantesque prison qu’est devenu le monde […] Ils ont commencé en prenant le bolchevisme pour leur mortel ennemi mais ils finiront comme eux - à ceci près que, malgré tout, le bolchevisme a adopté des idéaux révolutionnaires alors que ceux de l’hitlérisme sont purement médiévaux et réactionnaires.» On ne peut non plus laisser faire croire que Freud aurait pactisé avec la psychothérapie allemande aryanisée, lui qui fit procéder, avec l’accord de tous les membres, à la dissolution de la Société psychanalytique de Vienne.

 

 

Onfray feint-il de ne pas comprendre que, dans son livre sur Moïse, Freud analyse le délire d’élection auquel est en proie le peuple allemand sous l’impulsion de son Führer dans la rivalité métaphysique qu’il prétend entretenir avec le peuple juif ? Hitler avait bien déclaré que le peuple allemand était le peuple de Dieu et qu’il ne pouvait exister deux peuples élus. Où donc Onfray va-t-il chercher, à contresens, que Freud se propose de «tuer le père des Juifs» en parlant de l’homme Moïse ? Faire de Freud un fasciste parce qu’il remet un exemplaire de Pourquoi la guerre ? écrit avec Einstein en 1932, à Eduardo Weiss qui lui demande un de ses livres pour Mussolini, c’est ne rien comprendre à l’humour, parfois acerbe, de Freud. D’abord, le choix de ce livre dans lequel sont dénoncés les motifs cachés de la guerre qui se profile à l’horizon et où se trouve analysée la soif de pouvoir ; ensuite, la dédicace ironique qui «reconnaît en la personne du dirigeant un héros de la culture». Comment Freud aurait-il pu sérieusement considérer Mussolini comme un héros de la culture ?

 

 

Il faut être aussi naïf que Onfray - ou que Mussolini - pour le croire. Onfray va-t-il prêter à Freud une admiration pour les SS quand, lui faisant signer une déclaration selon laquelle il aurait été bien traité par eux avant son départ de Vienne, Freud ajoute en post-scriptum - et au péril de sa vie - qu’il recommande la Gestapo à quiconque ? D’autres philosophes se sont intéressés à Freud bien avant Onfray. Foucault, par exemple, n’a-t-il pas écrit que ce fut «l’honneur politique de la psychanalyse d’avoir suspecté dès sa naissance ce qu’il pouvait y avoir d’irréparablement proliférant dans ces mécanismes de pouvoir qui prétendaient gérer le quotidien de la sexualité […] et que la psychanalyse doit d’avoir été en opposition théorique et pratique avec le fascisme» ? Derrida, pour sa part, n’aura-t-il pas insisté sur le «révisionnisme» qui tente de nier la découverte freudienne et son impact dans notre culture en voulant procéder à une plate restauration de tout ce qui avait cours auparavant, où la psychanalyse, le nom même de la psychanalyse et celui des héritiers de cette pensée seraient désormais associés au mal lui-même ou à un remède pire que le mal. Car la psychanalyse, telle qu’inventée par Freud, s’est employée et s’emploie encore, avant même toute idée thérapeutique ou sinon avec elle, à envisager, sans alibi et sans prétexte, sans souci d’épargner la pensée bien pensante, les racines du mal radical, d’un mal généralement abandonné à la religion, à la métaphysique ou au théologico-politique.

 

 

Allons Onfray, si, comme vous le prétendez, la psychanalyse est une philosophie et toute philosophie une autobiographie déguisée de son auteur, on ne donne pas cher de la vôtre. Elle est à reléguer aux poubelles de l’histoire. Allons, remettez-vous de votre folie raisonnante qui prend tout à rebours de la vérité de l‘histoire. Lisez Sérieux et Capgras qui ont magnifiquement décrit cette folie.

 

 

[fin  de citation]

 

 

Entre canular qui ne mérite qu'un éclat de rire et folie  ratiocinante dont il est difficile d'admettre les "arguments" , c'est  également mon diagnostic, nietzschéen bien sûr, car nul n'ignore que Nietzsche faisait des diagnostics des penseurs. Notre philosophe  du bocage normand vient de se livrer, au-delà de ce qu'il imagine avec ce livre grotesque qui témoigne de sa croyance selon laquelle, il suffirait de faire les poubelles et montrer que l'auteur n'est ni un héros ni un saint pour invalider sa pensée et le travail de toute une vie. En l'occurrence  Freud dont la pensée a révolutionné le siècle.

 

Onfray, outre qu'il est peu digne de voir ses écrits reconnus comme "philosophiques" , est finalement un moraliste sévère et un donneur de leçons rabat-joie  professionnel, à l'esprit rigide, dépourvu d'humour,  et étonnament peu bon vivant pour un hédoniste [ceci, vient de sa folie ratiocinante]. Figurez-vous qu'il croit flinguer Freud et sa pensée en le dénonçant pour avoir pris  un temps de la cocaïne -Freud l' avait découverte pour ses propriétés anesthésiantes, et en ignorait les effets nocifs et addictifs-  et parce qu'il aurait -aux dires d'Onfray-qui-a-soudoyé-la-femme-de-chambre- trompé sa femme.  Quand bien même ce serait vrai, Freud doit être le seul et le premier et cela donc, interdit d'accorder quelque crédit à sa pensée.

 

Onfray est un curé hédoniste moralisateur pisse-froid sans humour , qui se réclame de Nietzsche dont il est éloigné par des années-lumières et qui déteste la contradiction... chez les autres... Ce qui n'empêche pas ses contre-sens qui relèvent d'une autre dimension que le simple contre-sens .

 

Une farce !

 

 

Alithia

 


 

 

 

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Published by alithia - dans psychanalyse
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commentaires

Luis 16/05/2010 01:30



Bonjour Alithia,


J'ai lu attentivement l'ensemble de la discussion; et pour être succint je n'écrirai qu'un seul commmentaire : vos joutes passionnelles à tous sont sidérantes de bêtises; un peu de recul ne
ferait de mal à personne sur ce blog; j'ai rencontré la pensée analytique à l'âge de 16 ans en lisant la thèse de Lacan, et me suis lancé dans l'aventure de la cure à 17 ans à peine avec mon BAC
tout juste obtenu; après une décennie passé dans les arcanes des écoles et instituts divers et un cursus d'études en philosophie, je suis à même d'articuler certaines vérités, qui auraient bien
plus de poids que la fumisterie outrecuidante et la filouterie de Monsieur Onfray, vérités plus brûlantes encore concernant cette discipline dite de psychanalyse.... mais je me tairai comme
quelqu'un qui en sait long, très long.... et qui n'a plus d'illusion.. quelqu'un qui sait notamment qu'il est inutile de s'efforcer contre la psychanalyse; il n'y a qu'à attendre... qu'elle
s'effondre d'elle-même; il n'y a aucune relève... la psychanalyse est minée de l'intérieur comme une pomme véreuse.. Onfray ce n'est rien, rien du tout, comme vous tous;


j'en sais un bout de ce qui vous agite tous... quant à la réplique de Monsieur Major, qui n'en rate jamais une pour faire reluire son portrait, j'en sais aussi un bout à son sujet et si bien que
je pourrais, si mon esprit était disposé en une autre manière, y engager sa réputation, car pour fustiger un homme encore faut-il être exemplaire... cependant de son cas je n'en ferai rien, car
il n'est rien comme Onfray et vous tous, et moi-même avec....  une sereine conviction l'emporte en ma raison : la psychanalyse se détruira par elle-même... fin de commentaire. Bien à vous à
tous...



anne onyme 10/05/2010 17:16



Vous n'avez pas répondu sur l'émancipation de, est-ce que vous voyez meiux où je voulais en venir? et que vous vous êtes précipitées pour rien au final puisque nous étions d'accord au fond, et
vous avez pris une ambiguités (inhérentes à l'expression même pour une faute) vous savez j'ai arrêtez de vous corriger l'usage que vous faites du signe égal, moi non plus ne suis pas votre prof
de logique, et je me demande même si notre dispute sur le terme de démonstration ne viendrait pas tt simplement pas du fait que vous lui donnez une def floue....


Si vous donnez au terme démo le même sens qu'en logique, alors peut-être oui, on peut penser que les discours des grands philosophes (et encore...) sont cohérents d'un point de vu logique, que
leur raisonnement sont dans ce sens des démonstration, c'est à dire que pr certains présupposés donnés ils en arrivent à certaines c/c....cohérentes d'un pt de vu logique avec les prémisses, ça
ne veut pas dire qu'ils ont prouvés leur conclusion.


ex: Si je dis, supposons que la terre est finie et plate, si la terre est plate alors elle a un bord....


oui effectivement c'est cohérent logiquement, mais je n'ai en aucune manière établi que la terre avit un bord...


C'est ce que j'essaie d'expliquer pour la philosophie, si je pose comme présupposé l'exisence d'idées transcendantes...alors je vais pouvoir en déduir tt un tas de choses...mais je n'aurais pas
prouvé l'existence ou la véracité de ces choses!


Wiitengenstein disait que la philo officiait à la limite du langage, hors la logique n'est que la poloce du discours (granger) donc la philo ne peut pas non plus se subordonné à la
démonstation...


Quand Derrida pose la question dans foi et savoir:"peut-on pardonner l'impardonnable" si je ne vois pas plus loins, je vais dire que cette phrase n'a pas de sens, et d'un point de vu logique elle
n'en a pas, mais elle s'inserre dans tt un questionnement (des fondations justement) dans lequel une telle phraseprend sens...Derrida ne prouve ni ne démontre rien, il questionne, c'est en grande
partie cela la philosophie....



anne onyme 10/05/2010 16:10



Si tout le monde avait étudié la philo, y compris philo des sciences autant et aussi longtemps que les maths, soit durant les 12 ans de sa scolarité jusqu'au bac
(vous voyez, je ne demande pas bac + 3) on n'en serait aps là et je dirais même que la face du monde en serait changé.


Sinon, au delà de la polémique, je suis presque d'accord, l'ensignement de la philo doit se faire plus tôt et de manière généralisé,
mais pas au détriment des math, sinon on crée une classe d'âge d'ignares (je ne parle pas de vous car vous vous êts quand même interressé à la vulgaristaion, je trouve ça insuffisant mais mieux
que rien) qui croit que la technique relève de la magie (comme Marcel Mauss le disait) et vivent dans un monde auquel il ne comprenne rien, et on leur demande de particioer aux décisions en plus!
comment leur demander de prendre partie sur le débat écologique s'ils ne comprennent rien à la science, c'est un véritable problème de démocratie!



Raphaël 10/05/2010 15:53



Un des effets de l'affaire Onfray, très médiatisée, est que les gens vont se précipiter sur les livres de Freud.


merci Onfray.



alithia 10/05/2010 16:19



Peut-être . L'idée est plaisante .


ce sont les ruses de l'histoire ...



anne onyme 10/05/2010 15:44






Si tout le monde avait étudié la philo, y compris philo des sciences autant et aussi longtemps que les maths, soit durant les 12 ans de sa scolarité jusqu'au bac
(vous voyez, je ne demande pas bac + 3) on n'en serait aps là et je dirais même que la face du monde en serait changé.


vous pensez vraiment avoir fait des maths?...ou de la science....