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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 19:08


 

Voici ce que j'ai relevé dernièrement comme digne d'intérêt parmi les réponses au livre d'Onfray, qui insistent sur la destruction du symbolique et des fondements de la culture, de la civilisation, à quoi participe Onfray ainsi que sur la manière dont il s'en prend aux institutions et en particulier aux institutions qui sont le socle de la culture   :



Une lettre ouverte de Gérard Haddad à Onfray , dans Le Monde du 10 mai, qui tente de s'adresser à lui, personnellement. Il lui parle de l'amour du père et lui indique que cette destruction du symbolique et de la culture, cette destruction des fondements même de la civilisation à quoi il participe, est une oeuvre négative aux effets délétères, contrairement à ce qu'il s'imagine.


Ce que je dirais en termes nietzschéens : Onfray participe  de l'aggravation et de l'approfondissement du nihilisme.


Le concept de nihilisme signifie l'épuisement des valeurs de la tradition  ; soit la religion , et la représentation du pouvoir par une figure paternelle : dieu est mort, les hommes l'ont tué, le roi aussi ; c'est la figure du dernier des hommes, meurtrier des figures fondatrices des valeurs anciennes qu'est l'homme du  nihilisme, l'homme contemporain , qui a tout à réinventer.  A ce nihilisme  Nietzsche oppose l'idée de transmutation de toutes les valeurs . Et au dernier des hommes qu'est l'homme du nihilisme, Nietzsche oppose l'avenir  ayant pour tâche  de dépasser l'homme, ce qu'il appelle le surhumain, qui devra surmonter la petitesse et la négativité du dernier des hommes. Il en appelle à une grande politique et à des philosophes nouveaux, les philosophes de l'avenir, afin de réinventer et refonder la civilisation .  Tout le contraire de ce que fait Onfray qui représente un monumental contresens par rapport à Nietzsche.


Voici :


Cher Michel Onfray,



J'ai ... lu, avec sympathie, un de vos livres. Vous y racontiez ce vœu de votre père, agriculteur, de voir le pôle Nord, et ce vœu, avec un amour filial, vous l'avez exaucé quand vos finances vous l'ont permis. J'ai trouvé à ce souvenir, pardonnez-moi, un parfum freudien. Je crois en effet que, dans votre étude approfondie de l'œuvre de Freud, quelque chose d'essentiel vous a échappé. C'est que cette œuvre est tout entière construite autour de l'amour du père, amour premier. Je vous renvoie au chapitre 7 de son œuvre, Psychologie des groupes. Le même Freud avait depuis longtemps énoncé cette vérité vérifiable, que j'ai en tout cas vérifiée dans mon existence, la mort du père est sans doute la plus grande douleur qu'un homme peut éprouver.

 

J'ai longtemps hésité avant de me mêler à cette avalanche de réactions que votre dernier livre a suscitées. Et puis, je me décide, parce que trop c'est trop et qu'il n'est pas forcément vrai que tout ce qui est excessif ne compte pas.

 

La place manque pour traiter des différents points que vous soulevez. Je me contenterai d'une remarque et d'une objection.

 

J'ai été analysé par l'analyste alors le plus cher de Paris, Jacques Lacan, et les 200 F de ma séance de l'année 1981 ne peuvent en aucun cas se comparer à ces 450 € que vous agitez comme la preuve de je ne sais quel crime. Qui pourrait en effet payer sa cure au tarif de 10 000 euros par mois ? Votre calculette a dû connaître un sérieux bug.

 

Vous agitez aussi les 700 pages de votre lettre comme preuve du sérieux de votre travail. Je ne ferai pas l'injure à un épistémologue de votre qualité de souligner la nullité d'un argument qui pèserait la vérité au poids de pages, quand, face à ces 700 pages se dressent des milliers d'autres, tout aussi sérieuses et documentées.

 

Mais laissons tout cela pour en venir à ce que je considère comme l'essentiel, et dont il n'a pas assez fait état. L'essentiel tient en cette question concrète, pratique : la psychanalyse sert-elle à quelque chose ? A-t-elle, oui ou non, allégé le fardeau des hommes ?

 

Depuis Freud, des millions d'hommes et de femmes ont fait une analyse, et comme vous, ont étudié sérieusement la pensée de Freud. Je pense en particulier à des témoins qui n'appartiennent pas à la profession. Je pense à Thomas Mann, je pense à Schnitzler, aux 2 Zweig, Arnold et Stephan, voire à Einstein qui n'a pas jugé indigne de débattre avec Freud. Mais je pense surtout à tous ceux qui ont témoigné du profit qu'ils ont tiré de leur analyse.

 

Ainsi Georges Bataille, à qui l'on demanda un jour, dans une émission radiophonique, plus tard transcrite, son opinion sur la psychanalyse, et s'il ne pensait pas que sa créativité aurait été détruite s'il avait entrepris une cure. À quoi Georges Bataille répondit,  je cite de mémoire, qu'il n'aurait jamais écrit une ligne s'il n'avait pas fait une analyse ? Que pensez-vous de ces témoignages ? Des affabulations ? Des béquilles accrochées dans la grotte de Lourdes ?

 

Vous avez récemment fait à B.H.L. un curieux reproche, celui de ne pas avoir lu vos livres, alors qu'il publie dans la même maison d'édition que vous. Il se trouve que d'autres auteurs publient chez le même éditeur que vous et dont le témoignage aurait pu, aurait dû, vous intéresser. Je pense à ce livre de Marie Cardinal, les mots pour le dire, où cet auteur témoigne de ce fait, que la psychanalyse lui a sauvé la vie. Un effet placebo ?

 

Vous auriez pu lire, chez le même éditeur, un autre auteur. Excusez-moi de le citer puisqu'il s'agit de moi. Vous pourriez y lire le récit sans concession de ma propre cure, avec les honoraires payés, la durée des séances, etc. Je dois à cette cure tout ce que je suis aujourd'hui, c'est-à-dire quelqu'un qui considère, à l'automne de sa vie, que cette vie valait la peine d'être vécue. Encore une béquille accrochée dans la grotte de Lourdes ? À ce niveau d'analyse, qui délire ?

 

En vous écoutant l'autre jour - cet incroyable succès médiatique ne vous fait-il pas dresser un peu l'oreille ? — avec l'aplomb et le sourire narquois de la certitude que vous affichez, j'ai pensé qu'une telle attitude relève de trois possibilités : soit celle du chercheur qui, après de difficiles travaux, fait une découverte et qui déclare E = mc2 par exemple ;  ou bien celle de l'homme qui, tel Saint-Paul sur le chemin de Damas, découvre la foi ; ou bien enfin celle du paranoïaque pour qui soudain tout fait sens dans le complot qu'il découvre.  Je ne sais de laquelle des trois catégories vous relevez.

 

En tout cas, il faut que vous sachiez ce que votre discours signifie. À ces millions de gens qui doivent quelque chose à Freud et à ses disciples, vous leur avez craché au visage. Et de cela vous je ne peux vous acquitter.


Il est vrai que vous êtes coutumier du fait. Vous avez depuis longtemps craché au visage des millions d'hommes pour qui la foi en Dieu n'est pas qu'un opium. Bernanos aurait dit de vous que vous avez déshonoré l'athéisme.

 

Vous avez aussi craché au visage de ces vénérables personnes, comme Herman Cohen ou Leibowitz, qui considéraient Kant comme une des plus grandes merveilles que l'intelligence humaine a produites pour vous Kant est le précurseur d'Eichmann le nazi.

 


Soyons clairs. Vous m'impressionnez ! Profitant de la vertigineuse inculture de notre temps,  vous avez trouvé le truc qui marche, celui de démolir tous les piliers de notre civilisation. Vous devriez lire,  chez notre commun éditeur, mon essai Les Biblioclastes, les destructeurs de culture. Serez-vous l'un d'entre eux ? Vous verrez où ça mène.

 

En tout cas, dans cette affaire, ce n'est pas tant votre personne qui me paraît le plus symptomatique, mais l'audience que l'on vous accorde et qui est comme une marque d'infamie sur le front de cette culture que nous partageons.

 

 

* * *

 

Dans La Libre Belgique, article de Jean-Claude Payé.


[extraits]


[lorsque Onfray se vante d'avoir lu "tout Freud" en 5 mois], alors que l’exhibition d’une telle toute-puissance devrait prêter à sourire, elle est généralement tenue comme une garantie de la qualité de son travail et du caractère de "chercheur infatigable" attribué à l’auteur. M. Onfray est présenté comme l’icône, l’image de l’incarnation de la vérité comme "toute". Il s’offre en tant que vérité qui se fait voir, qui ne se présente pas à la raison, mais au regard, à la pulsion scopique. Son livre n’est pas destiné à penser, mais à fournir une jouissance. Il s’agit d’une vérité qui s’énonce sans vouloir se heurter, ni aux faits, ni à une interprétation. Elle n’est pas relative, elle se présente comme la chose absolue. Elle n’a besoin d’aucun support, d’aucune extériorité. Elle est la "Theoria" qui se fait monde et qui jouit d’elle-même. Simplement, Onfray fait une fixation sur Freud qu’il réduit à une image rivale.


Sa "lecture" de Freud présente deux caractéristiques complémentaires. Sans notes, ni références, elle ne doit rien à personne, elle ne se fonde formellement que sur elle-même. Il s’agit du travail d’un "self-made man". Tout ce qui est affirmé est présenté comme nouveau, n’ayant aucune filiation, ni intellectuelle, ni historique.

 

Enfin, il s’agit d’une lecture à la lettre. Si Freud a théorisé la pulsion de mort et a montré son rôle dans l’histoire des sociétés humaines, c’est qu’il est un adepte de l’abandon à ce mécanisme pulsionnel. Sa théorisation est ainsi une anticipation de la barbarie nazie et porterait une responsabilité des génocides commis. Une identité est établie entre l’énonciation du mot et la chose elle-même. Comme disent les enfants: "c’est celui qui le dit qui l’est".

 

Aussi, Freud, en faisant du meurtre du père imaginaire donnant existence à un père symbolique, un principe fondateur d’une société spécifiquement humaine, aurait assassiné Moïse, le père de la loi judaïque, favorisant ainsi la solution finale des nazis contre le peuple juif.

 

Quant à Onfray, il veut se soustraire à la loi symbolique posée par Freud, il ne veut pas tuer le père, mais occuper sa place. Grâce au déni de la fonction du père, il n’y a plus de dette symbolique entre les générations, d’articulation entre l’objectivité et la subjectivité. Pour l’enfant tout-puissant, les choses n’existent qu’au moment où il les énonce. Ainsi, il est dans l’air du temps, comme un rouage d’une machine déjà bien installée.

 

Historiquement, la psychanalyse a été combattue par les régimes fascistes et nazis, comme "science des juifs" et stigmatisée par la droite catholique, à cause de sa référence à la sexualité. Si le philosophe athée et hédoniste se trouve en une telle compagnie, ce n’est pas pour les mêmes raisons. Dans les Etats fascistes et nazi, ce qui fait lien entre les hommes est mythique. A l’ordre symbolique, au lien social, doit se substituer l’imaginaire. Dans la post-modernité, dont Michel Onfray est un héraut, ce qui explique sa grande médiatisation, tout ordre symbolique, même imaginaire, doit être anéanti. L’enfant tout-puissant, figure centrale de cette nouvelle période historique, ne peut connaître aucune limite. La dimension sociale de l’humain est déniée. A l’ordre de l’Ancien Testament qui repose sur la gestion de la violence, l’auteur oppose une humanité hédoniste, uniquement habitée par la pulsion de vie, orchestrée par un dieu païen prônant une jouissance sans limites. Si on n’est pas aveuglé par cette notion d’un dieu solaire, on retrouve là la spécificité des valeurs de la post- modernité.

 

 

Si depuis toujours la psychanalyse a toujours été un enjeu de confrontation, les attaques actuelles sont d’un autre ordre. Actuellement, il ne s’agit plus de la confronter, mais de la diaboliser, de la forclore.


La Grande-Bretagne, pays aux quatre millions de caméras de surveillance et qui a déjà supprimé l’essentiel des libertés individuelles, est à la pointe de ce combat. Un projet de loi est en discussion visant à empêcher concrètement sa pratique. Cet exemple extrême fait partie d’une tendance générale. Ce livre en est un élément. Pour dénier la psychanalyse, tout est bon: inventer des faits, fabriquer des révélations, privilégier la rumeur face au réel. Dans cette entreprise, l’auteur est assuré d’obtenir tout le soutien nécessaire.

 

Ce qui est dérangeant dans la psychanalyse, c’est qu’elle repose sur le manque, qu’elle montre à l’homme que sa condition l’empêche d’être le tout. Dévoilant sa castration à l’individu, elle fait de la reconnaissance de celle-ci, la condition de l’émergence d’une parole. A l’opposé de M. Onfray, elle nous montre que l’existence d’une société humaine repose sur l’interdiction de l’inceste, non pas du corps à corps dans lequel on est habitué à la penser, mais dans la séparation de l’individu d’avec la mère symbolique, aujourd’hui l’Etat maternel. La psychanalyse est un instrument indispensable pour faire face au déni de l’humain. Elle nous est nécessaire pour sortir d’un processus de régression qui nous ramène au stade le plus primaire du narcissisme, celui de l’auto-érotisme, de la non-distinction entre intérieur et extérieur, dans lequel Onfray veut s’enfermer.

 

  * * *

 

De J-A Miller

  [extraits] 


" La partie épistémologique est non moins expéditive. Les concepts freudiens ? une fantasmagorie, « un cirque », ceci redit mille fois. L’ouvrage est parsemé de points d’exclamation, qui signifient : qui peut croire pareilles sornettes ? L’inconscient fait des calembours ! Il est illogique ! Insaisissable ! On ne le voit jamais ! Et Freud qui a le toupet de nous parler de ça ! Et Freud qui se contredit ! M. Onfray, jamais. Il ne se fie, dit-il, qu’à « la raison raisonnante et raisonnable ».

 

L’histoire des idées le montre, ce genre de boussole s’affole toujours devant la psychanalyse. Faute d’admettre qu’un réel puisse répondre à d’autres principes que la non-contradiction aristotélicienne, on se retrouve vite dans la position d’un Monsieur Homais aux prises avec une imbaisable Arlésienne.

 

Quelques mots suffisent enfin pour expliquer le ressort de l’imposture : la magie du verbe, l’alliance des gredins, la crédulité des dupes. C’est que ce livre puise dans le même trésor d’idées reçues que toutes les théories conspirationnistes. Il ravira cette famille d’esprits.

 

On aimerait croire que « tout ce qui est exagéré est insignifiant ». A l’âge médiatique, rien n’est moins sûr. La pensée freudienne, qui s’avance sur des pattes de colombe, délicate, scrupuleuse, attentive au détail le plus menu, se transformant à plaisir pour épouser les méandres de l’expérience clinique, et supposant, comme dit Valéry, « l’action de présence des choses absentes », cette pensée ne pouvait que rebuter la masse. Du coup, ses partisans crurent bon de populariser une image de Freud en saint laïque. Cette idéalisation, qui fut surtout le fait des analystes de langue anglaise, ne manqua pas de provoquer des contrecoups agressifs, dont nous avons aujourd’hui un remake. Mais ce ne sont pas de tels couplets qui menacent la psychanalyse. Non, c’est le succès même de sa méthode. Le sens commun la dilue, toutes sortes de thérapies conversationnelles en dérivent. Entre-temps, la notion se répand que rien n’existe que ce qui est chiffrable."

 

* * *

 

 


Guillaune Mazeau, historien, maître de conférences à Paris I, quant à lui  analyse la destitution  des institutions et des   universitaires à quoi s'efforce Michel Onfray, participant d'une tendance actuelle.


Onfray : faux paria, vrai populiste, dans Libération      

 

Essuyant une pluie de critiques, Michel Onfray concentre ses attaques sur sa principale contradictrice, Elisabeth Roudinesco. Pour lui cette dernière serait la papesse de la psychanalyse. A son tour, Michel Crépu déplore que la psychanalyse soit défendue par cette «surveillante générale [qui] vous alpague du fond du couloir» (Libération du 26 avril).

 

Au-delà des personnes, ces propos soulèvent une question essentielle : la place des universitaires dans la construction publique du savoir. Comment ne pas voir qu’à travers Roudinesco, docteure et directrice de recherches, c’est l’université que l’on vise ? Prenant la mine blasée du génie incompris, Michel Onfray continue de jouer la carte du succès populaire contre les élites parisiennes et les institutions scientifiques. Dans ses interviews, il n’omet jamais de rappeler ses origines modestes et provinciales, comme si ces détails pouvaient différencier sa pensée de celle des «autres», amalgamés dans un même paquet. Depuis la controverse entre Proust et Sainte-Beuve, on pensait le problème réglé : le philosophe Marcel Gauchet défend-il ses livres au nom de ses origines tout aussi populaires et tout aussi normandes ? Onfray construit son succès sur ce que les sociologues appellent le déclin des «institutions» : l’Eglise, l’Etat et leurs agents, au premier rang desquels les prêtres et les universitaires, échouent désormais à donner un sens à la vie. Onfray, qui s’attaque tour à tour aux uns et aux autres, n’est que le symptôme d’un désir de nouveaux récits et de nouveaux prophètes. Aujourd’hui, les universitaires ne sont plus reconnus comme les sources les plus fiables du savoir. Leur parole mise en doute est littéralement étouffée. Cette défiance se traduit en termes politiques dans la baisse des crédits alloués aux sciences humaines, dont l’«utilité» ne va plus de soi.

 

Séduisant raconteur d’histoires, Michel Onfray a réussi à s’imposer comme porte-parole de cette ère du doute. Faux démystificateur, il dit lutter contre une version officielle du savoir grâce à une recette magique : la méthode historiographique. A l’en croire, l’étude de l’histoire de la philosophie lui aurait permis d’identifier une pensée unique de l’enseignement de la philosophie, qui serait essentiellement fondé sur Platon, Descartes et Kant. Fort de cette vision simpliste, le philosophe argentanais prétend réhabiliter les dénigrés et perdants de l’histoire, qui, comme lui privés de parole par les universitaires parisiens, peuvent devenir, cette fois grâce à lui et en même temps que lui, les nouveaux héros d’une véritable contre-histoire. Projet scientifique et stratégies personnelles se trouvent ainsi étroitement imbriqués.

 

Las ! Que n’a-t-il appliqué avec la même rigueur cette méthode miracle à sa récente histoire de l’assassinat de Marat (la Religion du poignard, Galilée, 2009) ? S’il l’avait menée sérieusement, sa méthode historiographique aurait dû lui montrer que sur ce sujet, le paria n’est surtout pas Charlotte Corday, une des plus célèbres figures de l’histoire de France, mais Marat, oublié jusqu’à une période très récente ! Elle lui aurait non seulement évité d’utiliser un grand nombre d’écrits apocryphes mais l’aurait aussi conduit à s’apercevoir que la plupart des propos qu’il prête à Marat ou Corday ont été inventés au XIXe siècle ! Onfray se rend-il compte que son mépris pour les travaux des autres l’a tout simplement conduit à commettre un livre ridicule, plus proche du contre-exemple que de la contre-histoire, même si ce pamphlet lui a valu les honneurs des médias ?

 

Aujourd’hui, quel universitaire peut se targuer d’être traduit en vingt-sept langues ? Quel universitaire voit ses cours diffusés sur une chaîne de radio nationale ? La dénonciation du monopole qu’exercerait une histoire officielle universitaire relève non seulement de la mythologie du complot, mais porte aussi en elle le danger du relativisme. Si tous les chercheurs mentent, à qui faire confiance ? Alors que la crise favorise peurs et replis, il est tentant de s’abandonner à ceux qui désignent des boucs émissaires, stigmatisant les sorbonnards et les intellectuels mondains, mais qui imposent ainsi une vision du monde intolérante et dangereuse.

 

Contraints de respecter une éthique professionnelle, les universitaires se distinguent simplement des autres producteurs du savoir par le fait qu’en suivant tous le même protocole et en révélant la «boîte noire» de leur raisonnement (l’appareil critique), ils donnent à leurs lecteurs les moyens d’aller vérifier et de contredire leurs propres arguments. Sans sombrer dans le corporatisme, c’est cette conception d’un savoir universel, ouvert et partagé mais non relativiste, qu’il faut défendre pour s’opposer au nouveau scepticisme démocratique dont le succès populaire d’Onfray constitue l’inquiétant symptôme.

 

  * * *

 

Pour vérification des événements invoqués ou inventés et interprétés par Onfray,  les rectifications de l'histoire, par l'historienne de la psychanalyse E.Roudinesco

 

Un livre collectif est annoncé, "Contre l'obscurantisme" à paraître au Seuil fin mai, de la même avec contributions de 5 auteurs, qui sont  historien, philosophe, pedopsychiatre ou psychanalyste.

 

 

* * *


Dans Le Monde de Marc Goldschmit , philosophe.

  [extraits]


Il analyse l'existence et la promotion de ce livre, en ce qu'elles relèvent de


" la liquidation des conditions de la pensée et de la subversion critique, du fait de l'alliance objective des néo-conservatismes, de l'académisme et des néo-positivismes, avec l'immense ressentiment des cancres. Cette alliance permet aujourd'hui à l'anti-intellectualisme, au moralisme et au consensus de submerger l'espace public. Le livre d'Onfray, bénéficiant d'une promotion docile et non critique de la part de trop nombreux journalistes, représente un symptôme de ce submergement. Ce livre, dans lequel aucun texte n'est lu, analysé, ni même compris de manière un peu sérieuse et digne de discussion, est une opération d'auto-marketing et de censure, destinée à augmenter le nombre auto-satisfait des non-lecteurs de Freud, et à rendre illisibles les avancées de sa pensée. Pourquoi Freud est-il l'objet d'un autodafé publié et publicitaire ? Que cherche-t-on à détruire ainsi, à vouer à l'oubli"


Il expose quelques points centraux de la psychanalyse , répond à quelques grossièretés falsificatrices, telle la pseudo  connivence de Freud avec le fascisme :

 


"L'humour freudien et son Witz : Les différentes tonalités du rire travaillent tous les concepts de Freud, mais sont inapparentes quand on les approche avec balourdise. Comment peut-on en effet méconnaître l'ironie de la dédicace à Mussolini (du livre Pourquoi la guerre ?) et l'humour avec lequel Freud recommande à tous la Gestapo (avant de quitter Vienne en 1938, Freud est obligé de signer une attestation, à laquelle il ajoute un post-scriptum : "Je puis cordialement recommander la Gestapo à tous") ? Un peu d'oreille et d'esprit, que diable !"

 

et diagnostique le fond de ce phénomène mediatique  :


" Les grands bouleversements de la pensée ont lieu dans les détails inapparents et subtils des textes, incommensurables à l'impudente grossièreté des propos d'Onfray. Son détournement de la pensée de Nietzsche ne trompe que les non-lecteurs, et participe d'une grossièreté falsificatrice. La complaisance et la proximité d'Onfray avec les antisémites (il cite sans distance les discours de l'extrême droite française sur Freud), aux antipodes de la "grande politique" de Nietzsche articulée à une déclaration de guerre aux antisémites (par exemple : Fusillons tous les antisémites, lettre à Jacob Burckhardt, du 6 janvier 1889), le ressentiment contre la pensée et la non-lecture des textes, aux antipodes de la philologie et de la probité nietzschéenne, la psycho-biographie vulgaire (ragots et mensonges colportés pour diffamer la sexualité de Freud, voire les mises au point définitives d'Elisabeth Roudinesco) aux antipodes de la psychologie des profondeurs.


En fin de compte, les cancres se vengent de l'immense et silencieuse subversion ouverte par la pensée. Les livres de Freud et Nietzsche, écrits démocratiquement pour tous et personne (exergue d'Ainsi parlait Zarathoustra) travaillent contre le temps présent en faveur, espérons-le, d'un temps à venir. Ils sont aujourd'hui vaincus par la haine, la vulgarité et la bêtise, qui font un bruit de tous les diables. Est-ce définitif ? Il est permis d'en douter."


 

 

Encore, un article  de  Alain Amsellek  sur mediapart. Il traite avec précision un certain nombre de points abordés par Onfray et montre son incompétence tant en matière de philosophie quand il se réclame de Nietzsche dont il se trouve aux antipodes, que de psychanalyse car il ignore tout de la pratique en quoi elle consiste et dont elle est issue. de plus, il prétend la réduire à Freud, car il ignore tout de  l'histoire,  hormis les anecdotes personnelles interprétées de la manière que l'on sait.

 

 

 

Nombreux sont également les analystes et soignants à avoir souligné en quoi cette opération largement relayée par les media s'inscrit dans la logique du libéralisme qui porte toujours plus haut l'idole du marché divinisé, au mépris de la liberté des humains que protège la psychanalyse.  Cette  liberté, valeur suprême avec l'égalité dans une république, a besoin d'être aujourd'hui protégée et défendue, contre des politiques libérales qui n'ont en vue que le contrôle sécuritaire au détriment des libertés dans la mesure où elles pourraient être un frein à   l'accumulation des richesses  . Le libre exercice de la psychanalyse dépend également de conditions politiques.


Un  collectif de soignants  engagés dans un mouvement contre une psychiatrie sécuritaire, normative et hygiéniste, s'insurge contre le pamphlet d'Onfray qui selon eux sert cette psychiatrie là et représente une imposture.


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Published by alithia - dans psychanalyse
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Leo 25/05/2010 17:12



C'est cela, une présentation pour le public non averti mais autrement plus juste que les fumisteries d'Onfray.


Les media commenceraiennt à rectifier le tir et parler autrement de cet horrible bouquin de  cet horrible individu ,


 


Dans le même  est cité un livre d'un anthropologue, Samuel Lézé qui a enquêté sur le monde de la psychanalyse 


L’anthropologue Samuel Lézé, qui a enquêté durant dix ans auprès des psys et de leurs patients (L’Autorité des psychanalystes, PUF), a lu le best-seller de Michel
Onfray.


 


quelques mots de celui-ci


Que pensez-vous du Crépuscule d’une idole de Michel Onfray?
Onfray s’attaque au fondement de la personnalité de Freud. C’est une critique morale, une arme imparable pour saper son autorité, mais cela ne change pas grand-chose. La psychanalyse n’a pas
besoin de Freud pour exister.


 


La psychanalyse perd-elle du terrain?
Elle est finalement assez méconnue du grand public. Ce qui ne l’empêche pas d’être largement pratiquée au-delà des cabinets des analystes: de nombreux psychiatres et psychologues du privé et du
public en sont nourris; elle s’exerce dans les hôpitaux, les centres médico-psychologiques, les associations. Le plus souvent, ces psychanalystes travaillent main dans la main avec des soignants
qui, eux, privilégient des approches médicamenteuses ou comportementalistes.


 


Pour Michel Onfray, la psychanalyse est une religion qui ne guérit pas.
Les patients que j’ai rencontrés ne sont pas des croyants mais des gens pragmatiques désireux de résoudre un problème précis. Ils vont chez le psychanalyste parce que cette pratique a sur eux des
effets qu’ils jugent essentiels. Même les gens mécontents – toujours malheureux en couple ou au travail – se disent transformés. Tous assurent retrouver leur capacité à suivre leur propre chemin
malgré tout, et parfois contre tout.


 



alithia 25/05/2010 19:48



Peut-être certains media, -les media écrits du moins car à la télévision c'est le cirque Onfray qui prévaut-, se sentent-ils obligés de tenir compte des réponses à
Onfray et de la condamnation unanime de ce qui n'est pas un travail.





En revanche sur le travail de samuel Lézé un article intéressant qui le présente de manière
développée.



Leo 25/05/2010 15:16



Onfray ou frayeurs d'un clown. De quelle frayeur Onfray est-il animé ?


Il tente de liquider ses propres problèmes grâce à ces livres où il jette à la vindicte publique les grands hommes, comme certains rêvent de jeter aux chiens ce qui les embarasse, leur fait peur
ou  l'objet de leur haine.


 


D'abord on est au cirque.


Onfray et le grand cirque mediatique, comme disait plus haut monchienaussi, je suis bien d'accord


 


 


On ne peut parler de la psychanalyse et encore moins émettre un a vis sur son utilité et son intérêt sans se référer à l'expérience. La dimension pratique, thérapeutique, et les témoignages des
praticiens sont autrement plus parlants que ce que présente au public les cirques mediatiques et les cris d'Orfaie de l'atrabiliaire normand.


 


On peut lire ici un témoignage des praticiens, pédiatres et
pedo-psychiâtres, psychologues et autres professions, formés à la psychanalyse et qui interviennent dans les maternités, auprès des mères et des enfants, en banlieue, dans les milieux populaires.


 


Est-ce cela l'escroquerie freudienne dont parle Michel Onfray sans savoir de quoi il parle ?


Il fait du cirque. Rêvant de jeter Freud aux lions dans l'arène, il se montre en clown.


 


Les psychologues et médecins qui travaillent à aider les personnes en difficulté  et qui les aident à passer des passes difficiles de leur vie, pour ne pas répéter les traumatismes et
histoires passés, savent bien à quoi sert la psychanalyse et comme elle est indispensable à leur pratique. Ils voient les résultats de leurs interventions dans les institutions publiques de
santé, gratuites où beaucoup de personnes ont été sorties de leurs impasses.


 


Ils se moquent bien de Michel Onfray et de ses lubies fumeuses et fieleuses, toutes symptômatiques de ce fait évident qu'il est animé par un fantasme qui lui est propre et une volonté de
liquidation qui serait désastreuse si elle était appliquée.


 


Onfray amuse les media et fait de l'audience avec leur complaisance. C'est pitoyable.


 


Cirque, mais cirque d'un petit boutiquier aux idées étroites et animé par l'envie et le désir de revanche.


Il a une  rhétorique de petit boutiquier poujadiste qui aurait été ruiné par les "gros", lorsqu'il assimile le psychanalyste et tous les professionnels de santé formés à la psychanalyse à
des riches bourgeois de St Germain des Prés. C'est l'image qu'il présente à la télé tandis qu'il se présente comme un petit provincial né dans un milieu fauché. Il caricature le 
psychanalyste en homme fortuné et avide d'argent, roulant sur l'or (que d'envie émane de ses propos!), il falsifie les prix de séances et il oublie tous ceux, la majorité, qui travaillent dans
les centres de santé publics et tous ceux qui font payer des sommes très basses aux patients dont les ressources sont maigres.


 


Onfray ferait mieux de sortir de son village natal qu'il se vante de n'avoir jamais quitté -en quoi est-ce une vertu ?- et de son personnage de Français de base bien beauf qui parle aux beaufs du
fond de son soi-disant bon sens terrien,  et il ferait mieux d'aller voir dans les grandes villes et leurs banlieues, dans les centres de santé publique, comment ça se passe en vrai, loin de
ses stéréotypes très lourds contre ceux des villes (qui forment 90% de la population) .



alithia 25/05/2010 16:09



Merci pour ce témoignage, parlant, intéressant, et populaire, dans un journal grand public qui recentre bien les choses pour un public non averti par delà les
généralisations fallacieuses de M.O. et son cirque mediatique, (on peut le dire) en montrant justement par quel angle aborder la psychanalyse et la question de son utilité sociale et de son
pouvoir, modeste mais plus précieux que tout pour ceux qu'elle a sauvé de leur misère personnelle.





L'autre aspect de la défense de la psychanalyse est politique. Il s'agit de la défendre sur des bases culturelles et politiques de la liberté des sujets afin que
soit protégée et  reconnue la légitimité de s'occuper de leurs problèmes personnels, afin de faire entrer cette liberté dans le droit et qu'elle soit reconnue en droit -contre l'obligation
de se bourrer de médicaments. 





Contre l'idéologie libérale qui prévaut / s'impose en matière de santé mentale avec le culte de l'évaluation, la psychanalyse défend la liberté des sujets en
défendant leur droit à s'occuper d'eux-mêmes contre la logique économique néolibérale qui n'a en vue que la rentabilité et son augmentation illimitée, au détriment de la liberté.



stephane 25/05/2010 02:48



la reference à Marie Cardinal "les mots pour le dire", est hors de propos, car il s'agit d'un faux, avoué par son propre auteur (voir :Le livre noir de la psychanalyse).


je comprends parfaitement les critiques à l'égard de M.Onfray, il à eu le tort, à mon humble avis, de trops s'attarder sur les poubellles de la vie privée, (c'est ce qui ressort de ses
intervetions televisées).


par contre il ya vraiment un probleme avec la Psychanalyse, il suffit de lire les sources de Onfrau plutot que Onfray ( LE livre noir de la psychanalyse)


 et tout y est..., et des choses graves concernant la psychanalyse.


ET donc Onfray, a au moins ce merite là, meme si je pense qu'il s'y est tellement mal pris, qu'il risque d'obtenir l'effet inverse...


il faut dire qu'il s'est tapé tout Freud pendant ses vacances d'été... ca me parait un peu court, pour digerer l'oeuvre de celui qui malgre tout pour moi un Genie .


 


 


 



alithia 25/05/2010 14:57



C'est le Livre noir de la psychanalyse qui est un tissu de faussetés et d'affirmations partisanes à l'emporte-pièces non vérifiées et surtout non vérifiables, vu la
méthode adoptée, malhonnête vis à vis de la pratique analytique car les auteurs sont clairement dans une logique comptable, qui prétend compter et évaluer ce dont elle est absolument incapable,
sans référence au réel dont elle parle : les effets de la cure.





Onfray n'a quasiment rien inventé, tous les ragots et toutes les fictions sont déjà dans ce livre à quoi il a rajouté ses interprétations pour en rajouter une louche
avec sa méthode bulldozer.





Il est tout à fait inexact de prétendre que le témoignage de Marie Cardinal est un faux. C'est encore un exemple des nombreuses falsifications contenues dans le
Livre noir... qui est seul à prétendre cela, sans fondement.








Quant à Onfray il s'est ridiculisé auprès des très nombreuses catégories , intellectuels, thérapeutes de toutes sortes formés à la psychanalyse, patients
innombrables, juristes, profs et éducateurs, parents, médecins,  etc. qui connaissent suffisament la psychanalyse pour savoir ce qu'elle peut apporter aux personnes en souffrance et en
impasse dans leur vie, et ce qu'elle peut apporter comme éclairage dans leur métier ou leur oeuvre d'éducation. Sans parler des patients qui laisse passer le tank Onfray sans s'en soucier.








Il n'est pas impossible qu'un des effets de ce livre ridicule pousse certains à lire Freud et la vaste littérature psychanalytique, histoire, théorie, pratique et
témoignages.



Sigi 21/05/2010 13:46



une note de E. Roudinesco, qui signale que sur son site Michel
Onfray publie une rectification sur plusieurs points de l'histoire telle qu'il l'a racontée dans son livre.


 


Un mot de Ph. Sollers qui ne manque pas d'esprit, sur le même sujet


 


« De là où il se trouve, Freud, qui a maintenant une très importante clientèle internationale de banquiers et de traders maniaco-dépressifs ou paranoïaques, m'a fait savoir
qu'il prendrait volontiers Michel Onfray et sa demande étourdissante d'amour, en analyse. Compte tenu des succès populaires et massifs de son livre, les séances, plus ou moins courtes, seraient
fixées à 1000 euros par minute. Par les temps qui courent, c'est vraiment un prix d'ami.» 


 


 



mon chien aussi 20/05/2010 18:11



Franchement, je trouve que votre avis sur la question part d'un raisonnement tout fait : la psychanlayse préserve la liberté humaine ; ça ressemble fort à une vérité du sérail. Personnellemment,
je dois avouer que j'ai lu quelques volumes de Freud et que je me suis arrêté assez vite— j'ai eu l'impression d'un grand et assez impressionnant édifice langagier. Il m'avait fait éclater de
rire quand, dans "Psychopathologie de la vie quotidienne", il appuyait certaines de ses affirmations par des citations de romans. Mais il savait écrire et je ne suis pas étonné qu'il ait reçu le
prix Büchner. Je suis plutôt partisan d'apprendre toutes les facettes de l'être humain, puisqu'elles éclairent le chemin même quand la torche est mouillée. Je veux dire que même l'astrologie
donne des informations sur le fonctionnement de l'esprit humain. De là à y prêter foi, c'est autre chose. Ce qui préserve la liberté, ce sont les droits, les devoirs et l'esprit critique.



alithia 20/05/2010 18:28



Ce qui préserve la liberté, ce sont les droits, les devoirs et l'esprit critique. Oui, absolument les premiers sur le plan politique, le second dans le domaine de la
raison, et pour ce qui est du désir -le désir contre la pulsion-, du courage de la vérité, pour une éthique de la vérité vis à vis de soi-même (ne pas se mentir) la psychanalyse contribue à faire
des sujets libres. Et sans liberté ni éthique, il n'y a pas de résistance...





Des trucs comme ça.





Bon, vous n'êtes pas trop branché psychanalyse, c'est pas votre truc, mais il n'y a aucune obligation.





On peut être attaché à la liberté et à une certaine éthique de vie sans elle : comment qui z'avaient fait avant ? La littérature, le théâtre, la philo, les
différents exercices de la raison, l'expérience politique et les meilleures des passions, celles qui relèvent de la générosité, de l'amour, peuvent obtenir les mêmes résultats...





Pour les névrosés et déprimés, elle est toutefois une thérapie fort intéressante.