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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 19:25



L'Italie est un pays de contrastes forts. Un pays de grande civilisation ayant produit des trésors -l'Italie est le pays au monde qui comprend plus de monuments historiques, chefs d'oeuvres artistiques, sites classés au patrimoine mondial de l'humanité ; elle a connu la Rome antique et son extraordinaire civilisation , la Renaissance , arts et sciences unis, qui a ouvert la voie à l'Europe entière- mais ce géant de l'esprit est un nain politique du fait de sa structure économique qui a toujours délaissé le Sud, du fait d'une classe possédante et dirigeante cynique, du fait d'une somme d'archaïsmes politiques laissant  le Sud  aux mains de l'Eglise et de la mafia,  abandonné de l'Etat, faible et atteint par la corruption, du fait de la présence du Vatican qui "supplée" par des oeuvres de charité l'Etat défaillant dans un subtil partage de pouvoir, le Vatican qui a toujours freiné et même empêché le pays  de se doter d'une structure politique moderne d'un véritable Etat national et républicain pour préservet son propre pouvoir (Etat et pays  unifié auquel en appelait Machiavel il y a de cela 6 siècles déjà). En Italie la République, qui a toujours du mal à exercer son droit d'être complètement laïque,  ainsi que l'unité nationale,  sont advenues tardivement et  on a aujourd'hui encore une démocratie qui peine à être moderne toujours entravée par le pouvoir du Vatican, passant dans l'histoire des compromis avec le fascisme, puis avec la mafia avec qui elle règne toujours  sur le Sud pauvre (région qui connaît le plus fort taux de chômage d'Europe et est abandonnée de l'Etat), ce qui se note précisément dans la condition réservée aux femmes.

La condition des femmes y est particulièrement archaïque pour une démocratie d'un pays riche, grâce au Vatican encore et aux traditions anciennes qu'il perpétue, identifiant la femme à la mère et lui signifiant ses devoirs familiaux comme sacrés. Les femmes italiennes ont un taux d'activité qui est le plus bas de l'Europe de l'Ouest  (60% d'entre elles ne travaillent pas hors de la maison) et l'Etat italien ne fait rien pour les aider à sortir de la famille (absence d'aides familiales, d'allocations et de structures de garde pour les enfants). Elles sont, plus que partout ailleurs, assignées à la famille. Sinon, quand elles ont une vie active et sont instruites, la plupart du temps, elles n'ont pas d'enfants. les deux choses étant difficilement conciliables. Maintenant avec Berlusconi, elles doivent subir en plus l'injure de l'omni-présence de l'image de la femme présentée par la télévision en cruche  dépourvue d'esprit et femme-objet, prostituée, seule image publique donnée par la télévision et seule voie préconisée à leur soi-disant "réussite": se vendre.


 Voici quelques  extraits d'un article paru dans Rue 89 de
Sabina Ambogi, qui a le mérite d'alerter, même s'il n'analyse pas le phénomène en profondeur. Il a la valeur d'un témoignage de la protestation des femmes en Italie : les frasques de Berlusconi et sa télévision et autres media sont précisément le signe du retard de la modernité en Italie.

 

" Qu'on ne pense surtout pas que les Italiennes ne sont pas révoltées par ces soirées animées par Berlusconi, où des filles doivent s'habiller de la même manière (en robe noire et avec un maquillage léger), où d'autres, déguisées en Saint Nicolas sexy, se touchent entre elles.

Ainsi sapées, et grotesques, pour chanter et danser avec le chef du gouvernement, avant de passer dans son grand lit, en recevant en échange de ces cauchemars des enveloppes bourrées de billets, et ramassant des carrières politiques payées par la collectivité.

La question, c'est qu'il n'y a pas de moyen de dire et d'agir pour montrer le dégoût des femmes italiennes, et qu'il est urgent de trouver des moyens d'y parvenir.

Jusqu'à maintenant, le manque d'action et les difficultés pour les réactions de trouver de la place dans les médias montre un manque de ruse, de communication et d'intelligence politique.

Le retard de la modernité de l'Italie

Pourtant, le grand retard de la modernité de l'Italie est dû à la condition des femmes et à un féminisme ayant mal tourné, qui a permis de déboucher sur cette partouze d'Etat.

A cela s'ajoute une autre question majeure, celle de l'hégémonie culturelle. Berlusconi n'est pas un accident ou une mésaventure italienne : il est l'interprète principal de ce que ses médias produisent. Peu importe s'il en est aussi le propriétaire, l'Italie actuelle n'est que le résultat de sa vision du monde.

Cela vient [...] d'une stratégie lucide, commencée il y a trente ans, [...] qui a rongé toute forme de démocratie, en la transformant en « vidéocratie » où « télécratie », comme le très éclairé philosophe Français, Bernard Stiegler nomme cette dangereuse forme politique. Une alerte très évidente en Italie, le pays de Gramsci, bien que la France aussi soit sur ce chemin.

 


[...]


Aussi incroyable que cela puisse paraître, personne n'arrive a percevoir et à faire face avec détermination à cette connexion fatale entre la perte de toute conscience civique, politique et morale, la confirmation électorale de Berlusconi, et trente ans de bêtise déversée sur la nation par ce Leviathan médiatique qui se nourrit de ses propres déchets.

Les femmes, leurs corps, et leur perte de dignité en sont un plat fondamental, et ces derniers événements n'ont été qu'une de ses évacuations les plus palpables.

[...]


La même rengaine est répétée par les tout-puissants auteurs-producteurs italiens. Certains d'avoir compris le cynique mais si charmant monde des affaires et de la communication, ils ressassent les mêmes stéréotypes.

Mais ayant perdu et faisant perdre la perception de la réalité, ils s'adressent essentiellement à des gens âgés et à des « femmes au foyer », qui regardent cette télé plus de deux ou trois heures par jours. Il s'agit plus précisement de « femmes au chômage » (70% dans le sud du pays), qui sont la majeure partie de l'électorat de Berlusconi.

Echange de bons procédés avec le Vatican

Le Vatican aussi, comme la politique et le marketing, est très intéressé par le corps des femmes. Et c'est même fascinant quand ces pouvoirs se rencontrent sur le terrain commun du corps des fidèles.

 

[suite article complet]




Rue89 en complément du propos de Sabina Ambogi, donne  la bande annonce du documentaire « Videocracy », consacré au système Berlusconi, qui a été refusée par tous les médias audiovisuels italiens, publics et privés. Le film sera présenté à la Mostra de Venise.


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Published by alithia - dans politique
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commentaires

plombier chauffagiste paris 15 26/01/2015 12:43

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

emilievas 03/03/2011 20:51



La condition des femmes n'est pas régit par l'église mais par les traditions sociales instaurées par les hommes.


L'église catholique a ses torts mais elle l'a reconnue en la personne de Jean-Paul II qui leur a demandé publiquement pardon, geste fort et gratuit. Il ne faut pas non plus oublier que
l'église est la première institution religieuse qui laisse une place publique aux femmes. Aux postes importants de l'administration vaticane on trouve des femmes.


De plus le problème des femmes en Italie n'est pas du à l'église mais à la mentalité étriquée des hommes qui gardent à tout prix le pouvoir. Berlusconi qui donne un exemple du machisme ambiant
est célébré par une majorité d'italiens pour les memes raisons qui font frémir la plupart des féministes. Il est assez facile et rapide d'accuser l'église de tous les maux, mais il est nécessaire
dans ce cas de faire la part des choses et de bien vérifier ses sources.



alithia 03/03/2011 23:03



A votre avis l'Eglise ne fait-elle pas partie des traditions et n'entretient-elle pas certaines traditions ? Par exemple certaines traditions des rapports entre les
hommes et les femmes ?



luca 10/02/2010 18:16



chacun suivant ses convictions (religieuses, ou autres) appréciera si le culte de la Vierge, dont carpaccio rappelle ci-dessus l'existence, est un hommage rendu à nos soeurs...



carpaccio93 31/01/2010 07:42


cher(e) "blogueur",
j'ai lu avec attention votre article et ne peux m'empêcher de vous faire part, puisque votre site est ouvert  de cette réflexion 
vous attaquez l'Eglise comme second tenant du pouvoir dans l'Italie du Sud, Eglise qui n'aurait, si je vous lis bien, comme seul intérêt que celui de perdurer comme pouvoir.
Je vous informe ou en tout cas vous rappelle que l'Eglise est aussi présente dans le  nord de l'Italie et que de solides mémoires sont attachées à l'indépendance de ce que sont aujourd'hui les
régions du Piémont ou de Vénétie : pour me rendre très régulièrement à Venise,  j'ai pu m'apercevoir de la coupure intellectuelle qu'il peut y avoir entre le Nord et le Sud, et qui n'a rien à
voir avec le poids de l'Eglise ( Venise, second patriarcat d'Occident ayant toujours été très indépendante du Vatican pour faire simple et je vous invite de ce point de vue à relire son
histoire).
La place des femmes y est comme partout dans cette drôle d'Europe masculine : faible.
Je me permets d'ajouter que Venise est  toute entière vouée au culte de la Vierge, comme la France depuis le voeu de Louis XIII : si vous y regardez bien, vous verrez que ce culte fait une
place absolument unique à une femme dans les religions...
Nous sommes loin d'avoir gagné le combat pour une égalité réelle entre hommes et femmes, mais il ne pourra pas, de mon point de vue, être gagné si l'on se place d'emblée sur le terrain de
l'affrontement avec l'Eglise... tout simplement parce qu'elle a de toute façon 2000 ans de débats d'avance sur nous ! 
bien cordialement, 


luc 20/01/2010 15:31


assurément, tout ça n'est pas toujours très beau à voir, mais resterait à faire la part des choses -et ce n'est pas si facile- entre ce qui est dû au passé (avec notamment
le passif de l'abrutissement clérical) et ce qui est dû au présent : les nouveaux riches ne sont pas forcément plus raffinés, en d'autres coins de la
planète ; et on imagine ce que penseraient nombre de nos aïeux, au vu des programmes de la TV française pour ne citer qu'elle. Le problème -sans guillemets- dans le cas de l'Italie vient
aussi en partie de ce que la vulgarité qui va de pair avec la société marchande a fait irruption dans un pays qui jusque là, était plus ou moins sinonyme
de raffinement : et du même coup elle en devient plus visibles... par contraste avec le passé !