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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 16:00

 

 

 

 

 

 

L'aspiration à la liberté, -depuis longtemps étouffée dans les pays arabes, comme dans les pays musulmans-,  éclate aux yeux du monde et se manifeste partout, en masse, où la détermination des peuples qui revendiquent la modernité avec la liberté vient contester un partage du monde qui se révèle chargé  de forces explosives. Hommage une fois rendu au peuple égyptien qui se soulève contre un état de dictature, comme l'ont fait les Tunisiens et comme le font  et le feront peut-être encore d'autres peuples du Maghreb et du Moyen-Orient, toutes les interrogations demeurent. Aujourd'hui  des millions de personnes se rassemblent  au Caire et à travers l'Egypte, comme le rapporte Rue89. La chaîne al-Jazeera diffuse dans tout le monde arabe qui s'identifie à ces révoltes qui aspirent à devenir des révolutions, et rêve de suivre la même voie.

 

Mais quelles révolutions ? Sur quoi peuvent déboucher ces aspirations à la démocratie, dans l'actuel partage du monde ?

 

Même si on ne peut envisager autre chose à l'issue de ce mouvement  qu'une prise de pouvoir par l'armée,  comme je le notais le 31 janvier : en Egypte  où l'armée annonce qu'elle ne réprimera pas le mouvement et ne tirera pas sur le peuple dont elle considère les revendications légitimes. Réjouissons-nous. Sa base est constituée pour un tiers de conscrits, susceptibles de  pactiser avec le peuple. Donc l'armée, c'est à dire ses cadres,  lâche Moubarak, autocrate usé et discrédité qui a perdu l'essentiel de ses soutiens.  C'est tout à fait logique, sinon prévisible. Mais cette impopularité de l'actuel chef de l'Etat, ne suffit pas à constituer pour autant une voie vers la démocratie politique, dans un pays  qui ne connaît que le régime du parti unique depuis des décennies et où la base islamiste potentielle des forces se proposant pour un renouvellement, représente une très grande majorité de la population. Même si les islamistes se font discrets en se présentant comme modérés et, prudents, en limitant leur prétentions qu'ils disent ne pas être politiques,  et  même en admettant qu'ils ne se révèlent pas plus ambitieux, cela peut-il déboucher  sur autre chose que sur une sorte de coup d'Etat militaire pacifique, donnant tout pouvoir à l'armée ?

 

La Turquie joue aussi sa partition et reconnaît la légitimité de ces aspirations à la liberté.

 

En Turquie Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan reporte à une date ultérieure sa visite en Egypte. Erdogan a exhorté le régime Moubarak à «satisfaire sans hésitations la volonté de changement» de son peuple et lancé un appel plus général pour des réformes démocratiques au Moyen-Orient.

 

Les islamistes  dits "modérés" actuellement au pouvoir en Turquie, entonnent la partition de la liberté, car il est impossible de faire autrement face à une aspiration aussi forte qui se retrouve dans tous  les pays du Maghreb et du Moyen-Orient.  En attendant la suite de l'histoire que nul ne connaît.

 

Le comble du cynisme  vient d'Iran et de son gouvernement persécuteur du peuple iranien, qui adopte le même langage de liberté et proteste contre la répression (sic) espérant que les islamistes égyptiens forment en Egypte une république islamiste sur le modèle iranien, bien entendu. 

 

En Syrie le pays commence à bouger également.  Un appel à manifester a été lancé. La manifestation est interdite par le pouvoir d'al Assad. Mais la Syrie est encore un autre cas. Pays relativement laïcisé, mais de force, en ce sens qu'il a connu une répression des islamistes, une armée très puissante encadre solidement le peuple avec le parti Baas au pouvoir depuis 1963,  formant une dictature héréditaire sévère, qui réprime toute opposition. Il est considéré comme le régime le plus répressif de la région.  Gouverné par Bachar al-Asad qui serait éventuellement (?) susceptible d'entreprendre des réformes à la différence de son père Hafez, mais empêché  s'il le voulait, par les hommes de celui-ci, encore en place. De fait le pouvoir actuel empêche toute expression de la société d'où peuvent provenir là aussi des forces de contestation d'un régime qui tient le pays par la menace et par la peur. Et  la Syrie semble assez coincée par l'Iran dont la présence  serait menaçante pour ses ambitions territoriales, si 'elle n'était son alliée de longue date. Preuve en est, le soutien de la Syrie (majoritaire sunnite) au Hezbollah (chiite) pour conserver sa mainmise sur le Liban, et cultiver ses velléités d'intervention sinon de de contrôle sur le pays.

 

En Jordanie le roi Abdallah, contesté  récemment par des manifestations de rue, congédie son gouvernement et promet des réformes "démocratiques". Comme au Maroc, le roi est considéré comme un descendant du prophète, ce qui lui assure une autorité auprès d'une partie de la population et le protège. Malgré cela l'essentiel de l'opposition est représentée par les islamistes, conséquence là aussi -comme en Egypte, comme en Tunisie, comme dans tout le monde arabe-  d'une vie politique bridée pour ne pas dire inexistante,  du fait de la quasi absence d'espace public et de débats, de l'absence de choix laissé au peuple,  d'élections réduites à une farce, de l'absence de partis politiques permettant une transition démocratique en cas de changement sinon d'alternance obligée, de sorte que le seul moyen ou presque de résister et de s'opposer est passé dans ces pays par  la voie du discours de la religion se faisant force sociale en vue de devenir force politique.

 

Les dictatures sont nues.  Mais cette mise à nu par le peuple (les peuples)  dévoile l'absence d'institutions et de relais politiques pour construire les fondements d'une alternative politique, comme si l'effondrement ouvrait  sur le vide. Et où en conséquence,  comme si l'armée, là où elle existe, était la seule alternative pour éviter le chaos. L'armée là où elle existe : la restriction vaut pour les Palestiniens, qui eux aussi ignorent la réalité d'un gouvernement démocratique, et pourraient eux aussi être tentés de se soulever.

 

 

Au Maroc la situation est également susceptible de donner lieu à des mouvements de revendication de liberté. Le prince Mulay Hicham, 3° successeur au trône et opposé au roi, dans une interview à El Pais  considère que le pays ne fera pas exception à la vague de revendication de libertés qui submerge le monde arabe.

 

Et ailleurs encore... Dans tous les pays les dictateurs tremblent.  Il paraît que même Khadafi s'inquiète.


 

  Il ne faut pas s'aveugler cependant. Ces mouvements ne peuvent être dissociés de leurs causes, locales certes, mais qui renvoient également à d'autres causes profondes,  le laisser-faire des  vieilles démocraties sous la pression des intérêts économiques passés au premier plan et qui ont fait oublier les droits de l'homme.  Les causes  profondes, à des titres et degrés divers appartiennent au système économique  mondial, créateur d'inégalités jusqu'à atteindre l'existence des démocraties des pays les plus industrialisés où la politique est vidée de sa substance, impuissante devant les logiques économiques qu'elle sert, et où de plus en plus le peuple  est privé de son pouvoir citoyen.  Le symptôme de cet épuisement des démocraties gît dans les populismes et mouvements d'extrême-droite  qui connaissent des ascensions inquiétantes, en Europe comme aux Etats-Unis. A interpréter  comme l'échec des démocraties à maintenir une certaine égalité et comme la traduction de  la désespérance des catégories qui souffrent d'une paupérisation et de conditions de travail qui ne cessent de se dégrader,  dans le cadre de la dépolitisation et de la confusion idéologique entretenue par des responsables politiques irresponsables qui surfent sur la xénophobie, comme c'est le cas en France.  Pour ne pas parler de l'Italie rongée par la corruption et la mafia où le chef du gouvernement reste au pouvoir en achetant les voix dont il a besoin au Parlement et en usant de menaces et chantages sur les députés, de la Belgique à la vie politique complètement gelée par l'extrême-droite, dont les situations sont bien plus graves encore, ni du Royaume-Uni et de la situation des classes populaires et moyennes, de la Grèce tant la paupérisation est grande...  En Europe les peuples sont privés de leur pouvoir de citoyens, sous la pression de l'unique logique économique.

 

Sans parler de l'épineux cas d'Israël, au coeur du Moyen-Orient, menacé par tant d'ennemis mais où la droite dure (nationaliste et bornée) alliée à l'extrême-droite,  irresponsable et xénophobe, ignore elle aussi la politique pour n'envisager que l'aspect militaire des choses. Cette droite rigide et monolingue qui elle aussi semble si peu comprendre les rapports de forces et les aspirations légitimes des peuples à la liberté et à la modernité est au pouvoir, alors que le pays craint l'encerclement par les extrémistes islamistes. 

 

 

Tout cela qui donne aux pays en révolte exprimant leur désir de libération,  une bien mauvaise image de la démocratie devenant de plus en plus fictive dans les pays de vieilles traditions démocratiques. 

 

De te fabula naratur : ce sont des révoltes qui parlent de nous, aussi. 

 

Preuve en est, si l'on n'avait pas  déjà fait l'hypothèse des liens qui nous lient dans un monde globalisé par le système économique unique depuis la chute du camp soviétique, le Forum de Davos qui réunit les grands décideurs capitalistes, fait profil bas.  Dans ses déclarations il a laissé de côté son habituelle arrogance, reconnaissant que le trop plein d'inégalités auxquelles mène le système économique actuel, n'est pas une réussite qui pourrait être donnée en modèle au monde, tant il est difficile d'en vanter les résultats, qui entraînent des problèmes politiques, comme le rapporte le Monde

 

 

«   une interrogation, désormais majeure, sur la nature de la croissance. Selon experts et responsables, c'est une croissance trop peu créatrice d'emplois, "profondément inégalitaire" et qui laisse au bord de la route des pans entiers des populations concernées.

Le niveau de "l'instabilité stratégique monte", a-t-on observé. La remarque concernait les événements d'Egypte, pays cité à Davos comme le bon exemple du monde arabe pour les réformes économiques accomplies ces derniers temps et la croissance de quelque 5 % qu'il connaît depuis plusieurs années. Si la révolte des Egyptiens doit beaucoup à un régime politique sclérosé, autoritaire et brutal, elle s'explique aussi par un type de développement économique marqué du sceau d'une terrible inégalité sociale.

 

Ce n'est sans doute pas un hasard si l'hebdomadaire The Economist , publication "davossienne" par excellence, a saisi l'occasion du Forum pour consacrer un supplément à la montée des inégalités. Et sur les turbulences politiques que celle-ci provoque : mouvement Tea Party en Amérique, poussée "populiste" en Europe, enfin grande révolte arabe de cet hiver. Même dans le cocon d'une charmante bourgade du canton des Grisons, l'écho de Tunis et du Caire résonnait comme un avertissement. »

 

Ce n'est sans doute pas un hasard si les responsables politiques en Europe,  gestionnaires   zélés des intérêts économiques et si peu politiques, et de ce fait si peu aptes à comprendre encore quelque chose à la politique, à l'image de Sarkozy et de sa ministre des Affaires étrangères, n'aient rien compris ni rien anticipé.

 

La seule voix capable de proférer des propos doués de contenu et susceptible se faire entendre au sein de cette médiocrité  absolue des responsables politiques de vieilles démocraties à bout de souffle, est celle de Barack Obama,[1]  qui face à ces complexités  ne se contente pas de garder un silence prudent et attentiste , aussi bien pour la Tunisie que pour l'Egypte[2].  En attendant la suite, certainement, car il s'agit  à l'évidence d'un commencement. Une suite qui doit réjouir en tant que désir de politique et de liberté des peuples, mais ouverte à tous les dangers, car jamais cette hypothèse d'une telle aspiration n'avait été envisagée et donc manquent toutes les bases et tous les  premiers éléments institutionnels de pouvoirs et institutionsquelque peu démocratisés et susceptibles de construire un début de démocratie. 

 

 

Alithia

 

[1] dans la nuit du 1° février, deuxième discours d'Obama qui conseille à Moubarak de partir sans attendre.

Obama avait raison : le 2 fevrier des affrontements éclatent entre des hommes envoyés par Moubarak et les manifestants installés pacifiquement sur la place centrale du Caire. [ajout 2 février]

 

[2] il faut dire aussi que ces révoltes en Tunisie et en Egypte, qui destituent leurs gouvernants, mettent  en lumière le simplisme de la pensée qui sous-tend le projet Euroméditerranée porté par Sarkozy, qui ne  prenait pas garde de distinguer les régimes politiques des pays concernés selon leur nature  et qui s'appuyait principalement sur Ben Ali et Moubarak pour la partie arabe. Moubarak étant son vice-président.

Quand on s'agite on ne réfléchit pas.

 

 

* * *

 

2 février

Et pendant ce temps là à wikipedia ? L'article nommé "protestations égyptiennes de 2011"  (drôle de titre ) et qui jusqu'à présent semblait correct, est bloqué pour deux semaines pour cause de "guerre d'éditions" . C'est bien le moment, alors que les événements se succèdent si rapidement, de bloquer l'article !

 

Ils sont vraiment spéciaux à wikipedia.

 

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Published by alithia - dans politique
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commentaires

Baâl-Enlil 03/02/2011 19:06



Tout ce que je puis dire c'est que c'est bien écrit !


En tout cas, c'est clair que trop de conneries en politique débouchent sur un mécontentement croissant de la part des peuples quels qu'ils soient...


Franchement, les trois plus grands législateurs sont Thomas Jefferson, Napoléon Bonaparte et Hammurabi, et peut-être un quatrième et cinquième : Périclès et Julius Caesar...


Je fais moins de passages, c'est juste que je suis plus en retrait du Web, je me rends compte que l'Internet 2011 n'a qu'un très lointain rapport avec l'Internet 1998, c'est dommage !


En 1998, les internautes n'étaient qu'une minorité de gens bien éduqués, en 2011 cela a complètement changé :(


J'apprécie de temps en temps votre blog :) 



alithia 04/02/2011 13:29



Faîtes le tri entre les sites pour consulter ceux qui le méritent.



Marie 03/02/2011 17:16



Des Des nouvelles en direct d'Egypte 


C'est le blog d'un Egyptien du Caire qui écrit, il faut lire ça.


 


Et comment sont traités les journalistes article du Monde


 


c'est dur de manifester sous une dictature.


 


respect et admirations pour ces Egyptiens qui vont faire faire un pas vers la démocratie à leur pays. Mourir pour avoir le droit à l'information et le droit à s'exprimer. On n'imagine même pas ce
que c'est, vu de chez nous.


En espérant que ce ne soient pas les islamistes qui sortent majoritaires aux élections. Toujours la même histoire.