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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 17:45

 

 


A l'heure où certains cherchent à faire quelques succès de libraire en traitant Marx en "chien crevé" comme ce fut le cas pour Spinoza, avant lui, il faut dire que la pensée de Marx est toujours très présente et peut-être aussi, avec Derrida, auteur de "Spectres de Marx" , que la pensée de Marx hante notre modernité et nos sociétés en crise.


On note aujourd'hui que l'intérêt pour l'oeuvre de Marx est plus vif que jamais. Les dictatures édifiées plus ou moins en son nom n'ont pas réussi à masquer la force théorique et la justesse  de sa pensée, ou pluttôt d'une partie d'entre elle.  En effet, aussi surprenant que cela puisse paraître aux yeux de certains, la pensée de Marx n'a pas disparu avec l'effondrement du système étatique et collectiviste qui s'en est réclamé lors des commencements de l'Union soviétique avant de glisser dans les horreurs de la dictature au nom du peuple. L'intérêt pour la pensée de Marx n'a pas disparu avec la disparition de ce  système qui a compromis son nom en URSS, soi-disant socialiste car elle avait socialisé les moyens de production mais avait oublié toutes les dimensions de la liberté. Aujourd'hui les analyses de Karl Marx semblent plus que jamais d'actualité à la faveur de la mondialisation lorsque les inégalités s'accroissent dans le monde et que la pauvreté s'étend.  Plus que jamais le capitalisme apparaît comme un système mondial, tel que Marx l'avait compris et c'est ainsi qu'il doit être analysé. Marx, aujourd'hui semble être plus moderne que jamais : c'est  ce que soutiennent dans l'Express il y a de cela 3 ans, (en juin 2006)  l'historien britannique Eric Hobsbawm, marxiste spécialiste du XIXe siècle et  Jacques Attali, auteur de "Karl Marx ou l'esprit du monde" (Fayard). Ils ont échangé leurs vues sur le philosophe allemand auteur de das Kapital, lors d'un débat organisé à Londres dans le cadre de la Jewish Book Week .

 

Eric Hobsbawm, le grand historien marxiste dit lui-même son étonnement devant l'intérêt qui se constate pour la pensée de Marx, non seulement l'intérêt du grand nombre de ses lecteurs actuels, mais intérêt qui se constate chez de grands responsables du capitalisme, qu'ils soient hommes politiques ou responsables d'entreprises. Parmi ceux-ci il cite par exemple Georges Soros. 

 

Jacques Attali qui n'est en rien marxiste confirme l'intérêt de ce que représente aujourd'hui encore la pensée de Marx, qui n'a pas défini les traits d'un "autre monde" qui aurait été le communisme -à peine quelques mots dans son oeuvre- mais qui a dessiné avec précision ceux du système capitaliste formant le monde de son temps au point de permettre d'anticiper sur l'avenir du capitalisme, pour partie du moins. Attali confirme qu'il n'est point besoin d'être marxiste pour lire Marx , mais que les responsaables du capitalisme ont appris et continuent d'apprendre le fonctionnement du capital en lisant Le Capital, pour les plus brillants d'entre eux du moins.

 

Les deux auteurs dans leur dialogue, permettent de comprendre l'importance de la théorie de Marx pour l'histoire et l'importance de son oeuvre historique. Cependant ils ne disent pas certaines des plus grandes lacunes de Marx ni de ses erreurs, en particulier à l'égard du droit dont il n'a pas vu l'efficace au service de la liberté (Marx n'avait-il pas lu Rousseau ?) et dont aucun régime politique ne peut  se passer. Marx en fit une simple structure au service de la logique dominante, ce qui fut une erreur majeure dont les marxistes eurent du mal à se relever. Ces points de vue critiques quant à la question des libertés politiques manquent  car ce sont aussi du fait de ces lacunes et dans ces failles que ce sont engouffrés les régimes de dictature qui s'en sont réclamés.

 

On pourrait peut-être dire la même chose du marché que Marx aurait ignoré  comme facteur de liberté et donc comme facteur incontournable de progrès. D'après Attali ce n'est nullement le cas. Il soutient que Marx aurait fort bien compris les avantages du marché. La question mérite d'être débattue. Marx n'a jamais cru à la différence d'Adam Smith et des options du libéralisme que le marché était un facteur de régulation des sociétés, tout au contraire. A-t-il cru à la disparition du marché, à la disparition du capitalisme ? La plupart des marxistes l'ont lu ainsi mais Attali soutient le contraire. Il faut redire encore que Marx n'a jamais décrit une économie socialiste ou communiste et que jamais au grand jamais il n'en fit un synonyme d'économie étatique autoritaire. Tout au contraire il était partisan du déclin de l'Etat.  Comme tous les socialistes et révolutionnaires et comme Rousseau le penseur de la République il voyait la cause des désordres du capitalisme dans la propriété privée des moyens de production. Il n'a jamais  expliqué comment sortir de cette difficulté (limitation ? suppression de la dite propriété privée ? redistribution ? propriété collective ? et encore moins comment y parvenir. Marx est LE penseur du capitalisme et c'est pourquoi il nous intéresse encore.

 

Les deux protagonistes relèvent cependant quelques démentis apportés par l'histoire, à savoir que le rôle politique attribué par Marx à la classe ouvrière n'a pas été confirmé par l'histoire.


Le prolétariat comme classe révolutionnaire destinée à reconstruire autrement une économie alternative au capitalisme aurait-il disparu ? Serait-il définitivement "rayé de l'histoire" ?

 

Pour Attali la question ne se pose pas tout à faitg en ces termes. Il sous-entend plutôt que le capitalisme n' est pas complètement dépassable, et que c'est ce que pensait Marx.

 

quelques extraits d'un échange peu ordinaire :

.

Eric Hobsbawm: Il est surprenant que Karl Marx suscite encore autant d'intérêt. A l'heure actuelle, son influence est incroyable. Un récent sondage de la BBC le sacrait même philosophe le plus célèbre de tous les temps. Si vous tapez «Karl Marx» dans le moteur de recherche Google, sur Internet, vous trouverez des millions de réponses - 39 millions la dernière fois que je m'y suis essayé. Comment expliquer cette soudaine résurrection? Tout d'abord, je crois que la fin du marxisme officiel de l'URSS a libéré Marx de l'identification avec les théories léninistes et les régimes qui s'en réclament. De nouveau, on s'est dit: «Tiens, il y a des choses très intéressantes chez Marx.»


Ce constat m'amène à la deuxième explication - la plus importante: le monde capitaliste globalisé qui a émergé dans les années 1990 ressemble étrangement, à certains égards, au monde que Marx a décrit dans le Manifeste du parti communiste, en 1848.  [...]  Vous n'êtes pas et n'avez jamais été marxiste, Jacques Attali, mais vous arrivez néanmoins à la conclusion, vous aussi, que Marx a quelque chose à nous dire aujourd'hui [... ]


Jacques Attali: Avec le mouvement socialiste international, Karl Marx a lancé une tentative remarquable de concevoir le monde dans sa globalité. C'est un penseur extraordinairement moderne parce que ses écrits ne dessinent pas les contours d'un Etat socialiste organisé, mais ceux du capitalisme du futur. Contrairement à la caricature du marxisme, Marx était tout d'abord un admirateur du capitalisme. A ses yeux, c'était un système bien meilleur que tous ses prédécesseurs, qu'il jugeait obscurantistes. A deux reprises, il a cru que le capitalisme était condamné à brève échéance, mais il a très vite conclu que ce n'était pas le cas, que le marché avait, bien au contraire, un bel avenir devant lui. Autre illustration de la modernité de sa vision: le capitalisme ne disparaîtrait, estimait-il, que lorsqu'il se serait transformé en force planétaire, globale, que l'ensemble de la classe ouvrière en serait partie prenante, que les nations s'effaceraient, que la technologie serait en mesure de faire disparaître l'effort et de créer la gratuité. Il a cité la Chine et l'Inde comme acteurs potentiels du capitalisme. Il a dit, aussi, que le protectionnisme était une erreur, la liberté des échanges une condition du progrès. Pour Marx, le capitalisme devait être mondial avant que le socialisme ne soit envisageable. D'une certaine manière, l'Union soviétique, ce cauchemar totalitaire que Marx n'avait pas voulu, a mis entre parenthèses la validité de sa pensée, alors que la chute du mur de Berlin a rendu à son œuvre sa raison d'être en confirmant son analyse de l'évolution historique.

 


E. H.: Nous sommes confrontés aujourd'hui à l'économie globalisée que Marx avait anticipée. En revanche, il n'avait pas prévu certains de ses effets. Par exemple, la prédiction marxiste selon laquelle un prolétariat toujours plus nombreux, dans les pays industrialisés, renverserait le capitalisme ne s'est pas réalisée. Pourquoi? Parce que le capitalisme peut se passer de la classe ouvrière pour gagner du terrain, comme il s'est passé de la paysannerie.

 


J. A.: Nous en sommes à notre quatrième tentative de globalisation. La première a eu lieu à la fin du XVIIIe siècle et s'est effondrée avec les guerres napoléoniennes. La deuxième s'est produite cent ans plus tard et s'est terminée avec le conflit de 14-18. La Seconde Guerre mondiale a mis un terme à l'amorce de globalisation des années 1920. Celle que nous vivons à l'heure actuelle connaîtra vraisemblablement la même issue, c'est-à-dire qu'elle nous conduira à l'isolationnisme et au protectionnisme. En 1849, Marx a mis en garde ses contemporains contre le retour du protectionnisme et contre la barbarie. Au début du XXe siècle, en revanche, c'était impossible à prévoir. Aujourd'hui, il nous est tout aussi impossible de concevoir quelle forme de barbarie nous guette. Notre seule issue de secours est un compromis, au niveau planétaire, entre l'économie de marché et la démocratie. En effet, comme Marx l'a montré, le marché et la démocratie entrent parfois en conflit, contrairement à la croyance actuelle selon laquelle l'économie de marché conduit à la démocratie, et vice versa. Parce que le marché ne connaît pas de bornes, ni de limites, en termes de territoire ou de domaine d'activité. Il envahit l'éducation, la santé, les transports. Rien ne doit lui échapper. La démocratie, elle, a besoin de frontières pour prendre racine.


référence l'Express

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Published by alithia - dans philosophie
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commentaires

luc 16/01/2010 12:09


Aurel je ne suis pas attalilogue, mais j'ai souvenir d'avoir lu sous sa plume un certain nombre d'extravagances voire de grossiers contresens (je pense ici par exemple à sa compilation
1492 dans laquelle il fait de Théodor Herzl déjà un pré-sioniste à la date de 1892 !!!), et je demande si -dans le cas précis- l'interprétation la plus simple ne serait pas la
meilleure : avec toute la désinvolture dont peuvent être capables les gens de sa caste il prétend tout simplement prendre chez Marx ce qui l'arrange...


Aurel 15/01/2010 14:53


« [Marx] a-t-il cru à la disparition du marché, à la disparition du capitalisme ? La plupart des marxistes l'ont lu ainsi mais Attali soutient le contraire. Il faut redire encore que Marx n'a
jamais décrit une économie socialiste ou communiste et que jamais au grand jamais il n'en fit un synonyme d'économie étatique autoritaire. (...)  Comme tous les socialistes et
révolutionnaires et comme Rousseau le penseur de la République il voyait la cause des désordres du capitalisme dans la propriété privée des moyens de production. Il n'a jamais  expliqué
comment sortir de cette difficulté (limitation ? suppression de la dite propriété privée ? redistribution ? propriété collective ?) et encore moins comment y parvenir. »

"[Attali] sous-entend plutôt que le capitalisme n' est pas complètement dépassable, et que c'est ce que pensait Marx. (...)


C'est sûr Marx a très peu expliqué comment sortir du capitalisme, les 10 mesures à appliquer proposées dans le Manifeste du Parti communiste ont été facétieusement glissées là par Engels.

Je ne sais pas ce qu'il en est sur Wikipedia, mais un tel niveau de déformation et de désinformation, bien au-delà du simple mensonge éhonté, est digne de la propagande du Komminform. Pour rappel à
votre bonne mémoire, un peu de lecture de Marx :


Cependant, pour les pays les plus avancés, les mesures suivantes pourront assez généralement être mises en application :

   1.

      Expropriation de la propriété foncière et affectation de la rente foncière aux dépenses de l'Etat.
   2.

      Impôt fortement progressif.
   3.

      Abolition de l'héritage.
   4.

      Confiscation des biens de tous les émigrés et rebelles.
   5.

      Centralisation du crédit entre les mains de l'Etat, au moyen d'une banque nationale, dont le capital appartiendra à l'Etat et qui jouira d'un monopole exclusif.
   6.

      Centralisation entre les mains de l'Etat de tous les moyens de transport.
   7.

      Multiplication des manufactures nationales et des instruments de production; défrichement des terrains incultes et amélioration des terres cultivées, d'après un plan
d'ensemble.
   8.

      Travail obligatoire pour tous; organisation d'armées industrielles, particulièrement pour l'agriculture.
   9.

      Combinaison du travail agricole et du travail industriel; mesures tendant à faire graduellement disparaître la distinction entre la ville et la campagne.
  10.

      Education publique et gratuite de tous les enfants. Abolition du travail des enfants dans les fabriques tel qu'il est pratiqué aujourd'hui. Combinaison de l'éducation
avec la production matérielle, etc.

Certes, Marx reviendra après la Commune sur les mesures à prendre pour dépasser le communisme (le centralisme et l'étatisme lui apparaissant moins nécessaire et il privilégie sous certaines formes
ce que l'on pourrait appeller anachroniquement une "auto-gestion"). Il n'empêche. Marx est le penseur du capitalisme et de son dépassement.

Toute la théorie économique de Marx vise à démontrer que le capitalisme ne peut que s'effondrer. Tout un chacun est dans le droit d'y adhérer ou de la rejetter, mais déformer sciemment la pensée
d'un auteur pour la rendre moins subersive et la faire passer dans l'air du temps, comme le fait M.Attali, est object. Je me demande sérieusement comment il peut se considérer comme intellectuel, à
moins de confondre la malhonneté intellectuel avec le travail intellectuel.


alithia 15/01/2010 19:12


" Marx est le penseur du capitalisme et de son dépassement."

" Toute la théorie économique de Marx vise à démontrer que le capitalisme ne peut que s'effondrer."

oui, c'est exact, ou plus exactement sa théorie consiste à montrer que les contradictions du capitalisme sont telles qu'elles finiront par emporter le système qui devra être remplacé par un autre,
où l'égalité devra être un des fondements  car le capitalisme creusant les inégalités, ne peut se survivre indéfiniment à lui-même, ce que démontre Marx, pour la part de son oeuvre (Le
Capital) où il met en lumière les contradictions du capitalisme qui finisssent par devenir des impasses.

Il en conclue qu'il nécessaitrement qu'un autre système lui succède, qui le contre. ça , c'est vraiment une hypothèse aléatoire et optimiste (réparatrice, quasi messianique)

Marx n'avait sans doute pas supposé que le capitalisme pouvait continuer à perdurer et à se rénover en réinventant de nouvelles formes d'organisation de la production, mais il a mis en lumière sa
logique et ses contradictions qui ressemblent à des fuites en avant, ses tendances lourdes (la mondialisation, pour commencer, et les disparités insolubles ...) De ce point de vue l'histoire lui a
donné raison.

Là où on peut parler d'optimisme voire d'utopie, chez Marx, c'est qu'il entrevoit une solution au capitalisme du fait des maux qu'il créee. Ce point reste largement ouvert à la discussion. Il est
toujours difficile d'anticiper. Mais l'optimisme historique pousse à penser qu'il y une solution. Le monde contemporain interroge cette hypothèse et lui oppose un fort doute.

Quid alors ? Aujourd'hui personne ne semble être en mesure d'aller plus loin dans les conséquences logiques que l'on pourrait anticiper.