Observatoire de wikipedia : mythe de la neutralité.
| introduction |
ou Socrate contre les sophistes.

« Le sage et le savant eux-mêmes sont menacés dans leur rôle de médiateurs. L'autorité intellectuelle appartient désormais en grande partie au tandem Google-Wikipedia. »
« En éducation, le choc est violent. Dans la plupart des pays francophones, l'État établit les programmes scolaires et approuve les manuels. En France, l'industrie du livre suit les directives du ministère de l'Éducation nationale et en tire un grand profit: les livres sur les auteurs et les sujets au programme du baccalauréat se vendent bien. Par ce biais, la République s'assure que les jeunes français acquièrent le fond culturel commun qui fera d'eux de bons citoyens. Que l'autorité en éducation y soit exercée par l'État ou par la société civile, la force des nations est étroitement liée à l'éducation nationale. Et la diversité culturelle, dont on fait si grand cas en ce moment, dépend directement de cette force.
La révolution numérique bouleverse radicalement cet ordre. Quand on lui donne une recherche à faire, l’élève, qu’il soit français, québécois, marocain ou sénégalais, inscrit sa requête dans Google et obtient le plus souvent, parmi les premiers résultats, un document faisant partie de l’Encyclopédie Wikipedia.
Pourquoi s’en inquiéter? Nous apportons un élément de réponse à cette question ailleurs dans cette encyclopédie. Nous nous limiterons ici à faire apparaître la nécessité et l’urgence d’un grand débat international portant exclusivement sur ces questions. Jusqu’à ce jour, Les Sommets sur la société de l’information, comme celui de Tunis en 2005, ont surtout porté sur les aspects techniques et sur la fracture numérique. La gouvernance technique n’est certes pas une question négligeable, même du point de vue éducatif qui est le nôtre ici, mais à supposer qu’elle soit enlevée aux Etats-Unis pour être confiée aux Nations-Unies, il faudrait néanmoins ouvrir enfin le débat de fond sur les contenus et les médias qui servent à leur diffusion.
La thèse de Marschall McLuhan, The medium is the message, n’aura jamais été aussi utile pour comprendre ce qui se passe vraiment dans le monde de l’information, de la communication … et de l’éducation. Une machine appelée Google, travaillant à la vitesse de la lumière, choisit les textes que lisent les collégiens. Est-ce une chose dont il faut s’accommoder béatement?
La réponse [à la question] posée à la machine Google, on la trouve le plus souvent dans un immense classeur appelé Wikipedia, où les connaissances sont juxtaposées, par ordre alphabétique, dans une neutralité philosophique fausse mais néanmoins réductrice, devenant ainsi un facteur supplémentaire d'uniformité et d'indifférence. .. »
« Le partage égalitariste de connaissances propre à Wikipedia conduit-il à la vérité ou au chaos? C’est la question dont traite Richard Waters dans cet article du Financial Times à la suite du dissentiment qui a amené les deux fondateurs, Jimmy Wales et Larry Sanger, à se séparer.
Sanger qui a cessé de croire «que les interventions collectives de millions d’individus, bien coordonnées, puissent conduire à des résultats probants », lancera bientôt Citizendium, une encyclopédie traditionnelle, c’est-à-dire rédigée par des experts dont le rôle sera de passer au crible les dossiers éparpillés sur Internet et d’y introduire l'ordre habituel aux encyclopédies. Une idée qui fait bondir les puristes de Wikipedia qui, comme Wales, sont persuadés que Wikipedia doit continuer à offrir aux citoyens la possibilité de briser le pouvoir entrenched coercitif? étouffant? des experts.
Pour Waters c'est une question philosophique, celle de la vérité, qui divise Wales et Sanger. Si chaque individu peut présenter sa conception personnelle de la vérité sur un site ouvert au monde entier, selon quel critère une vérité aura-t-elle prédominance sur telle autre?
[…]
L'autre aspect de cette argumentation a été mis en évidence par Jaron Lanier dans un essai publié récemment et intitulé: Digital Maoism. Wikipedia s'inscrit dans la ligne d'un mouvement plus étendu sur Internet qui vise à mettre une vision de la collectivité au-dessus du jugement personnel.
Ces conceptions de la collectivité «ont eu des conséquences terribles lorsqu'elles ont été tour à tour imposées aussi bien par l'extrême droite que par l'extrême gauche dans diverses périodes de l'histoire, poursuit Lanier, et le fait qu'elles soient réintroduites de nos jours par d'éminents technologues et futuristes... ne les rend pas moins dangereuses.»
Et Sanger de préciser que le conflit repose sur ce qu'il appelle « les nouvelles politiques du savoir.» Toute l'éducation d'une société est plus que jamais déterminée par les procédés utilisés, comme on le voit dans les encyclopédies. Les contenus des encyclopédies sont aussi importants que le programme d'un système politique pour l'obtention d'un résultat final. Wikipedia, poursuit Sanger, est tombé dans le piège de toutes les sociétés anarchistes: en commençant doucement par l'abolition de toute règle, elles finissent par devenir soit une dictature, soit un gouvernement par la masse. [...]

Je confirme après Dédé.
J'ai vu passer il y a un certain temps un article "nique ta mère" qui donna lieu à une longue discussion (effacée, -hélas, parce qu'elle était assez étonnante- ; car wikipedia efface, contrairement à ce qu'elle prétend) Et donc la discussion a été très longue et fournie avant de trtouver la solution (!) et recycler en article sur le groupe musical NTM comme on le voit lorsqu'on tape "nique ta mère" sur wikipedia . Ces sont ces transferts d'article ou renommages, qui justement sont un moyen idéal et parfaitement efficace pour faire disparaître toutes les discussions et également les anciennes versions de l'article renommé.
Donc je suppose, mais je n'ai pas fait le test, qu'on peut taper les meilleures expressions les plus grossières du langage de rue et que cela fait l'objet d'un article sur wikipedia, pusique sa devise est que rien n'est étranger à wikipedia qui vous renseigne sur tout.
C'est à dire sur rien. car de tout à rien, il n'y a qu'un pas.
"Le débat sur Wikipedia (relancé entre autres par Pierre Assouline dans la
dernière livraison de L'Histoire) vient de rebondir aux Etats-Unis. Le
département d'histoire de Middlebury College, une petite université chic du
Vermont, vient d'interdire à ses étudiants de citer les articles de
Wikipedia, ainsi qu'un article du New York Times le révèle. Il s'est passé
que dans le cours d'histoire japonaise, les étudiants ont tous commis la
même erreur : ils ont écrit que les Jésuites soutinrent la rébellion
Shimabara au 17e siècle. En fait, les Jésuites n'étaient pas en situation de
le faire (ils se cachaient à ce moment-là et étaient très peu nombreux). La
source de l'erreur ? un article de Wikipedia bien sûr. Et donc haro sur
Wikipedia, qui se trouve désormais bannie du département, au sens où les
étudiants ne peuvent plus citer cette encyclopédie dans leurs travaux. Plus
de citation, mais l'usage demeure autorisé."
Et la réponse stupide de J. Wales :
"interdire l'usage de Wikipedia serait comme
interdire d'écouter du rock and roll".
Sic ! Encore une grandiose conception de la culture.
oui merci Dédé ; j'en ai déjà parlé dans l'article wikipedia incompatible avec l'école, mais je reprends dans un petit article en citant une réaction d'historiens
Encore un exemple :
http://lists.wikimedia.org/pipermail/wikifr-l/2007-March/007030.html
"Le débat sur Wikipedia (relancé entre autres par Pierre Assouline dans la
dernière livraison de L'Histoire) vient de rebondir aux Etats-Unis. Le
département d'histoire de Middlebury College, une petite université chic du
Vermont, vient d'interdire à ses étudiants de citer les articles de
Wikipedia, ainsi qu'un article du New York Times le révèle. Il s'est passé
que dans le cours d'histoire japonaise, les étudiants ont tous commis la
même erreur : ils ont écrit que les Jésuites soutinrent la rébellion
Shimabara au 17e siècle. En fait, les Jésuites n'étaient pas en situation de
le faire (ils se cachaient à ce moment-là et étaient très peu nombreux). La
source de l'erreur ? un article de Wikipedia bien sûr. Et donc haro sur
Wikipedia, qui se trouve désormais bannie du département, au sens où les
étudiants ne peuvent plus citer cette encyclopédie dans leurs travaux. Plus
de citation, mais l'usage demeure autorisé."
Et la réponse stupide de J. Wales :
"interdire l'usage de Wikipedia serait comme
interdire d'écouter du rock and roll".
Sic ! Encore une grandiose conception de la culture.
Dédé
(recopié parce que j'y vois rien)
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