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Socrate contre les Sophistes
Interview par le Figaro de Farhad KHOSROKHAVAR, professeur de sociologie
à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris, spécialiste de l'Iran. , extraits
LE FIGARO. - Comment expliquer le récent «coup d'État» iranien ? Pouvait-on s'y attendre ?
Depuis sa création, il y a 30 ans, la République islamique a toujours eu deux dimensions : l'une théocratique et non élective, avec le guide suprême et, entre autres, l'armée, le pouvoir
judiciaire ; l'autre, symbolisée par des organes élus directement par le peuple, comme le Parlement ou le président. Avec l'élection d'un réformiste, Khatami, en 1997, on a pu assister à
l'essor de différents mouvements sociaux : les intellectuels, les étudiants, les femmes, les minorités ethniques. Ces derniers ont commencé à inquiéter le pouvoir dominant, c'est-à-dire ce
que j'appelle le «duo au pouvoir» - le guide et la hiérarchie supérieure des pasdarans. Pour eux, il fallait trouver le moyen de se débarrasser de la dimension républicaine de la République
islamique, qui mettait en péril le système. Une fois élu en 2005, Mahmoud Ahmadinejad, le candidat favori d'Ali Khamenei, a rapidement entrepris de désarticuler l'appareil d'État et de lui
retirer sa relative autonomie. Il a fait changer trois fois le gouverneur de la Banque centrale, il a fait jouer la planche à billets, en ignorant les objections du Parlement. En parallèle, il a
systématiquement réprimé la société civile. De quoi satisfaire le guide.
[...]
L'opposition est-elle morte pour autant ?
Non. On assiste, pour la première fois au Moyen-Orient, à l'émergence d'une véritable société civile. Pendant les manifestations, ce sont tous les styles d'Iraniens qui sont descendus dans les rues. Dans les pays voisins - Égypte, Pakistan, Maroc -, l'utopie islamiste s'impose, de plus en plus, comme un recours contre les pouvoirs perçus comme étant corrompus. Mais en Iran, on assiste à l'émergence d'une société qui se réclame de la démocratie. Les gens se battent, non pas au nom de la religion, mais au nom du respect de leur vote. Ces derniers événements ont forcé le mouvement réformiste à radicaliser son discours. Rien ne sera plus comme avant. D'autant plus que cette crise a révélé des fissures au sein du système.
Sur France culture émission "les matins" : des témoins, arrêtés, battus, puis libéré, qui commencent à parler ; des
institutions qui s'enferrent dans la fraude, à travers notamment une parodie de recomptage des suffrages ; un conflit civil qui se prolonge, qui divise les familles ; une solidarité de la
population qui ne se dément pas face à des autorités qui tire sur la foule à balles réelles...
De plus sur son site Internet, Mir Hossein Moussavi a de nouveau déclaré mercredi que le prochain gouvernement formé par le président Mahmoud Ahmadinejad ne serait «pas légitime» pour la
majorité des Iraniens. .
En regard on appréciera à sa juste valeur l'article passablement nul de wikipedia "politique de l'Iran", empilant dans le désordre des informations disparates, sans aucune perspective.
Alithia
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