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Socrate contre les Sophistes
En quinze jours, «plus de 2 000 personnes»ont été arrêtées et se trouvent détenues en Iran, tandis que des centaines sont «portées disparues», a annoncé hier, à Paris, le vice-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Karim Lahidji. Toujours selon la FIDH, des «sources fiables» au sein des professionnels de la santé font état d'une «vingtaine de cadavres» dans les morgues de ces hôpitaux, en lien avec les manifestations.
La FIDH appelle le secrétaire général des Nations unies à nommer un représentant spécial sur l'Iran, lequel aurait notamment pour tâche d'enquêter sur les récents événements afin d'établir les responsabilités pour les morts et les blessés à l'occasion des manifestations pacifique
source Libération
On lira aussi le récit de la manifestation par un étudiant que publie également Libération dont voici des extraits.
«Sur place, la tension règne déjà. De très nombreux policiers antiémeutes, gardiens de la révolution et bassidji ["mobilisés", membres des milices islamiques, ndlr] sont présents, placés aux intersections des rues adjacentes. Plus je m'approche de la place de la Révolution, plus la scène promet d'être terrifiante. Les policiers portent des gilets pare-balles, les Gardiens de la révolution également, casques vissés sur le crâne. La police antiémeute arbore son traditionnel uniforme noir de «Robocop». Chaque coin de rue est bloqué par des groupes comprenant de sept à dix policiers antiémeutes, cinq à sept policiers «classiques» et quelques bassidji. De nombreux Gardiens de la révolution traversent la rue sur leurs puissantes motos.
«17 h 30 : Nous avons réussi à faire 500 mètres en arrière en direction de la place de la Révolution,... C'est à ce moment que l'enfer s'abat sur nous.
«Des motocyclettes de la police nous attaquent des deux côtés. A l'arrière de chaque engin, il y a un homme qui frappe avec un bâton. Les gens sont poussés dans les coins. Les motocyclistes attaquent et nous donnent des coups. Les gens tombent les uns sur les autres en criant et en courant de tous les côtés.
«Je remarque qu'un automobiliste a abandonné sa voiture pour nous porter secours. Il est sévèrement battu par trois policiers. Les gens hurlent en voyant les coups qui pleuvent sur nous.
«La plupart des membres de mon groupe sont des femmes de tout âge, mères, filles, et même une grand-mère et sa petite-fille. Elles prennent toutes des coups. Très rapidement, un groupe d'environ 50 policiers à pied s'est joint au matraquage de la foule. L'un d'eux m'attrape en criant : «Je vais vous tuer, salopards.» Il me frappe sur le dos, puis sur l'épaule et sur le haut des jambes. Puis, il lève son bâton pour me frapper à la tête mais je réussis à le bloquer avec la main gauche, qui a vite tourné au violet et au noir. Après quelques minutes de matraquage intense contre un groupe sans défense, poussé dans un coin sans échappatoire possible, les policiers reculent et nous commençons à courir dans une allée adjacente. C'est alors que nous sommes surpris par les bassidji qui nous attendent et continuent à frapper.
«Plusieurs personnes s'approchent pour nous défendre et un combat d'homme à homme
commence. Beaucoup sont en sang, des hommes, des femmes et même des jeunes filles. La rue est en état de choc et de colère. Les gens crient «mort au dictateur» ! Les boutiquiers et
les passants se sont mis à insulter tout ce qui a rapport au régime. Les filles tremblent et pleurent...»
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