Partager l'article ! universités et chercheurs en grève, note pour wikipedia: Au sujet de la grève des universités et des chercheurs quelques explicatio ...
Observatoire de wikipedia, le mythe de la neutralité.
"le courage c'est de chercher la vérité et de la dire" Jean Jaurès
En particulier les motifs de la résistance à la marchandisation de la connaissance, qui est un mouvement européen, car la libéralisation (économique) des établissements d'enseignement et de recherche touche toute l'Europe.
Il s'agit de contester la mainmise du marché sur l'Enseignement supérieur & la Recherche
Et encore un texte : " Université, un enjeu de civilisation"
Par Marc Delepouve, secrétaire général d'ATTAC, membre de son conseil scientifique, enseignant en mathématiques à Lille-I.
La volonté de transformer l'université remonte au début de la période néolibérale. Ainsi, en France, dès son retour au pouvoir en 1986, la droite s'y est essayée. La résistance des étudiants fut massive. Le 6 décembre le décès de Malik Oussekine, molesté par des policiers, provoquera la démission du ministre délégué Alain Devaquet. Le 8 décembre le gouvernement Chirac retirera son projet. Ensuite, jusqu'en 2002, des évolutions se feront, mais elles ne constituèrent pas la rupture néolibérale. Aucun gouvernement, quelles que soient ses orientations, n'osait affronter la résistance des universités françaises. L'année 2003 marque un tournant. Le gouvernement décide alors de réduire les financements stables et récurrents des laboratoires de recherche. Objectif : augmenter les financements des projets à court terme et les distribuer sur la base d'évaluations selon des critères prétendant répondre aux besoins de l'économie, mais incompatibles avec la liberté intellectuelle indispensable à la recherche à moyen ou long terme. Indispensable donc au développement économique et aux réponses à apporter aux problèmes sociaux et environnementaux. Liberté intellectuelle indispensable enfin à la vie démocratique et plus largement à une société libre. Nous touchons là à un aspect peu débattu de la transformation néolibérale. Une société néolibérale est-elle compatible avec une université libre ? Avec une société libre ? L'empressement des entreprises multinationales à s'emparer des grands médias et de la culture de masse répond-il à leur seule cupidité ? Voire à la soif de pouvoir de patrons de grandes entreprises ? Où répond-il en outre à une nécessité stratégique : posséder une relative maîtrise des populations, influencer leurs valeurs, leur connaissance de la cité, leurs pensées et leurs comportements. Certes, il n'y a pas de bureau national ou mondial du conditionnement humain. Le système en place est plus subtil, plus discret, plus souple et sans centre.
Dans un monde où les inégalités ont pris une dimension démesurée, où une minorité
bénéficie de privilèges exorbitants et suit un mode de vie d'hyperconsommation et hyperdestructeur de notre environnement, alors que près d'un milliard d'enfants, de femmes et d'hommes souffrent
de la faim, que le chômage frappe ou hante la plupart des salariés, dans ce monde néolibéral, la liberté intellectuelle et l'esprit critique doivent être canalisés, domptés et quelque peu
étouffés. C'est à l'aune de cette nécessité de la société néolibérale qu'il faut en tout premier lieu lire la rupture néolibérale de l'université, déjà très avancée dans de nombreux pays d'Europe
et du monde. Rupture amorcée en France en 2003, et précipitée par la présidence de Nicolas Sarkozy. Cela alors même que la recherche française est l'une des plus efficaces, voire la plus efficace
du monde : cela si une telle qualification peut avoir un sens ! Pour l'exercice, prenons les critères du classement de Shanghai, souvent utilisés par les néolibéraux pour nuire à l'image des
universités françaises, et appliquons-les aux systèmes d'enseignement supérieur et de recherche nationaux, et non pas aux établissements. La France se trouve alors en 6e position (chiffre donné
entre autres par l'OCDE), alors que le financement est quant à lui au 18e rang pour la recherche et au 16e pour l'enseignement supérieur. Il n'y a aucune raison objective d'imposer à l'université
française la rupture néolibérale, puisque les pays qui ont fait ce choix ne font pas mieux que nous. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille laisser l'université en l'état. C'est pourquoi dès 2004
la communauté universitaire avait tenu des états généraux conclus par un document d'une centaine de pages, présentant de très nombreuses propositions d'amélioration. Aujourd'hui, la crise
financière est une tragédie planétaire qui résulte de la croyance dans les dogmes néolibéraux. Le temps où l'on pouvait naïvement penser que soumettre la planète à la liberté et au pouvoir des
seuls financiers et des seules entreprises multinationales est révolu. Cette « modernité » a montré toute son absurdité. Le temps n'est-il pas venu où la démocratie doit retrouver ses droits, au
service d'un projet de civilisation ? Nous avons là le principal enjeu de la résistance qui aujourd'hui se développe dans les universités.
Note.
Je dois ajouter que sur ce sujet wikipedia, exceptionnellement, n'est pas au-dessous
de tout, elle est même assez correcte et bien informée donc correctement informative. Ô stupéfaction, ô miracle !
Explication : l'article a été rédigé avec la contribution manifeste d'universitaires
et ô deuxième miracle, non seulement on trouve un article rédigé par des gens qui connaissent le sujet qu'ils rédigent -la chose est assez exceptionnelle pour mériter d'être soulignée- mais
l'article n'a pas été détruit par les habituels cuistres et ignorants qui auraient voulu y introduire leur satanée "neutralité" habituelle.
note [1] voir sur article suivant :
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Par contre, je ne comprend pas la mention de Wikipédia dans l'article. Certes, ce blog a pour but de relever, de dénoncer les problèmes de Wikipédia, mais dans le cas présent... cela me chiffonne, je n'ai rien contre le fait de pointer du doigts les nombreux problèmes de Wikipédia, au contraire, mais pour cette article, qui m'a l'air de qualité, je ne vois pas grand intérêt à signaler un détail qui n'a, dans l'absolu, rien à voir. Cet article est un aparté, ce n'est absolument pas un mal, mais autant le reconnaitre.
On note aussi une disparition de la démocratie avec la délicieuse loi HADOPI, fondé à partir d'un dossier écrit par un ancien chef d'entreprise, et uniquement déstiné a protégé les intérêts des entreprises, au détriment des consommateurs (ce que je déteste ce mot) et des artistes. Triste monde. Quand la ploutocratie remplace finalement la démocratie.
A consommer avec modération !
Peut nuire gravement à la santé ...
C'est rigolo, autant de classements que d'articles de blogs les reprenant, tous aussi étranges les uns que les autres (ce jour Martine Aubry classe la France 14ème on a l'impression de chiffres alignés au hasard).
C'est quoi votre source, pour vos classements en 6 et 18 ?
Vous dîtes philosophe comme on le dit couramment au sens de "faut être philosophe" ou voulez-vous dire philosophe de profession ?
Et la répons c'est : pas trop mal pour une fois, c'est un miracle. réjouissons-nous. (j'ai ajouté la précision en note)
Dans ce cas, je vous renvoie aux commentaires que j'avais posté sur un autre blog, où la même imprécision était colportée par un Wikipédien : le 6ème rang (ou plutôt 5ème) est le nombre _brut_ de publications, non divisé par un coefficient lié à la taille du pays (nombre d'habitants, PIB, nombre de chercheurs, budget de l'Etat... ce que vous voulez) ; les rangs médicores pour la rercherche et l'enseignement supérieur s'obtiennent en divisant par le nombre d'habitants. C'est d'un très bel effet rhétorique de comparer des classements obtenus par des méthodologies différentes, mais ça n'a évidemment absolument aucun sens.