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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 15:20
Un livre qui  publie  des portraits de profs de philo : Portraits de maîtres, comme son nom l'indique. Cet ouvrage donne une petite tranche de ce que peut être la transmission dans cette discipline singulière qui plus que toute autre est synonyme d'apprentissage de la rationalité et qui croise toutes les autres diciplines et tous les autres genres lettres, sciences, arts, politique, droit, économie etc. exerçant une fascination particulière sur qui la pratiquent et l'étudie, ce pourquoi dont nombre de ses professeurs furent des maîtres pour leurs élèves et étudiants.


Certains de ces maîtres sont connus d'autres inconnus, qui ont officié dans la discrétion des classes de Khâgne ou de Lycée, mais combien furent-ils à être de grands professeurs dont la personnalité et l'enseignement, formèrent des générations chez qui ils  laissèrent une empreinte durable ces merveilleurx professeurs de Khâgne comme Lécrivain, Xavier Renoux, Christian Jambet ? Combien furent-ils  à susciter des vocations ces professeurs de Lycée inconnus  ? Combien furent-ils à enseigner la philosophie avec grand talent tels Wladimir Jankélévitch, Yvon Belaval, Pierre Macherey, Stanislas Breton, Clémence Ramnoux, Guéroult, pour qui nous leurs étudiants conservons une gratitude pleine d'admiration ? Portraits de maîtres d'une jeunesse studieuse et souvent enthousiaste.




Wikipedia pourrait s'en inspirer pour faire une fiche sur les profs de philo, des enseignants qui ont marqué leurs élèves même si tous ne sont pas des auteurs célèbres,  même si nombreux restent inconnus du public car tous ne sont pas des Deleuze, Levi-Strauss, Canguilhem, Gérard Granel, Jean-Luc Nancy. Foucault, Lacan ou Derrida dont les séminaires étaient suivis avec assiduité et ferveur car ils savaient susciter l'attente. Et nous savions que là était l'esprit, tous ceux qui nous ont appris à penser. L'enseignement de la philosophie a une importance sous-estimée (ignorée) de wikipedia. Une suggestion pour réparer cette lacune : s'inspirer de ce livre et présenter des portraits.


Jean-Marc Joubert, Gilbert Pons  dirigent un ouvrage collectif :  Portraits de maîtres CNRS éditions. Sa lecture est un régal.

 

 

Ainsi présenté dans Libération :


Le physique compte, évidemment, comme compte la voix, comme compte ce je-ne-sais-quoi dans la prestance ou la façon de bouger qu'on nomme le charme et qui vous hypnotise. Gérard Granel avait une «charpente d'athlète grec» (Jean-Luc Nancy), la beauté, la force et la vulnérabilité de Marlon Brando, l'humour et l'élégance d'un Mastroianni, un rien de Bogart dans le regard ou dans la façon d'allumer ses cigarettes, «la silhouette de cow-boy d'un Burt Lancaster.» Figure mythique, il «faisait salle comble», bien sûr, et l'auditoire, à Bordeaux, à Aix, à l'université de Toulouse surtout, buvait ses paroles dans «un silence quasi religieux». Il a impressionné des générations d'étudiants. Mais serait-il devenu un Maître s'il n'avait eu que sa «phénoménale séducation» (Nicole Raymondis) ?


«Tintinnabulantes». Claude Bruaire ressemblait aussi à une star d'Hollywood - à John Wayne. Dans la toute jeune faculté de lettres et sciences humaines de Tours, était annoncée la nomination d'un nouveau maître de conférence : «Nous attendions une sorte de Petit Chose à grosse tête et lunettes, façon Sartre, et nous avons vu débarquer un grand Viking blond aux yeux noirs.» A «l'époque bénie de la liberté illimitée du boire, du fumer et du manger» (Dominique Folscheid), il allait avec ses étudiants célébrer les joies du bien-vivre, rendre honneur à l'andouillette et aux vins de Loire «dans les petits restaurants bordant le quartier des Halles». Mais le Bruaire simple et direct, «rustique», eût-il été surnommé «Le Maître» - «avec ce qu'il fallait de majuscules tintinnabulantes pour ennoblir un label aussi usagé» - si, «bête de scène», il n'avait mis son art au service d'un de «Sa Majesté Hegel», dont «à pleines lampées» il faisait absorber à ses auditeurs le «petit-lait» qui «rend plus intelligent» ?


Les professeurs de philosophie des lycées, des classes préparatoires ou des universités ne sont pas tous des John Wayne, des Monica Bellucci ou des Marlon Brando - ni tous des Petit Chose à lunettes, des grosses têtes bien pleines et mal faites, des «monstres spéculatifs», timides, cassants, hors du monde, psychorigides, des Socrate laids ou bourrus, à la voix fluette et à l'élocution empêtrée. Mais qu'est-ce qui fait que l'un(e) ou l'autre accède au statut de «Maître», de personne qui par sa façon d'être et d'enseigner devient le point de référence à partir duquel un élève ou un étudiant se détermine, décide de sa vocation, de son style de vie, de sa profession, parfois de sa morale, de ses options théoriques, politiques, religieuses ou esthétiques ? On trouvera des réponses, très variées, dans Portraits de maîtres - Les profs de philo vus par leurs élèves.


Les femmes philosophes sont ici très minoritaires (Nelly Viallaneix, Sarah Kofman, Christiane Menasseyre), et quasiment incompréhensible est l'absence, juste pour citer quelques noms, de Foucault, Lacan, Badiou, Althusser, Châtelet, Serres, Bouveresse, Lévi-Strauss... Reste que c'est une belle idée qu'ont réalisée Jean-Marc Joubert et Gilbert Pons. On découvre en effet avec une certaine émotion la façon dont des philosophes qu'on connaît par leurs œuvres - Derrida, Deleuze, Levinas, Jankélévitch, Desanti, Dagognet, Canguilhem, Grimaldi... - étaient dans leur classe ou leur amphi, ce qu'ils avaient de particulier pour pouvoir transmettre dans la fascination leurs savoirs ou leurs méthodes, et devenir des «exemples».


Egalement l'influence «souterraine» exercée par des philosophes restés prioritairement des professeurs (et donc moins connus hors de l'institution : Claude Tresmontant, Michel Alexandre, André Pessel, Raymond Polin, Etienne Borne, Michel Haar...). Et, surtout, les mille modes, chez les «disciples», dont on utilise l'«héritage» (mais tous les élèves ne sont pas devenus des philosophes ni des professeurs).


«On m'a volé ma valise». Certains sont imprégnés de la pensée du maître, et écrivent comme lui, d'autres l'évoquent de façon délicieusement surannée, d'autres retiennent une personnalité, une phrase, un geste, une méthode de lecture, une attitude, un conseil déterminant. Ainsi Alain Roger, enclin à abandonner la philosophie pour le cyclisme, qui se ravise, changeant ainsi toute l'orientation de sa vie, lorsque Gilles Deleuze, son prof, le somme de «commencer par les Entretiens d'Epictète», de poursuivre «par l'appendice de la Première Partie de l'Ethique de Spinoza», de terminer par la première dissertation de la Généalogie de la morale de Nietzsche, et de chercher «le centre de gravité de ce triangle». Deleuze enseignait alors dans l'hypokhâgne du lycée Pothier, à Orléans. «Ses cours étaient très ardus... En même temps, il était désopilant [...]. Il arrivait, distant, impeccablement vêtu, costume sombre, chemise blanche, cravate noire. Il tenait, du bout de ses longs doigts, une petite serviette usagée, qu'il n'ouvrait presque jamais [...]. La séance débutait ordinairement par une histoire drôle [...]. Je me rappelle celle-ci : "On m'a volé ma valise... Une affreuse méprise... Dans la navette des Aubrais... Alors j'arrive à l'hôtel, j'ouvre ma valise et qu'est-ce que je trouve ? Des Colgate et des Palmolive, tout ça... Un représentant de commerce... Je le revois, si pressé... Un gros monsieur... Un Belge... J'en suis malade... Comment voulez-vous que je fasse ma classe avec des dentifrices et des mousses à raser ?"»

 

source Libération

 

Une blague ? Non,  sans blague  !

 

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Published by alithia - dans philosophie
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commentaires

G.M. 12/12/2008 21:46

Oublions les sombres histoires des publications wikipédiennes et tournons-nous vrs la philo. Au passage je salue le travail de fourmi que fait Alithia et sa persévérance. Pensez-vous que le message commence à passer malgré les témoignages contraires des wikipédiens ? (vous m'avez reconnu ? oui, c'est moi ; un petit salut de loin en loin)