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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 13:15












Il est extrêmement rare  que des universitaires s'occupent de wikipedia. Ils pensent, à tort ou à raison , qu'ils ont mieux à faire que de se pencher sur une publication aussi peu sérieuse à l'évidence. Mais quand ils analysent ses articles, c'est pour relever leur médiocrité et les graves déformations  qu'ils comportent. Leurs conclusions convergent  avec mes propres observations qu'elles corroborent.


Vu sur le site bookmag,
3 articles sont analysés, en médecine, philo, histoire.

1) Sur la paludisme article d'Antoine Danchin, directeur du département Génomes et génétique à l'Institut Pasteur,  qui évalue l'article éponyme de wikipedia.

" Le paludisme affecte des centaines de millions de personnes dans le monde et peut préoccuper les touristes qui se rendent dans les régions tropicales. Interroger Google ou Yahoo avec ce seul mot conduit, en premier lien, à l'article de Wikipédia.


C'est un texte  long, quarante-trois pages dans la version du 19 novembre 2008. Presque un Que sais-je?, avec une table des matières détaillée en pages 2 et 3. La première phrase de la page introductive dit ceci : le paludisme « appelé aussi malaria (de l'italien mal'aria, mauvais air) est une parasitose due à un protozoaire transmis par la piqûre d'un moustique femelle, l'anophèle »... Diable : si l'anophèle est un moustique femelle, quel est donc le nom du moustique mâle ?  Il aurait fallu écrire : la femelle d'un moustique, l'anophèle. Le flou s'accentue quelques lignes plus loin : « Auparavant, c'était le mauvais air (male aria en italien) émanant des marécages qui était incriminé ». De mal'aria, nous voici passés à male aria. Y a-t-il un Italien dans la salle ? Et quelle est l'origine du mot « paludisme » ? Dans une édition  à peine antérieure du même article, en octobre 2008, il était fait référence à la rivière Palud, en Charente-Maritime. Que venait faire ici cette malheureuse rivière ? 

  
Le texte principal, le corps du délit, se veut une présentation scientifique mise à jour de cet immense sujet. C'est un curieux fatras.  Beaucoup de données justes et d'excellentes références se mêlent à de multiples anomalies de forme et de fond. 

[...]

L'article entier semble être une compilation faite par deux autodidactes, qui se sont maladroitement inspirés de la version anglaise de Wikipédia, comme il est précisé d'ailleurs, de manière assez comique, à la fin de ce pot-pourri de quarante-trois pages : « Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en anglais intitulé « Malaria ».  Que peut vouloir dire : « partiellement ou en totalité » ?    

Antoine Danchin ;  voir article complet


2) sur Socrate  article du directeur de "Books" olivier Postel-Vinay

"  l'article "Socrate" de la version française de Wikipédia est un véritable cas d'école, tant chaque paragraphe, parfois chaque phrase, presque chaque mot, pourrait faire l'objet d'une exégèse. Je me contente ici d'évoquer la manière dont s'ouvre la section consacrée au procès du philosophe : « Plusieurs aristocrates affirmèrent voir en lui un esprit pervertissant les valeurs morales traditionnelles et donc un danger pour l'ordre social. En avril 399 av. J.-C., Socrate se vit accusé [sic] par Mélétos, ainsi que deux de ses amis (Lycon et Anytos)... ».


Ce sont donc de vilains aristocrates, arc-boutés sur des valeurs morales périmées, qui seraient à l'origine du procès et donc de la condamnation à mort du philosophe. Nous sommes là dans une mythologie bien française, où se mêlent plaisamment la référence aux valeurs bourgeoises du dix-neuvième et de la première moitié du vingtième siècle, qu'il convient de jeter aux orties, et l'évocation des mânes des aristocrates contre lesquels se dressèrent vaillamment les sans-culotte de notre Révolution nationale.

[...]

La source la plus directe que nous possédions sur le procès est le récit qu'en fait Platon dans  son Apologie de Socrate, écrit peu après la mort de son maître. Dans ce texte célèbre, où Socrate se défend devant les citoyens athéniens qui vont le juger, le philosophe explique clairement que ses vrais accusateurs se cachent, « il n'est même pas possible de les connaître ni de les nommer », et conclut : « je me vois tout bonnement forcé de me battre, en quelque sorte, contre des ombres, et de réfuter sans que personne me réponde ! ».


Qui sont ces « ombres » ? C'est là une question superbe, à laquelle on ne peut envisager de répondre sans se référer, d'un côté à l'activité philosophique de Socrate, à la manière dont il interrogeait en public divers personnages de la vie athénienne, de l'autre au moment précis de l'histoire d'Athènes où s'engage son procès.  Cette question vaut bien un livre. L'un des meilleurs est celui de l'historienne Claude Mossé, Le procès de Socrate, aux Editions Complexe - ouvrage dûment cité dans la bibliographie présentée à la fin de l'article de Wikipédia"


Olivier Postel-Vinay  article complet 



3) sur Colbert  article de Joël Cornette portant sur l'article Colbert de wikipedia :



Colbert, ministre impeccable sur Wikipédia



" L'article consacré à Colbert aurait pu être écrit il y a cent cinquante ans, alors que s'imposait l'image irénique d'un ministre impeccable, parfait archétype du grand commis de l'Etat, symbole de la réussite sociale conçue comme un exploit individuel. La France de la Troisième République, bourgeoise et méritocratique, était friande alors de ces modèles de comportement exemplaire : compétence, acharnement au travail, application au bien public, esprit d'économie, probité...  Or toutes ces qualités se retrouvent et sont confirmées dans le Colbert « wikipédien » : « remarquable gestionnaire, il développe le commerce et l'industrie par d'importantes interventions de l'Etat » ; on insiste sur la « quantité de travail effectué, l'intelligence, la créativité ». Et bien plus : « tout passe par lui, il maîtrise tous les domaines en main : finances, industrie, commerce, marine, police, justice, administration, travaux publics, postes, agriculture, aménagement du territoire, culture ». Donc, nul étonnement à le voir mettre un « terme aux déprédations de l'Etat ». Mieux encore, « il liquide les dettes de l'Etat ». Et chacun pourra constater, en lisant l'intégralité du texte, que les multiples exploits colbertiens sont dignes d'un Hercule du Grand Siècle... Sans doute, et ce sont là les seules ombres au tableau, est-il mentionné que « Colbert devient lui aussi adepte du népotisme et décide de créer son propre clan en plaçant ses proches à des postes clés, tel son frère Charles Colbert de Croissy ou son cousin germain Charles Colbert du Terron », et l'on apprend aussi qu'il avait amassé « une fortune considérable, qui s'élevait à environ dix millions ». Mais cette discrète critique ne saurait altérer la seule conclusion qui s'impose : « il laisse une image d'excellent gestionnaire ». Image, certes, mais que dire de la « réalité » ?


D'abord, ce qui frappe à la lecture de ce panégyrique, c'est la discrétion de Mazarin - la fortune de Colbert, dans tous les sens du terme, lui doit beaucoup - et l'absence presque totale de Louis XIV, comme si Colbert était le maître absolu de toutes les décisions, de toutes les initiatives, de toutes les actions. Et c'est un maître solitaire : aucune allusion n'est faite à une équipe, à une administration, aux conditions concrètes de réalisation du « colbertisme ». Or nous savons bien aujourd'hui, notamment par les travaux de Daniel Dessert  (Argent, pouvoir et société, publié en 1984), comment Colbert s'est trouvé au centre d'un système « fisco-financier » qu'il a renforcé et explique une grande part de sa politique. Et dans sa dernière étude, Le Royaume de Monsieur Colbert (1661-1683) (Paris, Perrin, 2007), Dessert explique comment le ministre impeccable a mis en place dans le royaume un " complexe sociofinancier protéiforme " : à terme, ce système, fondé sur un " lobby " de parents, d'alliés et d'amis, tous dévoués à celui qui devint Contrôleur général des finances en 1665, a engendré un nouvelle façon d'exercer le pouvoir et d'administrer le pays, par un clientélisme accru, " teinté de pratiques mafieuses ". Ainsi, par exemple, est-il parvenu à contrôler la recette des tailles de seize généralités sur dix-neuf. Seuls Tours, Moulins et Amiens ne comportent aucun officier à sa dévotion. Cet agglomérat au sens strict, car cimenté par le sang et par l'argent autour de la personne de Colbert, a développé une gestion où les rapports d'homme à homme et la fidélité au patron ont éclipsé le service public. En fait le Colbert ministre, le Colbert législateur, celui qui réglemente, rationalise, optimise les secteurs qui lui sont confiés, est constamment démenti par le Colbert gestionnaire qui peut prospérer sans crainte, fort de ses réseaux souterrains de " créatures " toutes à sa dévotion. 


Sans doute convient-il de ne pas passer d'un excès à un autre et de noircir exagérément l'image du ministre impeccable. Mais le propre du travail historique n'est-il pas de mettre en question des images, des stéréotypes attachés précisément aux « grands personnages » qui ont fabriqué la « nation France » ? De ce point de vue, la courte bibliographie proposée par Wikipédia est exemplaire aussi bien par ses manques (on ne trouvera nulle mention de Daniel Dessert) que par les livres cités, notamment celui qui bénéficie de la plus longue  et complaisante notice : « François de Colbert, Histoire des Colbert du XVe au XXe siècle, Grenoble, 2000,  préface de Jacques de Bourbon Busset, de l'Académie française. Introduction de Jean Meyer, Professeur émérite auprès de la faculté de Paris-Sorbonne. Prix Hugot de l'Institut de France, décerné par l'Académie française 2002 ». L'auteur véritable de cet article s'est ainsi, sans doute, découvert, prouvant qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même : ne serait-ce pas tout simplement un héritier de Jean-Baptiste qui a rédigé la notice de son grand et illustre ancêtre ? Expert en népotisme, réseaux, relations familiales, mais aussi particulièrement attentif de son vivant à construire sa propre gloire, le Contrôleur général des finances de Louis XIV ne pouvait rêver mieux : continuer à soigner son image, par descendant  interposé, jusqu'au cyberespace wikipédien !

Par Joël Cornette  article complet




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commentaires

Zorglub 24/01/2009 08:59

Booksmag a changé la présentation du WikiGrill ; elle est maintenant bien plus positive et replace dans un contexte plus large les articles critiqués :
Pour remarquable qu’elle soit, et globalement salutaire, l’entreprise Wikipédia invite à la critique. Si beaucoup d’articles de cette encyclopédie d’inspiration démocratique sont de grande qualité, d’autres ne résistent pas à un examen attentif.
Ce qui, du coup, est loin de corroborer vos observations et montre que les universitaires ont parfois des avis plus nuancés que ceux que vous leur prêtez.Voir : WikiGrill

alithia 24/01/2009 16:02




Booksmag a changé la présentation du WikiGrill, dîtes-vous . Je n'en sais rien, mais  prenons la citation entier , que
vous qualifiez de "positive"
Pour remarquable qu’elle soit, et globalement salutaire, l’entreprise Wikipédia invite à la critique. Si beaucoup
d’articles de cette encyclopédie d’inspiration démocratique sont de grande qualité, d’autres ne résistent pas à un examen attentif. Soit parce que
leur contenu est léger ou inconsistant, soit parce qu’il est manipulé, parfois avec une grande
habileté,  par des internautes ou des lobbies qui défendent un intérêt. Or, Wikipédia est devenu le premier mode d’accès au savoir pour les jeunes et les moins jeunes qui, sans avoir reçu de
formation universitaire poussée, naviguent quotidiennement sur le web. Avec sa rubrique WikiGrill, Books souhaite attirer l’attention sur
l’existence de biais qui influencent de manière plus ou moins cryptée la qualité ou l’objectivité de certains articles de Wikipédia.

Vous appelez cette présentation positive ? Etes-vous sûr d'avoir lu ?

Je vous prie de noter :

l’entreprise Wikipédia invite à la critique


or que font-ils des critiques venues de l'extérieur, à wikipedia ? à la poubelle, interdites de citation et mises sur la liste noire et moi même traitée de folle et
diffamée de diverses manières. Cela les juge.

Si beaucoup d’articles de cette encyclopédie ... sont de grande qualité



ça ne coûtre rien de le dire et d'être gentil, aucun de ces articles n'est cité : à vérifier par conséquent et à démontrer ; attendons les citations

maintenant la partie critique que vous vous gardez bien de citer, soit les articles qui  ne résistent pas à un examen
attentif .

Avez-vous noté les raisons ?
- soit leur contenu est léger ou inconsistant, ça ne vous semble pas être une très sévère critique ?
- soit parce qu’il est manipulé, parfois avec une grande habileté,  par des internautes ou des lobbies qui
défendent un intérêt :
défaut encore plus grave bien entendu  que la mauvaise qualité, les articles biaisés par la propagande ; ça je vous signale que c'est tout simplement
rédhibitoire pour une supposée encyclopédie, de procéder à la manipulation , souvent très habile, de ses lecteurs.

Et je vous prierais de noter que , comme moi qui ai fait un blog pour cela, des profs se sont regroupés pour publier leur appréciations d'articles de wikipedia afin
d'attirer l'attention sur des points de vue biaisés et la propagande qu'elle contient.

L'intention de Booksmag et la raison d'être de wikigrill est du reste explicite  :

Avec sa rubrique WikiGrill, Books souhaite attirer l’attention sur l’existence de biais qui influencent de manière plus ou moins cryptée la qualité ou
l’objectivité de certains articles de Wikipédia.
Ce qui dit bien ce que ça veut dire.
Que voulez-vous de plus ?

Du reste Zorglub qui justifie la publication des Protocoles des Sages de Sion par wikisource, comme le fait David Monniaux, donne la preuve que wikipedia mérite
d'être surveillée pour la propagande qu'elle contient.  c.q.f.d.



gil 31/12/2008 14:42

Voici un article qui remet à sa place la pertinence de certaines critiques du site bookmag :http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/schumaines/histoire/Pages/2008/98_Colbert.aspx

Ydéphes 26/12/2008 17:02

Non, absolument pas, l'erreur évoquée concernant le terme aristocrate au début de l'article n'existe pas. Allez voir sur la page !

alithia 29/12/2008 19:02


Excusez-moi, je sais lire et je maintiens ce que je disais précédemment


Ydéphes 25/12/2008 16:49

Quand on commence une analyse en tant que spécialiste, on ne fait pas une erreur aussi monumentale en début d'article, à moins que Wikip. ait corrigé entre-temps ce terme.

alithia 26/12/2008 16:51


? ? ? 
Il semble que vous disiez un peu n'importe quoi


Ydéphes 24/12/2008 08:39

Effectivement si, il se trompe pour le terme aristocrate, non employé par Wikip. pour ce début d'article.  Pour le reste, avis aux spécialistes.

alithia 24/12/2008 19:44


Il se trouve que c'est un spécialiste. M. Postel-Vinay a une formation de philosophe et ce qu'il dit des erreurs annalysées, du fait que chaque phrase, chaque
expression mériterait un commentaire, et de l'ouvrage de Claude Mossé, ignoré, est assez parlant... pour qui connaît un peu la philosophie et a fait des études lui ayant appris ce qu'est une
citation, une référence, une bibliographie, ce qui ne semble pas être votre cas.