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Oublions wikipedia et sa vision de l'histoire qui est celle du valet de chambre épiant son maître par le trou de la serrure (l'expression est de Hegel), Obama est élu, joie ! Car c'est une grande victoire de la liberté, une force politique nouvelle qui s'est constituée -sans préjuger de l'avenir- et une ouverture aux possibles qui vient comme un cadeau de l'histoire.



http://img.timeinc.net/time/daily/2007/0702/obama0201.jpg







Obama élu c'est un événement historique. C'est le rêve américain réanimé, qui recommence à prendre sens et reprend corps après les décennies Reagan-Bush qui ont fait tant de mal au monde entier, libérant un capitalisme sauvage et cynique, nommé libéralisme.[1] C'est la victoire posthume de ces grands hommes, martyrs des meilleures causes, et le fil de l'histoire renoué avec Abraham Lincoln, Martin Luther King, John et Robert Kennedy.



Un événement historique car cette élection signifie la victoire de l'intelligence et du courage sur la peur et même souvent la haine (cette base du parti républicain dont une partie est ouvertement raciste et fasciste).


Obama élu c'est le symbole d'une Amérique jeune d'esprit aux composantes multiples, audacieuse et généreuse, tournée vers l'avenir, tolérante, ouverte à l'autre et au monde, éprise de liberté, soucieuse d'égalité, malgré tout (malgré tout). C'est la victoire de l'Amérique éclairée et populaire associées, qui renoue avec l'idée de l'Amérique, son rêve émancipateur , cette Amérique riche de ses  composantes et minorités diverses qui a voté à l'encontre de ce que vote le petit blanc raciste du Sud, peu cultivé, frileux, réactionnaire, borné, armé, vivant dans le culte des armes, et qui vote contre ses intérêts, selon le type de l'électeur qui forme la base du parti républicain et qui a porté au pouvoir les représentants du capitalisme le plus cynique et prédateur du siècle.  Ce Sud qui pourtant comprend les Etats les plus pauvres  des Etats-Unis. Le  pauvre peut voter contre ses intérêts, voir la Louisiane. Il peut être abruti s'il est guidé par la peur. Obama  est le président qui a vaincu la peur, plusieurs peurs.


Obama, élu malgré tout cela, c'est une victoire pour la liberté car un pari sur l'avenir qui réclame le changement et une victoire de la tolérance éclairée.

C'est un  moment d'une grande portée symbolique que, ce qui reste pour l'instant encore la plus grande puissance du monde, porte à la présidence un noir.

Et de plus, belle résussite, un Noir à la Maison Blanche, cela aurait beaucoup plu à Francis Blanche et aux Surréalistes ! ça parle aux tréfonds des inconscients  cette affaire.


Certes les Etats-Unis d'Amérique restent  les Etats-Unis et Obama est le président des Etats-Unis d'Amérique. Il ne s'agit pas d'une révolution et même, bien entendu, peut-on s'interroger sur les limites des possibles changements. Il mènera une politique qui sera celle des Etats-Unis d'Amérique, avant tout. Peut-être et même sans doute plus égalitaire et plus sociale à l'intérieur, ce qui n'est pas très difficile. Peut-être  et même certainement moins agressive et moins guerrière à l'extérieur, si l'on prend en compte que les guerres menées, non seulement sont des échecs, mais participent de la ruine de l'économie américaine -voir à ce sujet les analyses de J-C Milner.


Le capitalisme reste le capitalisme dont Obama n'est pas maître, pas plus que quiconque, et il n'y a pas de révolution en vue. Si ce n'est que Obama arrive au pouvoir au moment de la plus grande crise qu'ait connu le capitalisme du fait de la dérégulation généralisée qu'a organisée cette politique libérale de Grande-Bretagne depuis Thatcher aux Etats-Unis depuis Reagan, et qu'il y a un tournant à prendre, un changement à organiser, véritablement. Quelque chose à inventer. Le moment est donc passionnant car il exige de l'invention, ce que seul Obama représente, contre Mac Cain.


Le moment est donc passionnant, qui impose un changement au coeur du capitalisme ou peut-être plutôt par-delà sa forme actuelle qui l'a atteint au coeur même de son système, un tournant, l'invention d'autre chose, d'autres logiques économiques. Ce pour quoi le moment est décisif aussi, qui plus que jamais, face à cette crise  mondiale entraînée par une sur-exploitation des hommes et de la nature, exige un changement et un partage requis par les inégalités immenses qui se sont creusées depuis ces dernières décennies. Mais en même temps il  comporte les plus grands risques menaçant la démocratie. Le moment est décisif car il exige de veiller sur et de défendre les valeurs de la démocratie que cette crise met aussi en danger. - voir Sloterdjik ici cité ainsi que Zizeck et Wallerstein [2].


Obama représente un peu tout cela : une magnifique victoire de la démocratie en Amérique éclairant le monde et , pour voir plus loin, car en politique il faut voir loin, l'annonce de tous les dangers à l'horizon, à savoir la mobilisation qui demain sera nécessaire pour défendre la démocratie, plus que jamais, face aux dangers que lui fait courir le capitalisme dans sa phase actuelle.  En hommage à Tocqueville, la démocratie  en Amérique donne au monde un modèle et l'image anticipant son avenir, mais aussi une mise en garde car avec lucidité Tocqueville avait vu, en son temps, ce qui ruine la démocratie. Ne parlait-il  pas de ce despotisme qui naît de la démocratie, de la tyrannie de l'opinion, de l'invasion des petites passions et des petits intérêts (à son époque ils étaient petits pour le citoyen moyen) de ces passions qui font que les individus, tout adonnés  qu'ils sont à la poursuite de leur intérêt, perdent tout sens de la politique, tout intérêt pour celle-ci et tout sens de leurs responsabilités de citoyens et qu'ils perdent  ainsi avec le temps toutes les vertus politiques nécessaires à la démocratie, phénomènes qui ruinent la démocratie de l'intérieur ?


La victoire d'Obama, renoue avec l'espoir -rendu aux peuples du monde pour sa valeur symbolique. Et peut-être aussi avec l'espoir d'un retour des citoyens à la politique, malgré la poursuite des intérêts égoïstes dont la démocratie laisse la possibilité et dont le système capitaliste de charge d'organiser la suprématie.


C'est le moment de relire Tocqueville et Marx, ou Tocqueville avec Marx. Et Marx en particulier, comme nous le conseille le Révérend Reinhart Marx,  évêque de Munich qui vient d'écrire un livre à la gloire de l'auteur du Capital qui commence par une lettre d'excuses de Reinhart à Karl,
son homonyme, pour regretter l'injustice à son égard et l'erreur  commise d'avoir trop vite jeté aux orties l'oeuvre de ce dernier, le Capital, un livre d'actualité à relire de toute urgence. selon le révérend Marx Authentique. J'ai vu l'info dans la Repubblica de samedi dernier.



voir le discours d'Obama sur daily motion :   extraits traduits

le discours complet en anglais
 
: "change has comme to America"




Alithia

1- je parle du libéralisme économique, à distinguer de la doctrine libérale politique.



2- voir dans la série idées les précédents articles sur la crise et ce qu'en pensent les philosophes

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Mercredi 5 novembre 2008

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