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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 13:10
Oublions wikipedia et sa vision de l'histoire qui est celle du valet de chambre épiant son maître par le trou de la serrure (l'expression est de Hegel), Obama est élu, joie ! Car c'est une grande victoire de la liberté, une force politique nouvelle qui s'est constituée -sans préjuger de l'avenir- et une ouverture aux possibles qui vient comme un cadeau de l'histoire.



http://img.timeinc.net/time/daily/2007/0702/obama0201.jpg







Obama élu c'est un événement historique. C'est le rêve américain réanimé, qui recommence à prendre sens et reprend corps après les décennies Reagan-Bush qui ont fait tant de mal au monde entier, libérant un capitalisme sauvage et cynique, nommé libéralisme.[1] C'est la victoire posthume de ces grands hommes, martyrs des meilleures causes, et le fil de l'histoire renoué avec Abraham Lincoln, Martin Luther King, John et Robert Kennedy.



Un événement historique car cette élection signifie la victoire de l'intelligence et du courage sur la peur et même souvent la haine (cette base du parti républicain dont une partie est ouvertement raciste et fasciste).


Obama élu c'est le symbole d'une Amérique jeune d'esprit aux composantes multiples, audacieuse et généreuse, tournée vers l'avenir, tolérante, ouverte à l'autre et au monde, éprise de liberté, soucieuse d'égalité, malgré tout (malgré tout). C'est la victoire de l'Amérique éclairée et populaire associées, qui renoue avec l'idée de l'Amérique, son rêve émancipateur , cette Amérique riche de ses  composantes et minorités diverses qui a voté à l'encontre de ce que vote le petit blanc raciste du Sud, peu cultivé, frileux, réactionnaire, borné, armé, vivant dans le culte des armes, et qui vote contre ses intérêts, selon le type de l'électeur qui forme la base du parti républicain et qui a porté au pouvoir les représentants du capitalisme le plus cynique et prédateur du siècle.  Ce Sud qui pourtant comprend les Etats les plus pauvres  des Etats-Unis. Le  pauvre peut voter contre ses intérêts, voir la Louisiane. Il peut être abruti s'il est guidé par la peur. Obama  est le président qui a vaincu la peur, plusieurs peurs.


Obama, élu malgré tout cela, c'est une victoire pour la liberté car un pari sur l'avenir qui réclame le changement et une victoire de la tolérance éclairée.

C'est un  moment d'une grande portée symbolique que, ce qui reste pour l'instant encore la plus grande puissance du monde, porte à la présidence un noir.

Et de plus, belle résussite, un Noir à la Maison Blanche, cela aurait beaucoup plu à Francis Blanche et aux Surréalistes ! ça parle aux tréfonds des inconscients  cette affaire.


Certes les Etats-Unis d'Amérique restent  les Etats-Unis et Obama est le président des Etats-Unis d'Amérique. Il ne s'agit pas d'une révolution et même, bien entendu, peut-on s'interroger sur les limites des possibles changements. Il mènera une politique qui sera celle des Etats-Unis d'Amérique, avant tout. Peut-être et même sans doute plus égalitaire et plus sociale à l'intérieur, ce qui n'est pas très difficile. Peut-être  et même certainement moins agressive et moins guerrière à l'extérieur, si l'on prend en compte que les guerres menées, non seulement sont des échecs, mais participent de la ruine de l'économie américaine -voir à ce sujet les analyses de J-C Milner.


Le capitalisme reste le capitalisme dont Obama n'est pas maître, pas plus que quiconque, et il n'y a pas de révolution en vue. Si ce n'est que Obama arrive au pouvoir au moment de la plus grande crise qu'ait connu le capitalisme du fait de la dérégulation généralisée qu'a organisée cette politique libérale de Grande-Bretagne depuis Thatcher aux Etats-Unis depuis Reagan, et qu'il y a un tournant à prendre, un changement à organiser, véritablement. Quelque chose à inventer. Le moment est donc passionnant car il exige de l'invention, ce que seul Obama représente, contre Mac Cain.


Le moment est donc passionnant, qui impose un changement au coeur du capitalisme ou peut-être plutôt par-delà sa forme actuelle qui l'a atteint au coeur même de son système, un tournant, l'invention d'autre chose, d'autres logiques économiques. Ce pour quoi le moment est décisif aussi, qui plus que jamais, face à cette crise  mondiale entraînée par une sur-exploitation des hommes et de la nature, exige un changement et un partage requis par les inégalités immenses qui se sont creusées depuis ces dernières décennies. Mais en même temps il  comporte les plus grands risques menaçant la démocratie. Le moment est décisif car il exige de veiller sur et de défendre les valeurs de la démocratie que cette crise met aussi en danger. - voir Sloterdjik ici cité ainsi que Zizeck et Wallerstein [2].


Obama représente un peu tout cela : une magnifique victoire de la démocratie en Amérique éclairant le monde et , pour voir plus loin, car en politique il faut voir loin, l'annonce de tous les dangers à l'horizon, à savoir la mobilisation qui demain sera nécessaire pour défendre la démocratie, plus que jamais, face aux dangers que lui fait courir le capitalisme dans sa phase actuelle.  En hommage à Tocqueville, la démocratie  en Amérique donne au monde un modèle et l'image anticipant son avenir, mais aussi une mise en garde car avec lucidité Tocqueville avait vu, en son temps, ce qui ruine la démocratie. Ne parlait-il  pas de ce despotisme qui naît de la démocratie, de la tyrannie de l'opinion, de l'invasion des petites passions et des petits intérêts (à son époque ils étaient petits pour le citoyen moyen) de ces passions qui font que les individus, tout adonnés  qu'ils sont à la poursuite de leur intérêt, perdent tout sens de la politique, tout intérêt pour celle-ci et tout sens de leurs responsabilités de citoyens et qu'ils perdent  ainsi avec le temps toutes les vertus politiques nécessaires à la démocratie, phénomènes qui ruinent la démocratie de l'intérieur ?


La victoire d'Obama, renoue avec l'espoir -rendu aux peuples du monde pour sa valeur symbolique. Et peut-être aussi avec l'espoir d'un retour des citoyens à la politique, malgré la poursuite des intérêts égoïstes dont la démocratie laisse la possibilité et dont le système capitaliste de charge d'organiser la suprématie.


C'est le moment de relire Tocqueville et Marx, ou Tocqueville avec Marx. Et Marx en particulier, comme nous le conseille le Révérend Reinhart Marx,  évêque de Munich qui vient d'écrire un livre à la gloire de l'auteur du Capital qui commence par une lettre d'excuses de Reinhart à Karl,
son homonyme, pour regretter l'injustice à son égard et l'erreur  commise d'avoir trop vite jeté aux orties l'oeuvre de ce dernier, le Capital, un livre d'actualité à relire de toute urgence. selon le révérend Marx Authentique. J'ai vu l'info dans la Repubblica de samedi dernier.



voir le discours d'Obama sur daily motion :   extraits traduits

le discours complet en anglais
 
: "change has comme to America"




Alithia

1- je parle du libéralisme économique, à distinguer de la doctrine libérale politique.



2- voir dans la série idées les précédents articles sur la crise et ce qu'en pensent les philosophes

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Published by alithia - dans politique
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commentaires

Angelina 21/11/2008 14:36

Je m'étonne de voir que à chaque article du blog il y a des wikipédiens qui viennent dire que ce qui est exposé dans l'article est faux, sans chercher à comprendre , sans même chercher à vérifier d'abord. Ils commencent par contester et ensuite, vérifications faites, on s'aperçoit que ce sont leurs contestations qui sont fausses.
C'est curieux, c'est vraiment systématique.

encore un effort 11/11/2008 21:36

Obama versus Sarkozy : tout les oppose . Lisez cela du blog sarkofrance, que je trouve très bien , et que d'intelligence en comparaison de WP ! Si c'était ce genre de bloggueurs qui écrivait WP (avec des gens comme vous) que nous serions heureux ! "En France, Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse que de chercher des boucs-émissaires aux difficultés du pays : les fraudeurs en tous genres, les chômeurs qui ne trouvent pas assez vite un boulot, les seniors en pré-retraite, les traders, les malades qui coûtent trop cher, les criminels et la petite «racaille.» Cliver la société française en permanence est la quintessence du Sarkozysme politique. Le malentendu sarkozyste est là. Il défend le clivage contre le rassemblement. Obama lui n’a promis aucune «rupture», un concept qui clive et qui oppose. Il a promis un rassemblement, un dépassement. "..."En France, Nicolas Sarkozy s'agace, menace, s'agite. Il porte plainte contre une poupée, une pancarte, un texto. Il cherche à asphyxier et déstabiliser ses opposants. Tous les coups sont permis. Barack Obama lui conserve un style détendu. Son flegme et son humour participent à son charisme. Et pourtant, la pression fut autrement plus forte: au plus fort de la campagne, il s'est fait traiter de communiste, de castriste, de fondamentaliste musulman. A chaque fois, il a affiché son calme et son sourire. En France, il suffit qu'un opposant tienne une pancarte «Casse-toi pov'con» sur le passage du cortège présidentiel pour qu'il soit poursuivi ... et condamné ! Bref, Barack est poli, tranquille et drôle. Nicolas est agité, parfois grossier, toujours rancunier. "Je vous conseille de lire l'ensemble http://www.marianne2.fr/Obama-Sarkozy-reve-americain-contre-cauchemar-francais_a92987.html

alithia 12/11/2008 17:02


Oui très bien en effet. Et d'accord avec vous si les réacteurs de wikipedia avaient cette qualité on serait heureux, et  on ne serait pas obligé d'observer et de
critiquer ainsi wikipedia qui n'est pas un blog, s'avouant comme expression d'un point de vue, mais une encyclopédie, qui prétend ne privilégier aucun point de vue.

Sur l'ensemble de wikipedia, c'est vrai, toutes sortes de points de vue différents sont représentés. Mais c'est au sein même des articles qu'il y a problème, car se succèdent les articles orientés
et partisans sur tous les sujets qui s'y prêtent, et ils sont très nombreux. Soit à part l'informatique et des sujets techniques , à peu près tout peut être faussé et déformé selon des points de
vue tendancieux et partisans.

C'est article par article que la chose se remarque. Il y a des articles rlevant de toutes les tendances extrémistes et fondamentalistes et de toutes les  tendances irrationnelles. Mais dans
l'ensemble wikipêdia n'appartient à aucune tendance.

Ceci pour répondre aux sophismes des wikipédiens qui disent toujours que wikipedia n'est ni ceci , ni cela  (fasciste, gauchiste, ce que vous voulez). ce qui est vrai. Mais ce sont ses
articles qui sont hautement contestables pour prises de positions non objectives et fort peu scientifiques. Au total l'entreprise est malhonnête.


vive la liberté 09/11/2008 01:14

Aujourd'hui dans le Monde Eric Foner, professeur d'histoire à l'université Columbia de New York, spécialiste du XXe siècle aux Etats-Unis donne des explications très intéressantes concernant les Etats-Unis leur histoire , leur situation aujourd'hui et l'élection d'Obama : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/11/08/l-election-du-4-novembre-signifie-que-le-bloc-sudiste-n-est-plus-majoritaire_1116476_3222.html#xtor=EPR-32280154Son idée générale est que "l'éelction du 4 novembre signifie que le bloc dudiste n'est plus majoritaire" Je suis d'accord avec lui et d'accord avec vous. Il faut lire aussi ce passage :
Jusqu'au dernier moment, au soir de l'élection du 4 novembre, on a senti chez les partisans de Barack Obama une vive inquiétude. Beaucoup de Noirs pensaient sa victoire "impossible". Comment l'expliquez-vous ?
D'abord parce que, pour beaucoup d'Américains, George Bush a "volé" l'élection en 2000 en Floride. Certains disent qu'il l'a aussi fait dans l'Ohio en 2004, mais je ne partage pas ce point de vue. Ces deux cas ont convaincu énormément de gens que, dans notre système politique, le vainqueur ne l'emporte pas forcément. De plus, les théories du complot sont extrêmement répandues aux Etats-Unis.
 
Or, en huit ans, George Bush a tellement violé la loi, la Constitution, que nombre de gens pensaient les républicains "capables de tout" pour rester au pouvoir. Quant aux Noirs, la conviction que les Blancs ne laisseront jamais un Noir devenir président, et que, si besoin, Obama sera assassiné, montre la profondeur de leur aliénation par rapport au système politique américain. Leur peur, énorme, s'inscrivait dans une mémoire historique et dans un fantasme.
  Très intéressant, je trouve et, me semble-t-il très exact.

touvatrebien 06/11/2008 23:34

  Chère Alithia,Bravo pour votre papier à chaud.Vous avez raison de ne pas croire aux miracles mais de réfléchir au sens que cet événement prend pour nous .Votre premier interlocuteur vous fait un reproche à côté, il n'a pas lu votre note, et n'est pas très clair lui-même sur la distinction entre libéralisme politique et économique, il a besoin de rajouter ultra on se demande pourquoi.ce qui ressort de tout cela, vu d'ici, c'est que notre pdt à nous est encore plus petit qu'il ne l'atait tiens encore hier!bien amicalementTouvatrebien

alithia 06/11/2008 23:53


merci

A la décharge de mon interlocuteur, il faut dire que j'ai rajouté la note après son intervention, pour éviter ce genre d'équivoque.

Que N.S. ait rapetissé après l'éclatante victoire d'Obama, bien d'accord. L'un rassemble un pays pluriel en soulignant sa pluralité et la multiplicité de ses composantes, l'autre divise en chassant
les étrangers.

On se sent minables d'avoir vécu l'élection qui fut la nôtre quand on voit cela de l'autre côté de l'Atlantique. Mauvaise conjoncture pour l'élection française.
Faut dire que pour produire un Obama, les Américains  en ont bavé pendant quelques années.
Mais ça provoque aussi une question : notre école délabrée et notre société seraient-elle s capables de produire quelque chose de comparable ? Dans l'immédiat, la réponse est clairement non. Voir
les dernières élections, les plus lamentables jamais vues. Il faut ramer pour traverser le fleuve, sinon l'Atlantique. 


mon nom est personne 06/11/2008 16:30

Je vous poste un extrait de l'édito de Libé qui va dans le même sens que ce que vous écrivez _Par parenthèses , on aimerait que Wiki-de-pire-en-pire soit capable d'écrire des textes aussi bien. Mais ne rêvons pas. A Wiki-pourri, ils trouvent ce genre d'analyses nulles et pas dignes de leur fameuse encyclopédie.Tous les journalistes et les intellos sont leurs ennemis -sans doute du fait que ceux-ci sont trop nettement au-dessus du niveau du wikipédien moyen qui ne peut tellement pas rivaliser qu'ils en disent tout le mal possible. Donc voilà ce qu'on peut lire dans la presse. La victoire d'Obama est pleine de signification que chacun analyse. Elle semble redonner sens au vote et à la politique dont les catégories les plus popluaires, les plus pauvres et les minorités de couleur s'étaient éloignées, du fait de la politique suivie des 30 dernières années, de plus en plus inégalitaire. Mais voilà qu'aujourd'hui s'ouvre un nouvel avenir. Edito de Libé qui va dans le même sens pour dire ne rêvons pas, il n'y a pas de miracle et Obama est avant tout américain au service des Etats-unis mais c'est un grand événement car les idées et idéeaux révolutionnaires fondateurs, de liberté, et d' égalité, sous-entendant un progrès pour l'humanité, avaient été confisqués par la droite qui a lancé le système dans une course effrenée au profit, sont  revenus à gauche. Aux Etats-Unis du moins, car en Europe la gauche aurait bien besoion d'un tel souffle et d'hommes politiques comparables pour relancer la vie politique.
" L’avenir a changé de camp. Pendant plus de vingt ans, les conservateurs l’avaient annexé. Ils viennent de le perdre. On a célébré la victoire d’un homme qui représente les parias de l’histoire américaine, l’irruption d’un messager du siècle nouveau, métissé, globalisé, où l’Occident ne sera plus au centre du monde.
[...]
Mais l’élection de Barack Obama a un autre sens, tout aussi décisif pour notre destin. Depuis les années 1980, les progressistes de la planète étaient sur la défensive. Les forces de l’individu et de l’argent avaient confisqué l’idée même de progrès. L’entreprise et la finance, alliées à la technologie et au libre-échange, étaient les moteurs d’une révolution qui a bouleversé la planète, changé le travail, transformé les rapports entre les hommes. L’exubérance des marchés et l’énergie des égoïsmes individuels ont poussé l’humanité vers l’avant, sans qu’elle sache où elle allait. Le capitalisme, selon l’axiome de Marx, a révolutionné la vie. Du coup, les mots de changement, de réforme, de novation, d’audace et de créativité étaient passés à droite. Même si le terme n’a pas le même sens aux Etats-Unis, même si Barack Obama, un peu comme les Kennedy, est aussi un politicien éprouvé, centriste à beaucoup d’égards, dur dans la compétition et habile à la manœuvre, ces mots viennent de repasser à gauche. Par un vote massif, sans appel, les Américains ont voulu dire que cette société est trop dure à l’Homme, que l’inégalité n’est pas l’idéal des citoyens de la mondialisation, que la Terre n’est pas un espace infini et indestructible, que les riches doivent perdre, un tant soit peu, leur arrogance. Les progressistes s’étaient fait voler l’idée de progrès. Ils l’ont récupérée. Quelle leçon pour la gauche européenne, affaiblie, sans véritable projet et, surtout, sans souffle et sans idéal nouveau !"
  Libération 6 novembre