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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 18:00
C'est un article d'Agoravox qui le remarque :  Mustapha Safouan, un grand intellectuel d'origine égyptienne , traducteur de Freud en arabe, intellectuel remarquable et auteur de livres importants a droit à un article indigent sur wikipedia. Tandis que  l'article sur le prédicateur et théologien T. Ramadan n'en finit plus de se perdre dans les méandres de tous les détails de sa vie.

Mustapha Safouan est certainement un des plus importants et des plus brillants intellectuels arabes, devenu français d'adoption. Arabe par son origine, ayant une connaissance de la langue, de la culture et de l'Islam (Islam comme culture ce qu'indique la majuscule ; on réservera la minuscule pour désigner la religion). Un théoricien véritable dont les livres sont ciselés Wikipedia ignore à peu près tout de lui.

Mais  pour faire des articls nuls, apologétiques et partiellement faux sur T.Ramadan, les candidats se bouculent au portillon.


Hiérarchie des sujets inversement proportionnelle à leur importance et leur intérêt.



citation de l'article de Karim Sarroub sur Agoravox :


Pourquoi le monde arabe n'est pas libre

La légitimité du pouvoir politique puisé dans la religion au Moyen-Orient. Sa structure, ainsi que la subordination de l'écriture à des fins de prestige et d'exploitation. Des peuples.

Voilà (à peu près) le thème de ce brillant essai publié d'abord en arabe, en Egypte, dans la discrétion (médiatique) totale, puis en anglais, et enfin en français aux éd. Denoel :

« Pourquoi le monde arabe n'est pas libre. »


Son auteur : Moustapha Safouan, lacanien de la première heure, que normalement on ne présente plus. Mais je vais le présenter, même brièvement, car j'enrage de voir à quel point sur Wikipedia sa fiche est à néant : vide et elle ne contient rien. Alors que celle de cet illuminé de Tariq Ramadan fait plusieurs pages.

Moustapha Safwan (dit Safouan) est né en Egypte (Alexandrie), le 17 mai 1921. Il vit aujourd'hui à Paris. Un des premiers fidèles de Jacques Lacan, c'est en 1949 qu'il le rencontre et commence son travail avec lui comme analyste de contrôle.


Quelques-uns de ses ouvrages :

- Jacques Lacan et la question de la formation des analystes ;

-  Le Transfert et le Désir de l'analyste ;

-  La Sexualité féminine dans la doctrine freudienne ;

-  La Parole ou la Mort ;

-  L'Inconscient et son Scribe ;

-  L'Echec du principe du plaisir ;

-  Malaise dans la psychanalyse : le tiers dans l'institution et l'analyse de contrôle ;

-  Dix conférences sur la psychanalyse.


Pourquoi donc le monde arabe n'est pas libre, à votre avis ? En ce moment, on a beaucoup glosé sur l'incapacité ou la difficulté du musulman à respecter les lois de la République, tergiversé ici ou là sur l'incompatibilité de l'islam avec la démocratie. Ce qui n'est pas faux. Le monde arabe n'est pas libre à cause de la façon dont les gouvernements usent de la politique, au nez et à la barbe des populations qui voient pourtant, à la télé, sur internet, à la radio, au cinéma, dans les journaux, qu'elle existe bel et bien ailleurs, cette foutue politique, et qu'elle y est pratiquée différemment.

[...]
C'est au commencement qu'il faut aller inspecter la chose : il n'y a jamais eu la moindre référence à la politique, que ce soit dans le Coran ou dans les paroles du Prophète, d'où tout ce désordre. Le résultat : tout repose sur la corruption, la répression, la censure et la tendance naturelle des États à assujettir leur propre population, en se servant de la religion ou, sous prétexte de combattre le terrorisme islamique, comme on le voit en Tunisie, la plus grande prison d'Afrique (seulement pour le Tunisien.)

Confusion du politique et du religieux, confiscation de la langue par le pouvoir : telles sont les clés de cette paralysie générale dans les pays arabes que Moustapha Safouan démontre merveilleusement bien en se basant aussi sur la langue. Pour lui, la traduction dans la langue populaire des textes sacrés de l'islam apparaît du coup comme une question décisive pour l'évolution du monde arabe. Espérons-le.

Soyons clairs une dernière fois : la cause, elle est dans l'appareil étatique dans les pays arabes, et non dans le Coran lui-même, qui pourrait se lire comme n'importe quel livre de poésie. Tant que la politique repose sur des interprétations hallucinantes du Coran, et tant que ce dernier s'immisce dans les institutions des pays et dans la vie des gens, la démocratie fera toujours défaut aux Arabes et aux musulmans.


Je signale en outre un bon article présentant  le livre de Safouan sur le site oulala.net. C'est pas tous  les jours qu'on peut citer ce site. Profitons de l'occasion qui nous est donnée ici.


Entre parenthèses, on l'aura compris, il s'agit, avec le travail de Safouan, d'un contrepoint instruit aux thèses fallacieuses reposant sur l'ignorance de Robert Redeker, qui lui au contraire de  Safouan et de manière  tendanciellement raciste, veut voir dans l'islam les causes des problèmes politiques  que rencontre le monde musulman.

Contrepoint aussi aux prêches de T.Ramadan qui enferme les musulmans dans un communautarisme bête et méchant, comme tout communautarisme.

Alithia

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Published by alithia - dans idées
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commentaires

FB 23/06/2011 01:10



L'indigence de wikipedia en langue française est un cas qu'il faut signaler et je vous en remercie. Il se trouve que bien que française, je vis entre Londres et Paris. Je vous assure que même
lorsque je suis à Paris, je consulte Wikipedia en anglais car c'est autre chose. Les articles sont mieux écrits, plus surveillés, on ne reste pas sur sa faim, on a l'impression d'avoir appris
quelque chose.


Tariq Ramadan, que le psychanalyste Karim Sarroub (qui appelle un chat un chat) déteste plus que tout, est considéré comme un clown en angleterre; aucune université, plus personne ne veut de
lui.


Merci de dénoncer la vacuité de Wikipedia en français. 
Cordialement



E Cohen 07/09/2010 08:50



J'aime beaucou votre article, criant de vérité, avec lequel je suis entièrement d'accord.

"Qui pourrait se lire comme n'importe quel livre de poésie." ! (cela s'applique bien sûr à toutes les autres religions.)

Je suis contente de découvrir Moustapha Safouan. Il y a donc des arabes athées et courageux.

Merci et bravo pour votre article.



alithia 07/09/2010 12:08



Il est vrai que la tradition islamique ne facilite guère l'athéisme, et que les terribles châtiments qui sont promis à ceux qui ne se soumettent pas aux dogmes ne
facilitent guère la liberté de pensée, d'opinion et de croyance. Et vrai aussi que le monde serait plus simple si les textes religieux étaient lus comme des livres de poésie, et qu'on y cherchait
seulement une morale et une conduite de vie en vue de faire le bien et une sagesse susceptible d'aider à vivre de manière juste et honnête, càd s'ils n'étaient pas investis de manière politique
par des pouvoirs quels qu'ils soient (religieux, cléricaux ou politiques) à des fins politiques et utilisés par des pouvoirs et forces qui sont en dernière instance, politiques et poursuivent des
intérêts parfaitement terrestres.


 


La religion, càd la croyance des braves gens pas trop lettrés, peut être détournée, exploitée à des fins politiques. Le monde de l'islam en donne des exemples
dramatiques. Mais les autres religions ne sont pas à l'abri de ce danger qui consiste à faire de la politique au nom de la religion et utiliser la tradition, les textes et la croyance religieuses
à de tout autres fins que religieuses. Le discours religieux devrait se borner à enseigner à se bien conduire et faire le bien autour de soi.


 


Les discours de haine appelant à la persécution, à la revanche, au meurtre, à la guerre, et à toutes formes de violence de certains chefs, qu'ils soient nommés
religieux ou politiques ou cumulent les deux, n'ont rien de religieux mais sont purement politiques qu'ils viennent d'Iran, du Hamas, de rabbins ou de chrétiens extrémistes.


 


Le ver n'est pas dans l'islam (même si celui-ci aurait besoin d'être réformé pour s'adapter à la modernité démocratique et aux droits de l'homme, ce qui est un
travail de longue durée , qui a demandé des siècles et une révolution pour le catholicisme romain) mais dans l'exploitation de la religion par des pouvoirs qui ont des intérêts politiques à
gouverner le peuple selon ses intérêts et en vue de certains objectifs.


 


Un grand philosophe avait analysé cela il y a quelques siècles, à l'époque où l'Inquisition battait son plein, Baruch Spinoza contemporain de ces persécutions
féroces à grande échelle.