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Observatoire

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  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 12:14
Un peu d'histoire : des articles et documents d'histoire à lire par les wikipédiens qui racontent n'importe quoi sur wikipedia sur ces thèmes encadrés par Ceedjee et ses potes.

soit sur les thèmes : "Question juive" et antisémitisme - Sionisme et antisionisme

Cette «compil'» rassemble des textes publiés dans différents numéros de la revue Ni patrie ni frontières depuis 2002, plus quelques traductions inédites d'Emma Goldman, Reginald Reynolds (son contradicteur dans un débat sur le sionisme), Alexander Berkman et Mother Earth (journal qu'anima la célèbre anarchiste) ainsi que la reprise d'un texte des ESRI, Etudiants socialistes révolutionnaires internationaux (anarchistes) qui date de 1900.


Cet ouvrage évoque surtout l'attitude des marxistes et des anarchistes face à la prétendue «question juive», au sionisme et à l'antisémitisme. Notre objectif était d'offrir quelques éléments de réflexion pour comprendre l'évolution des positions de ces courants, leurs hésitations, vacillations et volte-face face à l'existence de la «nation juive» (de la religion juive, du ou des peuples juifs, selon les interprétations), face au sionisme puis enfin face à l'État d'Israël.


Les auteurs sont de tendances très diverses. Les textes ont été choisis, selon l'orientation de la revue, non pas parce qu'ils apporteraient la Vérité, mais parce qu'ils contiennent un certain nombre d'informations historiques et théoriques indispensables pour entamer un débat sérieux.


Contrairement à ce qu'essaient de nous faire croire la plupart des «antisionistes1», les dérapages antisémites dans les manifs de l'extrême gauche contre la guerre en Irak ou en solidarité avec la Palestine, ou les propos individuels ambigus, voire crapuleux, de certains militants, ne sont pas uniquement le fruit de la politique criminelle et colonialiste des gouvernements israéliens depuis cinquante ans, ou de l'accélération de la violence ignoble de Tsahal depuis la deuxième Intifada contre les civils palestiniens. Ces dérapages verbaux et les amalgames intolérables entre sionisme et nazisme ont une histoire antérieure à 1948.


Il est intéressant de noter que, dans les années 30 et 40, les ancêtres politiques de Sharon traitaient de «complices des nazis» les ancêtres de Rabin, comme l'expliquent, par exemple, Tom Séguev dans Le Septième Million ou Georges Bensoussan dans Un nom impérissable: Israël, le sionisme et la destruction des Juifs d'Europe (1933-2007). Ou que le bulletin officiel de l'Église catholique de France, La Documentation catholique, proclamait en juillet 1949 «que le sionisme était une nouvelle forme de nazisme». Comme quoi, les «arguments» de l'extrême gauche ou de certains libertaires sont parfois dangereusement proches de ceux de l'extrême droite... sioniste et des calotins antisémites ! Une proximité qui devrait tous nous inciter à s'interroger sur leur bien-fondé et leur pertinence. Mais il faut remonter encore plus loin, aux débuts du mouvement ouvrier, au calamiteux article de Karl Marx (La Question juive), aux délires antisémites de Proudhon et aux propos ignobles de Bakounine sur Marx et les Juifs.


La prétendue «question juive» dévoile en fait les limites de toutes les idéologies révolutionnaires depuis cent cinquante ans, idéologies généralement fondées sur une vision assimilationniste de toutes les ethnies et de tous les peuples; sur l'illusion que les religions et les nationalismes n'auraient aucun avenir dans un monde capitaliste moderne et développé; sur une croyance aveugle dans les vertus du progrès technique et scientifique; sur une foi démesurée dans les effets magiques de la Révolution sociale (qu'elle soit d'inspiration marxiste ou anarchiste) et d'une nouvelle organisation de l'économie par les producteurs eux-mêmes. Et, disons-le clairement, sur une sous-estimation radicale de l'antisémitisme et de ses effets meurtriers au profit d'une surestimation et d'une dénonciation démagogiques de la présence des Juifs au sein des structures du capital financier ou commercial.


Quoi qu'ils en disent, la plupart des «antisionistes» actuels ne s'intéressent guère aux mécanismes du racisme en général, et à ceux de l'antisémitisme en particulier. Ils ne se posent pratiquement aucune question sur les convergences entre certaines formes d'anticapitalisme ou d'altermondialisme et l'antisémitisme déguisé en antisionisme. Pétris de bonne conscience et d'arrogance radicales, ils se croient au-dessus de ces fléaux «secondaires» à leurs yeux. Leurs positions politiques actuelles («destruction» de l'État d'Israël, comparaisons entre sionisme et nazisme, confusion entre tous les génocides de l'histoire, etc.) ne reflètent généralement pas une compréhension subtile de la façon dont des antagonismes sociaux se doublent de différences fondées sur des identités ethnico-religieuses, aussi fantasmatiques ou nocives soient-elles, du moins aux yeux de partisans du matérialisme philosophique et de la science.


Leur angélisme provient (au mieux) d'une vision très naïve de la nature humaine, d'un matérialisme rudimentaire qui leur sert surtout à ne pas trop s'interroger sur les mécanismes de l'oppression dans les sociétés humaines et les organisations, aussi révolutionnaires fussent-elles.


Paradoxalement, on n'est pas loin d'un messianisme, de type religieux, qui veut nous faire croire qu'un Paradis sans contradictions, sans violence, sans haines, naîtra de la lutte de libération nationale ou de la révolution sociale. Et de ce Paradis, l'URSS des années 1917-1927 (du moins pour les marxistes) aurait été l'antichambre pour les prolétaires, comme pour les Juifs... Du côté des libertaires, on retrouve aussi fréquemment ce refus de prendre en compte l'existence d'une «nation juive», pour les mêmes (bonnes ou mauvaises) raisons que les marxistes, avec un obstacle supplémentaire: l'hostilité traditionnelle des anarchistes à l'Etat en général, et donc à la création de nouveaux Etats qui ne constituent que des structures d'aliénation et d'oppression supplémentaires.


L'intérêt d'évoquer la «question juive» est de pouvoir revisiter pratiquement toutes les questions importantes des théories révolutionnaire: les classes sociales, la nation, le rôle de la classe ouvrière, la religion, l'État, l'histoire du capitalisme, etc., comme en témoignent les différents articles rassemblés dans ce livre.


La démarche politique de Ni patrie ni frontières est expliquée de façon succincte dans: Quelques points de démarcation sur la prétendue «question juive», la nature du sionisme et l'État d'Israël, et Que faut-il entendre par la «destruction» de l'Etat d'Israël ?.


Rappelons que cette revue souhaite donner des matériaux de réflexion variés à ses lecteurs, et non leur dicter une ligne politique qu'ils devraient suivre aveuglément. C'est pourquoi nous ne jugeons pas toujours utile d'exprimer à chaque fois de façon détaillée nos désaccords avec les textes que nous publions, même si certains sont accompagnés ou suivis de commentaires succincts.


Dans les deux premières parties de ce recueil, nous avons donné la priorité aux textes les plus synthétiques (publiés par la revue ou inédits) et qui ouvraient le plus de perspectives de discussion et de réflexion, sans trop coller à l'actualité. Le premier tiers du livre donne la parole à diverses sensibilités marxistes, le deuxième tiers à différents courants anarchistes et le dernier tiers regroupe des textes tous écrits spécialement pour Ni patrie ni frontières (à l'exception de deux d'entre eux) et qui concernent des événements ou des débats plus récents au sein de l'extrême gauche ou du mouvement libertaire.



Ni patrie ni frontières

Yves Coleman (avril 2008) [ndlr : auteur censuré sur wikipedia]


1. Le mot «antisionistes» est ici placé entre guillemets parce que ce terme a acquis depuis quelques années une signification douteuse, à force d'être utilisé à toutes les sauces (cf. la série d'articles intitulée «Limites de l'antisionisme»). Antinationalistes, antichauvins ou antipatriotes sont des concepts plus clairs, car le sionisme ne constitue qu'une des formes du nationalisme et du chauvinisme qui divisent la classe ouvrière et dressent les peuples les uns contre les autres. Qu'on le veuille ou non, la nébuleuse «antisioniste» va des fascistes aux islamistes en passant par l'extrême gauche, certains intégristes juifs ou de nombreux intellectuels ou politiciens simplement soucieux des intérêts nationaux de leur Etat dans le jeu géopolitique mondial. Or, il faut absolument éviter certains cousinages, que ce soit au niveau des manifs ou du vocabulaire politique, si l'on ne veut pas tomber dans les pièges de l'antisémitisme.

De plus, la majorité des antisionistes-anti-impérialistes sont en réalité de fervents soutiens du nationalisme de leur propre impérialisme, de l'impérialisme européen ou de certains pays du tiers monde auxquels ils n'hésitent pas à décerner l'étiquette de «progressistes».


Sommaire

Marxistes et question juive

  • Savas Michael-Matsas: Sur le marxisme et la question juive
  • Arlene Clemesha: Trotsky et la question juive
  • Gatto Mammone (1936): Le conflit arabo-juif en Palestine (Bilan)
  • RKD/Communistes révolutionnaires (1943) Appel aux ouvriers Juifs
  • Commentaire de NPNF
  • FFGC (1945) Buchenwald, Maidanek, démagogie macabre
  • Commentaire de NPNF
  • Sean Matgamma De Trotsky au «trotskysme des imbéciles»
  • Alliance for Workers Liberty (Grande-Bretagne): Comment unifier les prolétaires arabes et juifs

Anarchisme, sionisme et antisionisme

  • Freddy Gomez: L'anarchiste et le juif
  • Mina Graur: Anarchisme et sionisme: Le débat sur le nationalisme juif
  • Etudiants socialistes révolutionnaires internationaux: Antisionisme et antisémitisme
  • Alexander Berkman : lettre à Emma Goldman
  • Internationalist (Mother Earth ): Atavisme national
  • Nestor Makhno: Aux Juifs de tous pays
  • Nestor Makhno: La makhnovsthina
  • Reginald Reynolds (1938): Les révolutionnaires et la Palestine
  • Emma Goldman (1938): Lettre à Spain and the World (1938)
  • Reginald Reynolds (1938): Lettre à l'éditeur de Spain and the World
  • Sylvain Boulouque: Les anarchistes, le sionisme et la naissance de l'État d'Israël
  • Sylvain Boulouque: Anarchisme et judaïsme dans le mouvement libertaire. Réflexions sur quelques itinéraires
  • Rudolf De Jong: Le débat anarchiste sur l'antisémitisme
  • Rudolf De Jong: Quelques remarques générales sur l'anarchisme, «les Juifs», le sionisme et l'anti-sémitisme, avec quelques informations concrètes sur les Pays-Bas
  • Ronald Creagh: L'Horreur ethnocratique - Trois questions sur le Moyen-Orient
  • Guy Izhak Austrian et Ella Goldman: Comment renforcer la solidarité avec la Palestine en gagnant la sympathie des Juifs

Dossier négationnisme

  • J. Valjak et M. Argery
  • Paul Rassinier, le père du «révisionnisme"
  • De l'affaire Faurisson à La Guerre sociale
  • Une question à creuser ?

Limites de l'antisionisme

  • Onze points de démarcation sur la prétendue «question juive», la nature du sionisme et l'État d'Israël
  • Qu'entend-on par «destruction» de l'Etat d'Israël ?
  • Steven Grigat: L'antisémitisme, l'antisionisme et la gauche
  • Piotr Kendziorek et August Grabski: L'antisémitisme de gauche renaît-il en Pologne ?
  • Limites de l'antisionisme (1) Un amalgame criminel
  • Limites de l' «antisionisme» (2)
  • Limites de l' «antisionisme» (3)
  • Limites de l' «antisionisme» (4) A propos de Finkelstein et de la crapuleuse expression «Shoah Business»
  • Limites de l' «antisionisme» (5) A propos de Libertaires et ultragauches face au négationnisme
  • Limites de l' «antisionisme» (6) Des comparaisons absurdes défendues par La Banquise sur la question juive et le sionisme
  • Limites de l' «antisionisme» (7)
  • Limites de l' «antisionisme» (8) James Petras: Un gringo chauvin, antisioniste et... antisémite
  • Limites de l' «antisionisme» (9) Mossad et enlèvements de jeunes femmes en Argentine !
  • Limites de l'antisionisme (10) «L'armée israélienne occupe Paris - Résistance !»: une affiche crapuleuse 309
  • Pierre Milza: Un professeur fort mal inspiré
  • Bourseiller ou le Baiser du serpent
  • De Deir Yassin (1) à Cana: le résultat d'une politique coloniale suicidaire
  • Assassinat d'Ilan Halimi: «fait divers» ou meurtre antisémite ?
  • Des caricatures de Mahomet à l'assassinat d'Ilan Halimi
  • Le meurtre d'Ilan Halimi et le malaise de la gauche multiculturaliste
  • Du meurtre d'Ilan Halimi à celui de Chaïb Zehaf: le racisme dans sa continuité
  • Multiculturalisme obscurantiste, antisémitisme et racisme

PRIX : 10 euros

Pour toute commande écrire à Yves Coleman 10, rue Jean-Dolent 75 014 Paris






référence


Alithia

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commentaires

Luc Nemeth 24/05/2008 10:36

Je suis prêt à discuter même avec des gens dont les opinions me sont éloignées (et j'ai eu l'occasion de le faire il y a peu, sur des sites de généalogie, à propos du projet de loi sur les Archives), mais à la condition qu'il s'agisse d'une discussion de bonne foi, et qu'on ne mélange pas les genres.Votre affirmation selon laquelle la gauche "ferme pudiquement les yeux" sur des comportements qu'à juste titre vous dénoncez, est une affirmation qui attend encore un commencement de preuve. C'est surtout : un serpent de mer de la propagande des milieux juifs-de-droite, qui a été mis en circulation en 2002 par ces mêmes milieux. Quoi qu'il en soit c'est là une affirmation politique : c'est sur des sites ou dans des revues politiques que j'y répondrais (encore qu'il y aît plus qualifiés que moi pour cela), si j'estimais qu'elle en vaut la peine. PS. ce milieu qui accuse autrui de "fermer pudiquement les yeux" serait bien inspiré, de balayer devant sa propre porte. Car dans les radios de la "communauté juive" on continue de lui dérouler le tapis rouge sous les pieds, au sinistre Finkielkraut, même après qu'il aît défini ses compatriotes antillais comme des... assistés. Et le fait de s'être réjoui du score obtenu par Le Pen aux présidentielles 2002 n'empêcha pas le nommé Cukierman, d'être ensuite réélu (!) président du Crif.

alithia 29/05/2008 11:58


Ne penons que l'exemple du gouvernement Jospin qui a nié la recrudescence de l'anisémitisme, venu des milieux arabes ou musulmans.


LN 23/05/2008 11:29

@Anakina) dire que socialisme et antisémitisme "étaient liés", contient une bonne part d'outrance. Disons que certains, à gauche, étaient antisémites. Mais ils étaient loin de faire l'unanimité, comme le rappelle la célèbre remarque sur l'antisémitisme en tant que "socialisme des imbéciles". Et ces remarques étaient faites au nom même, de l'idéal socialiste.b) si c'est vraiment l'antisémitisme qui vous amène alors je vous signale que ces préjugés, si stupides et inacceptables qu'ils aient pu être, étaient de la bibine à côté de cet antisémitisme viscéral qui à droite faisait (et dans certains milieux : fait encore) partie de la panoplie.c) il paraît difficile de ranger derrière le même mot "antisémitisme", des préjugés, et cet antisémitisme qui avait le meurtre  pour finalité et qui bien avant Hitler visait tout autant les femmes, les enfants, les vieillards, comme le nota avec à propos Sébastien Faure. Et c'est bien : à droite, qu'il se trouvait déjà, cet antisémitisme-là.d) le Parti socialiste pouvait bien se livrer à tous les calculs qu'il voulait, jusqu'aux élections de mai 1898 : le prolétariat ne semble pas s'y être trompé, dès janvier. C'est dès cette date que les antisémites ne purent plus tenir meeting, dans les faubourgs et dans les quartiers. Et on pourrait ajouter qu'avant même l'Affaire, même ceux des prolétaires qui avaient encore de grossiers préjugés avaient déjà commencé à les surmonter, dans les faits : ils attaquaient les meetings de ceux qu'ils appelaient déjà "les antisémites" et en qui ils avaient à juste titre su voir leurs ennemis.

alithia 23/05/2008 21:44


Oui, la droite n'est pas la gauche et il est important de rappeler que l'antisémitisme est l'apanage de l'extrême-droite et beaucoup plus répandu à droite qu'à gauche.
Et que nombre de gens de gauche se sont battus contre l'antisémitisme.

Mais il ne faut pas masquer pour autant qu'il n'épargne pas la gauche même si à gauche on associe l'antisémitisme à une stigmatisation du juif-capitaliste , ce qui est aussi faux qu'il est possible
(voir les ghettos de l'Europe de l'Est avant le nazisme où la pauvreté n'épargnait pas la grande majorité et où règnait la misère pour beaucoup), tandis que la droite associe le juif au
révolutionnaire internationaliste nommé cosmopolite, aussi bien qu'au capital international du reste (toujours ce problème avec l'internationalisme et l'opposition au nationalisme)

Mais il ne faut pas pour autant non plus masquer qu'aujourd'hui diverses formes d'antisémitismes renaissent, y compris à gauche (Israël stirgmatisé comme fauteur de guerre mondiale pour cause
d'impérialisme etc.) et que se déploient, importées du monde musulman dont le fond antisémite de l'islam est assez virulent pour cause de propagande antisémite lourde dans les pays concernés, de
nouvelles formes d'antisémitisme et de nouvelles "raisons" invoquées, dont l'hystérie anti-israélienne n'est pas exempte aussi longtemps qu'elle ne reconnaît pas l'existence et le droit à
l'existence de cet Etat, et le droit à l'autonomie de sa population, même si la politique de l'Etat est criticable. Toutes choses qui traversent les frontières à l'heure de la dite mondialisation.
L'antisémitisme musulman est une plaie, il ne faut pas se le cacher, et une plaie très répandue. La gauche ferme pudiquement les yeux là-dessus, comme sur bien d'autres choses, lâchetés, compromis,
opportunismes divers, électoralisme et cie suffisent à l'expliquer.

On est en plein "politiquement correct" et en phase de dépolitisation avancée, et démagogie également bien avancée, c'est assez logique par conséquent.


Anakin 22/05/2008 17:48

Avant l'affaire Dreyfus, socialisme et antisémitisme était parfaitement liés jusque chez les personnalités et les théoriciens les plus importants de la gauche. Alors, il a fallu tout de même un peu plus qu'une explication aux pov'prolo... Un Jaurès, par exemple, a eu un peu de mal à lâcher ses préjugés (voir ses articles) sur la question.

LN 21/05/2008 14:58

J'aimerais que vous ayiez raison, là où vous parlez d'un antisémitisme "venu d'ailleurs"... Hélas il y a encore une certaine France qui a les plus grandes difficultés à admettre que l'on puisse être français et juif (ou musulman), au même titre que l'on peut être français et catholique, ou français et protestant... C'est cette France là, qui à une époque encore pas si lointaine, trouvait normal de s'adresser à un juif (ou présumé tel) en lui donnant, bouche en cul-de-poule, du "vous autres", sic. Mais les temps, s'améliorent. Ces français-là ont maintenant l'exquise courtoisie d'attendre que le juif (ou présumé tel) aît tourné le dos, et pour utiliser la troisième personne du pluriel : "eux" (resic).Excusez-moi, de vous raconter des horreurs -on en a vu assez pendant la guerre.PS. Bien d'accord avec vous, concernant le racolage de cette LCR. Mais là encore, il semble que leur opportunisme "tiers-mondiste" n'aît rien d'un phénomène nouveau.

LN 21/05/2008 12:08

Le "vieil antisémitisme" dont vous parlez, aura pu prendre au moins trois formes.- il y avait d'une part, l'identification du juif au riche : et une bonne partie du "travail" des dreyfusards d'extrême-gauche, au moment de l'affaire Dreyfus, consista à expliquer aux prolétaires français (non-juifs) que 7/8 des juifs étaient des prolétaires comme eux.- il y avait ensuite, chez certains politiciens du "mouvement ouvrier", cette croyance selon laquelle "un peu d'antisémitisme" n'était pas une mauvaise chose, car ensuite le prolétariat finirait forcément par se retourner contre le véritable ennemi.- il y avait enfin, plus insidieux, le refus de mener un combat spécifique contre l'antisémitisme, considéré comme un simple à-côté inévitable du capitalisme.(je laisse de côté l'opportunisme comme celui qui jusqu'en mai 1898, alors même que l'extrême-gauche était en première ligne, marqua la conduite du Parti socialiste ; même si madame Madeleine Rebérioux et autres gloires éternelles de l'Université française auront consacré une énergie considérable à nous expliquer que deux et deux font cinq).Mais précisément et sur tous ces points, l'affaire Dreyfus aura marqué un tournant en rappelant que l'antisémitisme n'est pas une opinion (auquel cas on a pu dire que personne ou presque n'en sortirait "blanc" parmi les théoriciens socialistes du dix-neuvième siècle, sauf peut-être Pierre Leroux) mais : une voie de faits.Et on peut d'ailleurs noter que ceux qui à gauche avaient pu tenir des propos imprudents, jusque là, ne le firent plus, après. C'est notoirement le cas de Bernard-Lazare. C'est aussi d'une certaine manière le cas du criminologue fou-à-lier Lombroso : certes il continua, après l'Affaire, à bêtifier, mais, pour ce qui est spécifiquement de l'antisémitisme, il eut recours à des formules du type "comme-nous-l'avions-déjà-dit" là où en fait, dieu merci, il était en train de dire le contraire.En ce qui concerne par ailleurs la subjectivité de l'historien je ne peux qu'abonder dans votre sens. Victor-Serge, Salvemini, ou mieux encore Jules Isaac (puisque lui a écrit sur l'Affaire) ont rappelé et si besoin était que l'historien est toujours de son temps. Et c'est bien ce qui m'a amené à dénoncer une opération éditoriale qui hélas me paraît s'inscrire dans une perspective qui est bien de notre temps et qui viserait à accuser d'...entisémitisme, celles et ceux qui s'opposent à l'ordre existant.Pour le reste je ne refuse pas d'admettre que le seul mot "juif" donne parfois lieu, de nos jours, à des réactions d'hostilité stupides. Mais celles et ceux qui s'intéressent sincèrement à ces questions savent bien que ce n'est pas du côté de la gauche ni de l'extrême-gauche, qu'il faut regarder (ni même, du côté des slogans entendus lors de récentes manifestations dites pro-palestiniennes, et qui diffèrent peu de ceux que l'on entendait déjà dans les manifestations pro-Fatah du début des années 1970).Mieux vaut ici s'interroger :- sur les effets d'une Occupation qui en Palestine dure depuis maintenant plus de quarante ans (même si de nombreux juifs, et même, de nombreux citoyens israéliens, la désapprouvent). Et il n'y a pas à insister sur la résonnance particulière du mot "occupation", dans un pays comme la France.- sur un facteur de politique intérieure préoccupant, à savoir : le virage à droite sans cesse plus marqué, depuis 1995 en particulier, des gens qui s'expriment au nom de la mythique communauté juive. Certes ces petits notables n'engagent qu'eux-mêmes, dieu merci ; et Simone de Beauvoir, dans sa belle préface au mauvais livre Treblinka de Jean-François Steiner, a rappelé que leur comportement est à analyser en tant que notables, et non en tant que juifs. Mais cela : tout le monde ne le sait pas forcément. Cette mouvance se prétend représentative-sic, et ce : sans recevoir de public démenti. Et si en définitive, aux yeux des esprits crédules ou mal informés, "un juif, c'est quelqu'un qui est avec Sarkozy" alors on pourrait presque s'étonner, que les réactions d'hostilité ne soient pas plus nombreuses.. 

alithia 21/05/2008 14:09


Oui à tout ce que vous dîtes à ceci près que
le vieil antisémitisme en Europe est clairement d'extrême-droite, qui prend la relève et aggrave l'anti-judaïsme séculaire
il imprègne toute la société, à des degrés trè divers (voir les divers fascismes) excepté chez ceux qui / et dans les milieux qui résistent et luttent contre
la gauche n'en est pas totalement exceptée, hélas, mais c'est ainsi, même si rien à voir avec l'extrême-droite bien entendu ; ceci pour l'histoire
enfin, aujourd'hui : sur ce point, que dire des alliances avec les islamistes que pratiquent une bonne partie des trotskystes (tendance LCR) aujourd'hui et de la complaisance envers ceux-ci d'une
partie de l'extrême-gauche qui, sans s'en rendre compte peut-être, participe  d'un communautarisme paternaliste sous prétexte de défendre les exclus, les discriminés, les victimes ? c'est loin
d'être innocent et, le moins que l'on puisse dire est que cela ne participe pas d'une lutte contre l'antisémitisme renaissant bel et bien dans certaines catégories de la population, qui
n'appartiennent pas à la tradition de l'extrême-droite. Mais il s'agit d'un antidémitisme venu d'ailleurs, où pointent à nouveau les résidus d'antisémitisme dont la gauche ne s'est pas débarrassée,
et où apparaît un antisémitisme arabe , qui lui aussi est une vieille tradition, venue d'ailleurs.

Et puis je n'opposerais pas comme vous la lutte contre l'antisémitisme aux luttes contre la politique d'Israël ("mieux vaut" dîtes-vous). Je crois tout au contraire qu'il ne faut
surtout pas dissocier les deux, seul moyen d'avoir une critique de gauche à l'égard d'Israël et d'éviter les graves dérapages , constants, sur fond d'une information souvent plus que
discutable.