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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 11:09
Une mise au point  de la pratique du pouvoir par Sarkozy au regard du droit

(  dans la série "ce que vous ne verrez jamais sur wikipedia, soit quelque idée  et analyse pour comprendre ; wikipedia n'étant pas faite pour aider à comprendre, elle ne peut diffuser d'idées pertinentes )


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Article d'un juriste, Bastien François, professeur de droit à Paris I -Panthéon-Sorbonne.

Un chef de l’Etat politiquement irresponsable
 

paru dans Libération  : mardi 11 mars 2008



En plaçant le président de la République hors de toute atteinte, hors de tout contrôle (y compris judiciaire) pendant cinq ans, la Constitution établit la possibilité du pouvoir absolu. Oubliant les leçons des fondateurs de la République américaine, et d’abord qu’une Constitution n’est pas faite pour encadrer l’action d’hommes vertueux, ou encore celle bien plus ancienne de Thucydide, selon qui tout homme va toujours jusqu’au bout de son pouvoir, la Ve République érige subrepticement le fait du prince en principe de gouvernement, le bon plaisir en marque d’excellence politique. Depuis 1959, avant même que soit instauré le principe de son élection au suffrage universel direct, aucun président n’a échappé à la tentation du pouvoir absolu.

 

 



Seule différence, peut-être, entre Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs : l’impudeur. Le sixième président de la Ve République ne prend même pas la peine de cacher sa jouissance de ce pouvoir sans entraves, son ivresse d’une puissance sans bornes. Il y trouve un plaisir presque infantile. Le Président en devient indécent, dit-on de toute part, mais le titulaire du rôle n’en a cure. Il est là jusqu’en 2012, et nul ne pourra le déloger d’une telle position, quoi qu’il fasse. La critique, voire le dégoût qu’inspire la conception sarkozienne du rôle présidentiel ne doivent pas pour autant faire oublier que c’est la Ve République qui permet Sarkozy, mais aussi - et cela explique ceci - que la France est la seule démocratie parlementaire au monde où le chef de l’Etat est un gouvernant suprême effectif et, dans le même temps, politiquement irresponsable.
 
 


Pouvoir et responsabilité vont de pair en démocratie. Tel n’est pas le cas en France dès lors que nous avons accepté, au fil des cinquante dernières années, que le président de la République accapare entièrement un pouvoir gouvernant déjà surdimensionné par la Constitution de 1958, mais sans être soumis au contrôle des parlementaires. Il suffit pourtant d’un gramme de curiosité pour mesurer le caractère extravagant de cette situation. Les Premiers ministres anglais, allemand ou encore espagnol sont très puissants, mais chacun doit rendre des comptes, en permanence, sans pouvoir s’y soustraire. Faute de contrepoids, l’hyperpuissance présidentielle tourne inévitablement à l’autoritarisme et à la confusion. Jacques Chirac, après d’autres, nous en avait déjà donné d’exceptionnelles illustrations - par exemple, en avril 2006, en promulguant une loi tout en demandant à son gouvernement, par le même mouvement, de ne pas la promulguer ; Nicolas Sarkozy y ajoute l’exhibitionnisme.

 



Que faire d’un tel constat ? Faut-il considérer que la question constitutionnelle n’a pas grande importance et que les dérives que chacun constate sont le produit inéluctable de toute forme de pouvoir ? La Ve République est bien sûr ce qu’en font ses dirigeants, et le «poisson pourrit toujours par la tête», comme dit le proverbe africain. Mais la question importante n’est pas tant celle de la qualité des hommes qui habitent les palais de la République, que celle d’un système institutionnel qui empêche qu’ils soient comptables de leurs actes, et qui ne peut alors se prémunir du risque d’arbitraire et des abus de pouvoir des gouvernants. Il est donc important de revenir à la question des institutions, en partant de cette leçon essentielle de l’histoire pluriséculaire de la construction démocratique : il n’y a pas de pouvoir légitime sans responsabilité. Voulons-nous vraiment changer quelque chose dans notre République ? Alors posons, comme préalable, la restauration du principe de responsabilité politique. Cela ne nous fera pas échapper à un Sarkozy (comme les Italiens n’ont pas échappé à un Berlusconi), mais cela nous permettra de nous en défendre. C’est la conception même du pouvoir - de tous les pouvoirs (de celui du maire à celui du président de la République) - qui doit être repensée, et c’est cela que nous nommons VIe République.

 



Que doit être cette VIe République ? Un outil de démocratisation capable de rouvrir un système politique cadenassé sur lui-même, brinquebalé de surcroît par les logiques communicationnelles de la société du spectacle, incapable de produire autre chose que déception, scepticisme voire dégoût, devenu une machine à trahir et à détruire. Comment y parvenir ? Rien de très compliqué. Commençons par trancher le nœud gordien en repensant totalement le rôle présidentiel pour l’accorder aux canons des grandes démocraties contemporaines. Il suffit d’empêcher le Président de s’immiscer dans le fonctionnement quotidien du gouvernement - qui est seul à pouvoir répondre de sa politique devant l’Assemblée nationale - en lui retirant ses compétences gouvernantes. Le Premier ministre mènerait alors la politique décidée lors d’élections législatives, selon un schéma commun à toutes les démocraties européennes : vote d’investiture du gouvernement lors de son entrée en fonction, collaboration du gouvernement et du Parlement tant que la confiance est maintenue (ce qui oblige les ministres à venir s’expliquer en permanence devant la représentation nationale), vote de défiance des parlementaires dans le cas inverse, démission du gouvernement et/ou retour des députés devant leurs électeurs dans cette dernière hypothèse.

 



Pour cela, il faut bien sûr rétablir le rôle de nos représentants et faire du Parlement un lieu de délibération où les gouvernants prennent de véritables risques. Ce qui implique de donner de nouveaux pouvoirs et plus d’autonomie à nos représentants, mais aussi de repenser le cadre de la représentation politique : instaurer le mandat unique, limiter le cumul des mandats dans le temps et mettre en place un statut des élus - afin de limiter les effets néfastes de la professionnalisation politique, de favoriser le renouvellement des élites politiques et d’assurer une meilleure représentativité sociologique de nos représentants. Avec la clarification du rôle présidentiel, la «parlementarisation» de notre régime est la condition première d’une renaissance démocratique. Et ce qui vaut pour l’Elysée ou pour le Parlement doit valoir dans chaque mairie, chaque département et chaque région, alors qu’aujourd’hui c’est la confusion des pouvoirs qui prévaut dans toutes les collectivités territoriales. La VIe République doit être celle de la démocratie locale, comme elle doit être celle d’une citoyenneté véritablement participante. Il suffit d’être assez nombreux pour le vouloir…
Dernier ouvrage paru :Misère de la Ve République, Points, 2007.
 


source Libération 

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Published by alithia - dans droit
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commentaires

Isei 23/07/2008 10:45

wikipedia a surement des erreurs, mais c'est très loin d'être le triomphe du conformisme et je ne vois pas pourquoi ses idées ne seraient pas interessantes surtout qu'elles ne viennent pas de la même personne... c'est un gros préjugéWikipedia est une encyclopédie libre pour le partage des connaissances et des idéesPar ailleur le conformisme est une forme de conditionnement intellectuel les plus poussé donc ne s'oppose pas à l'intelligence en soi (y a eu des gens pour fabriquer la bombe atomique et la lancer jrappel, même s'ils avaient étés manipulés, il a fallu faire preuve d'intelligence pour le faire...). Tout être humain est intelligent. Après il y a les gens ouvert d'esprit et flexible qui ce pose des questions au dela de leur environnement et de ce qu'on leur apprend et il y a les autres...Ensuite, j'ai du mal à comprendre cette fixation juridique avec le gars de 25 ans executé pour avoir sodomisé un gars de son age... 13 ans ou non, jusqu'à preuve du contraire, on fais ce qu'on veut de son corps tant qu'on a rien signé pour le donner et on a le droit de le partager avec qui on veut, qu'on est 13 ans ou 30 ans. C'est une des bases universelles du droit. On ce fiche pas mal du système pénale iranienEt bien limité est le gars qui a dit également du mal de google... Il n'y a aucune base de donnée propre à "google". Il ne fait que référencer les sites du monde et ses sites ne sont pas les membres d'une organisation de propagande internationnale lolMais à priorit lui il a l'intelligence et la culture superieure necessaire pour savoir que tous les gens qui références leurs sites sur google ont tord et que lui il a raisonIl vaux mieu être totalement ignorant que d'avoir la prétention de prendre au serieux la culture qu'on nous a enseigné et la petite personne qui va avec. Internet va mettre dans la tête des gens des informations que tu juge approximativement vraie voir fausse ? et depuis quand de toute facon la culture d'un individu n'est faites que "d'information sûre". La culture est faites de croyances qu'il faut savoir remettre en question tout naturellement au cours de sa vie

jojo le fouilleur d'historiques 19/03/2008 11:42

Wikipedia n'est pas faite pour diffuser les idées intelligentes,  c’est pas nouveau, Alithia - Je n’ai aucun a priori que Wikipedia reprend des idées (sans pour autant commetre les fameux plagiats que je lui impute). Le but de Wikipedia et de collecter d’abord toute l’information people avant de dire de quoi on  traite le pourquoi, le comment on traite telle ou telle information dans tel article, le pourquoi, le comment. Les glissements vers la propagande est inévitable. Grâce à Wikipedia on peut par exemple apprendre que les droits de l’Homme sont nés en Iran…et un long développement pour prouver la chose…et de camoufler qu’ils sont actuellement tristement bafoués. Ce n’est certainement pas sur wikipedia que vous apprendrez qui est  Makwan Mouloudzadeh - Jeune homme de 25 ans, gay, d’origine kurde a été exécuté le 5 décembre en secret en Iran sans que sa famille en soit informée avant l’exécution de la sentence. Makwan a été accusé d'avoir pratiqué une action de sodomie à l’âge de 13 ans avec une personne de son âge, alors que soit disant dans le système pénal iranien les enfants ne sont pas responsables de leurs actes. http://beur-gay.over-blog.fr/article-14433754.html

Jules 19/03/2008 10:11

Je trouve très intelligent d'oser dire que wikipedia ignore ce qu'est une idée, au point de rejeter toute idée de ses articles. Wikipedia est tout de même le triomphe du conformisme. Or on sait que le conformisme est dangereux. C'est Bertolucci qui avait fait un très beau film sur ce thème, avec J-Louis Trintignant : le conformiste.

pffff 19/03/2008 08:18

Ne me dites pas que vous n'avez rien de plus intelligent à répondre ??

alithia 19/03/2008 09:32

Je trouve assez pertinent  de souligner que wikipedia n'est pas faite pour diffuser les idées intelligentes,  mais juste pour répéter platement ce que tout le monde sait déjà , les opinions les plus répandues sans analyse, en se gardant bien d'informer de façon qui permettrait de comprendre parce que ça n'est pas "neutre". Wikipedia est bête. il est normal qu'elle attire les crétins.

Pffff 18/03/2008 23:17

Le crétin est plutôt celui qui rajoute le "donc" dans le propos de Krrt. Cela relève de la falsification la plus stupide, et il faut être d'une malhonnêteté extraordinaire pour y souscrire.

alithia 18/03/2008 23:43

ne me dîtes pas que Krrrt a des disciples ?