Partager l'article ! la science est laïque : sur Sarkozy et Berlusconi: Pour le conserver,voici l'intégralité de l'article précédemment indiqué de Robert ...
Observatoire de wikipedia, le mythe de la neutralité.
"le courage c'est de chercher la vérité et de la dire" Jean Jaurès
En France - «République indivisible, laïque, démocratique et sociale» -, il n’y a pas eu des millions de gens dans les rues après que son président a déclaré que l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, indiquant par là qu’il n’est de morale que religieuse. En Italie, il y en a eu des manifestants, un véritable hourvari, avec pétitions, débats houleux à la télévision, interventions au Parlement, des centaines d’articles, des milliers de posts sur les blogs… Pour défendre la laïcité ? Non. Pour garantir la liberté d’expression du… pape, terriblement menacée ! En France, on a raison de s’inquiéter des propos du Président. En Italie, on se demande si se déclarer athée ou laïque ne va pas bientôt être passible de sanctions pénales.
Remontons loin, au 15 mars 1990. Dans un discours prononcé à Parme, Joseph Ratzinger, encore cardinal, cite une phrase de l’épistémologue «anarchiste» Paul Feyerabend, disant que, «à l’époque de Galilée, l’Eglise demeura bien plus fidèle à la raison que Galilée lui-même», et que «le procès contre Galilée fut raisonnable et juste». Il la reprend en 1992 dans Un tournant pour l’Europe (éditions Paoline, Rome), ce qui laisse croire qu’elle lui plaisait diablement, sinon qu’elle traduisait sa propre pensée.
Le 17 janvier dernier, Ratzinger, devenu Benoît XVI, est invité par le recteur de l’université La Sapienza de Rome, Renato Guarini, à tenir une lectio magistralis lors des cérémonies d’ouverture de l’année académique. Certains professeurs s’en émeuvent et, rappelant la citation tellement prisée par le pape, écrivent au recteur qu’«en tant qu’hommes de science fidèles à la raison et enseignants qui consacrent leur vie à l’avancée et à la diffusion des connaissances» ils se sentent offensés, et, «au nom de la laïcité de la science et de la culture, dans le respect de cette faculté ouverte à des chercheurs et des étudiants de toute obédience et de toute idéologie», expriment le vœu que «l’événement incongru» n’ait pas lieu. La lettre circule dans les autres universités et recueille rapidement près de 1 500 signatures de professeurs. Elle se diffuse aussi parmi les étudiants, qui, d’assemblée en assemblée, créent une «mobilisation» contre la venue du pape à La Sapienza. Sur les murs de la fac tombe une immense banderole : «La science est laïque».
S’appuyant sur le rapport du préfet, qui craint des troubles, le Vatican annule la visite du pape. Benoît XVI peut tenir tous les discours qu’il veut, et les plus réactionnaires, sur la famille, l’homosexualité, les unions de fait, l’avortement, la procréation assistée, l’euthanasie - mais hors de l’enceinte de l’université. Tout est bien qui finit bien ?
Eh non ! Le diabolique cardinal Ruini, vicaire général de Sa Sainteté pour le diocèse de Rome, retourne la situation : le pape est victime de l’intolérance des laïques. On l’empêche de parler, on l’humilie ! Que tous les défenseurs de la foi et de la liberté viennent à son secours ! Et, de fait, des milliers de manifestants «antilaïques» se retrouvent place Saint-Pierre. L’Osservatore Romano écrit que «la menace contre le pape est un événement dramatique». Des hommes politiques de tous bords entrent en scène pour manifester leur solidarité à l’Eglise bâillonnée, fustiger les «mauvais maîtres», les impies, les… intégristes ! Silvio Berlusconi en profite pour attaquer la gauche, alliée à des «franges intolérantes», et l’appelle à «un sévère examen de conscience». L’Italie est le pays où l’Eglise (catholique) a le plus de pouvoir. Pape, cardinaux, évêques, prêtres, se mêlent de tout, participent à tous les débats dans la presse écrite et audiovisuelle, infléchissent les politiques, ont des représentants dans tous les partis, possèdent des empires médiatiques, forment les consciences, dessinent les formes et les contenus de l’éthique - laquelle, disent-ils, est chrétienne ou n’est pas. Aussi, affirmer que «la science est laïque» devient-il preuve de suprême intolérance. Il est vrai que «l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé». My God!
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