Wikipedia usurpe le titre d'encyclopédie pour servir sa sous-culture populaire. Mais cela ne lui suffit pas, elle espère détruire la culture, diffusée par les encyclopédies, dont on
rappelera utilement que la fonction est d'organiser le savoir.
Un article , rappelle les ambitions de Wales, "écraser" (sic) toutes les encyclopédies en peu de temps : belle ambition n'est-ce pas
?
photo J.Dug l'Internaute
Un article sur wikipedia, publié par Marianne, rappelle la pensée haut de gamme de
Wales en matière de culture (c'est Wales qui s'exprime parlant des encyclopédies) :
« Nous les considérons comme nos concurrents, mais je pense que nous les aurons littéralement écrasés d'ici cinq ans. ».
C'est assez joli n'est-ce pas ?
Les encyclopédies ont souffert de cette vague wikipedia gratuite sur le net et toujours indiquée par Google. Un raz de marée, plutôt.
Voici donc l'encyclopédie populaire. Mais, hormis son succès populaire, que vaut-elle ? Les admirateurs, curieusement, ne parlent jamais de sa qualité mais s'extasient devant sa gratuité ce qui
semble valoir pour argument à leurs yeux ! A comparer aux "gratuits" distribués dans le métro et qui seraient des journaux riches d'informations parce que gratuits ?
En ce sens oui, wikipedia leur est tout à fait comparable et l'argument est le même.
Mais les professeurs sont en revanche très sévères, au vu des effets de wikipedia sur les élèves (et étudiants peut-être même, pour les pires d'entre eux ?). Quant aux intellectuels, ils ne
s'expriment pas sur la chose. Ils ne s'intéressent pas plus à elle qu'à la presse gratuite ou people.
Comme pour la presse, les livres ou les films, dont les noms peuvent recouvrir des réalités bien différentes, cette encyclopédie porte un nom
qui est bien éloigné de ce qu'il désigne. A l'occasion de cette remarque archi-connue, de l'existence de doubles filières de produits
éditoriaux ou filmés qui, bien que portant le même nom, n'ont strictement rien à voir, et, comme les parallèles ne se rencontrent jamais, on se demandera si cela n'est pas le signe avant-coureur
que la société est en pleine mutation, lorsque naissent des filières parallèles dans tous les domaines. Il semblerait que la république et son idée égalitaire de l'instruction, est en train de se
diriger vers une société où les classes sont complètement distinctes, par la culture et le langage autant que par leur condition économique, leurs ressources et leurs moeurs. Une société où les classes deviennent de plus en
plus éloignées jusqu'à devenir étrangères les unes aux autres, qui représentent des mondes différents, presque, qui ne se cotoient ni ne se rencontrent, jusqu'à n'avoir plus de culture commune, et donc plus de culture politique commune.
Le monde commun qui est le monde de la politique, comme l'appelait Hannah Arendt, est entamé, menacé. Il est des signes de cette menace : le personnage de Sarkozy qui n'inspire pas le respect,
bien qu'il veuille incarner l'autorité, wikipedia qui ose s'appeler encyclopédie et Wales qui la "valide" alorsqu'il est le pire ennemi des encyclopédies et du livre, qu'il espère ruiner, en se
présentant pour ce fait come un bienfaiteur de l'humanité (sic).
Je vous cite un extrait de l'article de Marianne :
« Pierre Assouline
s'insurge contre l'idée de « démocratie participative appliquée à l'encyclopédie. Avec Wikipédia, c'est le dernier utilisateur qui modifie le texte qui a
raison. »
Un professeur de philosophie, usant du pseudonyme Alithia, renchérit : « L'expert est réticent à écrire sur Wikipédia car son travail peut être massacré par un
amateur, sous prétexte que la collectivité a tous les droits ». Sur son blog Wikipedia-un-mythe, Alithia pointe les erreurs et lacunes du site qu'elle considère comme une « pseudo-encyclopédie où la quantité des
articles prime sur leur qualité, et où leur fiabilité et neutralité ne sont pas assurées ».
Pierre Assouline et Alithia s'accordent aussi sur le manque de hiérarchisation des connaissances. Pour le journaliste-écrivain, « il est regrettable que
l'anecdotique côtoie l'essentiel ».
C'est aussi l'avis de Jean-Noël Jeanneney, historien et ancien président de la Bibliothèque nationale de France, qui, dans son ouvrage "Quand Google défie l'Europe", déplore que tous les sujets
soient mis sur le même plan, sans hiérarchie.
A écouter Raymond Trousson, biographe de Diderot, il ne faut pas confondre encyclopédie collaborative et encyclopédie tout court : « Wikipédia est en
construction permanente, ce qui est la meilleure et la pire des choses, tandis que la base même de l'Encyclopédie de Diderot, c'est l'organisation du savoir. »
Quelle crédibilité accorder à Wikipédia quand n'importe qui peut ajouter des erreurs, volontaires ou non ?»
L'article conclue : Si la démocratisation de la connaissance a commencé, elle n'a produit pour l'instant qu'un savoir bas de
gamme.
source
Alithia
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Par alithia
Jeudi 31 janvier
4
31
/01
/Jan
17:36
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