Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • wikipedia ou le mythe de la neutralité
  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
  • Contact

Qui Suis-Je ?

  • alithia
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.

Moteur De Recherche

Archives

25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 11:50

Il s'agit ici de la "neutralité" wikipedienne ou l'art de ne rien dire, et de l'écriture collective, ou la plus grande platitute qui tend vers le vide de sens.

Il s'agit de montrer, en quoi cette neutralité aboutit à l'art du rien et en quoi cette écriture collective inventée et promue  par wikipedia, est profondément néfaste.



undefined

photo l'Internaute


Pour illustrer ce que donne la "neutralité" préconisée par wikipedia ainsi que les limites  de l'écriture collective, prenons un exemple précis, Sarkozy : un sujet que tout le monde connaît, (nul n'échappe à l'omni-présent président), et aussi un article parmi les plus consultés de wikipedia. Comment est-il écrit ? Banal et plat, c'est le plus bas niveau de l'information : tendanciellement zéro. Il ne dit rien, n'apprend rien.


Comparons, sur le même sujet et sur un point précis : la conférence de presse du 8 janvier,  avec un article d'un vrai journal, en l'occurrence Libération, et d'un vrai journaliste, professionnel, Daniel Schneidermann.


Le journaliste analyse et fait ressortir que  Sarkozy, cherchant à cacher  son  embarras (pour ne pas dire plus ) sur la question du pouvoir d'achat, et cherchant à détourner l'attention de la question, pourtant fait un aveu qui le trahit. Il commet une sorte de lapsus.  Il finit par dire en effet :  «Vous n’attendez pas de moi que je vide des caisses déjà vides !» Aucun journaliste de la télévision ne le répercute, sauf France 2, remarque d'abord Schneidermann avec pertinence. Comme c'est étrange, les journalistes semblent n'avoir rien entendu. Et, suit une deuxième remarque de notre observateur de la vie politique et des media qui n'a ni ses yeux ni ses oreilles dans sa poche. Il note que pourtant, encore plus surprenant peut-être ce silence n'empêche pas que les gens aient entendu. A supposer que, préoccupés par cette question du pouvoir d'achat, la nouvelle a percé le mur du silence ....

Version de wikipedia : rien. Il n'y a rien. On saura juste qu'il y a eu une conférence de presse, mais il ne s'est rien passé. On a là un exemple de la platitude totale de l'écriture collective ou l'art de ne rien dire. 


Citations comparatives .

* ce que publie Wikipedia :

" Le 8 janvier 2008, il est, pour la première fois depuis son élection, en conférence de presse devant 500 journalistes, répondant aux questions des Français par leur intermédiaire (notamment sur le pouvoir d'achat , mais aussi sur d'autres sujets dont sa vie privée particulièrement médiatisée). Il a affirmé « prendre ses responsablités de Chef de l'État ».


* et l'article de Daniel Schneidermann qui rapporte la même conférence , relève la phrase
«Vous n’attendez pas de moi que je vide des caisses déjà vides !», relève qu'elle est à peine répercutée, et  écrit :

" se produit alors un phénomène inattendu : le grand public l’entend tout de même. Car c’est là le miracle : on a beau s’informer essentiellement par le journal télévisé, on voit tout de même ce que le JT cache, on l’entend malgré tout."

A la  vacuité de la formule « prendre ses responsablités de Chef de l'État » que reproduit platement et sans aucun esprit,wikipedia, le journaliste indépendant, d'abord fustige les journalistes quand ils ne veulent rien entendre ni se souvenir de rien, ne faisant alors guère mieux que wikipedia, à la limite, soit le plus parfait conformisme envers le pouvoir. Puis il oppose, l'information commentée avec les bonnes observations,soit la phrase qu'il relève  qui est exactement celle qu'il fallait relever, et puis la capacité des citoyens à comprendre sans même qu'il soit necessaire de tout leur dire. En somme il relève à la fois la rouerie du pouvoir et la capacité politique des citoyens dans une démocratie : le peuple comprend, bien qu'on lui cache l'essentiel (l'aveu que les caisses sont vides, tout en agitant en guise de chiffon rouge, Carla, censée faire rêver dans les chaumières, et endormir les braves gens avec cette guimauve).

Et en plus, Schneidermann relève dans le cas présent, une complicité d'une partie des journalistes  de la télévision avec le pouvoir, mais que brise la presse écrite quand elle se montre libre : ce dont il donne la preuve.

Cet article de Schneidermann est exemplaire car il soulève une question essentielle. Si l'on y prête l'attention qu'il mérite, on pourra en tirer les conclusions qui s'imposent pour la vie politique et la liberté de pensée et la liberté d'expression, fondatrices des démocraties modernes, les nôtres. 

Je retiens cet article comme paradigmatique pour le cas de figure qu'il représente et dont il traite et pour les conclusions qu'il est possible d'en tirer. 


La question est paradigmatique car elle permet de comprendre ce qu'est la démocratie et le rôle d'une presse et d'une information, libres.

La démocratie est un système de libre circulation des idées où la capacité citoyenne est bien réelle  et comme l'expliquait Spinoza en d'autres termes que Machiavel, il y a de cela quelque temps. A savoir que sur la durée, le pouvoir ne peut tromper le peuple qui pourtant,  ignorant des coulisses du pouvoir est capable de juger.  Car le peuple, aussi ignorant soit-il de la réalité qui lui est cachée ou simplement inaccessible, juge après-coup le pouvoir à ce qu'il a produit. Le peuple est capable de juger du pouvoir à ses effets et à ses résultats, sachant pertinemment faire la différence entre ce qui est bon ou mauvais pour lui . Le peuple est capable de juger, telle est la vérité  qu'il ne faut jamais  oublier. Et c'est en cela que réside la capacité politique, précisément, justifiant la démocratie.  Même si le tragique consiste dans le fait qu'on ne juge qu'après-coup, à partir des effets, quand la réalité est déjà là, impossible à anticiper.

Ce qui souligne donc le rôle de l'information libre dans un régime de liberté et une société de communication.

Et là on voit de quel côté se situe wikipedia, à l'épreuve de cette question.

Telle est la différence entre un article, écrit par un auteur, ayant droit d'exprimer une idée et responsable de ce qu'il écrit, donc supposé faire un peu attention à la vérité et de l'autre côté, wikipédia où rien de cela n'existe .

A wikipedia, l'écriture collective obligeant à faire "neutre"  ne dit rien, et censure  toute éventuelle idée. (quand, en plus, elle ne laisse pas passer la propagande sous l'effet du consensus majoritaire et de l'incompétence de ses membres trop peu quazlifiés pour comprendre) 

Références : voir la source de Libération ;  et pour Sarkozy sur wikipedia je pense que vous n'aurez pas de mal à le trouver, c'est populaire, au mauvais sens du terme c'est à dire au sens quantitatif de "tout le monde"... connaît ou a entendu parler.

N.B. sur les mot peuple et populaire et les ambiguïtés du mot peuple.


Le sens du mot peuple est en effet distinct et même opposé selon ses usages. Le peuple politique et le terme populaire ne désignent pas la même chose. Ils sont aux antipodes. Dans le sens qu'il prend avec le qualificatif populaire, il s'agit de la foule, traduisant le vulgus latin, autant dire le plus bas niveau de ce que l'on peut avoir en fait de culture, de pensée, d'esprit, d'éducation, de raffinement etc. et aux antipodes de toute idée de responsabilité politique, et d'une capacité de juger qui sont celles du peuple, en politique. L'adjectif populaire est la plupart du temps péjoratif. La foule est ignorante, la foule fait peur car, lors qu'elle se révolte, elle peut être terrible (voir Spinoza)

Elle est à distinguer du peuple politique, invention de la démocratie grecque. Le peuple qui se dit démos en grec est le peuple de citoyens, d'où vient le mot démocratie. Il sagit là du peuple libre et doué de capacité politique car doué de raison, de langage, donc de capacité de pensée. Doué de logos, il a le sens de la justice, sait distinguer le bien et le mal et pour cela il est capable de faire des lois. Ce peuple citoyen réactivé, réinventé par la philosophie politique moderne depuis Bodin jusqu'à Rousseau, qui est lui, non pas la foule ignorante et passive mais
est actif, l'auteur des lois, avec ou sans représentation, selon qu'on suit ou non Rousseau. Ce que savaient du reste parfaitement les monarques anciens, à savoir que dans l'autre forme de gouvernement alternatif à la démocratie qu'est la monarchie, les souverains ne l'étaient, souverains, que sous une certaine forme de souveraineté populaire indirecte, car en dernière instance ils tenaient leur souveraineté du peuple. Lorsque le peuple n'était pas encore citoyen actif,  -ce qui fait la seule différence d'avec la démocratie-, le peuple néanmoins "tenait" le pouvoir dans un rapport de forces : par le seul fait de son existence, de sa force .

Bref, c'est ce que résume en quelques mots la formule interpellant le roi : "roi, qui t'a fait roi?". Injonction à ne pas oublier que le souverain tient son pouvoir du peupe qui est, en dernièr instance le seul véritable souverain, au sens où il reconnaît le souverain et a aussi le pouvoir de le démettre dans les situations extrêmes (soulèvements, révolutions). A quoi il faut encore ajouter l'autre formule tout aussi célèbre et tout aussi explicite convenant aux monarchies de droit divin : "vox populi, vox Dei" : la voix du peuple a la puissance de la voix divine dont elle est l'équivalent et dont dépend le souverain.  Tout monarque qu'il soit, jamais le souverain ne peut faire ce qu'il veut, sans risquer de compromettre son pouvoir. Les meilleurs auteurs le disent de Platon à Montesquieu, en passant par Machiavel, Hobbes, Spinoza...


Cette mise au point faite, de quel côté se situe wikipedia ? Clairement du côté du populaire, du vulgus qui réussit en tant que grand nombre à fabriquer quelque chose peut-être, mais qui n'est ni une encyclopédie contribuant au savoir ni même à sa diffusion, ni à la démocratie, ni à la liberté . Elle ne produit qu'une publication vulgaire qui est le reflet des leiux communs et préjugés de la foule ignorante, et n'exprime pas les principes polititiques qui permtent l'existence du peuple citoyen.


Wikipedia, si elle est lue par le grand nombre ne peut que le maintenir dans son ignorance et surtout, surtout, beaucoup plus grave, dans l'idée de l'inutilité qu'il y aurait à juger, qui consiste aussi  bien dans la croyance à l'inutilié du jugement politique que du jugement sur les idées. Les wikipediens du reste l'expriment ouvertement : la neutralité wikipedienne exige de ne pas juger. Ce qui est là leur aveu le plus significatif, exactement comme les caisse vides de Sarkozy. 


Wikipedia est un apprentissage de la contrainte à renoncer au jugement. Elle est donc une école de soumission : soumission à la communauté qui juge à la place de chacun, selon ce fameux "consensus" de quelques uns qui est la règle. L'individu doit renoncer à son libre jugement pour participer à wikipedia et se soumettre à la loi de la communauté, ce qui lui est constament rappelé. Comme dans une secte, comme dans la mafia. "Que nul n'entre ici s'il prétend maintenir sa liberté de penser, son désir d'être auteur", voilà qui devrait être écrit au fronton de wikipedia.


Cette conception est bête et néfaste.  Je prétends qu'elle résume l'écriture collective et ses limites, qui sont celles de la bêtise, de l'ignorance et surtout surtout de l'interdit de juger : rien ne peut être plus éloigné de la liberté, rien ne peut davantage s'opposer à la liberté dans son exercice comme dans son apprentissage. 


C'est pourquoi je pense que l'écriture collective inventée par wikipedia, parce qu'elle exclue l'auteur, est non seulement stérile : elle ne produit que platitudes et banalités et ne contribue pas au savoir,   mais néfaste : elle s'oppose à la liberté de penser et de juger, elle implique censure, exclusion de ceux qui ont une once de vélléité d'être auteurs et libres,
elle implique comportements de secte. La censure des idées,  le bannissement et la persécution des personnes, l'interdit de penser, sont le pris à payer de cette nouvelle tour de Babel défiant toutes les règles de l'écriture.


Il n'y a, ne peut y avoir d'écriture au sens véritable, que sous la condition qu'il y ait de la pensée et une liberté, totale d'exercer cette pensée.
Aucun auteur ne dira jamais le contraire. Les seuls qui s'enthousiasment pour wikipedia (ils ne sont pas nombreux dans le landernau intellectuel on ne peut citer que deux noms, l'ineffable M. Serres et l'invraisemblable O. Ertzscheid, grands propagandistes de wikipedia devant l'Eternel) sont ceux qui raisonnent en termes statistiques, en termes quantitatifs, oubliant, ignorant plutôt que la politique, comme la pensée, s'appréhendent en termes qualitatifs tels que actif ou passif pour distinguer le peuple de la foule aveugle par exemple... tels que supposant des critères permettant le jugement, soit les lois et leur nature, la liberté oul'absence de liberté, dont on sait que le sort suit celui des lois, lorsqu'on veut juger d'un régime, penser l'état d'une société.


Bref contre le quantitatif que seul vénère le vulgaire, le grand nombre, il faut résister et défendre le point de vue la qualité, sans lequel il n'y a ni liberté ni pensée.

Alithia

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Ann de 3 Rivier 01/03/2008 00:01

Eol.org : la petite sœur de Wikipédia qui n’est pas une encyclopédie) dans le domaine de la biodiversité http://www.publiciblog.com/blog/index.php/2008/02/28/3802-eol-encyclopedie

Julie 30/01/2008 13:05

Et puis cet article est excellent. Défendre la qualité, contre le quantitafi qui n'est pas un critère, oui c'est tout à fait cela.  Les politiques aujourd'hui, ne sevent au peuple que des discours quantitatifs. Il ne s'agit toujours que de quantité : courbes de croissances, statistiques, taux d'intérêt, courbes du chomâge, taux boursiers, prix, évaluation, mesure, mesure, mesure, investissements, développements, prix, coûts, bénéfices, pertes, investissements, sondages, recensements,  idées,croyances, préférences politiques mises en courbes...Et notre Sarkozy qui intime aux fonctionnaires de faire du chiffre.C'est le carcan dans lequel sont pris les gens, pour leur éviter de comprendre, les forcer à calculer, à compter et rien d'autre. Comme si la vie politique, et la vie, se résumaient à compter dettes et dépenses, rentrées et gains. Comme si elles tenaient dans des chiffres et dans des courbes statistiques. C'est l'obsession de la moyenne aussi. Et wikipedia est en plein dedans.

Julie 30/01/2008 12:57

Les commentaires ne sont pas lisibles jusqu'en bas. Chez moi ça s'arrête à 11.

Bug ? 28/01/2008 22:25

Bonjour,
Chez moi, la page web se termine immédiatement après le commentaire "Wikipedia n'est pas une encyclopédie, faut être sérieux. " ... On dirait un bug. Et en regardant le "source", on peut voir qu'il y a une sorte de "copier-coler" de OpenOffice.org ... qui a l'air d'empêcher la page de s'afficher normalement.
Merci d'avance.

alithia 29/01/2008 00:34

kesako ? Il y a 16 commentaires, celui dont vous parlez est le 3°. Je vais essayer de voir

Marcel 28/01/2008 14:34

(à toutes fins utiles je vous indique alithia, que de là où je vous écris, seuls les trois premiers commentaires sur 14 s'affichent à l'écran)

alithia 28/01/2008 15:38

? ? ? que faire ? je ne suis pas du tout informaticienne Mais vous parlez  des commentaires à la suite d'un article ? ou du tableau "vos commentaires" qui s'affiche sur la page d'accueuil indiquant les derniers commentaires ? Si vous pouvez me préciser, j'essaierais de voir ce que je peux faire. merci