Observatoire de wikipedia : mythe de la neutralité.
| introduction |
ou Socrate contre les sophistes.
Il s'agit ici de la "neutralité" wikipedienne ou l'art de ne rien dire, et de l'écriture collective, ou la plus grande platitute qui tend
vers le vide de sens.
Il s'agit de montrer, en quoi cette neutralité aboutit à l'art du rien et en quoi cette écriture collective inventée et promue par wikipedia, est profondément néfaste.

Pour illustrer ce que donne la "neutralité" préconisée par wikipedia ainsi que les limites de l'écriture collective, prenons un exemple précis, Sarkozy : un sujet que tout le monde
connaît, (nul n'échappe à l'omni-présent président), et aussi un article parmi les plus consultés de wikipedia. Comment est-il écrit ? Banal et plat, c'est le plus bas niveau de l'information :
tendanciellement zéro. Il ne dit rien, n'apprend rien.
Comparons, sur le même sujet et sur un point précis : la conférence de presse du 8 janvier, avec un article d'un vrai journal, en l'occurrence Libération, et d'un vrai journaliste,
professionnel, Daniel Schneidermann.
Le journaliste analyse et fait ressortir que Sarkozy, cherchant à cacher son embarras (pour ne pas dire plus ) sur la question du pouvoir d'achat, et cherchant à détourner
l'attention de la question, pourtant fait un aveu qui le trahit. Il commet une sorte de lapsus. Il finit par dire en effet : «Vous n’attendez pas de moi que je vide des caisses
déjà vides !» Aucun journaliste de la télévision ne le répercute, sauf France 2, remarque d'abord Schneidermann avec pertinence. Comme c'est étrange, les journalistes semblent n'avoir rien
entendu. Et, suit une deuxième remarque de notre observateur de la vie politique et des media qui n'a ni ses yeux ni ses oreilles dans sa poche. Il note que pourtant, encore plus surprenant
peut-être ce silence n'empêche pas que les gens aient entendu. A supposer que, préoccupés par cette question du pouvoir d'achat, la nouvelle a percé le mur du silence ....
Version de wikipedia : rien. Il n'y a rien. On saura juste qu'il y a eu une conférence de presse, mais il ne s'est rien passé. On a là un exemple de la platitude totale de l'écriture collective
ou l'art de ne rien dire.
Citations comparatives .
* ce que publie Wikipedia :
" Le 8 janvier 2008, il est, pour la première fois depuis son élection, en conférence de presse devant 500 journalistes, répondant aux questions des Français par leur intermédiaire (notamment
sur le pouvoir d'achat , mais aussi sur d'autres sujets dont sa vie privée particulièrement médiatisée). Il a affirmé « prendre ses responsablités de Chef de l'État ».
* et l'article de Daniel Schneidermann qui rapporte la même conférence , relève la phrase «Vous n’attendez pas de moi que je vide des
caisses déjà vides !», relève qu'elle est à peine répercutée, et écrit :
" se produit alors un phénomène inattendu : le grand public l’entend tout de même. Car c’est là le miracle : on a beau s’informer essentiellement par le journal télévisé, on voit tout de même
ce que le JT cache, on l’entend malgré tout."
A la vacuité de la formule « prendre ses responsablités de Chef de l'État » que reproduit platement et sans aucun esprit,wikipedia, le journaliste indépendant, d'abord fustige
les journalistes quand ils ne veulent rien entendre ni se souvenir de rien, ne faisant alors guère mieux que wikipedia, à la limite, soit le plus parfait conformisme envers le pouvoir. Puis il
oppose, l'information commentée avec les bonnes observations,soit la phrase qu'il relève qui est exactement celle qu'il fallait relever, et puis la capacité des citoyens à comprendre sans
même qu'il soit necessaire de tout leur dire. En somme il relève à la fois la rouerie du pouvoir et la capacité politique des citoyens dans une démocratie : le peuple comprend, bien
qu'on lui cache l'essentiel (l'aveu que les caisses sont vides, tout en agitant en guise de chiffon rouge, Carla, censée faire rêver dans les chaumières, et endormir les braves gens
avec cette guimauve).
Et en plus, Schneidermann relève dans le cas présent, une complicité d'une partie des journalistes de la télévision avec le pouvoir, mais que brise la presse écrite quand elle se montre
libre : ce dont il donne la preuve.
Cet article de Schneidermann est exemplaire car il soulève une question essentielle. Si l'on y prête l'attention qu'il mérite, on pourra en tirer les conclusions qui s'imposent pour la vie
politique et la liberté de pensée et la liberté d'expression, fondatrices des démocraties modernes, les nôtres.
Je retiens cet article comme paradigmatique pour le cas de figure qu'il représente et dont il traite et pour les conclusions qu'il est possible d'en tirer.
La question est paradigmatique car elle permet de comprendre ce qu'est la démocratie et le rôle d'une presse et d'une information, libres.
La démocratie est un système de libre circulation des idées où la capacité citoyenne est bien réelle et comme l'expliquait Spinoza en d'autres termes que Machiavel, il y
a de cela quelque temps. A savoir que sur la durée, le pouvoir ne peut tromper le peuple qui pourtant, ignorant des coulisses du pouvoir est capable de juger. Car
le peuple, aussi ignorant soit-il de la réalité qui lui est cachée ou simplement inaccessible, juge après-coup le pouvoir à ce qu'il a produit. Le peuple est capable de juger du pouvoir à ses
effets et à ses résultats, sachant pertinemment faire la différence entre ce qui est bon ou mauvais pour lui . Le peuple est capable de juger, telle est la vérité qu'il ne faut
jamais oublier. Et c'est en cela que réside la capacité politique, précisément, justifiant la démocratie. Même si le tragique consiste dans le fait qu'on ne juge qu'après-coup, à
partir des effets, quand la réalité est déjà là, impossible à anticiper.
Ce qui souligne donc le rôle de l'information libre dans un régime de liberté et une société de communication.
Et là on voit de quel côté se situe wikipedia, à l'épreuve de cette question.
Telle est la différence entre un article, écrit par un auteur, ayant droit d'exprimer une idée et responsable de ce qu'il écrit, donc supposé faire un peu attention à la vérité et de l'autre
côté, wikipédia où rien de cela n'existe .
A wikipedia, l'écriture collective obligeant à faire "neutre" ne dit rien, et censure toute éventuelle idée. (quand, en plus, elle ne laisse pas passer la propagande sous l'effet du
consensus majoritaire et de l'incompétence de ses membres trop peu quazlifiés pour comprendre)
Références : voir la source de Libération ; et pour Sarkozy sur wikipedia je pense que vous n'aurez pas
de mal à le trouver, c'est populaire, au mauvais sens du terme c'est à dire au sens quantitatif de "tout le monde"... connaît ou a entendu parler.
N.B. sur les mot peuple et populaire et les ambiguïtés du mot peuple.
Le sens du mot peuple est en effet distinct et même opposé selon ses usages. Le peuple politique et le terme populaire ne désignent pas la même chose. Ils sont aux antipodes. Dans le sens qu'il
prend avec le qualificatif populaire, il s'agit de la foule, traduisant le vulgus latin, autant dire le plus bas niveau de ce que l'on peut avoir en fait de culture, de pensée, d'esprit,
d'éducation, de raffinement etc. et aux antipodes de toute idée de responsabilité politique, et d'une capacité de juger qui sont celles du peuple, en politique. L'adjectif populaire est la
plupart du temps péjoratif. La foule est ignorante, la foule fait peur car, lors qu'elle se révolte, elle peut être terrible (voir Spinoza)
Elle est à distinguer du peuple politique, invention de la démocratie grecque. Le peuple qui se dit démos en grec est le peuple de citoyens, d'où vient le mot démocratie. Il sagit là du peuple
libre et doué de capacité politique car doué de raison, de langage, donc de capacité de pensée. Doué de logos, il a le sens de la justice, sait distinguer le bien et le mal et pour cela il est
capable de faire des lois. Ce peuple citoyen réactivé, réinventé par la philosophie politique moderne depuis Bodin jusqu'à Rousseau, qui est lui, non pas la foule ignorante et passive
mais est actif, l'auteur des lois, avec ou sans représentation, selon qu'on suit ou non
Rousseau. Ce que savaient du reste parfaitement les monarques anciens, à savoir que dans l'autre forme de gouvernement alternatif à la démocratie qu'est la monarchie, les souverains ne
l'étaient, souverains, que sous une certaine forme de souveraineté populaire indirecte, car en dernière instance ils tenaient leur souveraineté du peuple. Lorsque le peuple n'était pas encore
citoyen actif, -ce qui fait la seule différence d'avec la démocratie-, le peuple néanmoins "tenait" le pouvoir dans un rapport de forces : par le seul fait de son existence, de sa force
.
Bref, c'est ce que résume en quelques mots la formule interpellant le roi : "roi, qui t'a fait roi?". Injonction à ne pas oublier que le souverain tient son pouvoir du peupe
qui est, en dernièr instance le seul véritable souverain, au sens où il reconnaît le souverain et a aussi le pouvoir de le démettre dans les situations extrêmes (soulèvements, révolutions). A
quoi il faut encore ajouter l'autre formule tout aussi célèbre et tout aussi explicite convenant aux monarchies de droit divin : "vox populi, vox Dei" : la voix du peuple a la
puissance de la voix divine dont elle est l'équivalent et dont dépend le souverain. Tout monarque qu'il soit, jamais le souverain ne peut faire ce qu'il veut, sans risquer de compromettre
son pouvoir. Les meilleurs auteurs le disent de Platon à Montesquieu, en passant par Machiavel, Hobbes, Spinoza...
Cette mise au point faite, de quel côté se situe wikipedia ? Clairement du côté du populaire, du vulgus qui réussit en tant que grand nombre à fabriquer quelque chose peut-être, mais qui n'est
ni une encyclopédie contribuant au savoir ni même à sa diffusion, ni à la démocratie, ni à la liberté . Elle ne produit qu'une publication vulgaire qui est le reflet des leiux communs et
préjugés de la foule ignorante, et n'exprime pas les principes polititiques qui permtent l'existence du peuple citoyen.
Wikipedia, si elle est lue par le grand nombre ne peut que le maintenir dans son ignorance et surtout, surtout, beaucoup plus grave, dans l'idée de l'inutilité qu'il y aurait à juger, qui
consiste aussi bien dans la croyance à l'inutilié du jugement politique que du jugement sur les idées. Les wikipediens du reste l'expriment ouvertement : la neutralité
wikipedienne exige de ne pas juger. Ce qui est là leur aveu le plus significatif, exactement comme les caisse vides de Sarkozy.
Wikipedia est un apprentissage de la contrainte à renoncer au jugement. Elle est donc une école de soumission : soumission à la communauté qui juge à la place de chacun, selon
ce fameux "consensus" de quelques uns qui est la règle. L'individu doit renoncer à son libre jugement pour participer à wikipedia et se soumettre à la loi de la communauté, ce qui lui est
constament rappelé. Comme dans une secte, comme dans la mafia. "Que nul n'entre ici s'il prétend maintenir sa liberté de penser, son désir d'être auteur", voilà qui devrait être écrit au
fronton de wikipedia.
Cette conception est bête et néfaste. Je prétends qu'elle résume l'écriture collective et ses limites, qui sont celles de la bêtise, de l'ignorance et surtout surtout de l'interdit de
juger : rien ne peut être plus éloigné de la liberté, rien ne peut davantage s'opposer à la liberté dans son exercice comme dans son apprentissage.
C'est pourquoi je pense que l'écriture collective inventée par wikipedia, parce qu'elle exclue l'auteur, est non seulement stérile : elle ne produit que platitudes et banalités
et ne contribue pas au savoir, mais néfaste : elle s'oppose à la liberté de penser et de juger, elle implique censure, exclusion de ceux qui ont une once de
vélléité d'être auteurs et libres, elle implique comportements de secte. La censure des
idées, le bannissement et la persécution des personnes, l'interdit de penser, sont le pris à payer de cette nouvelle tour de Babel défiant toutes les règles de l'écriture.
Il n'y a, ne peut y avoir d'écriture au sens véritable, que sous la condition qu'il y ait de la pensée et une liberté, totale d'exercer cette pensée. Aucun auteur ne dira jamais le
contraire. Les seuls qui s'enthousiasment pour wikipedia (ils ne sont pas nombreux dans le landernau intellectuel on ne peut citer que deux noms, l'ineffable M. Serres et l'invraisemblable O.
Ertzscheid, grands propagandistes de wikipedia devant l'Eternel) sont ceux qui raisonnent en termes statistiques, en termes quantitatifs, oubliant, ignorant plutôt que la politique, comme la
pensée, s'appréhendent en termes qualitatifs tels que actif ou passif pour distinguer le peuple de la foule aveugle par exemple... tels que supposant des critères permettant le jugement, soit
les lois et leur nature, la liberté oul'absence de liberté, dont on sait que le sort suit celui des lois, lorsqu'on veut juger d'un régime, penser l'état d'une société.
Bref contre le quantitatif que seul vénère le vulgaire, le grand nombre, il faut résister et défendre le point de vue la qualité, sans lequel il n'y a ni liberté ni pensée.
Alithia
".../ Un détail : très souvent je lis en parallèle la version en anglais. Elle est souvent plus compacte et parfois mieux informée des recherches récentes des historiens. Le fait d’être un amateur passionné par un sujet est un élément important, positif mais il me semble que cela ne suffit pas toujours pour aller à l’essentiel en peu de mots.
Sur la guerre de 14-18, j’ai utilisé en classe une photo de tranchée de juillet 1916 reproduite dans Wikipédia. Cela m’a servi de point de départ pour une longue enquête sur l’image elle-même, et sur les conditions de la prise de vue. C’est indispensable dans une lecture critique."
(on se demande bien de qui se moque ce monsieur en essayant de faire croire qu'il n'y a pas de photos de tranchées au CDI de l'Etablissement où il enseigne... Quant à la version en anglais, et pour ce que j'ai pu en lire, les mêmes causes produisent rigoureusement les mêmes effets, de l'autre côté du Channel)
Wikipedia n'est pas une encyclopédie, et à plusieurs titres :
1- quand on la compare, quand on parle d'elle ou écrit des articles sur elle, on la compare toujours aux media. Ce qui est révélateur, alors qu'une encyclopédie est d'un niveau tellement supérieur à un article de journal, qui est quotidien, destiné à passer, et destiné à la seule infomation, qu'elle ne lui est même pas comparable . Une encyclopédie publie des articles de fond, qui exposent la connaissance contemporaine, elle n'est pas un véhicule d'information.
2-Et en plus quand on la compare aux media, dans le seul registre de l'information, on constate qu'elle est toujours inférieure . Ce que montre mon exemple : un bon journaliste fait incomparablement mieux que wikipedia, pour la seule information , alors qu'une encyclopédie ne diffuse pas l'information mais expose la connaissance (j'insiste).
3- Et encore en plus vous ne voyez que dans les media des analyses telles celles publiées ici dans la série idées -idées - avec les signatures de R.Debray, Baudrillard, Sloterdjik, Zizeck , Milner, Miller, etc. que vous ne verrez jamais sur wikipedia : pour les idées, donc, si vous comprenez cela.
4- Mais à quoi on peut ajouter encore pour exemple de ce que vous ne verrez jamais dans wikipedia : qui, même pour l'information factuelle est très en-deçà des media que vous méprisez pourtant et auxquels vous n'arrivez pas à la cheville à wkpd. Voir dans la série ce que vous ne verrez jamais sur wikipedia -
5- une encyclopédie ne publie pas de la propagande à la différence de wikipedia ; voir propagande sur wikipedia
6- et ne patique pas la censure bête et méchante , à la différence de wkpd ; voir propagande et censure
7- et ne laisse pas son espace de publication aux sectes, à la différence de wkpd
8- car une encyclopédie ne pratique pas des processus expérimentaux contestables ; voir mythe de l'écriture collective et mythe de la neutralité qui signalent que pour wikipedia, on est face au fait d'une communauté sectaire
9- une encyclopédie est fiable à la différence de wkpd ; voir wikipedia non fiable : avis unanime
10 - une encyclopédie ne pratique pas la désinformation , à la différence de wkpd ; voir Désinformationr non plus qu'elle ne révise l'histoire et tous les sujets sur lesquels elle rédige des articles ; voir révisionnisme en l'histoire
11- une encyclopédie connaît la classification des sciences et n' insère pas dans ses classements des pseudo-sciences, à la différence de wkpd ; voir les classifications non encyclopédiques
12- à la différence de wkpd une encyclopédie n'est pas constituée par pillage d'autres travaux pour se vanter ensuite d'être "gratuite" ;
13- à la différence de wkpd une encyclopédie n'est pas écrite par des incompétents mais par de vrais auteurs
14- à la différence de wkpd une encyclopédie ne participe pas de la destruction de la culture, tout au contraire, elle contribue à l'étendre ; voir sur internet et la culture
15- Car à la différence de wkpd une encyclopédie ne fait pas l'objet de tous les groupes de pression qui y insèrent , gratuitement, leur publicité, et clandestinement, leur propagande
16- Justement parce que les encyclopédies ne sont ni libres ni gratuites : il existe un contrôle qui s'appelle comité éditorial qui assure aussi la cohérence de l'ensemble, et le travail des auteurs est rémunéré car c'est un travail. Il s'agit d'écrire des articles savants de vulgarisation et non d'aller copier et coller ce qu'on a pillé et volé à d'autres. Le travail intellectuel n'est pas nié.
17- Bref et en somme et à la différence de wkpd une encyclopédie ne s'écrit pas sur la base de promesses mensongères et escroqueries, (telles qu'accroître la culture quand c'est son laminage que produit wkpd) avec un fond de démagogie qui attire de préférence les illuminés, les fachos et les maniaques ; référence le blog observatoire de wikipedia
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