La pratique du copié-collé à partir de wikipedia se répand chez les élèves, à l'occasion des TPE. Les professeurs
s'inquiètent d'une pratique qui s'étend et cherchent les moyens d'y faire face.
photo A.Aubert l'Internaute
Le copier-coller sur Internet irrite les profs
Alors qu'ils font passer les fameux TPE - travaux pratiques encadrés -, qui comptent pour le bac, les enseignants vouent la Toile aux
gémonies. En ligne de mire, le site Wikipédia, pillé par les futurs bacheliers.
Au lycée privé Louise-de-Marillac, dans le Quartier latin, à Paris, le professeur d'économie se désespère : « Lorsque je leur demande de faire
un travail de réflexion, les élèves s'empressent de recopier l'encyclopédie Wikipédia sur Internet. Ils plagient, sans même recouper leurs informations. » Ce type de récrimination est fréquent
en salle des profs. Surtout lorsqu'il est question des travaux personnels encadrés (TPE), dont la note compte pour le bac.
Les sujets sont « suffisamment flous » pour que les élèves « recopient intégralement un blog, un site Internet et surtout Wikipédia, qui est
devenu la référence par excellence. L'idée d'ouvrir un livre ne leur vient quasiment jamais à l'esprit », déplore Françoise Gonzales, professeur de lettres au Mans (Sarthe). « Mes parents aussi
utilisent Wikipédia ! », lui répondent, narquois, ses élèves de seconde et de première. La prestation orale de l'élève qui présente ses travaux devant la classe « permet toutefois de détecter
les plagiaires », nuance l'enseignante.
[...]
« Certains professeurs sont réticents à son utilisation car son contenu n'est pas validé », observe Olivier Ricou, enseignant-chercheur à
l'Epita (École pour l'informatique et les techniques avancées). « Ce manque de certification » est souvent reproché à l'encyclopédie préférée des internautes, note-t-il. « Cette remarque n'est
malheureusement pas complètement fausse », reconnaît Ricou. Comme en témoigne la fausse information publiée pendant plusieurs mois sur le site qui indiquait que John Lawrence Seigenthaler,
ancien assistant de Robert Kennedy, était « soupçonné d'avoir été directement impliqué dans les assassinats de John et Bobby Kennedy ». Le degré de fiabilité change d'un article à l'autre :
c'est le fonctionnement même de l'encyclopédie.
Certaines contributions ne comptent parfois qu'un seul auteur quand d'autres confrontent les points de vue de dizaines de personnes. Auteur
de plusieurs articles sur des villages français ou des notions de généalogie, Sébastien Caroux, avocat, y a glissé volontairement plusieurs erreurs : « Personne n'a rien remarqué. Mais il faut
dire que mes articles ne doivent pas passionner les foules... »
[...]
Depuis cette rentrée, l'enseignement supérieur, plus armé que l'enseignement secondaire, commence à contrer les plagiaires de Wikipédia
et d'autres sites avec leurs propres armes. Les logiciels antiplagiat se développent à HEC, Limoges, Lyon, Aix-Marseille. Certaines écoles ont également mis en place des chartes éthiques, comme
l'ESIEA (École supérieure d'informatique électronique automatique). Depuis 2006, cette école fait signer à ses 1.570 élèves une charte de non-plagiat. L'établissement est parti du constat que «
tous les étudiants ont recours à Internet pour élaborer leurs travaux, mais que seul un quart d'entre eux déclare ne pas faire de copier-coller ».
Source : Marie-Estelle Pech : Le Figaro du 10 avril
2007
[...] Mais , peut-on ajouter, à ranger du côté des mérites d'internet :
Les travaux des étudiants sont désormais « soumis à une analyse automatique qui repère le degré de plagiat en fonction des sources originales :
Internet, bases de données, ouvrages numérisés, et même travaux d'anciens élèves ».
Le plagiat, ça se repère.
Sauf que ... qui repère les plagiats réalisés par wikipedia elle-même ? ça les professeurs ne le savent pas encore, mais wikipedia est elle-même un vaste plagiat (forcément
puisque ses "rédacteurs" ne sont pas des rédacteurs, ils sont incompétents, donc ils copient ; ce qui n'apparaît qu'à une observation atentive, très attentive, qui nécessite des échanges
avec les wikipediens eux-mêmes, pour pouvoir prendre la mesure de leur incroyable manque de logique, mais aussi de culture et de toutes compétences permetant d'écrire une encyclopédie. Enfin, aux
yeux d'un citoyen normal, du moins).
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