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Observatoire

  • : wikipedia ou le mythe de la neutralité
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  • : observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun peut écrire ce qu'il veut sous anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospèrent la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture
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  • Professeur de philosophie, j'ai découvert que WP s'adresse à la jeunesse mais que ses résultats sont problématiques pour une supposée encyclopédie. Rédactions erronées, déformations, tendance à la propagande. Une mise en garde.
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 23:41
                                                                              ce que vous ne verrez jamais sur wikipedia                

Pour préciser ce qu'il en est de la différence Lamarck  /  Darwin je livre au lecteur  un texte  du grand épistémogue de la biologie, Georges Canguilhem, sur
"le vivant et son milieu", extrait de «La connaissance de la vie » , Hachette, 1952 , qui est la référence sur laquelle je m'appuie pour avancer ce que j'ai affirmé.

N.B. les titres sont ajoutés par moi


atitlan2.jpg
photo l'Internaute
extraits du texte de Canguilhem :

  historique de la notion de milieu.

«  Historiquement considérés la notion et le terme de milieu sont importés de la mécanique dans la biologie, dans la deuxième partie du XVIIIe siècle. La notion mécanique, mais non le terme, apparaît avec Newton, et le terme de milieu, avec sa signification mécanique, est présent dans l'Encyclopédie de d'Alembert et Diderot, à l'article Milieu. Il est introduit en biologie par Lamarck, s'inspirant de Buffon, mais n'est jamais employé par lui qu'au pluriel. De Blainville consacre cet usage. Etienne Geoffroy Saint-Hilaire en 1831, et Comte en 1838, emploient le terme au singulier, comme terme abstrait. Balzac lui donne droit de cité dans la littérature en 1842 dans la préface de la Comédie humaine et c'est Taine qui le consacre comme l'un des trois principes d'explication analytique de l'histoire, les deux autres étant, comme on sait, la race et le moment. C'est de Taine plutôt que de Lamarck que les biologistes néolamarckiens français d'après 1870, Giard, Le Dantec, Houssay, Costantin, Gaston Bonnier, Roule tiennent ce terme. C'est, si l'on veut, de Lamarck qu'ils tiennent l'idée, mais le terme pris comme universel, comme abstrait, leur est transmis par Taine.

[...] 

La notion de milieu chez Lamarck.

Lamarck parle toujours de milieux, au pluriel, et entend par là expressément des fluides comme l'eau, l'air et la lumière. Lorsque Lamarck veut désigner l'ensemble des actions qui s'exercent du dehors sur un vivant, c'est-à-dire ce que nous appelons aujourd'hui le milieu, il ne dit jamais le milieu, mais toujours « circonstances influentes ». Par conséquent, circonstances est pour Lamarck un genre dont climat, lieu et milieux, sont les espèces. Et c'est pourquoi Brunschvicg, dans Les Étapes de la Philosophie mathématique (2) a pu écrire que Lamarck avait emprunté à Newton le modèle physico-mathématique d'explication du vivant par un système de connexions avec son environnement.


[...] 

Darwiniens contre lamarckiens


A partir de 1859, c'est-à-dire de la publication de l'Origine des Espèces de Darwin, le problème des rapports entre l'organisme et le milieu est dominé par la polémique qui oppose lamarckiens et darwiniens. L'originalité des positions de départ paraît devoir être rappelée pour comprendre le sens et l'importance de la polémique.

 

Le milieu lamarckien

Lamarck écrit dans la Philosophie zoologique (1809) que si, par action des circonstances ou action des milieux, on entend une action directe du milieu extérieur sur le vivant, on lui fait dire ce qu'il n'a pas voulu dire. C'est par l'intermédiaire du besoin, notion subjective impliquant la référence à un pôle positif des valeurs vitales, que le milieu domine et commande l'évolution des vivants. Les changements dans les circonstances entraînent des changements dans les besoins, les changements dans les besoins entraînent des changements dans les actions. Pour autant que ces actions sont durables, l'usage et le non-usage de certains organes les développent ou les atrophient, et ces acquisitions ou ces pertes morphologiques obtenues par l'habitude individuelle, sont conservés par le mécanisme de l'hérédité, à la condition que le caractère morphologique nouveau soit commun aux deux reproducteurs.

 

Selon Lamarck, la situation du vivant dans le milieu est une situation que l'on peut dire désolante, et désolée. La vie et le milieu qui l'ignore sont deux séries d'événements asynchrones. Le changement des circonstances est initial, mais c'est le vivant lui-même qui a, au fond, l'initiative de l'effort qu'il fait pour n'être pas lâché par son milieu. L'adaptation c'est un effort renouvelé de la vie pour continuer à « coller » à un milieu indifférent. L'adaptation étant l'effet d'un effort n'est donc pas une harmonie, elle n'est pas une providence, elle est obtenue et elle n'est jamais garantie. Le lamarckisme n'est pas un mécanisme; il serait inexact de dire que c'est un finalisme. En réalité, c'est un vitalisme nu. Il y a une originalité de la vie dont le milieu ne rend pas compte, qu'il ignore. Le milieu est ici, vraiment, extérieur au sens propre du mot, il est étranger, il ne fait rien pour la vie. C'est vraiment du vitalisme parce que c'est du dualisme. La vie, disait Bichat, est l'ensemble des forces qui résistent à la mort. Dans la conception de Lamarck la vie résiste uniquement en se déformant pour se survivre. A notre connaissance, aucun portrait de Lamarck, aucun résumé de sa doctrine, ne dépasse celui que Sainte-Beuve a donné dans son roman Volupté . On voit combien il y a loin du vitalisme lamarckien au mécanisme des néo-lamarckiens français. Cope, néo-lamarckien américain, était plus fidèle à l'esprit de la doctrine.

 

Le milieu darwinien

Darwin se fait une tout autre idée de l'environnement du vivant, et de l'apparition de nouvelles formes. Dans l'introduction à l'Origine des Espèces, il écrit : « Les naturalistes se réfèrent continuellement aux conditions extérieures telles que le climat, la nourriture, comme aux seules causes possibles de variations, ils n'ont raison que dans un sens très limité. » Il semble que Darwin ait regretté plus tard de n'avoir attribué à l'action directe des forces physiques sur le vivant qu'un rôle secondaire. Cela ressort de sa correspondance. Là-dessus, M. Prenant, dans l'introduction qu'il a donnée à des textes choisis de Darwin, a publié un certain nombre de passages particulièrement intéressants . Darwin cherche l'apparition des formes nouvelles dans la conjonction de deux mécanismes : un mécanisme de production des différences qui est la variation, un mécanisme de réduction et de critique de ces différences produites, qui est la concurrence vitale et la sélection naturelle. Le rapport biologique fondamental, aux yeux de Darwin, est un rapport de vivant à d'autres vivants; il prime le rapport entre le vivant et le milieu, conçu comme ensemble de forces physiques. Le premier milieu dans lequel vit un organisme, c'est un entourage de vivants qui sont pour lui des ennemis ou des alliés, des proies ou des prédateurs. Entre les vivants s'établissent des relations d'utilisation, de destruction, de défense, Dans ce concours de forces, des variations accidentelles d'ordre morphologique jouent comme avantages ou désavantages. Or la variation, c'est-à-dire l'apparition de petites différences morphologiques par lesquelles un descendant ne ressemble pas exactement à ses ascendants, relève d'un mécanisme complexe ; l'usage ou le non-usage des organes (le facteur lamarckien ne concerne que les adultes), les corrélations ou compensations de croissance (pour les jeunes); ou bien l'action directe du milieu (sur les germes),

 

En ce sens on peut donc dire que selon Darwin, contrairement à Lamarck, l'initiative de la variation appartient quelquefois, mais quelquefois seulement, au milieu. Selon qu'on majore ou minore cette action; selon qu'on s'en tient à ses oeuvres classiques ou au contraire, à l'ensemble de sa pensée telle que sa correspondance la livre, on se fait de Darwin une idée un peu différente, Quoiqu'il en soit, pour Darwin, vivre c'est soumettre au jugement de l'ensemble des vivants une différence individuelle. Ce jugement ne comporte que deux sanctions : ou mourir ou bien faire à son tour, pour quelque temps, partie du jury. Mais on est toujours, tant que l'on vit, juge et jugé. On voit, par conséquent , que dans l'œuvre de Darwin, telle qu'il nous l'a laissée, le fil qui relie la formation des vivants au milieu physico-chimique peut paraître assez ténu. Et le jour où une nouvelle explication de l'évolution des espèces, le mutationisme, verra dans la génétique l'explication des phénomènes (que Darwin connaissait mais qu'il a sous-estimés) d'apparition de variations spécifiques d'emblée héréditaires, le rôle du milieu se trouvera réduit à éliminer le pire sans avoir part à la production de nouveaux êtres, normalisés par leur adaptation non préméditée à de nouvelles conditions d'existence, la monstruosité devenant règle et l'originalité banalité provisoire. Cette donnée historique est intéressante; je ne me souviens pas avoir lu autre part que cette vision d'un milieu éliminant le pire ne venait pas de Darwin. La critique touche donc les néodarwiniens et non Darwin.

 

Dans la polémique qui a opposé lamarckiens et darwiniens il est instructif de remarquer que les arguments et objections sont à double sens et à double entrée, que le finalisme est dénoncé et le mécanisme célébré, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre. C'est sans doute le signe que la question est mal posée. Chez Darwin, on peut dire que le finalisme est dans les mots (on lui a assez reproché son terme de sélection) il n'est pas dans les choses. Chez Lamarck, il y a moins finalisme que vitalisme. L'un et l'autre sont d'authentiques biologistes, à qui la vie paraît une donnée qu'ils cherchent à caractériser sans trop se préoccuper d'en rendre compte analytiquement. Ces deux authentiques biologistes sont complémentaires. Lamarck pense la vie selon la durée, et Darwin plutôt selon l'interdépendance ; une forme vivante suppose une pluralité d'autres formes avec lesquelles elle est en rapport. La vision synoptique qui fait l'essentiel du génie de Darwin fait défaut à Lamarck. Darwin s'apparente davantage aux géographes, et on sait ce qu'il doit à ses voyages et à ses explorations. Le milieu dans lequel Darwin se représente la vie du vivant, c'est un milieu biogéographique.»

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commentaires

encre marine 11/02/2011 12:41



A propos de Darwin et de l'article Darwin de wikipedia, ses rédacteurs devraient lire cet article.

Mais bon, comme Wiki n'est pas une encyclopédie, juste une source d'information devenue un phénomène internet, tout le monde s'en fout, l'important c'est les records de consultation.



Tonton maurice 01/12/2008 23:43

comment peut-on perdre son temps sur wikipedia

philippe renard 25/07/2008 20:51

Bonjour, Mme Alithia; je vous remercie pour le travail de critique que vous avez établi sur cette escroquerie intellectuelle qu'est Wikipedia, je pense qu'il ne faut pas trop s'attarder sur les détails, mais il serait utile de proposer un "comité de correction" par internet, où les personnes habilitées pourraient introduire un commentaire prioritaire de réfutation par rapport à Mr Tout-le-Monde.Ce n'est évidemment qu'une piste de réflexion, la "faisabilité" doit être évaluée, et les gestionnaires de wikipedia devraient coprendre l'intérêt de ces corrections, puisque cela améliorerait la qualité de leur encyclopédie ET sa crédibilité

Pharisien Libéré 27/01/2008 05:35

Quand lançons nous une campagne "plus un sous pour wikipédia" ?

Mathias Picre 06/01/2008 12:03

Le frère de Sarkozy est un pédiatre qui travaille pour la même boite qu'une personne qui connaît l'Arche de Zoé ? Information capitale qu'on censure !